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Éveline

La petite pine dure et raide de mon frère

Aventures et intrigues d’une jeune Miss du grand monde (II)



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Éveline. Aventures et Intrigues d’une jeune Miss du grand monde, traduit de l’anglais Evelina, Chez tous les Marchands de Nouveautés, Paris, 1907.


CHAPITRE II
Arrivée de mon frère — Ce qui arriva pendant son séjour à Paris

William fut remplacé par un jeune noir, nommé Robert, natif du Congo, arrivé tout récemment de la Guadeloupe et qui avait été chaudement recommandé à mon père comme un garçon honnête et fidèle ; Mary fut remplacée par une jeune femme des environs d’Orléans appelée Sophie ; ainsi entourée, je repris ma tranquillité d’esprit.

Je m’amusais à écouter les compliments de mes beaux papillons parisiens, je passais mes matinées soit à cheval, soit au marché aux fleurs, soit dans les différents musées de Paris. Mes soirées étaient prises par les bals, les concerts, les théâtres, où une multitude de papillons tourbillonnaient autour de moi, et je puis affirmer au lecteur, sans vanité, qu’il ne dépendait que de moi d’ajouter à mon nom d’Éveline le titre de princesse, duchesse, maréchale, marquise, etc. Ces titres cependant ne flattaient pas mon ambition, ou peut-être ne la satisfaisaient pas et je continuais à rester simplement Éveline C..., en dépit de Monsieur le Prince et de Monsieur le Duc.

Cette vie tranquille convenait mal à mon tempérament ardent, et je commençai à sentir les effets d’une longue abstinence de voluptés sensuelles presque nécessaires à mon existence. Mon sang coulait chaud et bouillant dans mes veines, le toucher d’un homme m’électrisait et produisait une sensation brûlante entre mes cuisses et dans ma poitrine.

J’avais des maux de tête, des vertiges et ayant vu par hasard des animaux s’accoupler devant moi, je m’évanouis presque ; je devins pâle et languissante, je faisais toutes les nuits des rêves libidineux et mes pensées étaient fixées continuellement sur les moyens de satisfaire mes penchants, sans faire souffrir ma réputation et sans m’exposer à la trahison d’un domestique.

Je pensai d’abord à admettre quelques-uns de mes amoureux dans le secret de mes amusements, mais leur caractère léger et frivole me fit craindre d’être bientôt le sujet de leur vantardise triomphante.

Je ne connaissais pas assez nos serviteurs pour les admettre dans mon intimité et je devenais de plus en nerveuse lorsque mon père voulut absolument appeler un médecin.

Une consultation fut tenue au sujet de ma maladie, les savants médecins tâtèrent mon pouls, secouèrent leurs têtes, déclarèrent que j’avais une fièvre lente et m’ordonnèrent des sinapismes aux pieds et de la quinine. La quinine augmenta la violence de mes étourdissements et les sinapismes ne firent qu’irriter mon sang. Les plus célèbres docteurs vinrent deux fois par jour et touchèrent chaque fois leurs quarante francs. Ces savants docteurs déclarèrent que la persévérance seule, dans les remèdes prescrits, amènerait la guérison mais cette guérison, au bénéfice de la poche de ces messieurs, se fît longtemps attendre.

Mon père devint sérieusement inquiet et me proposa de faire venir de Londres les médecins les plus célèbres de la Faculté. Je lui demandai seulement d’envoyer chercher mon frère que je n’avais pas vu depuis quelque temps, et dont la présence me distrairait en me rappelant mes jeux et mes plaisirs enfantins. Thompson, notre cocher, fut immédiatement envoyé à Dieppe avec la voiture de voyage et avec ordre de louer un vaisseau. S’il n’y avait pas de bateau prêt à partir, de laisser la voiture à Dieppe et à son arrivée à Brighton d’aller en toute hâte à Eton et de ramener mon cher Frédéric avec toute la rapidité possible.

Pendant ce temps les docteurs trouvant que ma guérison se faisait attendre, m’ordonnèrent de prendre un bain froid, comme si c’était un bain froid qui pouvait guérir une jeune fille de seize ans, qui était privée d’homme. Cinq fois cependant je me soumis à l’ordonnance et mes douleurs de tête augmentaient d’intensité, quand une voiture entra dans la cour amenant mon cher Frédéric. En un moment, je fus dans ses bras.
- Mon très cher frère, m’écriai-je.
- Ma sœur bien aimée, comme vous êtes malade, qu’avez-vous ?
- Votre présence va me guérir, mon cher frère.
- Dieu le veuille, ma chère Éveline, mais où sont papa et maman ?
- En haut, ils vous attendent.

Nous montâmes et mon père après avoir embrassé Frédéric lui dit :
- Votre sœur est très malade, je vous ai envoyé chercher afin que vous lui teniez compagnie, que vous l’amusiez et la distrayiez.
- Soyez tranquille, mon père, je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour lui rendre la santé, vous savez comme nous nous aimons.
- Je le sais, mes enfants ; eh bien, Frédéric, où allons-nous vous loger ?
- Papa, vous savez que mon frère a l’habitude de dormir avec moi, et je vous prie de ne pas nous séparer.
- Mais votre frère est trop grand maintenant, ma chère.
- Je n’ai que quatorze ans, papa.
- C’est vrai, mais vous êtes vraiment trop grand pour coucher avec votre sœur.
- Oh ! je vous en prie, papa, laissez-le coucher avec moi !
- Faites comme vous voudrez, mon amour, je n’aime pas à vous contrarier.
- Merci, merci papa, venez voir, Frédéric, les jolies choses que j’ai achetées pour vous.

Nous tenant par la main, nous allâmes dans ma chambre, où je lui montrai les bijoux et autres choses que j’avais préparées pour lui, il se jeta dans mes bras pour me remercier, je pressai le cher enfant sur mon cœur, déposant mille baisers sur ses lèvres roses.
- Je vais moi-même mettre votre montre, Frédéric.

Et pendant que je remplaçais sa vieille montre par la jolie montre à répétition, je vis une protubérance dans son pantalon, qui me fit comprendre qu’il était composé comme moi de chair et de sang ; comme je me baissais, il se pencha et m’embrassa sur la nuque.
- Eh bien ! Frédéric, finissez donc, vous me faites frissonner. Sophie, envoyez Robert chez M. Staub lui dire de venir immédiatement, ainsi que chez Kakoski. Aimez-vous cette cravate, mon cher Frédéric ?
- Elle est fort belle, ma chère Éveline, et je l’aimerais tout à fait si vous vouliez l’attacher vous-même autour de mon cou.
- Avec plaisir, et comme c’est bien l’heure du dîner, pendant que je vais m’habiller, vous irez changer de costume dans le cabinet de toilette ; quand vous serez prêt, j’irai vous mettre votre cravate et parfumer vos cheveux. Sophie, portez de l’eau et de l’eau de Cologne dans le cabinet de M. Frédéric.

Je me déshabillai et lorsque je fus en corset et en petit jupon, mes épaules et mes bras nus, j’allai frapper à la porte.
- Etes-vous prêt, Frédéric ?
- Oui, ma chère sœur.

Pendant que j’étais en train d’arranger ses beaux cheveux bruns, le petit polisson pencha la tête et m’embrassa juste au milieu des seins ; je lui donnai une légère tape, qui n’eut aucun effet, car il recommença tout aussitôt.
- Voyons, Frédéric, finissez, si la servante entrait, elle pourrait avoir des idées étranges.

Ses joues se couvrirent de rougeur, mais son œil lança un éclair qui me révéla que mon frère, quelque jeune qu’il fût, était déjà dévoré de désirs.

Cette pensée fit bouillir le sang dans mes veines, et, abaissant mon regard, j’aperçus une certaine proéminence qui n’était certes pas l’effet du hasard. De peur que ma femme de chambre ne s’aperçut de son trouble, je le priai de rester dans le cabinet jusqu’à ce que je l’appelle, et je rentrai dans ma chambre finir ma toilette.
- Voici monsieur Staub, mademoiselle.
- Faites entrer, Sophie.
- Monsieur Staub, mon frère, arrivé de Londres ce matin, a besoin de deux pardessus, l’un bleu foncé et l’autre gris, d’un complet, de deux habits, en outre, vous lui ferez des pantalons blancs et trois paires de culottes de daims pour monter à cheval. Et il faut que demain matin à neuf heures nous ayons une paire de culottes, le veston bleu et un joli gilet.
- Mais c’est impossible, mademoiselle.
- Comment, impossible et pourquoi ?
- Nous avons trop peu de temps.
- Il y a beaucoup de tailleurs qui consentiront à travailler la nuit pour faire ce que je désire, et si vous ne voulez pas...
- Vous les aurez demain matin, sans faute, mademoiselle.
- C’est bien, je compte sur vous.
- Monsieur Kakoski, vous voudrez bien faire pour mon frère deux paires de bottes, deux paires de souliers pour la marche et deux paires de souliers de bal, et il me faut absolument une paire de bottines pour demain matin à neuf heures.
- Vous les aurez, mademoiselle.
- Vous enverrez chez Davier, rue Coquillère, chercher des éperons d’argent que vous fixerez aux bottes que vous devez envoyer demain.
- Bien, mademoiselle.
- Allons, Frédéric, descendons, le dîner va être servi de suite.
- Eh bien, Éveline, ma chère amie, comment vous sentez-vous ?
- Un peu mieux, cher père, mon mal de tête est beaucoup moins violent.

Nous dînâmes et passâmes la soirée en famille, jusqu’à neuf heures, quand Frédéric, prétextant de la fatigue et moi ma maladie, nous nous retirâmes. Je fis déshabiller mon frère dans le cabinet de toilette, et lorsque je fus couchée, je priai Sophie d’éteindre les lumières et d’avertir Frédéric qu’il pouvait venir me rejoindre. Lorsqu’il fut près du lit, il se pencha et chercha mes lèvres, je les lui offris et le priai de se coucher immédiatement. J’étais tournée du côté gauche, ma chemise levée jusqu’à la poitrine, mais je me retournai du côté droit de façon à ce que mon dos fût de son côté, et prenant sa main gauche, je la maintins tout contre mon derrière, et d’une de mes jambes, j’enlaçai les siennes, tout en lui souhaitant une bonne nuit. Mes fesses touchaient son ventre, et je sentis tout à coup une petite chose dure qui se pressait contre elles. Je restai immobile, voulant que la nature fût la seule coupable dans cette action, mais j’étais si excitée en sentant sa petite pine dure et raide toucher mon con brûlant par-dessus la chemise que je brûlais du désir de la recevoir. Frédéric souleva sa chemise d’une main timide, craignant de m’offenser, resta quelques minutes sans bouger, puis, voyant que je ne remuais pas, il fit un léger mouvement en avant, qui plaça sa pine entre mes petites lèvres, je levai ma jambe gauche en avançant le derrière, ce qui fit entrer toute la tête de son vit, il fit un nouveau mouvement en avant, et il se trouva enfoncé jusqu’à la racine.
- Ma chère Éveline.
- Mon cher garçon.
- Oh ! mon cher Frédéric, pousse, encore... encore...

Un torrent de délices courut dans mes veines et me coupa la parole.

L’effet fut merveilleux, je sentis mon sang couler avec plus de rapidité, ma tête sembla prête à éclater, une sensation de chaleur se répandit dans mes membres, et un frisson délicieux m’envahit tout entière ; je crus que j’allais mourir, puis tout d’un coup, les douleurs de tête s’évanouirent, mon sang se calma, mes nerfs se détendirent, j’étais rendue à la vie, à la santé.

Toute la science des savants docteurs n’avait pu produire ce qu’un gamin de quatorze ans avait opéré en une minute ; il est vrai que le remède est immoral, contraire à la religion, aux bonnes mœurs, aux préjugés et surtout contraire aux intérêts de Messieurs les Docteurs.
- Voulez-vous venir sur moi Frédéric, retirez-vous pour un instant et placez-vous entre mes cuisses, là, maintenant vous pouvez entrer, comme il est gros et dur, comme il palpite ; il est entré maintenant, tenez-vous bien contre moi.
- Ma chère Éveline, quel plaisir vous me donnez !
- N’allez pas si vite, mon cher enfant, poussez bien droit, un peu plus fort maintenant.
- Oh ! je sens que ça vient. Oh... Oh !...
- Décharge dans moi, mon adoré... Oh !... je le sens... Oh ! Ah !...

Nous retombâmes anéantis dans les bras l’un de l’autre, oubliant le monde et tout ce qui n’était pas nous, les lèvres unies, confondant nos respirations embrasées, cherchant nos langues, nous ne faisions qu’un. Trois fois, ce vaillant garçon me transporta dans le monde des joies paradisiaques, m’étonnant par sa vigueur et sa force plutôt viriles, que d’un âge si tendre. Que sera-ce quand dans quelques années, il atteindra la plénitude de ses formes et de sa puissance ; heureuse la femme qui le possédera alors, dans toute la force de sa jeunesse triomphante !
- Non, non, mon cher Frédéric, c’est assez, voilà la cinquième fois que vous déchargez, cela pourrait vous rendre malade.
- Mais demain matin, Éveline, voulez-vous ?
- Certainement, si l’occasion s’en présente, avant que Sophie n’entre.

Le lendemain matin, aussitôt que nous fûmes habillés, je fis la leçon à mon frère sur sa conduite à venir.
- Faites attention, mon cher Frédéric, lui dis-je, de ne prendre aucune liberté avec moi devant quelqu’un, nous aurons assez la liberté de jouir en secret, pour être prudents en public.
- N’ayez aucune crainte, ma chère sœur, je ne suis qu’un enfant, mais je sais que la discrétion est un des premiers devoirs d’un honnête homme, ma conduite ne compromettra jamais l’adorée de mon âme.

Quand j’entrai au parloir, mon père me complimenta sur ma bonne mine, j’étais fraîche et rose et mes yeux brillaient d’un éclat inaccoutumé, j’étais pleine de gratitude pour les remèdes que mes savants docteurs avaient oublié de me prescrire.
- Monterez-vous à cheval ce matin, mes enfants ?
- Certainement, papa ; avec votre permission je montrerai à mon frère les Champs-Elysées et le bois de Boulogne. Voulez-vous nous accompagner ?
- Je ne peux pas, ma chère enfant, j’ai des affaires qui m’appellent ce matin à l’ambassade ; à qu’elle heure désirez-vous les chevaux ?
- À onze heures.

Pendant ce temps, le tailleur et le bottier, exacts à leur parole, avaient envoyé les habits et les bottes de mon frère qui se trouvèrent entièrement à son goût et me valurent mille remerciements de sa part. Aussitôt qu’il eût revêtu ses nouveaux habits, qui lui allaient à merveille, je le trouvai si joli et si gracieux, que je ne pus m’empêcher de le serrer dans mes bras et de le couvrir de baisers ; le petit polisson voulut en profiter pour mettre à profit la promesse que je lui avais faite la nuit précédente, mais je lui fis comprendre que Sophie pouvait entrer d’un moment à l’autre dans l’appartement, et nous descendîmes dans la cour où les chevaux nous attendaient.

Nous nous dirigeâmes vers le bois de Boulogne en passant par les Champs-Elysées et la barrière de l’Étoile ; j’avais choisi cette heure matinale, afin que notre tête-à-tête ne fût pas interrompu par ces papillons qui voltigeaient chaque jour autour de moi, et qui devaient, à cette heure-là, réparer dans un sommeil bienfaisant les ravages causés par le jeu et les femmes.

À peine dans le bois, nous descendîmes de cheval et d’un commun accord nous pénétrâmes dans un épais fourré bien caché à tous les regards.
- Regardez donc, Éveline, cet endroit ne vous semble-t-il pas le temple de l’amour ?
- En effet, mon chéri, en tout cas, nous allons nous en servir comme tel.
- Ah ! vous allez donc tenir votre promesse, ma chère Éveline ?
- Venez, je vais vous faire un tapis avec mon pardessus.
- Mais non, nous serons tout aussi bien sur le tronc de cet arbre qui semble placé là tout exprès.

Je m’assis sur le tronc moussu et relevai mes jupes, Frédéric vint se placer devant moi sur ses genoux, baisant passionnément ma petite fente.
- Comme cela sent bon, disait-il, entrecoupant ses phrases de petits baisers, je crois que la rose fraîchement épanouie n’est pas plus odorante. Mais comment cela se fait-il, ma chère, que vous ayez à cet endroit beaucoup plus de poils que moi ?
- Mais tout simplement parce je suis plus âgée que vous, mon cher garçon.
- Voyez, mon adorée, comme mon vit palpite et languit de désirs, laissez-moi l’entrer tout doucement, oh ! quel délice ! quelle chaleur enivrante !
- Oh ! cher frère, pousse fort, encore... encore... oh ! je décharge... je me... meurs... verse tout dans moi... tout ton foutre... Oh !...

Trois fois, je mourus de volupté dans ses bras, et mon jeune Hercule était aussi vaillant au troisième assaut qu’au premier ; il aurait fourni volontiers une quatrième course, mais je m’y opposai fermement, soucieuse de sa santé et de sa fraîcheur, tout en rendant hommage à la vigueur de ses étreintes et aux charmes de ses caresses, si extraordinaires chez un enfant de quatorze ans.
- Allons, Frédéric, il est près de trois heures, il nous faut rentrer.
- Comme vous êtes cruelle, ma chère petite sœur, laissez-moi encore une fois fourrager dans ce joli petit buisson.
- Mon cher ami, soyez certain que je ne vous refuse pas sans motif un plaisir auquel vous tenez tant, en me privant moi-même des voluptés qui m’enivrent, mais vous êtes trop jeune pour abuser impunément de vos forces ; ne m’accusez donc pas de cruauté, car rien au monde, ni supplications, ni prières, ne fera changer ma volonté quand il sera question de votre santé.
- En tout cas ma chère sœur, vous consentirez bien cette nuit à lever l’interdiction.
- Oui, mais vous serez plus raisonnable que la nuit passée ; pourquoi souriez-vous ? on dirait que vous doutez de ma sagesse.
- Les serments d’amoureux sont les esclaves des passions.
- Où avez-vous appris cela, petit coquin ?
- Dans la nature et dans vos yeux d’azur.
- Mes yeux trahissent donc mes pensées secrètes ?
- On y lit comme dans un livre, ma bien-aimée.
- Petit monstre, vous êtes en vérité un très bon physionomiste.

Il y avait ce soir-là dîner et soirée dansante à l’hôtel, mon père avait invité une brillante assemblée pour présenter son fils.

Je passai à ma toilette plus de temps qu’à l’ordinaire, quoiqu’elle ne fût que d’une élégante simplicité ; je donnai aussi un coup d’œil à celle de mon frère qui portait des culottes blanches avec des bas de soie blancs, un gilet de piqué blanc, et un habit bleu. Lorsque nous entrâmes dans le salon, un murmure d’admiration nous accueillit et prouva à notre père, charmé et ravi, que ses deux enfants avaient peu d’égaux dans le monde. Il prit Frédéric par la main pour le présenter à chaque personne de la compagnie, et mon cœur se gonfla de joie en contemplant la grâce avec laquelle l’objet de mon adoration recevait leurs compliments. J’étais assise à côté du jeune duc de M..., fils du célèbre maréchal de ce nom, qui, tout Parisien qu’il était, ne put s’empêcher de me complimenter sur la grâce juvénile de mon frère.

Le dîner me sépara de Frédéric qui resta silencieux tout le temps du repas, mangeant à peine, et observant d’un œil jaloux les moindres actions du duc placé à côté de moi.
- Vous ne mangez pas, Frédéric, êtes-vous souffrant ?
- Pas du tout, ma chère Éveline, mais je n’ai pas faim !
- Tenez, mon cher garçon, mangez ce morceau de volaille que je vous envoie.
- En vérité, mademoiselle, votre frère vous semble fort attaché.
- Nous nous aimons tendrement, monsieur le Duc.
- C’est un fort joli enfant.

Je pensais en moi-même que cet enfant était certainement plus viril que le jeune efféminé qui me parlait.

Lorsqu’on revint au salon, on me pria d’exécuter sur la harpe une sonate de Rossini qui était fort admirée des Parisiens ; j’y consentis, à la condition que le duc de M... qui avait un réel talent sur la flûte, m’accompagnerait. Le duc, enchanté de montrer sa virtuosité et de recevoir des applaudissements, accepta avec empressement ; nous enlevâmes donc notre morceau avec un brio qui nous valut de chaleureux éloges.

Mais, apercevant un sourire un peu ironique sur les lèvres de Frédéric, je compris qu’il se sentait de force à égaler sinon à surpasser l’habileté du duc, et, voulant faire juger par la compagnie la différence qu’il pouvait y avoir entre les deux, je priai Frédéric de bien vouloir m’accompagner sur la flûte l’ouverture de la Vestale de Rossini.
- Vous savez bien, ma chère sœur, que je n’ai jamais joué en public.
- Il faut un commencement à tout.
- De plus, je vous avoue que je n’ai jamais joué cette ouverture et que je la trouve trop difficile.
- Pas du tout, vous la jouerez très bien, je suis sûre que vous vous en tirerez à votre honneur.
Mon père prit alors la parole et pria son fils de se faire entendre par la société qui était très désireuse de juger son talent. Frédéric alors obéit, prit la flûte, et après avoir préludé d’une manière brillante, enleva l’ouverture avec un goût, un style et une virtuosité merveilleuse. Ce fut un concert d’éloges, tout le monde le félicitait, l’applaudissait ; mes parents, fiers du succès de leur fils, triomphaient, et, au milieu de ces louanges, je regardais le duc de M... qui se mordait les lèvres de dépit.

J’étais enchantée que le cher enfant eût par deux fois donné une leçon à la vanité du noble duc.

On se prépara alors à danser, et, ayant promis à celui-ci le premier quadrille, je choisis pour partenaires mon frère et mademoiselle de R..., une élégante danseuse, pensant que là encore mon cher Frédéric brillerait au détriment du seigneur, ce qui ne manqua pas d’arriver, car on put opposer aux grâces de maître à danser du duc, l’élégance et le charme d’un gentleman dans les manières de mon petit frère.

Ce soir-là, lorsque nous nous fûmes retirés dans notre chambre, Frédéric, jaloux des attentions que le duc de M... avait pour moi, me fit des reproches de m’être laissée ainsi accaparer par lui. Mais je lui expliquai que le noble duc de M... était un des fervents adorateurs dont je m’amusais sans les prendre au sérieux, et que du reste si quelqu’un avait à se plaindre, c’était certainement le duc qui avait été blessé dans son amour-propre. Frédéric, m’ayant assuré que rien ne pouvait lui être plus agréable que de déplaire au duc de M..., je le persuadai de venir à un assaut d’escrime qui devait avoir lieu le dimanche suivant, aux Variétés, et auquel celui-ci, renommé comme un fin tireur, devait prendre part.
- Je vous en prie, mon cher ami, ajoutai-je, faites voir que la Tamise peut produire d’aussi bonnes lames que la Seine et tâchez d’infliger à votre ennemi, une défaite qui vous couvrira de gloire.

Frédéric, après quelques hésitations, consentit à essayer.

Cette conversation avait lieu dans notre lit, dans un moment d’accalmie après nos combats amoureux, mais mon frère voyant que je fermais à demi les yeux, murmura doucement à mon oreille :
- Éveline, je vous en prie, encore une fois avant de dormir.
- Mais non, mon chéri, ce serait la troisième fois et il faut garder vos forces pour l’assaut de dimanche.
- Vos caresses me donnent, au contraire, une force nouvelle, ma bien-aimée.
- Non, impossible, mon cher, attendez jusqu’à demain matin.
- Petite sœur, une fois, une seule fois, voyez comme il bande.
- En effet, il est presque aussi gros que mon poignet, et brûlant.
- Veux-tu que je te le mette ?
- Je le mettrai bien moi-même.
- Suis-je assez loin ?
- Je le sens jusqu’au fond de mes entrailles, oh ! va plus doucement, la jouissance est plus délicieuse.
- Oh ! Éveline, je sens que je vais décharger, oh ! reçois mon foutre, ma sœur, ma chère petite sœur... Oh !... Oh !... Oh !...

Nous nous endormîmes après cette scène dans les bras l’un de l’autre.

Lorsque je m’éveillai, il faisait grand jour, je me penchai sur Frédéric et l’embrassai sur les yeux, instantanément il fut réveillé.
- Oh ! Éveline, je rêvais justement de vous.
- Que rêviez-vous donc ?
- Je rêvais que je vous tenais dans mes bras sur un lit de roses, dans un berceau de jasmins et de lilas, et regardez un peu dans quel état m’a mis mon rêve.
- Il faut vous calmer, mon cher frère, ce sera pour une autre fois.
- Me calmer, dans vos bras alors, ma chère sœur !
- Non.
- Si.
- Non.
- Pardieu, de gré ou de force, je vous aurai.
- Ah ! vous me faites mal, ne soyez pas si violent.
- Ouvrez vos jambes, alors.
- Ah ! vous l’avez entré.
- Je savais bien que j’y arriverais.
Un léger coup frappé à la porte interrompit notre extase.
- Ciel ! Frédéric, voilà Sophie !
- Que le diable l’emporte !
- Faites semblant de dormir.
- Mademoiselle, il est onze heures.
- C’est bon, Sophie ne faites pas de bruit, mon frère dort encore, allez me chercher un peu d’eau chaude.
Aussitôt qu’elle fut partie, je fis lever Frédéric, en lui ordonnant d’aller vite s’habiller dans le cabinet de toilette, mais avant de partir, le cher gamin se penchant vers moi, murmura :
- Quand me payerez-vous, Éveline ?
- Dans la journée, mauvais créancier, lui répondis-je en riant.
Quand nous descendîmes, nous trouvâmes mon père prêt à nous accompagner dans notre promenade à cheval, mais nous fûmes très étonnés en arrivant dans la cour, de voir, tout sellé, Congo, un magnifique cheval anglais difficile et nerveux, que mon père lui-même avait beaucoup de peine à dompter.
- Qui a commandé de seller ce cheval ? demanda mon père.
- C’est votre fils, Mylord.
- Est-ce que vous voulez vous rompre le cou, Frédéric ? Rappelez-vous que je n’ai que vous pour hériter de mon nom.
- Justement, cher père, étant l’héritier de votre nom, je dois l’être de votre courage, du reste, n’ayez aucune crainte, je veux simplement faire voir à un certain duc comment un gentleman anglais monte à cheval. Allons, chère sœur, calmez vos craintes et laissez-moi vous aider à monter à cheval.

Congo se tint tranquille jusqu’aux Champs-Elysées, mais, arrivé là, la foule des cavaliers et le bruit l’excitant, il commença à plonger, à ruer, à se cabrer et à tourner comme une toupie. Son cavalier était cependant comme rivé sur sa selle, malgré les mouvements désordonnés de sa monture ; les femmes se mirent à crier, je devins horriblement pâle et mon père se porta du côté de son fils pour lui prêter main forte, mais Frédéric lui fit signe de la main, et plongeant ses éperons dans les flancs de son cheval, il partit au galop, mais un galop furieux et emballé ; nous nous lançâmes à sa poursuite, je le voyais de temps en temps presser ses éperons dans les flancs ensanglantés de Congo ; celui-ci, furieux, essayait en vain de se débarrasser de son cavalier ; j’étais sur le point de m’évanouir, mon père devint livide, mais soudain, le cheval, que les éperons ne cessaient de martyriser, sentant sa résistance inutile, se calma et Frédéric le ramena devant nous au petit trot. La multitude, rassurée et charmée du courage de mon frère, éclata en applaudissements. Le duc de M... qui passait juste à ce moment, assista une fois de plus au triomphe de Frédéric et ne put s’empêcher de me dire en passant à côté de moi :
- Votre frère, mademoiselle Éveline, est vraiment un cavalier accompli.

Dans le courant de la journée, Frédéric se ressouvenant de ma promesse, me dit en plaisantant :
- Vous savez que vous êtes ma débitrice, Éveline.
- Dites plutôt que je suis une créancière insolvable, car je ne pense pas remplir mes engagements.
- Et pourquoi cela, chère sœur ?
- Parce que je suis indisposée et que je ne pourrai vous satisfaire que dans trois jours.
- Malade, mais il faut vous envoyer chercher le docteur.
- Le docteur ne servirait absolument à rien dans mon cas, mon cher Frédéric, c’est une indisposition qui me vient tous les mois et qui me dure quelques jours, mais comme je ne veux pas que vous vous ennuyiez pendant ce temps, vous irez faire un petit voyage à Orléans avec mon père.

Frédéric opposa une vive résistance à ce projet mais je lui promis tant qu’il ne serait absent que trois jours, et qu’à son retour, il me trouverait plus disposée que jamais à continuer nos exploits amoureux, qu’il se laissa persuader, et consentit à prendre la distraction que je lui procurais.

Mon père et mon frère partis pour Orléans, je pensais que l’occasion était bonne pour m’assurer si William m’avait dit la vérité au sujet de ma mère et du cocher Thompson. À cet effet, je perçai un petit trou dans la boiserie du cabinet de toilette qui donnait dans la chambre à coucher de ma mère, et, vers minuit, quand je fus assurée que tout le monde était couché, j’éteignis ma lumière et me plaçai à mon observatoire. Quelques minutes s’écoulèrent dans le silence le plus complet, puis la porte de ma mère s’ouvrit doucement et le cocher entra lentement, une lanterne sourde à la main. Il s’approcha du lit, rejeta les couvertures, et saisissant ma mère dans ses bras, il la posa en travers du lit, celle-ci, de son côté, ne perdit point de temps à lui déboutonner son pantalon. La façon dont il était placé me permettait de voir sa pine, qui était d’une grosseur vraiment extraordinaire, et qui devait mesurer au moins neuf pouces de longueur.

Thompson releva les jambes de ma mère sur ses hanches, et introduisit son dard, qui semblait vraiment connaître le chemin, tant il y mit de promptitude et de facilité. Quant à elle, croisant les jambes sur les reins de son fouteur, elle commença à lui renvoyer les vigoureuses poussées qu’il lui donnait avec tant de zèle et d’ardeur qu’au bout de deux minutes je les vis frissonner et mourir du dernier spasme de la volupté.

Ce spectacle me fit un tel effet que je pensai m’évanouir, et je me précipitai sur mon lit où je restai longtemps inerte et sans pensée. Toute la nuit, je rêvai du membre monstrueux, je l’avais constamment devant les yeux, réveillée ou non, et quelques efforts que je fisse, je ne pus le bannir de mon esprit. Était-ce la jalousie ou le dégoût qui me fit presque défaillir ? Je ne pouvais résoudre cette question, mais le lendemain, au lieu de monter à cheval, je préférai me promener dans la voiture, et lorsque je me trouvai en présence de Thompson, je sentis une sensation brûlante dans une certaine place au-dessous de la poitrine, et pour la première fois je restai sur le perron, le voir rentrer ses chevaux, admirant sa force herculéenne. Les jours suivants je me fis suivre par lui à cheval, l’appelant souvent auprès de moi sous n’importe quel prétexte, et lui donnant plus souvent son nom de Thompson que celui de cocher.

Le troisième jour, mon père et Frédéric revinrent, celui-ci plus ardent et plus amoureux que jamais. La première nuit de son retour fut une nuit de volupté exquise, ayant été tous les deux privés depuis quelques jours, mais je ne voulus pas cependant lui permettre d’abuser de ses forces, car le fameux assaut avait lieu le lendemain, et je voulais qu’il fût en pleine possession de tous ses moyens pour paraître devant tout Paris qui devait se trouver là.

La séance était fixée pour midi ; vers dix heures, je fis monter Frédéric dans ma chambre pour l’habiller, mais à peine la porte fut-elle fermée que le petit diable s’élançant dans mes bras, me supplia de lui laisser faire l’amour avant de partir, sous prétexte que mes baisers lui donneraient une force et une vigueur nouvelles.
- Mais, mon petit Hercule, rappelez-vous que ce sera la sixième fois depuis hier soir.
- Qu’importe, mon Éveline, vos bras sont pour moi une source de jeunesse ; laissez-moi vous prouver encore une fois l’ardeur de mon adoration.
- Eh bien, viens, mon Frédéric, viens encore une fois mourir de volupté sur mon sein.

Nous nous jetâmes sur notre lit, enlacés, caressant chacun nos parties secrètes, puis me saisissant du cher objet, je l’introduisis doucement jusqu’à ce que je sentis ses couilles battre contre mes fesses, je glissai une main de façon à les manier pendant que, penché sur moi, il me suçait le bout des seins, son vit devenait de plus en plus dur et plus chaud, j’élevai mes jambes en l’air pour lui permettre d’enfoncer plus avant, et, soudain, le spasme aigu d’une volupté inouïe nous saisit tous les deux, pendant que nos bouches murmuraient :

Oh ! mon Frédéric !
Oh ! mon Éveline !

Lorsque nous revînmes à nous, l’heure avait marché, nous avions juste le temps de procéder à une toilette hâtive.

Je lui fis mettre des culottes blanches, des bas de soie blancs, de légers escarpins, un gilet de soie blanc et son habit bleu. Lorsque nous arrivâmes au théâtre, les numéros étaient tirés, et la première personne qui tira avec lui était un officier de dragons qu’il boutonna à chaque coup. La jeunesse et la beauté de mon frère attiraient tous les regards, tous les yeux étaient fixés sur lui, surtout quand le sort désigna le comte de Bondy comme son second partenaire.
- Je n’ai jamais tiré avec un si jeune adversaire, fit observer le comte.
- J’essaierai de mériter l’honneur que vous me faites, monsieur le Comte, répondit Frédéric.

Ils se mirent en garde et rapidement l’action s’engagea : peu à peu, de Bondy, la première lame de France, sentant le jeu serré de son adversaire, perdit son sang-froid, Frédéric conservait son calme et, dans un dégagé, toucha de Bondy qui, loyalement, lui dit :
- Jeune homme, vous êtes le premier qui ayez vaincu de Bondy.
- Comte, j’en suis excessivement fier.

Le duc de M..., resté seul vainqueur des précédentes luttes, se trouvait maintenant en présence de Frédéric, c’était le vainqueur de l’autre qui remportait le prix.

Les deux combattants semblaient deux ennemis, à voir le mutuel regard chargé de haine avec lequel ils se toisaient de la tête aux pieds.
- Duc, point de masque.
- D’accord, chevalier.
- Pas de bouton.
- Comme vous voudrez.

Mais les assistants s’interposèrent, et on obtint que les épées resteraient mouchetées. À la première passe, Frédéric, d’un vigoureux coup, envoya l’épée du duc rouler à plus de vingt pas. La salle entière applaudit et mon cher frère fut proclamé le vainqueur de l’assaut.

En rentrant à l’hôtel, mon père nous appela au salon, et, s’adressant à Frédéric, il lui annonça que ses vacances ayant assez duré, il devait se préparer à retourner le lendemain en Angleterre. Le cher garçon eut beau prier, demander en grâce une prolongation d’une semaine, invoquer ma santé, mon père fut inexorable, sentant que les études de mon frère souffraient de ce séjour prolongé à Paris.

Frédéric voulut aussi essayer vers moi d’obtenir un délai, mais je lui fis comprendre que le souci de ses études passait avant nos plaisirs ; quant à nos séances amoureuses, elles furent si fréquentes et le cher enfant mit une telle vaillance à me prouver son amour, que je ne fus pas fâchée pour lui de le voir partir. Notre séparation fut déchirante ; on fut obligé de l’arracher de mes bras, et longtemps je pus le voir sur le pont, agitant son mouchoir en guise d’adieu.

Voir en ligne : Chapitre III : Le long et gros membre du nègre

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique anonyme, Éveline. Aventures et Intrigues d’une jeune Miss du grand monde, traduit de l’anglais Evelina, Chez tous les Marchands de Nouveautés, Paris, 1907.



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