Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Romans érotiques > Le Fouet à Londres > La fortune par le fouet

Navigation



La Flagellation à travers le monde

La fortune par le fouet

Le fouet à Londres (Troisième partie : chapitre I)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


LE FOUET À LONDRES
TROISIÈME PARTIE

I
LA FORTUNE PAR LE FOUET

Le colonel à son retour de France, avait promis à Lady Helling de passer avec elle quelques jours en famille à ***.

Devrait-il ou non parler de sa rencontre avec Margaret ? Toute réflexion faite, il était mieux de se taire. Il savait Lady Helling occupée de bien d’autres choses que du souvenir désagréable des derniers jours de la présence de sa nièce chez elle. Et puis, Margaret était-elle bien majeure, et la vie sans frein qu’elle menait à Paris ne pourrait-elle lui causer les pires désagréments ?

Il ne voulait personnellement aucun mal à cette jeune égarée, bien au contraire, car il se promettait, à chacun de ses voyages à Paris, de belles orgies de flagellation comme la dernière.

Margaret était, en somme, fort désirable. Pourquoi donc risquer, par une parole imprudente, de la priver de faire des heures, tout en embarrassant le sort de sa fortune ?

Il avait d’excellentes nouvelles de ses amis, et chacun était gai et content de le recevoir ; il ne troublerait donc pas cette heureuse quiétude en parlant de celle qui avait été la cause première de si grands événements.

Le colonel, lorsqu’il était sur la terre de France, ne perdait pas son temps, il s’amusait comme un collégien en vacances. Mais comme un collégien déjà émancipé.

Son séjour se prolongeait cette fois indéfiniment.

Il devait toujours s’embarquer le lendemain ; il lui était impossible de se décider à boucler ses malles.

La veille, Lilian Dirland, dont les sens tellement rajeunis par la flagellation de Margaret ne pouvaient plus se passer de ce spectacle, avait imaginé des séances plus nombreuses, cela en racolant, de-ci, de-là, les quelques amateurs choisis qu’elle honorait de sa confiance, les jugeant dignes de goûter, d’apprécier ces scènes savoureuses.

La rouée femme d’affaires qu’elle était ne négligeait pas les champs de courses ; là, elle fréquentait nombre de compatriotes, triant parmi eux tous ceux pouvant être de quelque rapport pour elle ; alors, amabilités, invitations à dîner, tout cela venait resserrer des liens utiles à sa prospérité.

Margaret était vraiment tombée dans son existence comme la mariée en carême.

Depuis son arrivée, c’était sans cesse des prétextes à réception.

Le riche entraîneur de Maisons-Laffitte, que Lilian réservait à sa protégée, était désormais un des plus assidus aux séances de flagellation dirigées par le fameux colonel Boldman. Il avait vu Margaret, et leur premier entretien s’était si bien prolongé qu’il n’était reparti que le lendemain matin.

Margaret avait dormi toute la journée. Lilian n’en revenait pas, mais aussi, il payait les frais largement, l’homme de course, laissant en partant de quoi satisfaire tous les caprices de sa nouvelle maîtresse. Bientôt, il prit la galante habitude de venir chercher Margaret en automobile. Ils partaient, faisant parfois du soixante à l’heure. Elle était alors équipée en conséquence, encapuchonnée, masquée.

Cela eut vite fait de passionner la jeune femme ; elle ne rêvait que de machines, elle s’abonna à tous les journaux de sport, se fit, avec son amant, membre d’un cercle, et dévorer l’espace devint sa suprême joie.

C’était une grande jouisseuse que Margaret Robson, elle avait des passions contre lesquelles elle n’essayait jamais de lutter. Maintenant qu’elle était riche, elle menait un train d’enfer. Rien n’était assez cher, assez beau pour elle ; elle se fit dans sa spécialité de vice une renommée justement acquise, et cela lui rapportait gros. Margaret se faisait construire un hôtel d’après des plans spéciaux. Elle voulait, pour exercer son industrie, une salle spécialement aménagée permettant des transformations, des éclairages multiples, et laissant à ses nombreux amis, spectateurs des séances, tous les agréments et tous les raffinements de luxe.

Elle voulait pouvoir être vue de tous à la fois ; ce n’était pas une salle de théâtre qu’il lui fallait, mais plutôt une sorte de petit cirque au milieu duquel auraient lieu les scènes attrayantes et déjà célèbres de la flagellation.

Lilian qui, pour ses vieux jours, avait su, malgré un train respectablement luxueux, épargner de jolis revenus qu’elle faisait encore fructifier, les augmentait sans cesse par sa chance sur les paris, blâmait Margaret de cette fièvre de luxe et d’ambition. Cet hôtel rapporterait certainement, mais combien il fallait engloutir d’argent avant d’en retirer du profit. Lilian perdait son temps à la catéchiser, Margaret riait de ses conseils, n’en faisant, comme toujours, qu’à sa fantaisie. L’avenir préoccupait la vieille, et laissait la jeune femme dans la plus complète insouciance.

Voir en ligne : Chapitre II : Une leçon

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris