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Les délices du fouet

La flagellation amoureuse

Roman érotique (chapitre 22)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


22

Deux heures et demie venaient de sonner, lorsque le cab me ramena au collège, brisé par les émotions multiples de la fantastique fête de Vénus et par la sensationnelle soirée chez miss Bobby, qui avait couronné la féerie. Je me consolai de ma rentrée tardive en apprenant que mes trois camarades n’étaient pas encore rentrés. Lord Philidor était du nombre.

Ma fatigue était si complète qu’à peine couché, je tombai dans un profond sommeil, la chair brûlante encore des verges de miss Bobby et la tête lourde de son capiteux souper. Le lendemain, mon excellent ami Philidor vint m’apporter les nouvelles.

La récompense de Vénus comprenant les faveurs de sa prêtresse, était échue à un jeune athlète de 18 ans, bâti en hercule et champion de lutte et de boxe. Miss Fanny l’avait visiblement favorisé et avait semblé vouloir s’offrir à tout prix ce superbe garçon. Quant au collier, on avait dû le couper en deux, deux femmes avant obtenu le même nombre de grains. C’était la grosse blonde que j’avais vu fouetter, et l’autre, par un étrange contraste, une petite brune maigrichonne, n’ayant presque pas de fesses, et qui se tordit comme une couleuvre sous le feu de la verge, sans se dérober tant qu’il y resta un seul brin.

Mais le spectacle le plus curieux avait été, paraît-il, dans le public, où le tumulte après mon départ devint indescriptible. Une femme avait eu l’idée d’aller chercher une verge et de fouetter son mari en pleine salle. D’autres couples, excités par l’exemple, suivirent le mouvement, et bientôt on flagellait de tous côtés. L’espace du milieu était envahi et le tableau réellement fantastique, rappelant en tous points une orgie romaine.

La fête fut clôturée par l’entrée de la prêtresse et du gagnant au tabernacle sacré, et le jeune hercule, ayant juché sur son épaule la divine idole, font le tour de la salle aux acclamations frénétiques de tous les assistants.
- L’hercule n’a pas dû s’embêter au tabernacle, dis-je à lord Philidor.
- Ni la prêtresse non plus, répliqua-t-il. Elle a bien su choisir son gaillard.

L’après-midi, je pris le chemin de miss Bobby, pour remercier l’incomparable amie de sa gracieuse réception de la veille et lui apporter toutes fraîches les nouvelles de Lord Philidor.

Elle s’amusa beaucoup de mon histoire et lorsque j’eus fini :
- Maintenant, dit-elle, je vais te dire à mon tour du nouveau. Il paraît qu’on a fort remarqué les assiduités d’un jeune lord fraîchement émancipé, auprès d’une marquisette blonde.

Miss Bobby me regarda d’un air malicieux et me vit rougir jusqu’aux oreilles.
- Il paraît même, continua-t-elle, que le jeune lord a entraîné la marquisette tout au fond du parc et qu’ils en sont revenus après une heure, enlacés l’un à l’autre, visiblement émus et très rouges. Est-ce vrai ?
- Chère miss Bobby, on exagère, répondis-je.
- Tu crois ? fit-elle en riant. Allons, confesse-toi : as-tu, oui ou non, passé une heure au fond du parc, la nuit, en compagnie de la petite Lilly ?
- Oui, fis-je, assez penaud.
- Enfin, nous allons donc savoir quelque chose ! Et que lui as-tu fait, à cette petite, pendant une heure, au fond du parc, dis-moi ?
- Je ne lui ai rien fait du tout, c’est plutôt elle qui m’a fait quelque chose.

Miss Bobby éclata de rire.
- Oh, ce n’est pas ce que vous croyez, dis-je.
- Alors quoi, elle t’a fouetté ?
- Justement.
- Non, c’est trop drôle, elle est enragée, cette petite ! elle t’a vraiment fouetté, la nuit, dans le parc ?
- Mais oui, c’était très gentil ; il y avait un beau clair de lune.
- Et elle sait s’y prendre ?
- Oh, c’était une fessée pour rire, une idylle dans la forêt. Mais, jeudi, je dois la rencontrer et, alors, ce sera sérieux, paraît-il.
- On la dit une flagellante passionnée.
- Je n’ai pu encore l’apprécier ; mais, à l’entendre parler, on la prendrait pour une terrible fouetteuse, et je suis à la recherche d’un petit local discret pour jeudi.
- Amène-la ici, je te prêterai ma chambre de punitions.
- Vraiment, vous seriez si gentille ?
- Oui, mais à la condition que j’inspecte ton derrière après la séance, et, si tu n’as pas ton compte, tu auras affaire à moi.
- Il n’y a que vous, chère miss Bobby, qui sachiez fouetter avec art !…
- Eh bien, tu n’as qu’à venir. À ton service, tu sais. Je ne me ferai pas prier.

C’était le moment ou jamais de proposer mon petit abonnement.
- Miss Bobby, dis-je, voulez-vous que nous fixions un jour par semaine ?
- Oh, un jour fixe ? dit-elle avec une petite moue… Tu peux venir chaque fois que tu en éprouveras le besoin. Je sais ce qu’il te faut : par moment, l’aiguillon de la passion te pique au point d’exiger une satisfaction immédiate et énergique ; d’autres fois, c’est une flagellation amoureuse que tu désires. Eh bien, puisque tu veux un programme, en voici un : chaque fois que tu arriveras chez moi déganté et tenant tes deux gants d’une main, ce sera le signe convenu pour la secousse énergique. Tu seras giflé, houspillé, conduit à la chambre de punition et fouetté sans rémission. Si une de tes mains seulement est gantée, ce sera la flagellation voluptueuse, savante, accompagnée d’exquises caresses, et, enfin, les deux mains gantées auront pour signe que tu viens voir ta sévère maîtresse pour une causette amicale. Cela te va-t-il ?
- Si cela me va ? C’est le paradis que vous m’offrez, chère miss Bobby !
- Mais fais bien attention de ne pas te tromper.
- Il n’y a pas de danger. Alors, vous me permettez d’amener Lilette jeudi ?
- Puisque je te le dis. Mais préviens-moi la veille, pour que je prenne mes dispositions.

Je quittai miss Bobby et rentrai à la hâte au collège, afin d’écrire à ma délicieuse amie que j’avais trouvé un petit nid confortable, pour notre rencontre de jeudi. Philidor se chargea de transmettre la lettre discrètement. Il me rapporta le surlendemain une réponse qui renversait tous mes plans.

« Cher Charley, m’écrivait Lilette, j’ai trouvé beaucoup mieux de mon côté. Rachel Blum, ma couturière, qui est aussi une ardente flagellante, m’offre un abri discret pour nos ébats. Elle a dans sa maison un local installé avec tout le confort désirable et où rien ne manque, ni les verges, ni les meubles ad hoc ! Rachel mettra à ma disposition, pour les corriger sévèrement en son lieu et place, un groom et une jeune ouvrière qui ont mérité les verges, ainsi que son mari, fervent amateur de flagellation et qui se réjouit d’être fouetté par moi. Vous pensez combien, pour ma part, je jubile d’avoir ces trois derrières à arranger, sans oublier le vôtre ! Trouvez-vous donc jeudi, à quatre heures précises, chez Rachel Blum, 22, Randal Avenue, N.E. Votre Lilian. »

Ce changement de programme m’obligeait à prévenir miss Bobby, et je me proposais de le faire avec les plus grands ménagements, la sachant ombrageuse et délicate. J’obtins sans difficulté la permission de l’après-midi. En arrivant chez miss Bobby, une surprise assez drôle m’attendait.

Je fus reçu par la jeune femme avec deux formidables soufflets et expédié sans préambule, à la chambre de punition. Sur l’escalier, où miss Bobby me suivait en me poussant devant elle, je compris, enfin, le motif de cet accueil : j’avais complètement oublié nos conventions, et, tout préoccupé de ce que j’allais dire, conservé mes deux gants à la main. C’était le signe de la correction énergique, et ma sévère maîtresse s’y conformait consciencieusement.

Arrivé à la chambre de punition, je voulus expliquer mon oubli, mais miss Bobby m’interrompit en m’ordonnant de me déshabiller, et sortit, du bassin à eau, deux longues et fortes verges qu’elle se mit à essuyer.
- Ah, c’était par erreur ! ricana-t-elle, tu fais bien de me le dire, je te baillerai double ration pour te rafraîchir la mémoire. Allons, ouste, sur le banc.

Je me soumis, subjugué par son air crâne et excité par la vue des instruments qu’elle savait manier avec une si grande maestria. Au fond, je n’étais pas fâché de l’aventure, et prêt à tout subir de l’incomparable fouetteuse. En un tour de main, elle m’attacha sur le banc et se mit à m’appliquer les verges à petits coups rapides et serrés, augmentant de vigueur par degrés. Je palpitais sous l’ardente douche et l’action progressive enflammait ma chair. Miss Bobby passa alors de l’autre côté du banc, et me fouetta en sens inverse. Les coups tombaient de plus en plus violents, il me semblait que des gerbes d’étincelles s’incrustaient dans ma peau. Toute ma chair, depuis le haut des reins jusqu’aux cuisses, brûlait de mille feux.

Je crus être au bout de mon supplice, mais cette fessée prolongée n’avait été qu’un préambule. Miss Bobby s’empara de la deuxième verge, ornée de longs brins flexibles, et, se déchaînant affolée, se mit à me fouetter à tour de bras. Surpris de la secousse, je me tordais et ne pus m’empêcher de hurler. Mais l’inexorable jeune femme, sans tenir compte de rien, continua de me cingler, changeant, à plusieurs reprises, de côté, afin de répartir les piqûres de façon égale. Le souple instrument bondissait comme un ressort, sifflant en l’air, claquant sur ma peau et m’arrachant des cris d’angoisse. Je faisais des efforts surhumains pour soutenir le choc ; je me sentais écrasé par la force qui se déversait sur moi, et j’admirais l’impérieuse jeune femme, fasciné par son regard qui m’infiltrait un magnétisme puissant. Lorsqu’enfin elle jeta la verge, j’étais brisé et, tout ensemble, secoué de frissons voluptueux. Quand je rejoignis ma précieuse amie dans son coquet salon, je pus enfin lui expliquer le but de ma visite, et elle s’amusa énormément de mon oubli.
- Cette bonne fessée t’a pourtant fait beaucoup de bien et tu en avais grand besoin, me dit-elle.
- Je me réservais pour la ravissante Lilian, répliquai-je.
- Je le savais bien, et j’étais enchantée de te couper un peu les ailes.
- Oh, d’ici jeudi, affirmai-je, il n’y paraîtra plus, et je serai tout à fait remis en forme.

Miss Bobby me lança un regard foudroyant.
- Je vais t’apprendre à te moquer de moi, dit-elle, et, ouvrant la porte, elle appela :
- Emma, allez me chercher une cravache à la chambre des punitions. Puis, s’adressant à moi : « Toi, tu vas me baisser ton pantalon, et tout de suite ! » Et elle avança un fauteuil.

Un frisson me courut dans le dos. Je ne savais si je devais me réjouir ou m’effrayer de l’algarade.
- Chère miss Bobby, pardonnez-moi, dis-je, si vous me fouettez encore, Lilian verra des traces sur ma peau.
- Tant mieux, fit-elle, c’est justement ce que je veux. Je serai enchantée qu’elle voie les marques de ma cravache sur tes fesses ; elle saura alors comment il faut te fouetter.

La soubrette avait apporté l’instrument de supplice, et miss Bobby, me poussant sur un fauteuil, me dit :
- Allons ! tiens-toi bien, et pas un mot de plus.

Je vis que toute résistance était inutile et, courbé sur le fauteuil, j’exposai mes rotondités déjà lacérées. La cravache siffla et s’abattit en une terrible cinglée, coupant ma chair. Bientôt, je roulai à terre en me tordant de douleur.

En rentrant au collège, j’étais brisé et tout de même ravi de cette secousse imprévue, qui avait délicieusement détendu mes nerfs. Miss Bobby, je le constatai une fois de plus, était décidément une crâne flagellante.

Voir en ligne : Une fervente de la flagellation (chapitre 23)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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