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En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

La fin d’un rêve

Mémoires de Dolly Morton (Chapitre XV)



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Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.


XV
LA FIN D’UN RÊVE

Quatre jours s’écoulèrent, tranquilles, monotones.

J’oubliais presque Randolph, lorsqu’un matin Dinah, en m’apportant mon déjeuner me dit avoir reçu une lettre de son maître ; il annonçait son retour pour le soir, et lui recommandait de préparer un très bon dîner. Je me dressai, regardant fixement Dinah. J’étais terrifiée de savoir si proche le moment redouté. Eh quoi, déjà ! Je m’accoutumais à la nouvelle vie que je menais, et c’était pour moi un coup terrible que je pressentais, tel le bras qui vous secoue pendant votre sommeil et interrompt un beau rêve.

C’était maintenant la réalité, l’heure fatale et maudite qui approchait, l’heure où il faudra me donner tout entière à l’homme que je haïssais le plus au monde, n’éprouvant pour lui qu’une répulsion qui me semblait en ce moment ne jamais vouloir s’atténuer.

Je me levai et m’habillai machinalement ; il me fut impossible de déjeuner, et toute la journée j’errai mélancoliquement d’une chambre à l’autre, la tête pleine de pensées tristes.

J’étais déjà épouvantée par les événements que j’entrevoyais.

Maintenant, je n’avais plus d’espoir d’échapper au satyre qui guettait, depuis trop longtemps, sa malheureuse proie.

Vers cinq heures, j’étais assise dans ma chambre, lorsque Dinah entra, suivie d’une quarteronne qui portait un tub. Elle le plaça au milieu de la pièce, le remplit d’eau chaude, puis elle sortit, me laissant seule avec Dinah. J’avais déjà pris mon bain, et je me demandais pourquoi cette fille me rapportait le tub rempli d’eau chaude ; je n’avais pas l’habitude de prendre de bains chauds, et j’en fis la remarque à Dinah.
- Mo, mamzel, me répondit-elle, mo savé vou mémo faitement propre, Maît’ dans lette, mo baillé à vous bain pafumé ; si mo pas complir, li baillé mé fessée.

Je rougis d’indignation, et j’étais profondément humiliée. On purifiait la victime et on la parfumait avant le sacrifice. Dinah n’y pouvait rien ; elle avait reçu des ordres auxquels elle ne pouvait que se conformer. Je lui permis donc de me laver.

Elle parut rassurée et se mit immédiatement à parfumer le bain. Elle y versa le contenu d’une petite fiole, puis un paquet de poudre blanche qui fleurait délicieusement la rose, après quoi, elle remua l’eau jusqu’à ce que la poudre fut complètement dissoute.

J’appris par la suite que cette préparation était en usage dans les harems d’Orient et la donnait à la peau un velouté exquis.

Lorsque tout fut prêt, elle me déshabilla et me passa l’éponge sur tout le corps, vantant en même temps l’harmonie de mes formes et la blancheur de ma peau.

Puis elle me sécha avec des serviettes très douces et me massa de la tête aux pieds, froissant légèrement la chair entre ses doigts. Mon corps devenait extrêmement souple, et ma peau devenait d’un blanc laiteux immaculé.

Dinah m’habilla ensuite, portant ses plus grands soins aux linges de dessous. Elle me passa une chemise garnie de guipures et de rubans bleus et blancs, puis un pantalon avec des dentelles roses. Une paire de bas de soie blanche me fut attachée au-dessus du genou avec d’élégantes jarretières de satin bleu, ornées de boucles d’argent.

Lorsque j’eus aux pieds mes plus fins souliers, elle me fit mettre mon corset qu’elle sangla fortement et, finalement, me passa une délicieuse robe blanche. Elle m’avait fait une coiffure très haute qui me seyait à merveille. Ces préparatifs achevés, elle recula de quelques pas et, satisfaite sans doute de son examen, elle s’écria :
- Vous très belle, li Massa li content y baillé moi compliments.

Dinah savait très bien dans quel but elle m’avait ainsi parée, mais elle ne comprenait pas pourquoi j’étais si émue.

Elle n’était pas vertueuse, et comme toutes ou presque toutes les femmes de couleur, elle était de mœurs faciles et d’idées peu austères. De plus, je crois qu’elle m’estimait heureuse d’avoir attiré l’attention du maître, qui était à ses yeux un très important personnage.

Ces apprêts terminés, elle me fit descendre dans le salon, pour attendre l’arrivée de Randolph.

Je m’installai dans la grande pièce, brillamment illuminée pour cette circonstance et, à peu près résignée à mon sort, j’attendis le coeur gros l’homme qui allait me ravir ma virginité.

Voir en ligne : Mémoires de Dolly Morton : Amant et maîtresse (Chapitre XVI)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.



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