Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Romans érotiques > Les délices du fouet > La juvénile flagellante

Navigation



Les délices du fouet

La juvénile flagellante

Roman érotique (chapitre 8)



Auteur :

Mots-clés : |

Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


8

La semaine passa assez vite, car mon esprit était plein du souvenir de ma sensationnelle aventure. Le jeudi ne tarda pas à arriver et, tout tremblant d’émotion, je me rendis, à l’heure fixée, chez ma divine maîtresse.

Je la trouvai dans le jardin, sous une tonnelle, devant une table où l’on avait servi le café, et je fus tout surpris de voir à ses côtés un jeune garçon paraissant d’une année ou deux plus jeune que moi.
- C’est mon fils, dit aussitôt Mme de Vridesviller. Jean, embrasse ce jeune homme, c’est Charley, vous serez camarades.

Je fus tout ému de l’accolade que me donna le jeune garçon et qui avait toute la saveur d’un baiser de femme. En le pressant contre moi, je sentis, sous son veston fort élégant, quelque chose de dur et de rond comme les seins naissants d’une jeune fille. Sa tête aussi était toute féminine, avec de grands yeux bleus, des cheveux courts et bouclés, séparés sur le front. Le costume, pourtant, ne pouvait laisser aucun doute sur le sexe de l’éphèbe.
- Eh bien, Charley, m’apostropha la maîtresse de maison, tes fesses sont-elles guéries de ta correction de jeudi dernier ?

Je rougis jusqu’aux oreilles, honteux que ce sujet fût touché devant une tierce personne.
- Oh, madame, fis-je, devant votre fils !…
- Qu’est-ce que cela fait ? il est au courant ; d’ailleurs, tout à l’heure, je te ferai fouetter par lui.

J’étais tellement ébahi que je ne dis rien.
- Tiens, Charley, dit la maîtresse, en me versant un grand verre de liqueur, bois : cela te donnera des forces pour supporter la fessée exemplaire que tu vas recevoir.
- Maman, dit le jeune homme, as-tu pensé à faire couper des verges fraîches ?
- Non, répondit Mme de Vridesviller, ce sera le fouet. Tu sais, la scène en rampant sur le tapis.
- Ah oui, dit le jeune homme, ce sera très amusant.

J’étais consterné de ce que j’entendais. Comment était-il possible que Mme de Vridesviller associât son jeune fils à ces séances de flagellation ? Je n’en revenais pas ; mais, décidé à ne pas résister aux fantaisies de la capricieuse dame, j’eus le secret espoir d’y trouver un nouveau piment. J’aurais évidemment préféré que le partenaire fût une fille, mais Jean avait des grâces féminines qui donnaient fort bien l’illusion.

Mme de Vridesviller se leva et nous dit d’aller nous amuser au jardin, en attendant qu’elle nous fit appeler.

Quand je vis Jean debout, je trouvai son pantalon singulièrement gonflé aux hanches et, je me dis : « Ce n’est pas possible, c’est une fille ! » À mon grand contentement, la chose se confirma. Jean, s’étant approché d’un garçon jardinier pour lui donner un ordre, celui-ci répondit :
- Bien, mademoiselle Jeannette.

Mon compagnon, se fâchant, repartit :
- Tais-toi donc, imbécile ! et lança un coup de pied au jardinier.

Puis, sans oser me regarder, il me prit le bras et s’enfonça avec moi dans une allée ombragée.
- J’ai tout entendu, lui dis-je à l’oreille. Voyons, est-ce Jean ou Jeannette ?
- C’est Jeannette, avoua la jeune fille, car, c’était en réalité une ravissante fillette.
- Mais, vous savez, continua-t-elle, c’est entre nous ? Pour rien au monde, je ne voudrais que maman sache que je vous ai fait la confidence.
- Soyez tranquille, chère Jeannette, lui répondis-je ; ce n’est pas moi qui vous trahirai, mais dites-moi pourquoi cette comédie et ce travestissement ?
- Mais tout simplement pour me permettre de participer aux séances, ce qui serait trop déplacé pour une fille. Vous savez, maman est une femme originale, et moi je le suis tout autant. Depuis l’âge de dix ans, j’en ai appris, des choses extraordinaires ! j’en ai quinze maintenant et je ne me marierai jamais. Maman m’a enseigné à détester les hommes, et mon plaisir, comme le sien, est de les martyriser. Je suis déjà une experte flagellante, vous vous en apercevrez tout à l’heure. Mais faites comme si je ne vous avais rien dit.

J’allais de surprise en surprise et je me sentais captivé par cette précoce tourmenteuse d’homme, qui me communiquait un vibrant magnétisme. Une servante vint nous appeler et Jeannette m’entraîna jusque dans la chambre de sa mère, située au premier étage de la maison. Cette chambre, tapissée de lourdes tentures et garnie d’un moelleux tapis, avait des meubles confortables et un grand lit doré recouvert de soie. Des fleurs naturelles remplissaient vases et jardinières, jetant l’éclat de leurs couleurs vives sur le chatoiement des étoffes. Il flottait dans toute la pièce une chaude atmosphère chargée de parfums capiteux, qui devaient avoir une action aphrodisiaque, car j’éprouvais à les respirer un enivrement voluptueux.

Allongée sur un vaste sofa, l’impérieuse reine attira mes regards. Elle était merveilleusement belle et imposante, vêtue d’un long manteau de cour en velours cramoisi garni d’hermine et ce vêtement royal, fendu devant, laissait apercevoir ses délicieuses jambes et ses ravissants petits pieds nus, dont elle avait laissé tomber les mules. Son attitude avait quelque chose de félin et de caressant, et ses yeux exprimaient toute l’adorable et criminelle science que possédait cette incomparable magicienne.
- Jean, dit-elle, décroche le fouet pendu près de mon lit, et toi, Charley, déshabille-toi tout nu.

Les parfums enivrants de la chambre avaient à tel point surexcité mes sens, que je vibrais d’une passion réclamant une énergique action. J’arrachai mes vêtements et la charmante enfant, qui avait apporté un fouet à manche court et à lanière tressée, m’aida à retirer ma chemise, tandis que je me jetais à terre le dos en l’air, pour cacher ma nudité.

L’impérieuse maîtresse se souleva lentement et s’approcha d’un mur contre lequel elle s’adossa debout, écartant son royal manteau et avançant ses deux merveilleux pieds nus, surmontés de deux superbes jambes, découvertes jusqu’aux genoux.
- Viens me baiser les pieds, commanda-t-elle.

Ne me sentant pas de joie à cette permission, je rampai à quatre pattes vers les incomparables délices et couvris d’ardentes caresses la peau satinée, fleurie de pétales roses.
- Allongez vos jambes, joignez les talons, ordonna Jeannette en me lançant de petits coups avec la pointe de ses souliers ; puis je sentis l’un de ses petits pieds m’écraser la nuque, de sa semelle ; en même temps, un terrible coup de fouet claqua sur ma chair rebondie. Je sursautai, renversant presque la gracieuse enfant ; mais elle reprit sa position et continua de me cingler, à coups espacés, me touchant de la pointe de la souple lanière.

Ces coups étaient un divin délice, chacun imprimant un baiser de feu sur ma chair, et je palpitais, délirant sous leur enivrante caresse, subjugué par la beauté des pieds de marbre rose que ma bouche lascive aspirait, la nuque toujours écrasée par le talon du jeune saint Michel que figurait une adorable petite fée de quinze ans. Je ne savais si ma joie allait à l’un ou l’autre délice, tandis que la lanière du fouet, dirigée d’une main adroite, s’élançait en claquant et me communiquait son jet de feu. Je râlais éperdu, lorsque, brusquement, les divins pieds échappèrent à mes baisers et la majestueuse reine, prenant le fouet des mains de l’enfant, le lança sur moi en une volée de terribles cinglades, qui m’enveloppèrent de flammes et me firent tressaillir en une suprême secousse de volupté.

C’était la péroraison de la longue et savante fessée appliquée avec une rare maîtrise par la juvénile flagellante. Je remerciai à genoux les deux divines créatures de m’avoir transporté en paradis de façon si exquise. Cette séance sensationnelle me lia définitivement, par les satisfactions réciproques qu’elles nous avaient procurées, avec Mme de Vridesviller et sa délicieuse fille.

Rennes devint pour moi un séjour enchanté, illuminé par les fêtes mystiques que m’offraient, chaque semaine, les deux ravissantes créatures, soit ensemble, soit séparément.

Chaque jeudi apportait quelque nouveauté et quelque surprise à nos ébats. L’incomparable maîtresse avait des inventions fantastiques et une imagination inépuisable.

Un jeudi, elle m’enferma dans la cellule pendant toute la journée, apparaissant toutes les heures, après avoir changé de costume, pour me torturer pendant dix minutes, chaque fois avec un instrument différent. Ce fut une journée mémorable, qui me fit passer par toutes les nuances de la terreur, de la souffrance et de la volupté.

Un autre jeudi, Jeannette me reçut, divinement jolie dans une toilette de jeune fille, m’annonçant que sa mère étant obligée de sortir, elle l’avait chargée de m’administrer une bonne fessée en son absence. Nous étions encore en plein feu de l’action qui se prolongeait depuis plus d’une heure, tant elle nous offrait à tous deux de délicieux attraits, lorsque la maman entra à l’improviste et, après avoir examiné les effets de la correction, reprocha à sa fille son manque d’énergie. Elle fit apporter aussitôt plusieurs verges fraîches, longues et fortes et, après m’avoir attaché sur un banc, me donna, en présence de sa fille, une fessée exemplaire, pour lui montrer comment on fouette un homme.

Jeannette sembla avoir pris la leçon au sérieux car, la semaine suivante, elle supplia sa mère de me mettre à sa disposition pour toute la journée et de l’autoriser à se passer sur moi toutes ses fantaisies. J’eus un frisson en voyant le regard de la fillette lorsque sa mère me remit entre ses mains, en lui donnant carte blanche de faire de moi ce qu’elle voudrait. Elle m’attacha immédiatement les mains sur le dos avec une chaînette, et me traîna, tel un prisonnier, jusqu’à la cellule du bâtiment latéral.

Ce que fut cette après-midi dépasse toute description. Cette innocente de quinze ans laissait loin derrière elle sa mère, en inventions diaboliques et en cruauté. La mère était une tigresse, mais la fille était une démone.

En arrivant à la cellule, après en avoir soigneusement fermé la porte à clef et sans me libérer de mes chaînes, Jeannette me dit :
- Il y a longtemps que je brûle d’envie de t’avoir en ma puissance ; aujourd’hui, je te tiens !

Cette menace, qu’elle accompagna d’un geste énergique en serrant son petit poing, et le regard phosphorescent qu’elle me darda, me firent trembler de tous mes membres.

Pour dissimuler mon émotion, je lui dis d’un air enjoué :
- Je suis heureux, chère Jeannette, de subir votre colère d’enfant.

Elle sauta sur moi, furieuse, ses yeux lançant des éclairs :
- Qu’est-ce que tu dis ? À qui parles-tu donc ? cria-t-elle, et elle se mit à me gifler de droite et de gauche, me faisant ballotter la tête et voir mille étincelles.

Elle ne s’arrêta que lorsque son bras fut fatigué ; puis, m’arrachant la chaînette qui liait mes mains, elle me dit :
- Déshabille-toi tout nu, je vais maintenant te travailler en détail.

Elle me travailla en effet « en détail », comme elle me l’avait promis. Il faudrait un volume pour raconter les diaboliques tortures qu’elle m’infligea, infatigablement et sans me laisser prendre haleine. Après m’avoir couvert de chaînes et accroché aux pieds un lourd boulet qui je pouvais à peine traîner, après avoir couturé tout mon corps d’entailles faites avec les multiples instruments dont elle avait découvert un choix considérable dans une vieille malle, un dernier et terrible supplice m’attendait.

Elle m’attacha sur une sorte de bloc, dans une position penchée, qui exposait mon postérieur à toutes les rigueurs, et je tremblai dans l’appréhension d’une nouvelle volée avec les verges coupantes ou la cravache ; mais ce fut plus terrible encore. Je hurlai d’horreur en la voyant braquer sur moi un pistolet. Je crus ma dernière heure venue et je recommandai mon âme à Dieu. Mais c’est avec des pois chiches qu’elle tira, et le premier, bien visé au milieu de la cible vivante, me fit pousser un cri déchirant.

Elle jubilait et continua de tirer. Les balles, après un choc assez douloureux, glissaient sur la peau. N’en trouvant pas l’effet suffisamment terrible, la cruelle jeune fille jeta bientôt son pistolet, pour me lancer des flèches qu’elle avait munies de fines aiguilles, émergeant de quelques millimètres.

Ce tir ne lui paraissait pas aussi familier et, ayant raté plusieurs coups, elle se rapprocha et finit par me planter quatre flèches, qui me piquèrent horriblement, et qui me firent souffrir tout autant lorsqu’elle me les arracha.

En me reconduisant vers sa mère, au bout de cette émouvante journée, Jeannette lui dit toute joyeuse :
- Maman, tu sais, je ne me suis jamais aussi royalement amusée !…

Voir en ligne : La passion de la flagellation (chapitre 9)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris