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Les délices du fouet

La barbare fouetteuse : damnée flagellation

Roman érotique (chapitre 15)



Auteur :

Mots-clés :

Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


15

L’adorable jeune femme me fixa de ses yeux brillants, dont l’éclat était presque insoutenable et plein de la promesse des criminelles voluptés qui germaient dans ce cerveau fantasque.
- Écoutez, Charles, me dit-elle, venez près de moi, je pense à quelque chose ; mais surtout, ne croyez pas que je vous ai fait venir pour cela, je voulais vous voir tout simplement pour vous inviter à ma fête ; mais il me vient à l’instant une idée et je vous demande pardon de vous la communiquer si franchement. Voilà. Je suis excessivement nerveuse aujourd’hui, je ne sais vraiment d’où me vient cette surexcitation. Y a-t-il un orage dans l’air ou bien est-ce parce que j’ai attendu toute la matinée un ami qui voulait se faire fouetter et qui n’est pas venu, ce qui m’a laissée sur mon envie et horriblement agacée ? J’ai essayé de tapoter des accords sur le piano, mais cela ne m’a fait aucun effet. Ce qui me détend les nerfs délicieusement et calme mon agitation, c’est le fouet. Alors, vous m’avez dit, n’est-ce pas, que vous étiez si endurant… n’est-ce pas ?

Elle s’arrêta, rougissante, avec la petite mine confuse d’une fillette, et je me jetai à genoux, couvrant de baisers ses petits pieds, demi-nus sous les rubans des sandales.
- Vous m’offrez le paradis, dis-je à l’adorable femme, faites de moi ce que vous voudrez. Je suis votre humble esclave.

Se dressant, comme mue par un ressort et toute frissonnante, elle me saisit le bras.
- Venez, Charley, venez vite, je brûle !

Au pied du monumental escalier que nous allions monter, la belle maîtresse de maison rencontra sa soubrette.
- Lisette, lui dit-elle, descendez à la cave et cherchez-moi deux ou trois belles verges, un peu longues et bien fournies, choisissez-les avec soin et montez-les dans ma chambre. — Elle se tourna vers moi. — Je les tiens à la cave pour les conserver fraîches et souples. Vous allez voir quelles belles verges ce sont. Je suis certaine que vous n’avez jamais vu les pareilles : vous allez vous tordre comme dans les flammes !

La chambre où je pénétrai à sa suite, était vaste comme un hall et ornée avec un luxe raffiné. Le lit s’élevait au fond, sur une estrade entourée d’une grille en fer forgé rehaussé d’or ; il était imposant comme un trône. Sur la cheminée monumentale de marbre blanc ; s’élevait la statue en argent massif vantée par les réclames des journaux et représentant la célèbre artiste, grandeur nature, dans la pose de la Vénus accroupie de Florence.

Le milieu du hall, couvert d’un bout à l’autre d’un magnifique tapis de Smyrne, aux colossales dimensions, formait un vide dépourvu de tout meuble, et je supposai cet espace réservé aux ébats de la flagellation. J’avais deviné juste. Sitôt que la soubrette arriva, apportant trois fortes verges, la belle Fanny lui dit :
- Vite, la nappe, Lisette.

Lisette ouvrit un meuble d’où elle tira un grand rouleau d’étoffe, qu’elle traîna péniblement et que je l’aidai à étaler à terre, dans le vide réservé au milieu de la pièce et que l’étoffe remplissait exactement. C’était une superbe soie de Chine noir uni et entourée d’une large bordure brodée d’or et de soie émeraude, éclatants comme des gemmes. Lorsque le tapis fut bien ajusté et tiré, sans faire un pli, la soubrette jeta dessus plusieurs coussins brodés, pareils à la bordure. Cette vaste surface unie et brillante était d’un effet merveilleux et semblait un lac profond, endormi parmi les fleurs, et les coussins étaient les îles, également fleuries. La soubrette partie, Fanny s’approcha de moi, avec des mouvements félins.
- Vite, déshabillez-vous ; j’ai hâte de vous avoir à mes pieds. J’hésitai, pris de honte à l’idée de me trouver nu devant cette délicieuse jeune femme, mais elle insista :
- Charley, voyons, voulez-vous bien m’obéir ? Vous rougissez comme une petite fille. Ne soyez donc pas si timide, je ne suis pas une femme, je suis une artiste, vous le savez bien. Vous m’avez vue en Messaline, je suppose ; mais je suis peintresse aussi, et je peins d’après le nu ; je sais apprécier une belle académie d’homme. Vite, enlevez-moi tout ça et étalez-vous sur la nappe, le dos en l’air ; je vous caresserai les fesses avec mes bonnes verges, que vous m’en direz des nouvelles.

Je fis ce que me dit l’impérieuse idole. Elle me laissa seul, disparaissant dans son cabinet de toilette et bientôt, allongé sur la nappe noire, j’étais comme un nageur qui se laisse aller au fil de l’eau.

Lorsque la belle adorée reparut enfin, ce fut un nouvel éblouissement. Elle avait quitté tous ses voiles et la statue vivante surgissait, en sa victorieuse nudité. Jamais je n’avais vu pareille splendeur : tout brillait dans ce corps merveilleux, d’un éclat nacré de coquillage ; la chevelure était un éclaboussement d’or liquide, les seins droits crêtés de minuscules boutons ambrés, le ventre poli avec, au centre, la fleur mystique du nombril, et les petits pieds, palpitantes colombes, où brillaient, comme de précieuses gemmes, les ongles teintés de pourpre. En cet être de perfection, brûlait une âme séductrice, grisée d’infini et de mystère.

Le marbre vivant s’avança jusqu’à la bordure dorée, s’y arrêtant comme sur le rivage d’un lac.
- Oh ! comme c’est joli ! s’écria-t-elle, si vous pouviez vous voir d’ici. C’est un tableau admirable, le blanc neigeux de votre peau se détachant sur le noir du tapis ! Vous semblez suspendu au-dessus d’un sombre précipice. Oh, ces formes, comme elles sont parfaites ! Cette cambrure des reins vraiment classique… Charley, savez-vous, d’ici, vu de dos, on croirait un corps de femme, ma parole… Oh ! ce que j’aurai du plaisir à vous fouetter.

Elle choisit la verge la plus forte et, abordant la nappe noire, ramassa trois coussins qu’elle mit l’un sur l’autre et me fit coucher dessus, afin de rehausser mes reins et exposer plus avantageusement aux verges la partie destinée à les recevoir. Je sentis sa petite main glisser sur ma peau, la palper et la frotter délicieusement.
- Charley, dit-elle, vous allez vous tenir bien tranquille, n’est-ce pas ? Rien ne m’ennuie autant que quand on se dérobe pendant que je suis en train de fouetter. D’ailleurs, vous pourrez le supporter, je ne fouetterai pas fort.

Elle accompagna ce dernier mot d’un terrible coup de verge, qui sembla me fendre la peau comme d’un coup de hache, et m’arracha un cri d’effroi. Je roulai à bas des coussins et la jeune femme, me regardant avec des yeux étonnés, me dit :
- Eh bien, Charley, que faites-vous donc ?

Sans répondre, je m’empressai de me remettre en place. Le second coup et ceux qui le suivirent, rapides, furent aussi violents que le premier. Je les reçus en serrant les dents pour ne pas crier, et tremblant de l’effort que je faisais pour rester en place. Bientôt, n’y tenant plus, je roulai encore sur le tapis.
- Charley, qu’avez-vous donc ? s’écria la jeune femme impatientée. Sont-ce les coussins qui vous gênent ?
- Mais non, répondis-je, ce sont plutôt les verges.
- Comment les verges, vous plaisantez ? Je tape tout doucement. Voulez-vous, oui ou non, vous laisser fouetter à la fin ?

Sa figure s’assombrissait ; elle me jeta un regard farouche et, d’un coup de son pied, lança au loin les coussins. Puis elle m’obligea à me tenir à genoux, appuyé sur mes mains, et sautant sur moi à califourchon, m’enserra le cou entre ses cuisses comme dans un étau. La verge se remit à siffler et à cingler ferme, et je me tordais sous les coups. Malgré mes efforts désespérés pour me dérober, la tenace fouetteuse ne lâcha pas prise, me serrant de plus en plus la tête, de ses jambes nerveuses. Je me mis à ramper, entraînant avec moi mon blanc fardeau qui se maintenait en parfait équilibre, tandis que la verge continuait sa danse, fouillant ma chair de ses pointes et me labourant la peau.

Ramassant toutes mes forces, je parvins enfin à me dégager de l’étreinte qui m’étouffait ; la jeune femme roula à terre sous ma poussée, et je me relevai, le corps strié de raies sanglantes.

Avec une souplesse de tigre, ma belle dompteuse bondit sur ses pieds, les cheveux dressés comme des flammes autour de sa tête, et j’eus une frayeur en voyant ses yeux, des yeux de léopard sauvage, pleins de cruauté froide et de passion despotique.
- Nom d’un chien, fit-elle d’une voix rauque, n’arriverai donc pas à fouetter ce gamin ?

Elle courut à une grande armoire et me cria :
- Venez ici m’aider à porter ce machin.

Dans l’armoire, se trouvait une lourde planche en chêne que nous traînâmes à deux jusqu’au milieu du tapis. Cette planche massive était rembourrée d’un côté, comme un canapé, et plusieurs petites courroies étaient clouées sur l’étoffe.
- Couchez-vous là-dessus, nous allons voir qui de nous deux l’emportera.
- Divine, lui dis-je, ma chair est toute couturée déjà par vos terribles verges.

Elle me répondit par un long regard magnétique qui me fascina et me Soumit tout entier à son impérative puissance.
- Charley, vous dites que vous m’aimez et vous ne voulez pas souffrir pour moi ? Si vous saviez ce que vous m’énervez ! Vous voulez donc que j’aie une crise de nerfs ? Obéissez, je vous l’ordonne.

Elle sauta sur moi, ses yeux lançant des flammes ; ses cheveux frôlaient ma chair, me communiquant une vibrante électricité. Je m’écroulai, impuissant, aux pieds de mon tyran, brisé sous son empire. Elle boucla rapidement mes bras et mes jambes avec les courroies, et je me trouvai cloué contre la planche, comme, dans les pays de montagne, on cloue les aigles à la porte des maisons.

La jeune femme se rasséréna et, hochant la tête d’une façon significative :
- Ah ! maintenant !

Ces mots me donnèrent le frisson, tant ils exprimaient de barbarie. La belle statue vivante s’était transformée en lionne sanguinaire ; sa longue crinière d’or liquide flottait au vent comme un drapeau ; elle courut au fond de la chambre chercher une verge neuve. Ce que fut cette flagellation, aucun mot ne saurait l’exprimer. Elle me resta longtemps dans l’esprit comme un effrayant cauchemar. Je ne pus analyser mes sensations, car j’étais saisi, enlevé, entraîné, comme en un tourbillon ; tout mon corps, déchiré, piqué, lacéré et haché menu, semblait s’éparpiller de miettes sanglantes, et mon âme lutter contre mille poignards enflammés.

Tout à coup, avec un long cri strident, la tête renversée et les bras battant l’air, la barbare fouetteuse s’écroula comme une masse. Ce fut la fin de mon martyre. La jeune soubrette parut, se précipitant sur sa maîtresse avec un flacon de sels, une bassine d’eau et une éponge, lui tamponnant le front et lui faisant respirer les sels.
- Pauvre miss, fit-elle avec compassion, j’ai peur qu’elle ne reste dans une de ces crises. Cette damnée flagellation nous la tuera.

La belle évanouie fit un mouvement, puis souleva lentement les paupières :
- Lisette, dit-elle d’une voix faible, découvrez le lit, je suis brisée. Elle se leva péniblement et s’appuyant sur le bras de sa camériste, se dirigea vers le lit.
- Oh, Lisette, si tu savais comme c’était bon ! murmura-t-elle.

Après avoir installé sa maîtresse dans son lit, Lisette vint enfin à moi et me délivra de mes liens.
- Ne bougez pas, Monsieur, fit-elle ; votre dos est tout en sang, laissez-moi vous soigner.

Elle me tamponna avec l’éponge qui avait servi pour la belle adorée ; puis elle apporta de la poudre de riz dont elle saupoudra mes blessures. Sitôt que je fus debout, l’adorable Fanny m’interpella.
- Charley, venez près de moi, cher.

Il me sembla qu’une musique divine résonnait à mon oreille, et, oubliant ma chair lacérée, je me précipitai comme un fou vers le lit.
La vivante statue m’ouvrit ses bras merveilleux.
- Charley, dit-elle, vous avez mérité la récompense de Vénus ; la prêtresse est à vous, prenez-la toute ; récompensez-la, à votre tour, de vos plus passionnées caresses.

Une lave ardente se mit à couler dans mes veines et, poussé par une vigueur qui se déchaînait en tempête, je me jetai sur la radieuse idole, ne sachant à quel divin régal attarder mon désir de beauté. L’adorable femme se prêta à mes transports avec une grâce enfantine, m’offrant l’une après l’autre, les affolantes fleurs de son corps divin. Mais, bientôt, elle palpita toute sous mes baisers enivrés, et, s’enroulant à moi, de ses bras marmoréens, elle m’attira vers l’enlacement suprême qui unit nos deux âmes en une commune extase, secouant nos corps en un spasme d’infinie volupté.

Voir en ligne : Baguettes magiques et rudes cinglades (chapitre 16)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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