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Les délices du fouet

La grosse blonde au derrière cocaïnisé

Roman érotique (chapitre 20)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


20

- Déjà neuf heures et demie ! s’écria Lilette, il faut que je parte dans une demi-heure. Quel dommage ! cela commençait justement à devenir intéressant. Je me suis tant amusée à voir cette grande brune.

Le numéro suivant était un gentil garçon de quinze ou seize ans. La prêtresse, surprise et ravie de cette jeunesse, le prit en riant par la main et lui dit familièrement :
- Viens, mimi !

Il se courba avec empressement sur la chaise curule et exhiba un petit derrière potelé. La prêtresse, comme voulant le ménager, le fouettait avec des réticences et il recevait la caresse des verges comme une bienfaisante douche. Il y eut des murmures dans la salle et quelques spectateurs, accusant en secret la prêtresse de vouloir se procurer le gentil jouvenceau pour le tête-à-tête intime, firent entendre des protestations. Comme piquée au vif, la belle Fanny, sans crier gare, se déchaîna, et une furieuse volée fit rouler à terre le petit jeune homme qui poussait des hurlements. Une fusée de rires monta dans la salle, tandis que le jouvenceau s’en allait en boitant.

Aussitôt une grosse fille blonde s’avança et Lilette, prête à partir, voulut encore rester pour la voir. Quand le gros derrière se découvrit, l’assistance partit d’un nouvel éclat de rire. Ce postérieur était énorme, deux ballons dignes d’une callipyge. La belle Fanny ne put faire autrement que de se laisser gagner par l’hilarité générale, malgré les efforts qu’elle faisait pour garder son sérieux. Elle semblait enchantée, du reste, de ce vaste champ de manoeuvres et se mit bravement à l’ouvrage. La grosse fillette ne bronchait pas, tandis que Fanny s’escrimait.

Fatiguée enfin de cette résistance, elle augmenta la vigueur de ses coups et le postérieur d’un blanc laiteux, se colorant de rose, se mit à trembler comme de la gélatine.
- Plum-pumdding ! lança un loustic. Le mot eut un succès d’hilarité. La prêtresse, secouée également par le rire, ne savait par quel bout prendre ce vaste espace, qui résistait vraiment d’une façon surprenante à ses attaques. Elle se mit à fouetter follement et d’une façon désordonnée, mais la grosse blonde, sans s’émouvoir, se remettait en place après chaque secousse.

Lilette s’amusait comme une pensionnaire échappée.

L’impérieuse Fanny ne se décourageait pas. Des stries rouges commençaient à zébrer l’énorme masse et la blonde poussait de petits gémissements, sans pourtant se dérober. Plusieurs brins ayant sauté de la verge, la fouetteuse la jeta et en demanda une autre. La pénitente, sans bouger, sembla visiblement soulagée par cet instant de répit.
- Bravo, plum-pudding ! cria la voix de tout à l’heure, et l’assistance se mit à applaudir.
- Pas de nouvelle verge ! cria une voix de femme. Si la pénitente résiste à la première, qu’on lui donne le prix.
- Oui, oui, pas de nouvelle verge, répétèrent d’autres voix.
- Bien, fit Fanny, un peu vexée en ramassant la verge usée et, après l’avoir bien assujettie dans sa main, elle se remit à fouetter avec rage.

La patiente palpitait de tout son corps, et poussait des gémissements, mais ne bougeait pas.
- Ce n’est pas possible ! elle a le derrière cocaïnisé, dit un monsieur près de moi.
- Qu’est-ce que vous entendez par derrière cocaïnisé ? demanda une jeune femme.
- Saturé de cocaïne, répondit le monsieur.
- La cocaïne possède la vertu d’insensibiliser la peau, expliqua un autre. Pour résister au coup le plus douloureux, il suffit de faire une solution de cocaïne dans une cuvette et de s’asseoir dedans pendant quinze ou vingt minutes.
- Tiens ! c’est bon à savoir, fit la jeune femme pensive.

La belle Fanny continuait à fouetter hardiment le derrière de la grosse blonde, qui se striait de raies sanglantes. Elle se secouait et gémissait, et on sentait que l’émouvante scène touchait à sa fin, car la fouetteuse se fatiguait aussi et la verge avait perdu la plus grande partie de ses brins. La prêtresse le comprit et rassemblant toute sa force, se préparait à de formidables assauts, quand la grosse blonde se souleva lentement, et remerciant la flagellante d’un sonore : Thank you, descendit prestement, auprès de la préposée au contrôle, qui comptait les grains tombés dans le vase en cristal pendant cette longue séance. Il y en avait 285 : la pénitente avait supporté les verges pendant quatre minutes quinze secondes et subi plus de trois cents coups. On avait calculé que la belle Fanny appliquait environ quatre-vingts coups par minute. Les assistants regardèrent avec curiosité le prodige, et les femmes lui jetaient des regards jaloux. Le vieux mécène chauve, qui n’avait pas perdu un détail du spectacle, l’arrêta au passage pour la complimenter.
- Vous êtes une personne très confortable, dit-il, ce qui, en anglais, est éminemment flatteur.

Le numéro suivant était un monsieur d’un certain âge, à favoris grisonnants. Lilette, comme un oiselet qui secoue ses plumes, se dressa tout à coup.
- Je pars vite, me dit-elle, dix heures sont sonnées. Accompagnez-moi jusqu’à la voiture, puis vous retournerez au spectacle qui est vraiment passionnant.

À la grille, je pris congé de l’aimable jeune fille. Avec de tendres effusions, elle me donna rendez-vous pour le jeudi suivant, avec promesse de me faire apprécier ses talents d’experte flagellante.

Je revins dans la salle, repris par l’atmosphère grisante et le spectacle lascif, et mes sens surexcités réclamaient impérieusement la morsure des instruments magiques. Je ne pouvais me trouver dans un endroit plus propice à la satisfaction de mes désirs. Les chambres discrètes, temples occultes mis à la disposition des fidèles, devaient être vacantes ; il ne s’agissait plus que de trouver une partenaire adroite. À cette fête qui avait attiré tout ce que Londres contenait de brillantes flagellantes, je ne devais avoir que l’embarras du choix. Je ne tardai pas à découvrir une grande fille brune, un peu sèche, à l’allure altière et aux gestes hardis. Elle avait le regard dur, et j’eus le frisson voyant son pouce très long, signe d’une nature cruelle. Elle suivait attentivement le spectacle, pendant que la prêtresse fouettait impitoyablement le monsieur aux favoris grisonnants. Je n’eus pas de peine à entre en conversation et je fus ému du son de sa voix, au timbre métallique. Elle devait être une fière flagellante. Un peu surprise de ma proposition, elle accepta pourtant avec empressement.
- Je m’appelle Ida Brown, dit-elle. J’ai été plusieurs fois à Paris et j’aime beaucoup les Français. Ils sont galants et caressants avec les femmes : c’est un plaisir de les fréquenter.

Au pied du grand escalier, la jeune femme choisit dans l’échoppe une petite verge de bouleau, et je constatai avec étonnement que ses intentions à mon égard n’étaient pas des plus terribles.

Au premier étage, une servante, vêtue en esclave grecque, nous introduisit dans la seule chambre disponible. On entendait à travers les portes le bruit des verges et les râles, Nous nous trouvions dans une chambre brillamment éclairée par des gerbes électriques. Au milieu, un banc rembourré et des cordelières de soie. La pièce contenait, en outre, un moelleux sofa et quelques fauteuils. Sur une table, un grand flacon de vin généreux avec deux verres et un petit flacon de sel, pour ranimer et réconforter la victime après une énergique action.
- Eh bien, dit la jeune femme, arrangez vos vêtements afin qu’ils ne gênent pas la correction, et couchez-vous sur le sofa : vous y serez mieux que sur ce banc qui me semble un peu dur.

Cette douceur, au lieu de la rudesse rêvée, n’avait rien d’engageant.
- Chère amie, dis-je, vous aurez du mal à m’attacher sur ce sofa.
- Oh, est-ce la peine de vous attacher ? Vous pouvez, je pense, supporter les verges. D’ailleurs, je tâcherai de ne pas vous faire trop de mal.

Je m’allongeai sur le sofa, un peu dépité ; elle prit la verge et me dit :
- Ah petit vilain, vous n’avez pas été sage ? Tenez, tenez, tenez ! Et elle me donna de petits coups que ma chair sentait à peine, habituée qu’elle était à de rudes morsures.
- Tenez, tenez, tenez, continuait la jeune femme, avec les mêmes petits coups anodins, qui me chatouillaient au lieu de me cingler.
- Tenez, tenez, tenez, elle ne sortait pas de là, et je me tordais nerveusement, de plus en plus excité.

Elle s’arrêta et me dit :
- Est-ce trop fort ?
- Non, répondis-je sèchement, agacé par cette comédie.
- Si c’est trop fort, il faut me le dire ; je ne voudrais pas vous faire de mal. Tenez, tenez, tenez.

C’était là cette fille impérieuse et cruelle ? Je n’en revenais pas.

Tout à coup, exaspéré au plus haut point, je me redressai, m’asseyant sur le bord du sofa.
- Ah ! fit-elle, voyez-vous, je savais bien que vous en auriez vite assez. Je ne vous ai pas fait trop de mal au moins ?
- Non, répondis-je toujours sèchement ; puis je partis d’un éclat de rire.

Elle riait aussi, montrant de belles dents, sans savoir de quoi je riais.
- C’était gentil, n’est-ce pas ? me dit-elle. Venez prendre un petit verre de vin pour vous remettre.

« Fichtre ! pensai-je, il y a de quoi me remettre. Elle croit qu’elle m’a à moitié tué. »

J’avalai un verre de vin capiteux, qui me coula du nouveau feu dans les veines.

Je regardais les pieds de cette sotte. Ils étaient très appétissants, ma foi, d’un blanc nacré, saupoudré de rose sous les rubans de ses soléas.
- Laissez-moi vous enlever vos sandales et vous embrasser gentiment les pieds, lui dis-je.
- Y pensez-vous ? fit-elle, pas pour un empire ! je suis très chatouilleuse des pieds.

Elle n’était même pas bonne à cela !

Je me débarrassai en toute hâte de cette dinde. Comment avais-je pu me laisser prendre à son allure altière et hardie. Cette fille n’avait aucune notion du grand art de la flagellation.

Une femme intelligente comprend que lorsqu’elle tient entre ses mains un passionné flagellant, elle doit le satisfaire au delà de ses désirs, plutôt que de le laisser sur son envie. Il ne se plaindra jamais d’avoir été maltraité, mais il sera tout à fait dégoûté de ne pas l’avoir été assez. S’il tombe sur une experte flagellante, qui le brise sous sa férule, le souvenir de cette inexorable créature le hantera et il reviendra à elle comme le papillon à la flamme. Mais il méprisera la femme qui ne lui aura pas tenu promesse et qui, après lui avoir monté l’imagination, se sera montrée au-dessous de sa tâche, incapable d’éteindre les désirs qu’elle aura surexcités.

Je faisais ces réflexions en retournant à la salle où l’émouvant spectacle continuait. Quelle brillante flagellante que cette Fanny Foster ! Un magnétisme puissant se dégageait d’elle et se répandait comme une force immuable. Et comme son bras lançait des coups fermes et précis ! Sur la chaise curule, un beau jeune homme remplaçait l’homme aux favoris. L’impérieuse prêtresse déversait sur sa chair le feu de ses ardentes verges. Comme elles fouettaient, ces verges, bondissant et cinglant et quelles flammes magiques elles devaient allumer, sous la chair qui se striait de rouge !

J’enviai l’heureux jeune homme et un tremblement saisit mes membres : mes dents claquaient, mes jambes vacillaient et des étincelles éblouissaient ma vue, lorsque, tout à coup, je me sentis rudement secoué par le bras. Je me retournai et je sentis mes cheveux se dresser sur ma tête : Miss Bobby était devant moi, me dardant d’un regard de suprême défi. Je crus m’écrouler à cent lieues sous terre.
- Charley, grand nigaud, je t’y prends. Qui t’a permis de venir ici ?

J’étais comme un faible petit animal, écrasé par une lionne sauvage, et l’ascendant de cette maîtresse femme me jetait à sa merci.
- Veux-tu me répondre, affreux garçon, continua-t-elle, ou je te donne une gifle, ici en pleine salle.

Je balbutiai :
- Pardon, miss Bobby, je vais vous expliquer… ne sachant pas du tout ce que j’allais dire. Elle me clouait sur place, impérieuse, obstinée, me terrorisant et me narguant.
- Ah ! fit-elle, Monsieur passe les nuits à faire la fête ! M’as-tu demandé la permission de venir ici ?
- Pardon, miss, dis-je, je croyais… que… maintenant que je suis émancipé…

Elle changea soudain de physionomie et, toute souriante :
- Ah ! tu es émancipé ! Mes compliments. Eh bien, puisque tu es émancipé, je vais te fouetter tout de suite, tu m’as l’air d’en avoir grand besoin.

Elle ne savait pas si bien dire et, à l’idée d’une correction de sa main, tout mon sang ne fit qu’un tour, je n’en croyais pas mes oreilles.
- Tu as assez vu la fête, dit-elle, voilà des heures que je te vois traîner dans la salle et passer devant moi sans me voir, comme si tu avais la berlue. Il faut que tu sois rudement absorbé par le besoin des verges. Attends un peu, je vais te les faire sentir et ce ne sera pas pour rire. Viens, je t’emmène chez moi dans ma voiture.

Voir en ligne : Un passionné flagellomane (chapitre 21)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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