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Mes confessions aux pieds de la duchesse

La goule

Les Tableaux vivants (Roman érotique : chapitre XIII)



Mots-clés :

- Les Tableaux vivants ou Mes confessions aux pieds de la duchesse, anecdotes véridiques tirées de nos amours avec nos libertines illustres et nos fouteuses de qualité, par un Rédacteur de la R. D. D. M., Éd. Poulet-Malassis, Paris, 1870.


XIII
LA GOULE

C’étaient de douces et honnêtes amours que les nôtres. Le sacrement seul y manquait. Ma petite Lucette s’en consolait en me disant : « Je suis ta femme devant Dieu ! » J’avais vingt ans, elle dix-sept. Tout n’était pour nous que poésie au monde. Nous parlions du ciel et du bonheur des anges, et lorsque nous consommions le voluptueux sacrifice, nous appelions cela : confondre nos âmes.

Nos plaisirs étaient faits de si chastes caresses ! Le soir, assis devant le foyer, Lucette sur mes genoux, comme nous devisions tous les deux ! Si mes mains s’égaraient sous les jupes de ma maîtresse, elle soupirait : « Ah ! le vilain homme ! » Et se renversant sur mon épaule, attirant ma tête vers la sienne, elle me buvait longuement les yeux, tandis que je la branlais. Bientôt le lit nous recevait et se remplissait de plaintes et de murmures.

Si je voulais baiser du haut en bas le joli corps de Lucette, elle ne s’y refusait point ; seulement elle soufflait la bougie. Dans l’obscurité, elle devenait plus libertine et me rendait tout. Mais la pudeur lui revenait avec le jour. Il y eut un matin une brouille sérieuse entre nous, parce que j’avais voulu la mettre toute nue devant son miroir.

Nous nous aimions depuis un an, quand la famille de Lucette, qui habitait la province, la rappela tout à coup. Peu de temps après, je sus qu’on l’avait mariée à un capitaine de dragons.

Deux ans plus tard, je traversais le jardin des Tuileries, quand une femme passa :
- Quoi ! Lucette, est-ce vous ?
- Richard !
- C’est bien vous ! Comment êtes-vous ici ? Ah ! Lucette !
- Mon mari est en garnison à Paris et je n’ai pas manqué de le suivre.
- Votre mari !… Taisez-vous, infidèle, ingrate ! lui dis-je en souriant. Comme vous m’avez bien planté là pour ce capitaine !
- Dame ! Il m’épousait, lui !
- Il vous épousait ! Voilà le grand mot !… Eh bien vous avez fait ce que j’aurais fait moi-même si j’avais été Lucette…. Mais peut-on vous aller voir ?
- Ne vous avisez pas de venir chez moi ! Mon mari est un jaloux !
- Il me percerait avec la pointe de son grand sabre !… Ah ! Lucette !… Si j’osais vous prier de venir chez moi !…
- Mon Dieu ! fit-elle, il n’y aurait peut-être pas besoin de me prier bien fort !… Je veux causer avec vous, Richard.

II y eut à ce moment un éclair dans ses beaux yeux si doux et toujours volontiers humides. « Voilà, me dis-je, une heure du berger qui sonne et que je n’attendais point. » Je mis le bras de Lucette sous le mien. Nous arrivâmes à mon logis tout en riant et en jasant. Lucette, une fois la porte bien close, me donna le plus amoureux, le plus chaud des baisers. Je me mis à penser au capitaine. Pauvre dragon. Je délivrai sa petite femme de son chapeau, de son manteau, et je la fis asseoir sur un sofa. Nouveaux baisers.

Cependant mes mains la parcouraient toute entière. Quelle fut ma surprise de voir sa main, sa main si timide autrefois, se glisser dans mon pantalon, l’ouvrir, en tirer ce que vous pensez bien !… Eh quoi ! Est-ce que je rêvais ? Elle se jeta sur ce noble outil (j’ose dire qu’il est noble !) et le baisa ! Lucette, Lucette, est-ce bien vous ? Quel chemin vous a fait faire le capitaine !

Je venais de lui ôter sa robe… Son sein était aussi pur, son épaule aussi fraîche et ronde qu’autrefois. Le reste à l’avenant. Je murmurai si bas, si bas qu’elle aurait pu ne point l’entendre :
- Faut-il ôter aussi cette chemise ?

Elle se mit à rire et la chemise tomba.

Mes lèvres allaient chercher la coupe où jadis il ne m’était permis de boire que dans l’ombre… Ô changement ! Ô mystère ! Ô surprise des surprises !
- Tête-bêche alors ! me dit Lucette.

La voilà posée sur moi, sa coupe d’amour sur ma bouche, tandis que sa bouchette rose s’attaquait à ce membre que naguère elle osait à peine toucher du bout des doigts. Du premier coup elle se le poussa jusqu’au fond de la gorge. Quelle langue alerte ! Quelles lèvres savantes ! Lucette pompait de toute son âme, avec une passion ! avec une fureur ! avec des soupirs ! avec des cris étouffés ! avec des bondissements de reins ! avec des mouvements enragés de tout le corps !… La liqueur enflammée s’élança : elle la but, elle la savoura avec délices !
- Je n’en ai pas perdu une goutte ! me dit-elle.
- Lucette, balbutiai-je, est-ce votre mari qui vous a appris ?…
- Non ! C’est le petit lieutenant, fit-elle. Mon mari me baise… et cela ne me fait plus rien du tout…
- Lucette, je ferais bien comme votre mari…

Mais elle ne m’écoutait point : elle s’était jetée à mes genoux, secouant, baisotant encore mon dard qui ployait. Quelle étrange passion ! Ses mains pressaient mes testicules vides, sa langue battait pays tout alentour ; tous ses désirs, toutes ses forces, toute son âme étaient tendus vers la seule gloire de me ranimer. À moi elle ne songeait plus : je n’existais pas pour elle. Vraiment, elle n’avait plus de pensée que pour lui. Lui, c’était mon membre !

Voyant qu’elle ne parvenait pas à le raffermir par ces moyens qui ne me plaisaient pas uniquement comme à elle, l’étonnante créature se releva et se mit à me chevaucher, pressant mon outil rebelle entre ses cuisses mignonnes et le frottant du bord de ce joli connin, qu’elle regardait elle-même comme un saint bon à ne plus être fêté. Au rebours des autres femmes, elle se servait des voies et moyens de la nature comme d’un excitant et d’un artifice pour arriver aux fins que la nature doit réprouver.

Je recouvrai bientôt ma vigueur sous cette étreinte, et serrant Lucette contre moi, je l’enfilai si prestement et avec tant de justesse qu’elle était pénétrée jusqu’au fond avant d’avoir pu se défendre. Mais elle était robuste ; elle déconna résolument, et se laissant retomber à mes genoux, ressaisit mon dard et l’engoula.

Engouler ! C’est bien le mot. J’avais affaire à une goule ! Tandis qu’elle me suçait pour la seconde fois avec la même frénésie, je n’avais point le courage de me dérober à ses caresses dévorantes. « Rien pour moi, me disais-je. Tout pour lui. Elle ne s’occupe pas même de savoir si je suis content, pourvu que je bande et qu’elle en ait la bouche pleine ! »

J’étais jaloux de mon membre !

Voir en ligne : Les couvents à la mode (chapitre XIV)

P.-S.

Texte établi par Nathalie QUIRION et EROS-THANATOS d’après le roman érotique d’un Rédacteur de la R. D. D. M. (attribué à Paul Perret), Les Tableaux vivants ou Mes confessions aux pieds de la duchesse, anecdotes véridiques tirées de nos amours avec nos libertines illustres et nos fouteuses de qualité, Éd. Poulet-Malassis, Paris, 1870.



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