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Les délices du fouet

La folle envie d’être fouetté

Roman érotique (chapitre 2)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


2

La matinée du lendemain me sembla longue, et ma petite sœur aimée éprouvait autant d’impatience et d’énervement que moi.

Elle me semblait toute transfigurée. Il y avait quelque chose de crâne et de décidé dans son allure, comme chez les personnes qui ont pris une grande détermination. Ses yeux avaient des lueurs que je ne leur connaissais pas. Je la surpris à bâiller et à se frotter les bras nus amoureusement : elle se révélait à moi féline comme une belle chatte qui s’étire.

Elle courait dans le jardin, arrachant des fleurs qu’elle mangeait avec des mines nonchalantes et qu’elle crachait en sortant une langue rose et pointue dont elle se pourléchait les lèvres. Elle avait saccagé presque tout un parterre, jetant les fleurs qu’elle ne portait pas à sa bouche. Puis, je vis qu’elle regardait les arbres, songeant sans doute aux verges qu’elle allait couper.

À déjeuner, Louisette mangeait à peine et je remarquai le léger tremblement de ses mains. Après le repas, pendant que les dames prenaient leur café, on nous laissa un moment de liberté, et Louisette m’entraîna hâtivement vers le banc où nous avions décidé de si grandes choses.
- Écoute, Charley, me dit-elle, j’ai à te parler sérieusement.

Je me câlinai contre elle, l’entourant de mon bras. N’était-elle pas ma sœur, mon aînée ? ne devais-je pas l’écouter avec tendresse et attention ?

Je me sentais, tout d’un coup, tout petit garçon à côté d’elle. Sa toilette avait quelque chose de soyeux et de parfumé qui la rendait femme, et son attitude solennelle faisait d’elle la maîtresse.

Elle parla.
- Voilà ce que je voulais te dire, Charley. Puisqu’il est décidé maintenant que nous allons faire cette chose, je suis d’avis que nous ne pouvons pas nous fouetter réciproquement. Ce serait une plaisanterie et un enfantillage, ne répondant pas à l’importance que cet acte a pris dans notre vie… Tu ne me fouetteras donc pas. Plus jeune que moi, tu n’en aurais pas le courage et ton bras manquerait d’autorité. Je ne puis garder pour moi le rôle de maîtresse et je remplacerai à tes yeux miss Wright et miss Treedle. Je te promets que tu ne perdras pas au change et que tu retrouveras les solides fessées qui te manquent tant depuis que nous sommes ici.

« Je vais donc préparer tout à l’heure deux fortes verges à ton intention et me procurer des cordes, — je sais déjà où les prendre pour t’attacher sur le banc, comme tu y étais habitué. Le reste me regarde et tu verras si je saurai m’y prendre pour te rappeler tes gouvernantes ! Seulement, ce qu’il nous faudra en plus, c’est un bâillon ; car des cris comme ceux que tu poussais à Paris, pourraient attirer du monde à la grange si tu ne pouvais te retenir. J’ai pris mes précautions : il y a dans la table à ouvrage de tante une petite pomme en bois servant à repriser les bas et les chaussettes. Cela fera un excellent bâillon ; je te l’introduirai dans la bouche et, en attachant un mouchoir par-dessus, tu ne pourras pas la cracher. De cette façon, je ne serai pas influencée par tes cris et je pourrai aller jusqu’au bout de ma besogne. »

Je regardais ma bonne petite Louisette avec des yeux étonnés pendant que ces paroles, surprenantes dans sa bouche, sonnaient à mes oreilles. Je ne reconnaissais plus la douce créature qui ne m’avait témoigné jusque-là que tendres câlineries. Un frisson me parcourut tout le corps à l’évocation des délices qu’elle me promettait et, sans répondre, dompté par le magnétisme qui émanait d’elle, je saisis ses mains qu’elle m’abandonna avec condescendance et j’y déposai un baiser respectueux.
- Va, me dit-elle, rejoins tante pour ne pas éveiller de soupçons. Il est une heure et demie ; à deux heures, trouve-toi dans la grange, j’y serai, munie de tout le nécessaire. Nous avons de la chance aujourd’hui, j’ai vu les deux jardiniers partir pour le marché.

Louisette tira de sa poche une paire de ciseaux et s’enfonça dans l’allée ombreuse, tandis que je prenais le chemin du château.

Je trouvai ma tante, sa dame de compagnie et deux servantes occupées dans la penderie où tout était déjà sens dessus dessous, et je constatai avec plaisir qu’il faudrait des heures pour y remettre de l’ordre. J’offris sournoisement mes services, et, grimpant sur l’échelle, je tirai quelques paquets que je jetai à terre, augmentant encore le gâchis ; bientôt on me renvoya, sous prétexte que je dérangeais. C’était ce que je voulais et comme il était à peine une heure trois quarts, je montai dans ma chambre en proie à une excessive surexcitation.

Je baissai mon pantalon et je frottai avec la main la partie qui me démangeait. Je tressaillis en entendant sonner deux coups par le bourdon de la grosse horloge et, sans reboutonner mes bretelles, pour être plus vite prêt au sacrifice, je partis dans la direction de la grange. Louisette s’y trouvait, les manches retroussées et les jupes relevées avec des épingles ; elle semblait très affairée, se préparant à une rude besogne ; sa physionomie exprimait une décision féroce. Je me sentis impressionné et j’eus une secousse en apercevant les deux verges très longues et touffues, écartant leurs pointes comme des épines.
- Vite, Charley, me dit ma sœur en tirant la clef de la grange qu’elle replaça à l’intérieur en lui imprimant un tour et je lâchai le seul bouton qui maintenait mon pantalon, m’allongeant à plat ventre sur le banc débarrassé des herbes sèches qui avaient été nos orties. Elles gisaient à terre et je leur jetai un regard de pitié en songeant aux instruments perfectionnés qui m’attendaient.

Louisette m’attacha très habilement comme elle l’avait vu faire à nos gouvernantes ; puis, sans proférer une parole, elle tira de sa poche la petite boule en bois, me l’introduisit dans la bouche et attacha par-dessus son mouchoir en batiste parfumé qu’elle serra derrière ma nuque. Je fermai les yeux en m’abandonnant à cette autorité si ferme et si douce, à cette sœur avisée, qui me menait comme un petit garçon.

L’instant d’après, j’entendis : pfuitt… tchitt !… La verge s’abattit. Je sursautai sous ce coup d’une vigueur inattendue, et d’autres coups suivirent avec d’autres chitt et d’autres pfuitt. Je me croyais encore aux prises avec miss Wright et miss Treedle ; les coups étaient aussi fermes et aussi bien envoyés. J’aurais poussé des cris, si le bâillon ne m’en eût empêché, et je me tordais comme un ver tombé dans les flammes.

Oh, ces verges ! comme elles me griffaient de leurs ongles pointus, comme elles me piquaient de leurs épines ! J’étalais ma chair à leur cinglante caresse, cherchant à l’éviter et la désirant tout entière.

Louise se révélait une perfection. Je rendis hommage, dans mon cœur, à cette grande sœur tyrannique, qui me terrassait sous sa fermeté impitoyable, balayant ma chair comme un ouragan.

Ma peau s’engourdit peu à peu et la verge me pénétrait d’une vibration électrique qui semblait émaner de la fouetteuse. J’ouvris les yeux et la contemplai. Elle me sembla grandie ; ses yeux avaient des reflets phosphorescents, ses joues animées se teintaient de rose, tandis que son bras s’agitait avec grâce et précision. Elle jeta à terre la verge, qui avait perdu une partie de ses brins.
- Repose-toi un peu, Charley, me dit-elle. Oh ! je n’ai pas fini ; il faut que tu sois fouetté sévèrement.

Elle s’empara de la deuxième verge, passa de l’autre côté du banc, et la danse recommença de plus belle. J’aurais voulu crier et je ne savais plus si c’étaient miss Wright ou miss Treedle qui m’inondaient de flammes ou si les deux terribles maîtresses s’étaient incarnées dans ma délicieuse sœur. Elle était animée d’une grande ardeur et s’affolait, comme prise de rage, dans la crainte que quelque incident mît fin à son plaisir. La verge sifflait et claquait sous ses mouvements rapides et un tremblement agitait tous ses membres. Voulant, pour la fin, m’appliquer quelques bons coups, elle se déchaîna furieuse jusqu’à ce que la verge fléchit et s’éparpilla. Elle poussa alors un « oh » de regret et me libéra de mes liens, ainsi que de mon affreux bâillon.

Je me jetai aussitôt sur ses mains pour les baiser et je la serrai toute dans mes bras ; mais elle avait hâte de partir, de crainte d’une surprise. Je me sentais tout brisé par la forte correction, que je n’aurais pu supporter sans crier, si je n’avais pas eu le bâillon, et, en remettant en ordre mes vêtements, ma chemise se colla à ma peau ensanglantée.

Comme deux écoliers après une escapade, nous rentrâmes à la maison, chacun par un chemin différent. Notre absence n’avait pas été remarquée et personne ne se douta de la scène sensationnelle qui venait de se dérouler dans la grange. Après nous être assurés que les dames étaient toujours à la penderie, Louisette me renvoya à la grange, pour ramasser et détruire les restes des verges et les brins éparpillés par terre, afin de faire disparaître toute trace de notre action, tandis qu’elle se rendait auprès de tante, afin d’éviter qu’elle ne prit de l’inquiétude à notre sujet.

En retournant à la grange, je fus pris de délicieux picotements à fleur de peau et d’une bienfaisante réaction. Je remerciais du fond du cœur mon admirable Louisette, qui avait si bien fait les choses, et je regrettai qu’elle eût renoncé pour elle-même à la divine rosée.

Ma surprise fut grande lorsque, arrivant au lieu de nos exploits, j’y trouvai les reliquats d’une troisième verge et toutes les traces d’une folle action. J’en conclus que ma bonne petite sœur s’était administrée elle-même une bonne fessée, avant de me traiter si sévèrement. J’en fus tout ému, mais je n’en soufflai mot, ne voulant pas porter atteinte à cette dignité dont elle se montrait si jalouse. Mais je n’en fus que plus attaché à Louisette, qui se montrait si courageuse et si volontaire.

Au bout de quelques jours, guéri de mes blessures, je sentis à nouveau la folle envie d’être fouetté. J’en fis part à ma sœurette en termes affectueux et pleins de flammes, et elle rougit de mes compliments. Nous cherchâmes une occasion propice pour revivre d’aussi délicieux moments. Retourner à la grange nous sembla audacieux. La présence des jardiniers, dans le parc, nous exposait â être fort désagréablement surpris. Mais, au cours de nos explorations, nous découvrîmes, au château même, sous les combles d’un bâtiment latéral, une grande pièce formant grenier qui servait à faire sécher le linge les jours de pluie. Il s’y trouvait de vieux meubles hors d’usage et une banquette d’antichambre recouverte de cuir qui faisait absolument notre affaire.

Sans hésiter, nous adoptâmes ce local si propice à nos ébats.

Personne n’aurait l’idée de venir nous y chercher ; il était trop éloigné de la partie habitée du château et les murs en étaient si épais qu’aucun bruit ne pouvait nous trahir à l’extérieur.
- Au moins, dit Louisette, je n’aurai pas besoin de te mettre le bâillon. Ici, tu pourras crier tant que tu voudras, personne ne t’entendra.

J’étais très ému et Louisette m’excitait encore par son projet de préparer une douzaine de verges, afin que notre plaisir ne fût pas interrompu, comme l’autre fois, faute d’instruments de travail.

Tante, à certains jours, se reposait pendant une heure après le déjeuner, tandis que sa dame de compagnie lui lisait les journaux et les revues. Nous nous proposâmes de profiter du premier jour où ce cas se présenterait, pour nous livrer avec frénésie à l’exécution de nos beaux projets. En attendant, Louise s’occuperait des verges, les montant à mesure de leur fabrication, en les dissimulant sous ses jupes.

Je comptais les jours et les heures et Louisette était très énervée.

Le moment si passionnément attendu arriva enfin. Le matin, le facteur avait apporté tout un paquet de revues et de journaux de modes, et, après déjeuner, tante s’installa sur le sofa et la dame de compagnie à côté, avec un énorme paquet d’imprimés.

Louisette, soudain, eut une secousse voluptueuse et étira ses bras avec un long soupir, me lançant un regard magnétique, qui me fit courir un frisson le long du corps.

À pas de loups, nous nous engageâmes dans le dédale des escaliers et des couloirs, pour gagner le discret local où nous pénétrâmes avec respect et émotion.
- Charley, me dit Louise, toute frissonnante, aujourd’hui, prépare-toi à recevoir une fessée exemplaire. Je ne sais pas ce que j’ai, mais je vibre de passion contenue.

Je baisai ses menottes qui étaient moites et toutes tremblantes, et qui avaient comme des secousses saccadées.
- Enlève ton pantalon tout à fait, fit-elle ensuite, afin qu’il ne me gêne pas pour te fouetter comme il faut.

Mon pantalon, déjà tombé, glissa à terre, tandis que Louisette, qui avait traîné le banc au milieu de la pièce, alla prendre dans un vieux coffre à bois, les verges qu’elle y avait cachées.

Au même moment, des pas retentirent tout proche, et tante, accompagnée de sa dame de compagnie, se trouva devant nous. Je crus sentir le sol s’effondrer sous moi, la chambre tourner, et je fis un effort pour ramasser mon pantalon. Le mouvement que je fis pour l’enfiler, me fit choir et rouler par terre, les jambes nues. Louise, pâle comme un marbre, vacilla et s’appuya contre un meuble pour ne pas s’écrouler.

Voir en ligne : Le derrière en sang (chapitre 3)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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