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La Flagellation à travers le monde

La deuxième fessée

Le fouet à Londres (Deuxième partie : chapitre XII)



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Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


XII
LA DEUXIÈME FESSÉE

Un jour, Lilian était partie seule pour Auteuil, elle aimait à jouer aux courses et, lorsqu’elle perdait, elle se montrait assez philosophe ; cela d’ailleurs lui arrivait moins souvent que le contraire, car elle avait des succès sur le turf, connaissait de nombreux bookmakers, voire même un entraîneur fort riche que, dans son imagination pratique et commerciale, elle destinait à Margaret.

Sur la pelouse elle vit venir à elle un homme dont la silhouette lui était bien connue. Elle ne l’avait pas revu depuis de longues années. Elle eut donc la vision de ses anciens jours de folie. C’était un de ses nombreux amants de passage, mais de passage plusieurs années renouvelé. Puis elle l’avait longtemps perdu de vue. Elle le retrouvait bien changé, lui, jadis si beau ; assez vert encore et élégant, pour qu’elle se ressouvînt de son béguin d’autrefois.
- Va-t-il me reconnaître, lui, se dit-elle non sans une secrète inquiétude ?

Et allant à lui, en lui barrant le passage en riant :
- Toi ici ? Toi, bien toi, mon Don Juan du fouet ! Que d’années nous avons été séparés, cher, et par quel hasard bienveillant nous retrouvons-nous ainsi face à face ? Mais reconnais-tu dans la vieille femme que je suis la belle Lilian d’autrefois ?
- Lilian Dirland, toi, chère ! Je te reconnais parfaitement, mais ton nom, j’hésitais encore… Que de belles parties, dans nos jeunes années.
- Oh ! s’écria-t-elle, jeunes surtout pour toi, car je suis de quelques printemps ton aînée, mais tu vois, j’ai pris hardiment mon parti de vieillir. Et puis, ne suis-je pas jeune réellement dans ma chère fille adoptive, car j’ai une fille, maintenant, une grande et belle fille, belle et brune, une pauvre enfant qui se débattait courageusement, certes, lorsque je l’ai connue, et j’ai eu ce bonheur de mettre fin à ses angoisses. Je l’ai prise chez moi, avec moi, et je n’ai pas à m’en plaindre, elle me paye largement, la chère petite, tout ce que je puis faire pour elle ! Du tempérament, mon cher, et puis, tu sais, elle les connaît toutes, cette gamine-là ! Je puis dire que j’ai vraiment trouvé le bonheur sur ma route. Non, je ne suis pas injuste, moi, et je trouve que je n’aurai pas eu à me plaindre de la destinée.

Et Lilian claqua sa langue avec un clignement d’oeil significatif.
- Mais, reprit-elle, si tu veux, ce soir, dîner avec nous, mon cher fouetteur, je crois que tu ne le regretteras pas.
- Tu es bien toujours ma bonne et gourmande Lilian d’autrefois, s’écria le colonel, aussi bonne fille que friande sur tous les chapitres ! Ce soir, je dîne avec un compatriote et frère d’armes, nous avons rendez-vous à sept heures au Grand Hôtel, mais demain midi, si toutefois tu me veux bien encore…
- Chose entendue, à déjeuner, demain, et je vais te préparer un double régal, va ! Veinard, tiens !

Et comme on regagnait ses places pour la course, ils échangèrent une vigoureuse poignée de main.

Lilian avait toutes les chances. Elle gagna et, remontant joyeusement en voiture, donna l’ordre au cocher de s’arrêter chez son pâtissier et chez son fleuriste.

Ensuite elle remonta chez elle toute chargée de gâteaux et de fleurs, ayant fait pour le lendemain une commande digne de son select invité.

Elle dit à Margaret qu’elle aurait demain un de ses anciens amis, perdu de vue depuis nombre d’années. Elle voulut que sa chère fille se montrât dans une toilette digne de lui. Elle devait être vêtue d’une robe de mousseline de soie, sans autres dessous à ces suggestifs nuages que sa belle nudité, ainsi facilement mise à jour.

Le lendemain, lorsque Margaret parut, Lilian, dans le salon avec le colonel, lui parlait des charmes attrayants de la jeune femme. Elle trouva plaisant de la lui présenter à sa façon ; elle courut donc au-devant d’elle, lui fit faire volte-face si l’on peut dire, et d’un geste expert, soulevant les soyeuses légèretés du peignoir, lui étala une planturosité de rose nature vraiment digne de l’admiration d’un connaisseur, comme était le colonel.

En riant :
- Avec une telle pêche, comment ne pas pécher ?
- Eh ! mais, s’écria le colonel, j’ai déjà, ce me semble, flagellé ce beau fruit quelque part ?

À la seule voix, Margaret reconnut à qui elle avait affaire et l’évocation de son humiliation au pavillon de chasse lui causa une telle frayeur, un tel bouleversement, que s’arrachant des bras de Lilian, elle disparut.

Il lui sembla revivre ces heures maudites, revoir cette Lady Helling dont elle avait gardé un si terrifiant souvenir.

Il fallut que Lilian, tout étonnée, la cajolant et la rassurant, lui promît toutes sortes de récompenses si elle se montrait gentille. Elle lui fit entendre que cela pouvait donner lieu à une nouvelle et productive exploitation de bon argent trébuchant, bref, arriva par son habileté enjôleuse, à la tenter si bien que Margaret, dûment chapitrée, conseillée et entraînée, se laissa enfin ramener au colonel.

Celui-ci la taquina, d’ailleurs fort courtoisement, en homme qui sait plaisanter avec les femmes et, au bout d’un moment, elle consentit à oublier ses griefs passés et lui fit avec Lilian les honneurs de la maison.

Le déjeuner fut gai, très gai, le badinage s’y éleva très haut et l’on rit sans discontinuer.

Lilian avait fait prendre dans la cave, car son passé lui avait assuré une cave, de vieilles bouteilles, poudreuses pour de bon, qu’elle savait un des faibles de son aimable invité. Toutes deux fêtèrent avec lui cette double reconnaissance ; vraiment double, puisqu’elles le connaissaient également.

Après le café, café savant et capiteux, après les liqueurs exquises, le trio songea à varier les plaisirs.

Margaret, satisfaite, se prêta à tout ce qu’on voulait. Et ce n’était pas peu de chose !

Lilian avait vanté tous ses talents, il fallait qu’elle en donnât au moins quelques échantillons. La jeune femme, comme en sa première présentation, fut couchée sur le grand lit, à plat ventre, et, livré à sa passion invétérée, le colonel prit une touffe d’herbes sèches qui, grâce à la prévoyante expérience de Lilian, se trouva là comme par hasard, et flagella Margaret, cela, assez durement d’abord. Elle criait, prise de la peur de voir recommencer le supplice qu’avait guidé Lady Helling. Mais cette fois, l’instigatrice de la petite réjouissance lui appartenait, ne disons pas corps et âme, car les animaux de son espèce n’ont guère que le corps, disons corps et bien.

Margaret savait être l’héritière de la fortune, qu’elle avait dignement acquise, de sa vieille amie.

Ce fut donc avec la science consommée que le colonel, de main véritablement artiste, se mit à varier les sensations de la patiente, arrivant à la caresse. Patiente, elle le fut, jusqu’à l’instant où elle n’eut plus à l’être aucun mérite, ce châtiment tournant au plaisir et ainsi administré, devenant une volupté rare, indéfinissable, délicate et charmante, sous laquelle tout son corps vibrait, bondissait de plaisir. On l’entendait rire.

Lilian, enivrée de ce spectacle, incitée par ce coup d’oeil, hypnotisée par ce spectacle dont elle ne pouvait se lasser, était en proie à une sorte d’ardente frénésie et la tête de sa chère Margaret, posée sur son sein, recevait les effusions de ses caresses.

Enfin, le colonel fut satisfait de lui-même et, prenant la jeune Margaret qui, domptée, ne demandait plus autre chose, se paya de sa peine assez brillamment.

Après quoi, ces trois repus de la fortune et de la savante orgie s’endormirent sans plus se souvenir de rien.

Voir en ligne : Troisième partie. — Chapitre I : La fortune par le fouet

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



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