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Les délices du fouet

La flagellation voluptueuse (The « French Method »)

Roman érotique (chapitre 13)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


13

La nuit que je passai, après la savante correction du clergyman, me berça dans les délices et, le lendemain, à mon réveil, je fus pris d’un désir effréné de sentir une action plus énergique. La partie touchée par les verges magiques du révérend réclamait impérieusement une plus rude caresse.

Lord Philidor vint de bonne heure me trouver dans ma chambre.
- Eh bien, cher, me dit-il, vous y avez passé. Je vous l’avais bien dit et vous voyez que j’étais bien renseigné. Dites-moi vite vos impressions.

Je racontai à l’excellent garçon les choses telles qu’elles s’étaient passées et je ne lui cachai pas mon état de grande surexcitation.
- Vraiment, dit-il, vous éprouvez un besoin si pressant ? Oh mais, il faut vite aller vous satisfaire, je puis vous donner deux bonnes adresses. Que préférez-vous, une gouvernante disciplinaire qui ne plaisante pas, ou une aimable française qui est la plus étonnante professionnelle de Londres ? Elle vous fait passer par toutes les gammes et vous brise, si vous voulez, en deux temps trois mouvements.
- Je préfère la seconde, dis-je sans hésiter.
- Allez-y, mon ami, et Lord Philidor griffonna quelques mots sur un chiffon de papier. Demandez la permission de quatre heures, c’est le moment où vous la trouverez seule.

Cet excellent Philidor était une vraie providence. À l’heure dite, de plus en plus surexcité. je me fis conduire à l’adresse que mon ami m’avait donnée. C’était au West-End, le quartier le plus aristocratique de Londres, et la maison avait bonne apparence.

Une plaque en cuivre avec ces mots : « Mme Clémence » m’indiqua la porte et je fus introduit par une accorte soubrette, dans un luxueux salon où vint bientôt me rejoindre une délicieuse personne d’une trentaine d’années, grande, bien campée, divinement blonde, au teint éblouissant, dont la beauté nerveuse et impulsive incendia aussitôt mes sens et mon imagination.
- Vous êtes Français ? dit-elle, quel bonheur ! si vous saviez comme je suis enchantée de retrouver des compatriotes. Voilà cinq ans que j’habite l’Angleterre. Est-ce Mme Suzanne de Dreux qui vous a donné mon adresse ? elle m’envoie souvent des Parisiens.
- Non, répondis-je, je suis élève de Queen’s Royal College et c’est un camarade qui m’adresse à vous.
- Oh alors, fit-elle, nous sommes doublement en pays de connaissance ; j’ai la clientèle de votre collège et du Royal Graham. Ces messieurs sont si distingués et si galants, c’est un plaisir que d’avoir à faire à eux. J’en ai plusieurs, qui ont obtenu de leurs parents la faveur de recevoir ici leurs punitions, au lieu de se confier au clergyman.
- Et vous êtes très sévère ? demandai-je. Votre nom de Clémence ne le ferait pas supposer.

Elle rit.
- Mon nom et mon caractère sont les deux extrêmes, alors jugez ; et si c’est la sévérité que vous cherchez, sachez que je suis inexorable et toute disposée à vous en donner tout de suite la preuve cinglante.
- Est-ce votre spécialité ? demandai-je en riant à mon tour.
- J’applique tous les genres de flagellation avec la même passion ; mais ce qui fait mon succès à Londres, c’est la flagellation voluptueuse, ce qu’on appelle ici « French Method » pour vous renvoyer la balle, car vous ne l’ignorez pas, la flagellation est communément désignée en France sous le nom de « méthode anglaise ». On ne pratiquait pas, avant moi, en Angleterre, la flagellation voluptueuse, qui est un mélange de coups de fouet et de caresses. On ne connaissait que la correction sévère, fort simple, car il suffit alors d’attacher le coupable sur un banc et de lui administrer une fessée plus ou moins vigoureuse, et tout est dit. La flagellation voluptueuse, au contraire, varie à l’infini suivant la science, la fantaisie et le caprice de la flagellante. Son leitmotiv est l’adoration suprême de la femme sous le feu des verges, et les scènes en sont très poétiques. Il y a d’abord la leçon d’amour, où je fais la maîtresse, et une jeune fille remplit le rôle de l’amante adorée. Elle est divinement belle, parfaite, de la pointe de ses cheveux jusqu’aux ongles de ses petits pieds. J’enseigne, les verges à la main, les caresses les plus rares, spéciales à chaque pétale de la fleur féminine, depuis la nuque parfumée jusqu’aux adorables petits pieds, en s’arrêtant à toutes les radieuses merveilles de la route. Chaque caresse vaut à l’initié quelques coups de verge ; enfin, pendant l’enlacement final, c’est la rude fessée, terminée par quelques fameux coups de cravache qui vous envoient râlant de joie au septième ciel.

Les paroles de la délicieuse jeune femme m’avaient excité au suprême degré et je tremblais de tous mes membres. Ma belle interlocutrice s’en aperçut et me dit :
- Comme vous êtes passionné ! vous frissonnez déjà. Que sera-ce donc lorsque vous y serez ?
- Racontez-moi encore de ces belles scènes, dis-je.
- Vous brûlez d’envie d’être fouetté, me dit l’aimable jeune femme ; venez avec moi, je vous fouetterai tout en parlant.

Dans la chambre voisine où elle me mena, elle sortit d’un récipient plein d’eau, une longue et souple verge qu’elle essuya avec une serviette. Pendant ce temps, je me déshabillai, et elle me fit approcher du mur, où pendaient, fixées à un anneau scellé, deux courroies à nœud coulant dont elle m’enchevêtra les poignets, et je me trouvai suspendu, tendant ma chair rebondie, qu’elle mit à nu en épinglant le pan de ma chemise sur mes épaules.

La souple verge se mit à danser aussitôt une folle sarabande et je me cabrai sous la cuisante douche.
- Il y a aussi la maîtresse d’esclave, reprit la jeune femme sans cesser de me fouetter, qui ramène chez elle l’esclave enchaîné qu’elle vient d’acheter au marché. Elle l’oblige d’abord à procéder sur elle à toutes sortes de petits soins de toilette, qu’il doit exécuter avec des précautions et des égards infinis, et des détails minutieux, toujours encouragé par de rudes coups de cravache. Ensuite, ce sont les caresses, d’abord à ses pieds nus, où les baisers de l’esclave s’attarderont en de longues et vibrantes litanies. Mécontente de ses efforts, la maîtresse le renversera et le fouettera vigoureusement ; puis il recommencera, et la leçon sera répétée tant qu’il n’aura pas pleinement satisfait sa divine maîtresse.

Chacune de ses paroles était accompagnée d’une cinglade. La chair enflammée par les verges, mes sens par les paroles de la belle flagellante, je palpitais sous cette action, pris d’un furieux désir de sentir une morsure plus énergique encore.

La jeune femme jeta la verge et me dit :
- Vous voilà à point pour une bonne secousse ; voulez-vous, avant que je ne vous la donne, assister à une séance vraiment sensationnelle et qui enflammera encore votre imagination ? J’ai ici un client qui attend, et je pourrai vous faire voir un genre de flagellation que vous n’avez probablement jamais vu.
- On peut donc assister à vos séances ? demandai-je surpris.
- J’ai des regards d’où l’on peut voir toute la scène sans être vu.

Les femmes surtout raffolent de ce spectacle. Naturellement, je ne laisse pas épier ainsi mes clients ordinaires, mais seulement certains masochistes qui sont ravis d’avoir des spectateurs. Celui-ci est du nombre, il fait la promenade du sphinx, c’est vraiment étonnant.
- Dans ce cas, j’accepte avec plaisir.
- Restez déshabillé, me dit Mme Clémence, je pourrai ainsi vous donner plus vite la fessée énergique, sitôt la séance terminée.

L’aimable jeune femme me fit passer dans le couloir se terminant par un petit réduit plongé dans une obscurité complète, et m’y laissa en refermant la porte. Je vis alors briller, comme des étoiles dans la nuit, une quantité de petits trous ronds, qui semblaient percés dans le mur communiquant avec une pièce très éclairée. Ces petits trous, disposés en dessin très régulier, formaient quatre bandes se rejoignant en angle comme un cadre.

Après avoir examiné plus attentivement ce phénomène, je me rendis compte que je me trouvais derrière une glace étamée, dont le cadre, également en glace étamée, devait être taillé à facettes en formes de losanges. Une glace ronde sans tain correspondait à chaque croisement des facettes, ayant l’air d’un bouton, et permettant de voir à travers la glace, sans risquer d’être vu. En choisissant, parmi le grand nombre de trous, celui où l’œil s’appliquait le plus commodément, on pouvait embrasser du regard toute la chambre voisine et suivre distinctement ce qui s’y passait. Cette combinaison me sembla très ingénieuse ; personne, de l’autre côté, ne pouvait se douter que chaque croisement des facettes du cadre formait un regard.

La pièce où les yeux plongeaient ainsi, était vaste et peu meublée. Un tapis vert d’eau la couvrait en entier, et le fond était formé par des colonnes soutenant une galerie. Quatre ottomanes, toutes semblables, longeaient les murs, alternant avec des socles portant des statues et des jardinières fleuries.

Je vis bientôt apparaître, entre les colonnes, la belle maîtresse de maison, presque nue, avec une peau de tigre en travers d’une épaule, s’étendant sur la cuisse opposée. Cette demi-nudité la parait merveilleusement, laissant toute leur pureté aux bras marmoréens et aux jambes impeccables, ainsi qu’aux divins petits pieds. Elle était suivie d’une jeune fille ; portant le même costume avec une légère variante dans la draperie, sur un corps gracile aux formes rondes, d’une éblouissante blancheur estompée de rose. À côté de l’imposante statue que représentait Mme Clémence, la fillette avait l’air d’un gentil chérubin.

Les deux femmes s’arrêtèrent chacune à un bout de la salle, se faisant face. Je les apercevais de profil. La superbe Clémence tenait à la main une verge qui devait être un instrument redoutable, car elle était formée de longs brins droits, en bois dur et noir excessivement élastique, et ne ressemblait en rien aux verges de bouleau ordinaires ; elle avait l’air plutôt d’un faisceau de cravaches.

La jeune fille était munie d’un fouet en nerf de bœuf, souple comme un ressort d’acier. En voyant ces instruments dangereux entre les mains des deux jeunes femmes, une émotion me prit et le pressentiment d’une scène barbare. Elle le fut en effet.

Les deux femmes semblaient s’impatienter, assurant leurs armes dans leurs mains et les agitant de façon menaçante. Soudain parut, entre les colonnes, un animal bizarre, qui s’avançait lentement vers le milieu de la salle. C’était un homme dépourvu de tout voile, qui rampait à terre, la tête encadrée d’un haut bonnet de sphinx, dont les deux bandes retombaient, de chaque côté, presque jusqu’à terre. La physionomie de cet étrange individu était remarquable. Son visage, au type césarien, aux grands yeux fixes surmontés de sourcils tourmentés, au large menton glabre, avait une expression impassible, dont la sévérité était accentuée par les lignes rigides du bonnet de sphinx. L’étrange personnage s’arrêta au milieu de la salle, tourna sur lui-même et continua de tourner, en agrandissant le cercle de son parcours, jusqu’à ce qu’il vînt à passer devant l’une et l’autre jeune femme. Quand il fut à portée, la belle Clémence lui asséna sur le postérieur, un si terrible coup de sa forte verge, que je crus voir le bonhomme s’écrouler. Ma surprise fut grande en le voyant continuer sa route tranquillement, sans avoir même subi une secousse, ni plus ni moins que s’il avait été de marbre.

La même chose se répéta à l’autre bout de la salle, lorsque le sphinx se trouva aux pieds de la jeune fille. Elle lui lança un coup retentissant qui claqua comme un coup de pistolet, tandis qu’impassible, le sphinx continuait sa route, sans avoir paru éprouver même un frisson. Le surprenant exercice continua ; le bonhomme tournait en cercle sans s’arrêter essuyant les formidables coups de verge et de cravache avec un calme imperturbable, sans qu’aucun muscle de son visage ou de son corps ne trahît la moindre sensibilité, sa figure comme figée, conservant son expression glaciale, tandis que son postérieur se couvrait de stries sanglantes. Je suivais l’étonnante scène avec une attention soutenue, ne comprenant rien à cet homme qui supportait stoïquement une flagellation qui aurait fait se tordre et rouler à terre les plus endurants. C’était là véritablement, sphinx, une énigme, et la passion de la flagellation produisait vraiment des miracles. J’étais de plus en plus captivé par ce spectacle inouï, qui me surexcitait à l’extrême. Les deux belles fouetteuses étaient très animées ; guettant le moment propice pour déployer toute leur force, et leurs jolis corps nus, dans cet effort, développaient de gracieux mouvements.

Le bonhomme poursuivait toujours sa route, recevant, impassible et sans broncher, les plus violentes cinglades. Ses rotondités s’étaient teintées de pourpre, la cravache laissant des raies d’un rouge vif. J’en arrivais à regretter de ne pouvoir prendre sa place, tant j’étais excité, et j’attendais avec une impatience fébrile la venue de la jeune femme qui m’avait promis d’enivrantes satisfactions. J’eusse voulu qu’elle apportât la redoutable verge qu’elle maniait de main de maître.

Le sphinx, enfin, disparut au fond de la salle et mon sang se mit à bouillonner. La porte s’entrebâilla, laissant filtrer un jet de lumière qui m’aveugla, et je vis, comme dans une auréole, les deux merveilleux corps demi-nus, resplendissants de beauté. Un frisson me parcourut tout entier quand j’aperçus dans leurs mains les redoutables instruments.

Je fus, en un clin d’œil, enveloppé par leur chair divine, entraîné dans la grande salle et jeté à terre où deux courroies, fixées au plancher, me mirent à leur merci. Aussitôt, un adorable petit pied s’appuya sur ma nuque, un autre, plus petit encore, sur mes cuisses, et les jeunes femmes se trouvant bien en place, chacune d’un côté, m’appliquèrent à tour de rôle des coups nerveux sur la chair rebondie, la rude verge alternant avec la souple cravache.

Ces coups cinglants et capiteux avaient quelque chose de délicieusement pénétrant, m’infiltrant un feu céleste jusqu’au fond de l’être, et je râlais éperdu ; bientôt une délirante extase me secoua et m’étendit inerte.

Voir en ligne : La gentille fouetteuse à la baguette de jonc (chapitre 14)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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