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Les délices du fouet

La passion de la flagellation

Roman érotique (chapitre 9)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


9

Je passai trois ans et demi à Rennes et ce fut une période heureuse de ma vie, qui me fit atteindre ma dix-neuvième année. Mon physique s’était développé, ma santé était robuste, un sang généreux coulait dans mes veines et ma virilité se fit sentir.

Je n’avais pas manqué un seul jeudi, sauf pendant les vacances, à mes rendez-vous chez ma belle amie, Mme de Vridesviller, et les verges étaient devenues chose indispensable à mon existence.

La passion de la flagellation prit possession de moi, comme une habitude invétérée, devenant un besoin impérieux. Les verges m’étaient d’ailleurs infiniment salutaires, elles calmaient mes nerfs, provoquaient une agréable réaction et un état de bien-être général.

Après les premières folies et inventions de mes deux charmants bourreaux, ma passion pour la flagellation se précisa et pour ainsi dire s’embourgeoisa. Dès la seconde année, nos séances se bornèrent à une simple fessée, administrée consciencieusement avec de bonnes verges, et se terminant par quelques vigoureux coups de cravaches. Cette manière, adoptée par ma belle amie et dont je me trouvais bien, n’eut de variante que lorsque la gentille Jeannette me fouettait au lieu de sa mère, y apportant sa fantaisie. Une autre variante me fut offerte par une jeune Parisienne, amie de Mme de Vridesviller, qui vint demeurer huit jours chez elle et qui s’emballa pour la flagellation, avec toute la fougue d’une nature indomptable et névrosée. Elle me fouetta plusieurs fois, avec un raffinement de cruauté inouï.

La période des vacances m’était très pénible, en me privant de mon plaisir favori, devenu un élément indispensable à mon équilibre physique et moral.

Je passais mes vacances chez ma tante, dans le délicieux séjour offert par son château, et j’y retrouvais avec bonheur ma gentille sœur Louisette. transformée en grande et belle fille.

Le moment de quitter Rennes était venu et ce fut avec un vrai chagrin que je me séparai de ma divine amie, Mme de Vridesviller et de sa charmante fille.

Ma tante avait imaginé de me faire interrompre mes études universitaires, de peu d’importance pour un homme destiné à jouir d’une très grande fortune, et de me mettre, jusqu’à ma majorité, dans un collège aristocratique de Londres, afin de me perfectionner dans la langue anglaise et de contracter les bonnes manières en rapport avec la situation que je devais occuper dans le monde.

Je fus donc envoyé au Queen’s Royal College, réservé aux plus hautes familles du Royaume-Uni et où je n’obtins l’admission que grâce à mon nom historique, célèbre dans les annales de l’Écosse.

Mon départ fut un nouveau déchirement par la séparation d’avec ma chère petite soeur, mais il fallait bien me soumettre à la volonté de ma tante et me plier à la raison.

Je débarquai donc un beau matin au milieu de la métropole anglaise, n’y connaissant pas âme qui vive, sauf l’adorable miss Bobby, déjà un peu oublié, mais dont le souvenir refleurit ardent dans mon esprit. Je me rappelai que c’était elle qui, la première, avait révélé à mes sens les vibrantes délices de la flagellation et je conservais, religieusement plié dans un papier blanc, le petit mouchoir de batiste qui avait essuyé ses divins petits pieds. Je me berçais du secret espoir de retrouver cette amie et que ses magiques verges s’animeraient encore pour mon bonheur.

Je demeurai stupéfait du luxe extraordinaire du Queen’s Royal College dont rien, à la Faculté de Rennes, ne pouvait me donner une idée. C’était un immense palais, aménagé comme un club opulent plus que comme un collège. Chaque élève avait sa chambre à coucher, un petit salon-bureau très confortable, et un valet de chambre spécialement attaché à sa personne. Le nombre des élèves était forcément limité et ne dépassait pas soixante-dix jeunes gens de dix-sept à vingt-cinq ans, appartenant aux familles les plus illustres du royaume. On y professait surtout l’enseignement aristocratique, concernant les sports, la chasse, les arts d’agrément et tout ce qui touchait à l’administration royale et aux cérémonies de la cour.

Lorsqu’on me présenta à mes camarades, tous gentlemen raffinés, vêtus avec une suprême élégance, je me sentis honteux de mon col rabattu et de ma redingote coupée par le plus grand tailleur d’un faubourg de Rennes. Mon valet de chambre, voyant mon embarras, me prit paternellement sous sa protection et m’emmena en tournée chez les nombreux fournisseurs de la cour, commandant pour moi, sans se donner la peine de me consulter, une garde-robe complète.

Dès le premier jour, il m’énuméra aussi une quantité de choses que je ne devais pas faire et d’autres que je devais faire, et quand je m’embrouillais, il me rappelait sévèrement à l’ordre. Je fus bombardé « My Lord » en raison de ma descendance de hauts barons écossais, ayant tous porté ce titre seigneurial.
- My Lord, je vois que j’aurai beaucoup de mal à décrasser votre Seigneurie, me dit ce bienveillant valet, en poussant un soupir et en levant les yeux au ciel.

Je ne voulais pas aller me présenter chez miss Bobby avant d’avoir mes beaux effets, et le tailleur comme le bottier, avait demandé quatre jours pour livrer. Je brûlais d’impatience de revoir ma ravissante maîtresse et de revivre sous ses divines verges.

Le quatrième jour, heure militaire, tailleur et bottier apportaient leurs chefs-d’oeuvre et j’admirais leur exactitude britannique que nos fournisseurs français feraient bien d’imiter. Tout allait d’ailleurs à ravir et était soigné dans les moindres détails. Mon valet m’aida à m’habiller, ne tarissant pas de me donner des conseils.
- My Lord, je vous en prie, croyez-moi, un épicier de Londres ne mettrait pas cela.

Il s’agissait de mon épingle de cravate, un fer à cheval massif pavé de gros brillants, qui rendait jaloux mes camarades de Rennes et me valait les oeillades des belles madames. Mon valet m’obligea à faire trois fois mon nœud de cravate, si différent de mes plastrons à dix-neuf sous qui faisaient florès à Rennes, et je m’y pris d’une façon si maladroite, qu’il se fâcha tout rouge et pour un peu allait me flanquer une gifle. Lorsqu’enfin je fus paré à son goût, il me conduisit devant une grande glace et c’est à peine si je me reconnus. Ma taille s’était allongée, mes épaules s’étaient relevées, la poitrine bombait et le reste tombait en plis droits avec élégance. J’admirai le nœud savant de ma souple cravate, couleur feuille morte, si parfait grâce à la colère du sévère valet, et la perle fine minuscule qui me servait d’épingle et qu’il avait retirée de sa propre cravate pour me la prêter.

Un cab attelé d’un petit cheval fougueux me mena en moins de vingt minutes à la maison de miss Bobby. Mon cœur battait à se rompre pendant que je soulevais le petit marteau qui tient lieu de sonnette. C’est miss Bobby elle-même qui vint m’ouvrir et mon sang ne fit qu’un bond en la voyant. Elle me sembla encore embellie, plus femme. Je voulais me jeter à son cou, à ses pieds, mais je n’osais que couvrir ses mains de fougueux baisers, ses délicieuses mains qu’elle m’abandonnait en me regardant étonnée, avec un sourire.
- Charley, vraiment c’est toi ? dit-elle. Jamais je ne t’aurais reconnu ; mais tu es un homme tout à fait, et cette élégance, quel chic ! Tous mes compliments.

Elle m’entraîna sur un canapé, après m’avoir pris des mains mon luisant huit-reflets et ma canne. Elle aussi, je la trouvais changée ; sa beauté s’était précisée, tout son être avait quelque chose de capiteux, au plus haut degré. Elle m’accabla de questions et de demandes de nouvelles sur ma tante, sur Louisette, sur mon séjour à Rennes, puis se taisant comme prise d’émotion, elle se renversa sur le sofa. Je la contemplais et il me revint à la mémoire la scène où elle me tenait attaché sur le banc, sous le feu de ses verges magiques, puis se laissant follement embrasser ses petits pieds.

L’insistance de mon regard finit par la gêner, elle rougit.
- À quoi pensez-vous, miss Bobby ? lui demandai-je.
- Laisse-moi, Charley, tu le sais bien, puisque tu penses à la même chose.

Je me précipitai à ses genoux, couvrant ses mains d’ardents baisers.
- Miss Bobby, dis-je, c’est un émouvant souvenir et je voudrais le revivre avec vous.
- Comment cela ? fit elle intéressée.
- Je voudrais que tous les jours vous me fassiez vibrer sous vos magiques verges.

Me repoussant, elle se leva effarouchée.
- Qu’est-ce qui te prend, Charley, crois-tu donc que les verges sont faites pour faire vibrer les garçons comme toi ? Tu te figures que je vais te fouetter pour te faire plaisir ? oh mais tu te trompes. Les verges sont un instrument de correction, et si je devais te les appliquer, ce serait pour te punir, et tu ne les trouverais ni magiques ni vibrantes, je te le garantis.
- Je n’aspire pas à autre chose, miss Bobby.
- Tes fesses ne s’en réjouiront peut-être pas.
- De vous, je suis prêt à tout supporter docilement.
- Nous le verrons bien. Maintenant que tu es un grand garçon, je te fouetterai avec une sévérité que tu ne connais pas encore.

Miss Bobby s’imaginait que j’en étais resté sur la fessée qu’elle m’avait appliquée au château, et pour rien au monde je ne lui aurais avoué la grande expérience que j’en avais faite depuis.

Il ne fut plus question de flagellation ce jour-là. Miss Bobby avait reçu des nouvelles de ma tante l’informant de mon entrée au Queen’s Royal College, et la priant de bien vouloir me servir de correspondante pour surveiller mes études et ma conduite. Miss Bobby me demanda de revenir le lendemain pour connaître les dispositions qu’elle comptait prendre à ce sujet et en même temps les conditions dans lesquelles elle m’appliquerait de sévères corrections, chaque fois que je le mériterais. Cette perspective m’enchanta, me berçant d’un doux espoir. J’eusse voulu trouver chez miss Bobby les satisfactions hebdomadaires auxquelles mes amies de Rennes m’avaient accoutumé, mais je compris que ma charmante correspondante prenait les choses au sérieux et ne consentirait jamais à ce genre d’abonnement aux fessées. La conviction qu’elle y apportait et la sévérité dont elle me menaçait, ajoutaient, il est vrai, un piment de plus à la chose, mais me laissaient aussi supposer que ces séances impressionnantes seraient plus ou moins espacées et que ma passion me tourmenterait pendant de longs intervalles.

Je me consolai en pensant que Londres était, par excellence, la ville des verges. Tous les établissements d’instruction, petits et grands, en usaient largement et légalement. Dans les familles, la verge était un ustensile de ménage qui ne manquait dans aucune maison. Je savais également que Londres possédait des fouetteuses professionnelles et qui, moyennant une rétribution modique, vous donnaient une fessée comme s’il se fût agi d’un massage ou d’une application électrique, en fixant d’avance le degré de sévérité à employer. C’était une ressource pratique pour l’amateur, à même de trouver à toute heure la satisfaction exacte de ses désirs. Il suffisait de se procurer les adresses de ces expertes flagellantes, ce qui ne devait pas être difficile. Je savais à qui les demander, car j’avais, dès les premiers jours, lié connaissance avec un gentil garçon, lord Philidor, fils du marquis de Silly. Il m’avait conduit dans sa chambre et montré des photographies représentant des scènes de flagellation. L’émotion avec laquelle lui-même les regardait, prouvait qu’il était un fervent. Je me promis d’en faire mon confident.

Voir en ligne : Fouetteuses et flagellantes professionnelles (chapitre 10)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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