Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Récits érotiques > La directrice est en entretien

Navigation



Récit érotique

La directrice est en entretien

Sa chatte brune comme une cible sans détour

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « La directrice est en entretien », Récit érotique, Paris, février 2018.


La directrice est en entretien

« Vous demanderez, une fois sur place, madame Duval. C’est la directrice de la communication. »

J’avais encore en tête les mots de mon rédacteur en chef quand j’arrivais dans l’agence d’Air-France avec, pour mission, d’interviewer sa directrice sur le mécénat artistique.

- Bonjour. Je suis journaliste. J’ai rendez-vous avec madame Duval.
- Quatrième étage sur la droite. »

La réceptionniste ne faisait pas dans le rond de jambe. Droit au but. Il est vrai qu’on venait d’entrer dans l’hiver et que la froidure se faisait sentir aussi sur les esprits.

Parvenu devant la porte indiquée, je tapais doucement. Derrière, il semblait qu’il y avait un certain remue-ménage.

- Entrez !

Un peu surpris par le ton sec de cette autorisation, j’ouvrais et m’avançais avec prudence dans le bureau directorial. Deux femmes s’y trouvaient qui semblaient être en pleine discussion. L’une d’elles était particulièrement remontée contre l’autre.

- Mais enfin, Yvonne, vous faites n’importe quoi ! Ce dossier est prioritaire. Je vous avais dit de le mettre en haut de la pile. Je passe mon temps à réparer vos erreurs. Ce n’est plus possible !

Impossible de se tromper sur les rôles respectifs de ces deux-là au sein de l’entreprise. Car hausser le ton est un privilège réservé aux seuls dirigeants. La plus petite des deux n’en finissait pas de fulminer contre sa collaboratrice. C’était une femme mince d’une quarantaine d’années, une brune aux cheveux courts dont les lunettes argentées glissaient sur son nez effilé.

- Madame Duval, je suppose ? Dis-je en m’adressant à elle.
- Qu’est-ce que vous voulez, vous ?
- Je suis journaliste au Mensuel des arts. Nous avons rendez-vous pour faire le point sur le mécénat.
- Vous voyez bien que je suis occupée avec ma secrétaire. J’en ai marre d’être toujours sollicitée pour une chose ou pour une autre. Et vous Yvonne, remettez vous au boulot, ça vous changera de vos habitudes.

Rien à dire. Elle ne manquait pas d’air, même chez Air-France. Elle tourna ses yeux bleu-gris vers moi.

- Vous avez pris rendez-vous quand ? Je n’attendais personne aujourd’hui.
- Pourtant je vous ai eu, voici deux jours, au téléphone…
- Deux jours, vous dites ? Ce n’était pas moi mais ma secrétaire.
- En tous les cas, on m’a donné rendez-vous ce jour à 17h30. Et puisque je suis là, j’aimerais pouvoir faire mon travail.
- Eh bien vous reviendrez ! Je n’ai pas la tête à ça maintenant.

Sa réponse, toute dictatoriale, m’agaça au plus haut point.

- Écoutez, madame. Je n’ai pas que ça à faire. Et puis parlez-moi sur un autre ton. Je ne suis pas votre subalterne.

Surprise par la fermeté de ma réplique, elle s’avança vers moi, l’air décidé, comme si elle voulait me gifler. Mais elle s’arrêta presque contre mon torse. Un instant, nous restâmes sans un mot, les yeux dans les yeux, comme deux boxeurs qui se jaugent. Je la dépassais d’une bonne tête, mais ce n’était pas pour la faire céder. Elle ne manquait pas de charme, cette furie en jupons. En jupons ou plutôt en jupe de tweed à carreaux. Et ses seins, petits mais ronds, me semblaient pointer sous son chandail noir.

- Bon, ça va. On va la faire, cette interview. Yvonne, vous pouvez disposer. Je fermerai en partant.
- Bien, madame. À demain.

La secrétaire sitôt sortie, elle alla donner un tour de clé dans la serrure. J’étais maintenant enfermé avec la tigresse. Mais son ton se radoucissait.

- Excusez-moi. Je suis sur les nerfs. Avec tout ce boulot à abattre avant les fêtes. Et puis ces prédictions astrologiques ! 1990 va être une rude année pour les Scorpions.
- Vous êtes Scorpion ?
- Du deuxième décan. Et vous ? 
- Balance… Enfin, peu importe. Je n’y crois pas.
- Balance. Comme mon mari. Pour les Balances, ça doit être une bonne année.

À la regarder se détendre, les jambes croisées dans son fauteuil, elle me rappelait un peu Marie-Hélène, mon amour qui battait de l’aile. Même look d’exécutive woman, même féminité exacerbée et nerveuse.

- On verra bien. Et si on parlait un peu de travail, maintenant ?
- Toujours le travail. Les hommes n’ont que ce mot à la bouche.
- C’est quand même pour ça que je suis ici.

Elle se leva alors et se rapprocha de moi, un mince sourire aux lèvres.

- Non. Tu es ici pour t’occuper de moi. Enfin, si tu veux bien…

À lire le désir qui décrispait ses traits fins, je réalisais combien cette femme était attirante. Même dans l’intimité elle restait dirigiste. Vraiment, elle ne doutait de rien. Ou plutôt si : elle doutait du désir d’un homme plus jeune qu’elle pour elle.

- Madame a ses nerfs. Et c’est comme ça qu’elle les soigne ?
- Exactement.

Devais-je céder à son caprice ? Et Marie-Hélène dans cette affaire ? Mais pour ce qui restait de notre relation…

Je baissais la tête, un peu perplexe. Quand sa bouche, soudain, se colla à la mienne comme une ventouse. Puis nos langues se confondirent longuement.

- Je m’appelle Viviane. Dit-elle entre deux soupirs. Et toi ?
- Jérôme.
- Jérôme. C’est mignon, ça te va bien.
- Merci.
- Jérôme, je veux que tu me prennes, là sur mon bureau.

Et, d’une main sèche, elle jeta au sol les dossiers qui l’encombraient. Sa jupe de tweed à carreaux les rejoignit presqu’aussitôt. Puis, couchée sur le dos, son collant noir à demi roulé sur ses cuisses légèrement écartées, elle me désigna de l’index sa chatte brune comme une cible sans détour.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris