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Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…

La Hantise - Les Caprices du sexe

Troisième partie - Chapitre I



Auteur :

Louise Dormienne (René Dunan), Les Caprices du sexe ou les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…, Édité aux dépens des Amis de la galanterie, Orléans, 1928.


TROISIÈME PARTIE
AIMER

I
LA HANTISE

Le docteur de Laize se leva irrité. D’un geste du poing, il ferma le gros volume ouvert sur son large bureau de chêne clair. La face dure, il regarda vers la fenêtre, d’où tombait un jour métallisé, puis, d’un pas pesant, il se mit à marcher de long en large dans le vaste cabinet.

La pièce s’étalait, longue, chaude et parfumée. On se devinait chez un médecin pour femmes. Deux bibliothèques faisaient face à la baie, et des nus de l’École moderne, peints lourdement, décoraient, au-dessus des livres, les murs ripolinés en blanc et gris, à raies verticales. Des deux grands côtés, l’un était occupé au centre par le traditionnel fauteuil à renversement ; quatre vitrines l’encadraient, où tous les outils délicats de la chirurgie intime exposaient leurs aciers polis. Le bureau régnait en face, près du jour ; deux sièges de cuir profonds et souples, avec un guéridon en vernis Martin, donnaient un air familier à ce panneau. Une magnifique tapisserie ancienne l’ornait, où Pomone et Flore faisaient des grâces parmi des chevaliers en heaume, portés par des destriers massifs aux pattes prétentieuses.

Indifférent à ce décor fantaisiste et ironique, où l’art et la douleur se complétaient de façon si peu attendue, le docteur de Laize, le sourcil bas, allait et venait comme un fauve.

C’était un homme puissant et beau. Son masque, efféminé dans l’adolescence, avait pris aujourd’hui la puissance césarienne. L’oeil était dur et aigu. La bouche sinuait, avec une tendance au rictus de mépris. Il portait droit sa tête hautaine, brune et oblongue. Le corps, que la graisse guettait, avait encore la plénitude athlétique : taille mince et cambrée, thorax épanoui, limité par des épaules rondes, jouant bien sous le vêtement du grand faiseur. Il fascinait les femmes, et le nombre de bonnes fortunes qu’on prêtait au docteur de Laize dépassait celles que s’attribue le roi des séducteurs : Casanova.

Le médecin allait cependant à la fenêtre. Il regarda le dehors. La large avenue y offrait des arbres cachectiques et une chaussée polie par les pneus d’autos. Une buée se levait aux lointains. Cela sentait le crépuscule automnal. En face, une fenêtre s’alluma, et cette lueur dorée attira le regard du médecin ; comme hypnotisé, il resta deux minutes à fixer cette tache claire, puis il se remit à marcher.

Le docteur de Laize était amoureux.

Trois années auparavant, il avait cru épouser une compagne d’enfance : la fille du marquis de Bescé. M de Laize, son père, notaire de la famille Timo de Bescé d’Yr, était en effet un familier du château où vivait le marquis, grand financier et directeur de la Banque du Centre. Quinze années durant, on avait donc admis que Louise de Bescé dût épouser Jacques de Laize. Et puis, quelques jours après une scène, qui, pensait le médecin, établissait précisément son droit de fiancé, lorsqu’il avait pu poser enfin ses lèvres sur la chair intime de la charmante Louise, et lui déceler le plaisir, elle avait quitté sa famille en secret et nul n’avait pu savoir sa destinée. Où était-elle ? À Paris, hors de France, ou morte ? De Laize éprouva une douleur atroce. Pour lutter contre son mal, il se jeta dans l’étude. Il avait cru oublier…

Maintenant, le docteur de Laize était l’un des plus célèbres médecins des cinq mondes. Il avait gagné des millions. Et voilà que sa peine d’amour, endormie durant les années de dur labeur, se réveillait soudain. Il s’y sentait tenu comme une chaîne possède le forçat. La douce figure, triste et froide, de Louise de Bescé régnait maintenant en lui jusqu’à le hanter comme un succube. Il en souffrait. Peut-on être un illustre médecin, un de ceux vers la parole duquel aspirent des milliers de malheureux, un de ceux qui font des miracles rien qu’en disant au malade va !… Peut-on tenir dans la société une place quasi souveraine, et comme le cadavre l’est par le ver, se savoir rongé pourtant par un souvenir à demi effacé : un profil de femme, une silhouette que, sans doute, si on la revoyait, on ne saurait reconnaître, et dont la hantise vous tient nuit et jour ? Le fait était là.

Une sorte d’ironie énorme faisait de ce potentat de la médecine la victime du mal le plus sot et le plus ridicule du monde : l’amour…

Le docteur de Laize aimait. Il ne pouvait plus commander à sa pensée de quitter tel sujet et de s’arrêter à tel autre. Il devenait incapable de donner à ses raisonnements d’homme hanté d’une puissante vie intellectuelle la direction voulue et nécessaire à sa quiétude.

Son cerveau lui échappait, qu’il connaissait pourtant comme s’il l’eût tenu là, devant lui, pour en faire des coupes microscopiques.

À travers toutes les idées et toutes les images que le travail mental menait à sa conscience, un fantôme de tableau flottait sans cesse : une perspective de parc avec des arbres géants, une balustrade au lointain, et au premier plan une forme féminine, deux grands yeux, un visage ovale couronné d’une sorte d’auréole, d’un blond tirant sur le roux, et cette démarche indolente et lascive à la fois, ces jambes à demi dénudées par la robe de tennis, cette taille frêle et souple, et ce bombement délicat des seins, ce ventre sur lequel ses lèvres avaient posé…

Le docteur de Laize ferma les poings. Il sentait naître la crise, que nul médicament ne pouvait plus dominer. Il s’arrêta devant la tapisserie aux tons passés. Il ne la voyait pas. Une rage sourde levait en lui comme une légion de démons. Il venait d’évoquer dans son décor familial la douce et chaste Louise de Bescé. Maintenant un autre film commençait à se dérouler en lui. L’immonde série d’images suivait un cours inflexible et le torturait atrocement. Il ne sut y échapper et vit Louise de Bescé, toujours, comme jadis, fine, délicate, hautaine et si jolie, suivant une voie parisienne, en quelque faubourg sale et mal famé. Elle y paraissait à l’aise pourtant, quand, brusquement, voilà que…

Un rictus crispa les muscles de son visage. Ses mâchoires se serrèrent à bloc.

Des rôdeurs surgissaient dans la ruelle sinistre, des bandits à casquettes, en espadrilles, qui couraient comme des fauves sur cette belle jeune fille que leur offrait le hasard. Ils prenaient Louise de Bescé et l’emportaient comme une proie vers un hôtel borgne.

Le médecin, angoissé, bien qu’il sût vivre en ce moment un simple cauchemar, suivait les rôdeurs dans les escaliers puants et gras de l’hôtel. Il entrait dans une chambre ignoble, avec le pot à eau ébréché et la descente de lit usée au-delà de la corde. Avec des rires ardents et pleins d’alcool, on mettait Louise au milieu d’un cercle de faces patibulaires. Elle se tenait droite, à peine plus pâle, regardant sans étonnement ces brutes déchaînées. Alors, un des hommes prenait l’adolescente par les hanches et prétendait à l’amour. Elle le giflait. Ils l’assaillaient. La défense énergique de la charmante Louise ne la libérait pas. Ils étaient trop. De force, on la plaçait en posture de bête. À petits coups de couteaux, le pouce près de la pointe, pour créer la douleur sans grave blessure, on pouvait tout de même l’immobiliser. La curée sexuelle commençait.
Levant les jupes, un des bandits s’apprêtait à la violer par-derrière, à la façon des bêtes. Elle se roulait à terre, voulait échapper à ce supplice effarant. On la ressaisissait. Un des hommes se couchait sous elle et l’empoignait par la taille. Mais il ne faisait pas que la tenir. Il la prenait parmi les rires farouches et excités. L’autre, celui qui tout à l’heure n’avait pu réussir un acte différent et pourtant semblable, parvenait à ses fins. Ce n’était pas tout. Parmi les couteaux levés et les abois de cette meute délirante, un homme se plaçait devant Louise de Bescé. Il ne pouvait plus occuper que sa face… Il s’efforçait de le faire. Bientôt la victime évanouie n’était plus entre les mains de ces hommes qu’une chair inerte livrée à toutes les turpitudes…

Le docteur de Laize se passa la main sur le front. La sueur perlait. Cette fresque d’ignominie se reproduisait en sa pensée à des intervalles irréguliers, et il était aussi incapable de la chasser que d’en modifier le lent déroulement.

Il se laissa tomber dans un fauteuil. Les ressorts souples plièrent sous lui. Il se trouva presque allongé, tenu de partout dans une sorte de nuage élastique. Il regarda ses mains. Elles tremblaient. Il ferma les yeux. Mais l’impitoyable image revenait encore. Il ne pouvait s’en débarrasser. Il murmura avec une ironie cruelle : « Bientôt le cabanon »…

Il se haïssait. Une fureur secrète secouait en lui des gestes virtuels de colère âpre. Quoi donc ? Être maître de soi, et pourtant se laisser envoûter par des jeux déments d’imagination, comme une amoureuse de province qui rêve à quelque prince charmant, comme l’écolier qui songe aux délires de la grande fête parisienne, comme une Bovary, une Indiana, un pauvre petit Julien Sorel, un Lucien de Rubempré…

Et pourtant, il fallait en prendre son parti. Il fallait composer avec le démon qui le possédait, il fallait vivre avec ces fantômes obscènes, burlesques et douloureux.

Le docteur de Laize se prit le crâne à pleines mains. Que se passait-il là-dedans dont il ne pouvait maîtriser la folie ? Quelle force secrète agissait seule parmi ces circonvolutions, ces cellules, ces mystères de la pensée humaine ?

Et brusquement, comme un nouveau film commence à se dérouler, il vit autre chose :

Louise de Bescé, toujours la même, entrait dans un salon avec des hommes nus et des femmes comme elles, qui se dévêtaient aussitôt fébrilement. Le docteur de Laize regardait jaillir les membres des vêtements jetés au hasard. C’étaient d’abord les bras graciles et les jambes sveltes, puis le linge s’en allait. On voyait maintenant les seins droits et ronds, avec la croupe dont la double sphéricité harmonieuse complétait le renflement des cuisses et l’inflexion du torse charmant.

Maintenant elle était nue et levait au ciel des bras de statue. On percevait les aisselles, où un mince duvet mouillé de gouttelettes jetait des lueurs glacées. Le ventre avait une grâce exquise de vase à panse rose et savamment incurvée. Et puis le médecin en venait, comme le fer vient à l’aimant, au point du corps féminin où le désir est tapi comme un fauve… C’est le lieu dont la seule pensée empourpre la face, gonfle les veines du front, angoisse la gorge et transforme même un illustre homme de science en bête possédée par le rut. Son regard imaginaire descendit donc jusqu’à la ligne montant entre les cuisses.

Cela faisait vraiment une figure héraldique. Les armoiries des Timo de Bescé : le pairle d’or sur un fond d’hermine. La virginité et le gain… Quelle évocation douloureuse et tragique… Les deux branches montantes du pairle de chair, les aines de Louise, enfermaient une toison rousse. Elle était si fine et transparente que le mont de Vénus se voyait dessous comme un visage de jolie femme sous des voiles de deuil. Cela faisait un infime mamelon, rattaché au périnée par une inflexion délicate, à deux branches, et semblable à une tulipe ouverte. Au milieu de la courbe charnue, un méplat vertical déprimait la chair, dont les deux côtés en contact semblaient pourtant dire qu’il était inviolé. Cette ligne creuse et violacée, avec deux commissures souriantes aux extrémités, c’était le sexe.

Le docteur de Laize voyait tout cela et désirait d’être un des hommes qui, autour de Louise, tendaient vers le ciel des membres d’âne, longs et massifs à terrifier une nouvelle épouse.

Mais son désir était de ces tristes ambitions qu’on sait trop vaines. Il souffrait surtout d’être un homme de science qui se laisse prendre par les cauchemars. Et pourtant son savoir se mélangeait en sa pensée active et amoureuse pour constituer le rêve le plus dément et le plus absurde que jamais mystique ait pu créer.

On songe ; la chose reste vague et floue. Elle n’émeut donc guère en état de veille. Mais, chez ce médecin illustre, le cauchemar même devenait scientifique. Son cerveau le fabriquait avec une précision obstétricale, et voilà que de Laize se sentait devenu une vulve de femme, la vulve de Louise de Bescé. Tout ce que cet organe éprouve, il le percevait dès lors avec une exactitude parfaite. Quelle folie !…

De Laize était une vulve. Une vulve pensante… Et une verge d’homme entrait dans cette vulve. Un sexe fort et rigide, autour duquel les muqueuses formaient un anneau de chair crispée. Enfin le gland venait buter au fond du vagin, sur la capsule qui ferme l’utérus et dont la sensibilité exquise est une des clés de la jouissance féminine. Alors la gaine allait et venait, frottant la virilité dont la peau s’irritait au froissement des chairs chaudes. C’était un délice inexprimable. Et à chaque pénétration profonde, au dehors, le clitoris heurté vibrait comme une cloche. Ces vibrations s’irradiaient dans le corps et préparaient la pâmoison.

Ah ! cette minuscule verge de femme, qu’elle recelait de joie et quelle puissance elle possédait, de sa cachette entre les lèvres du sexe, d’où son rayonnement était comme une électricité répandue !

Cependant, le mouvement des deux sexes insérés l’un dans l’autre s’accélérait sous la fièvre nerveuse qui possédait les deux maîtres des organes. Au passage du frein sur les plis transversaux de la gaine, près de son orifice, une grande vibration agitait la verge et les veines se gonflaient pour porter un sang ardent jusqu’en la tuméfaction magnifique de l’extrémité, devenue aussi dure et écarlate qu’un priape de bois, comme on en mettait à Rome aux portes des lupanars.

Et soudain, la verge entrait plus profond, tentait une sorte d’assaut violent et désespéré, puis s’immobilisait au fond de la vulve. Alors des secousses tétaniques secouaient l’organe, et une liqueur chaude et lourde tombait par gouttes épaisses sur le museau de tanche de la matrice, procurant à la chair féminine une explosion de joie énorme. Les lèvres s’ouvraient plus grandes et le clitoris battait. Un liquide séreux filtrait à travers les glandes ovariennes, et cela aussi était projeté, comme pour accompagner l’éjaculation mâle, tandis qu’une sorte de tremblement courait, jusqu’au bulbe rachidien, porter la douleur et la jouissance intimement mêlées.

C’était le plaisir sexuel d’une femme que de Laize reconstituait ainsi en lui-même. Celui même que Louise de Bescé goûtait sans lui. Il ne songeait qu’à elle. Il aurait tant donné — tout — pour la revoir et la posséder. Maintenant il retrouvait sa qualité de spectateur pour admirer de haut le corps de celle qu’il aimait, et celui du mâle qui avait éveillé en elle le bonheur sexuel. Ils étaient tous deux étendus côte à côte. La verge tombait lentement, amollie par la joie. Louise, elle, restait béante et insatisfaite. On lisait sur ses traits l’appel à tous les priapes du monde, à toutes les jouissances possibles, pour tenter de retrouver cette minute de surhumaines délices…

Et de Laize sentit, à une humidité intime, que dans ce cauchemar il avait joui lui aussi.

Il se dit : — Mon vieux, tu as trop travaillé ces dernières années, tu as enfermé en toi un fantôme aujourd’hui envahissant, il faut désormais le chasser. La douche ? Pourquoi pas les vaporisations de peroxyde d’azote sur la moelle épinière, le bromure, la valériane ? Voyons, je ne suis pas un de ces idiots qui…

Il s’arrêta : — Comment me comprendre ? Ai-je un mal mental ou un mal moral ?

Il imagina une théorie freudienne de son cas.
- Cet Autrichien, tout de même, je l’ai honni, vomi, presque insulté jadis. Ce n’est pas si bête son idée. En somme…

Il s’appliqua à suivre une explication logique.
- En somme, je refoule, voilà la vérité. Je suis fils de cinq générations de notaires. Ce furent gens pudiques et bourrés de dignité. Ils m’ont laissé la mécanique à faire la vergogne, mais pas les inhibitions éthiques.

Il se frotta les mains :
- C’est là que gît le lièvre. Je porte les contraintes morales de ces ancêtres, mais sans leur morale même. En somme, j’ai cultivé l’amour de cette pauvre Louise dans un domaine quasi anesthésique, par le mouvement devenu automatique de l’amour sentimental. C’est cela. Je fais du romantisme dans l’inconscient.

Il s’arrêta de raisonner :
- Mais que diable, tout de même, ces scènes de cochonneries, ce n’est pas seulement romantique ? Comment expliquer cela ?

Il se questionna :
- Es-tu chaste ? Non ! Es-tu prude ? Non ! Ces songes-là sont pourtant des imaginations de religieuse ou de moine. Comment en trouver la clé ? Au fond, n’est-ce pas que je suis salace naturellement et qu’en mon tréfond une force appelle la possession de Louise ? J’y suis ! Je suis un homme qui fait de l’amour dans les ténèbres de la subconscience. De là sort un violent désir matériel pour celle qui me l’inspire, et ce désir, faute de trouver où se répandre dans ma pensée, s’apaise en imageries obscènes. Une guérison ? Je suis terriblement bête de n’y pas avoir songé nettement. Il me faut chercher la petite Louise. Elle est à Paris, on me l’a encore écrit de Bescé. Ou bien elle vit paisiblement selon son rêve d’un travail humble, un de ces travaux ennuyeux et faciles qui, selon Verlaine, demandent beaucoup d’amour… En ce cas je ferai son amant cocu. Si c’est trop difficile, ça me guérira. Si elle fait la noce, je verserai le denier à Dieu, et l’on couchera ensemble. Une fois bien constaté que Louise ne vaut pas en science amoureuse la petite Thea, mon amie, je perdrai contact spontanément. Si elle est voluptueuse, j’en ferai ma maîtresse. Voilà tout, c’est simple comme bonjour. Freud n’avait pas songé à ce traitement. Je vais me guérir par la satiété ou le dégoût…

Le soir tombait. La grisaille du ciel se plombait lentement ; on ne percevait plus dans l’avenue qu’une perspective courte et ombreuse ; des autos se hâtaient, portant des milliers d’hommes vers leurs demeures ; des lumières jaillissaient ça et là. Le docteur de Laize sourit, calmé.
- Elle est peut-être dans une de ces voitures, pressée ardemment contre un amant chéri ?

Il alluma une cigarette :
- Je vais dîner à Montmartre, aller dans quelque music-hall voir des genoux cagneux, mais nus, et des seins piriformes aux mamelons oubliés, puis de là, à minuit, je commencerai une tournée dans les boîtes de nuit. Louise de Bescé, prends garde à toi, j’ai une note à te faire payer !

Il sourit :
- Si, par exemple, je me trouvais impuissant devant elle, comme cela arrive aux amoureux trop tendus, j’aurais l’air d’un bel idiot ! Bah ! j’éviterai ça. Au besoin je lui rappellerai mes petits rêves galants, mon cinéma intime. Elle m’aidera à les revivre en fait… Allons-y !

Voir en ligne : Amour (Troisième partie - Chapitre II)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Louise Dormienne (René Dunan), Les Caprices du sexe ou les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…, Édité aux dépens des Amis de la galanterie, Orléans, 1928.



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