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Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

La peine infligée aux voleurs et aux étrangleurs

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


LA PEINE DU FOUET INFLIGÉE AUX VOLEURS ET AUX « ÉTRANGLEURS ».

On appliquait autrefois la peine du fouet aux voleurs ainsi qu’aux vagabonds.

Sur une liste des prisonniers ayant comparu devant la cour de « Old Bailey » en Décembre 1689, nous trouvons les noms suivants : Mary Lamb, coupable d’avoir volé une cuiller en argent d’une valeur de 9,5 £ (11 fr. 25) à William Story de Saint Martin des Champs, de Londres chez lequel elle était domestique ; Jane Peel, ayant volé de l’argent et des bijoux d’une valeur de 30 ou 40 livres sterling, et Hannah Basset ayant volé une pièce de drap valant 4 livres sterling. Toutes trois furent condamnées à être fouettées en public : la première sur le chemin qui va de la prison de Newgate aux Barres de Holborn, les deux autres sur le chemin de Newgate à Aldgate.

Sur une liste datée de l’année suivante 1690, nous trouvons, comparue devant le même tribunal : Jane Sympson dite Bibbey condamnée également à être fouettée depuis la prison jusqu’aux Barres de Holborn pour avoir volé quelques objets à son maître, Mr. Todd. Une partie des objets dérobés avait été retrouvée sur elle. Dans chacun de ces cas, la condamnation était prononcée comme ne portant que pour un vol d’objets ne dépassant pas la valeur de 10 pence. Cette restriction permettait d’épargner à certains voleurs la peine capitale.

Citons ce cas très curieux d’un homme qui réclama pour n’avoir pas été, ainsi que l’exigeait la loi, condamné au fouet (Vol. 86 du Gentleman’ s Magazine). « Le Lord Mayor ayant condamné un ouvrier raffineur de sucre à la maison de correction pour avoir quitté son travail sans prévenir son patron avec lequel il avait eu une discussion à propos d’une question de salaire et cet ouvrier n’ayant pas reçu de correction corporelle pendant son incarcération, comme l’ordonnait le texte de la loi, intenta un procès au Lord Mayor devant le tribunal des plaids ordinaires pour ne s’être pas conformé au texte de la loi et ne l’avoir pas fait fouetter pendant son séjour en prison. Le jury fut obligé de lui accorder un farthing (2½ centimes) de dommages et intérêts tout en réservant la question de droit ! »

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La loi qui permettait de fouetter les femmes resta en vigueur jusqu’au commencement de ce siècle. L’application en public de cette peine fut abolie en 1817 par le statut N°. 57 de Georges III chap. 57 ; trois ans après, l’application même dans les prisons fut également abolie par le statut I de Georges IV chap. 57.

Les lois plus récentes autorisent encore la peine du fouet pour les « étrangleurs « (voleurs qui guettent les passants attardés et leur lancent un lasso autour du cou pour les renverser et les dévaliser à leur aise) et pour les jeunes garçons criminels.

Il y a quelques années, dans le but de mettre un terme aux attaques nocturnes avec violence, une loi fut promulguée, permettant au juge d’user de son pouvoir discrétionnaire pour ajouter à la peine d’emprisonnement ou des travaux forcés, celle du fouet. Il parait toutefois que les juges n’usèrent qu’avec beaucoup de réserve de cette latitude qui leur était laissée. La première application de cette peine fut faite à Leeds. Deux « étrangleurs », Thomas Beaumont, âgé de 47 ans et Michael Ginty, âgé de 26 ans, avant de commencer leur temps de punition (cinq et dix ans de travaux forcés) eurent à subir chacun vingt-cinq coups du « chat à neuf queues ».

La peine du fouet n’est plus de nos jours donnée en public, dans la rue, le délinquant attaché derrière une charrette, mais elle est donnée dans l’intérieur de la prison, devant un nombre très limité de spectateurs : les fonctionnaires de ladite prison, les magistrats inspecteurs, des reporters et des prisonniers réfractaires. On fait assister ces derniers dans le but d’exercer sur leur moral une salutaire influence.

Dans le cas dont nous parlons plus haut, les exécuteurs étaient deux robustes geôliers. L’instrument dont ils devaient user était un nouveau « chat » venu directement du Ministère de l’Intérieur et spécialement fabriqué pour messieurs les « étrangleurs ». Il consistait en un long manche terminé par neuf cordes d’un mètre de long environ, agrémentées de nœuds et dont les bouts, tordus, avaient la dureté du fer. De fait, un instrument à faire trembler le ruffian le plus endurci. Beaumont, le premier, fut attaché à une sorte de triangle élevé au centre de la prison, on lui lia les bras et les jambes, le dos fut entièrement mis à nu, seul le cou fut mis à couvert. Chacun des geôliers lui administra douze coups et, disent les journaux du temps, dès le premier coup, le criminel se mit à gémir et à se tordre comme s’il subissait la souffrance la plus atroce. Quand on le détacha, presque évanoui, sa peau était d’un rouge vif, couverte de longues ecchymoses, bien que son sang n’ait pas coulé.

Après lui, son compagnon fut attaché de la même façon. Le premier coup lui fit pousser des hurlements horribles ; il se démena si furieusement qu’on dut le maintenir solidement. La punition du premier avait duré une minute et demie, celle du second dura deux minutes.

Il y eut, par la suite, de semblables exécutions dans cette prison de Leeds. John Edwards, âgé de 30 ans, Salomon Robinson, 19 ans et Joseph Robinson convaincus d’avoir commis des attaques nocturnes au lacet, furent condamnés aux travaux forcés et eurent également à subir vingt-cinq coups du « chat à neuf queues ». Edwards fut le premier qu’on amena au poteau. Il poussa des hurlements épouvantables et lutta avec fureur, s’efforçant de renverser le poteau auquel il était attaché. Joseph Robinson demanda merci d’une voix lamentable mais il dut recevoir les vingt-cinq coups. Le suivant, Samuel Robinson, subit sa punition en homme presque sans murmurer. Malgré les soins du chirurgien chargé de panser leurs dos lacérés, les trois forçats continuèrent, pendant longtemps, dans leurs cellules, à pousser des cris de douleur.

La prison de Newcastle vit également trois ouvriers mineurs coupables de vol avec violence recevoir dix-huit coups de fouet. Les détails manquent sur cette exécution, les magistrats ayant refusé l’accès de la prison aux membres de la presse. L’Acte de Parlement, prétendirent-ils, n’autorisait comme assistants que les fonctionnaires de la prison et les chirurgiens appelés à surveiller l’application de la peine.

Aux assises de Chester, deux hommes nommés Hart et Cooke, furent également condamnés pour vol, à la flagellation et aux travaux forces.

D’après une loi connue sous le nom de « Juvenile Male Offenders Act » (Loi sur les jeunes garçons criminels) promulguée en 1862, les magistrats sont autorisés à faire fouetter sommairement les jeunes garçons au dessous de l’âge de quatorze ans. Nous ne pourrions rien dire au sujet de l’efficacité de cette loi, mais nous pouvons citer un cas où elle semble avoir été appliquée avec un peu trop de rigueur. D’après un rapport présenté à ce sujet à la chambre des communes, un enfant de six ans fut condamné pour avoir dérobé un petit canif de poche à sept jours de hard labour et à recevoir douze coups d’une verge de bouleau.

La loi en question précise de la façon la plus formelle les conditions dans lesquelles la peine doit être appliquée ainsi que le maximum des coups. Pour des délinquants au dessous de quatorze ans les coups doivent être administrés sur le derrière, au nombre de douze avec une verge de bouleau. Pour ceux au dessus de cet âge, l’instrument peut être ou une lanière de cuir ou une verge de bouleau et le nombre de coups ne doit pas excéder trente-six, appliqués sur ladite partie du corps aussi sensible que charnue. Les verges et les lanières doivent être soumises à l’approbation du Sheriff du Comté, qui doit également approuver le choix de la personne chargée d’exécuter la sentence. Il faut que la correction soit assez sévère pour que la répétition en soit redoutée. Elle doit être infligée en présence du Directeur et du Médecin de la prison. Le Médecin a pour obligation d’examiner le prisonnier avant la punition et s’il trouve que celui-ci n’est pas en état de subir le nombre de coups prescrits sans danger pour sa santé il peut en diminuer le nombre. S’il croit que le jeune prisonnier ne pourrait même pas supporter la moitié de sa punition, la peine corporelle doit lui être épargnée. Le médecin peut arrêter la flagellation s’il le juge convenable. Lorsque le criminel est condamné au fouet sans emprisonnement, cette peine doit lui être infligée dès le lendemain de son arrivée à la prison, à moins que le médecin ne décide de la remettre. Si cette punition ne lui a pas été infligée dans les dix jours qui suivent sa condamnation, le délinquant doit être mis en liberté aussitôt sans subir de peine corporelle. Lorsque, au contraire, le criminel doit subir l’emprisonnement on peut lui infliger la peine du fouet à tel moment qui semblera propice. Il est de plus recommandé, qu’afin de prévenir le cas où le criminel serait reconnu ne pas être en état de subir une punition corporelle, le jugement renferme une clause permettant de remplacer cette peine par une autre punition, suivant le cas.

Voir en ligne : La flagellation dans les maisons de correction et dans les prisons

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



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