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Choses vécues IX

La semaine des barricades à Prague en 1848

Confessions érotiques (1888-1889)



Auteur :

Leopold von Sacher-Masoch, « La semaine des barricades à Prague en 1848 », Choses vécues (IX), Revue bleue, t. XLIII, Paris, janvier-juillet 1889, pp. 310-313.


IX.
LA SEMAINE DES BARRICADES À PRAGUE EN 1848.

Jamais une révolution n’a déchaîné autant d’éléments aussi divers, n’a produit nue aussi grande confusion d’aspirations que la révolution autrichienne de 1848. À côté des questions politiques se dressaient des questions nationales, économiques et sociales. C’était le chaos, la lutte de tous contre tous.

Au milieu de ce déluge, le seul et dernier rempart pour tous ceux qui voulaient sauver le trône et l’État, c’était l’armée. Le plus courageux et le plus digne interprète des sentiments qui animaient à cet égard tous les coeurs fut le grand poète autrichien Grillparzer, qui adressa au maréchal de Radetzky de si beaux vers, entre autres celui-ci, qui résumait si énergiquement la situation :

Car l’Autriche tout entière est dans ton camp.

Les succès de l’armée d’Italie contre la révolution lombarde et les Piémontais encourageaient les garnisons des autres provinces autrichiennes. C’est ainsi que celles de Lemberg et de Prague s’étaient mises en rapport afin de faire face aux troubles avec des forces unies et compactes.

Avertis par les Polonais, les Tchèques se hâtèrent de prévenir cette contre-révolution militaire. Une députation remit au général en chef, prince de Windischgrätz, une sorte d’ultimatum dont il ne tint aucun compte. Aussitôt, les Polonais firent placarder partout des affiches renseignant le peuple tchèque sur les intrigues du parti militaire et l’excitant à la résistance.

Nous vivions au milieu des préparatifs pour le combat. Bakounine et les Polonais poussaient d’autant plus à l’action que le parti révolutionnaire avait le dessus, de plus en plus, à Vienne, et que la Hongrie venait, à son tour, de prendre les armes contre le gouvernement autrichien.

Le dimanche de la Pentecôte, au grand bal des Slaves, qui avait lieu le soir dans l’île Sophie, les chefs parlaient déjà ouvertement de la révolution. Le capitaine de la Swornost  [1], en conduisant sa fille à la fête, dans un costume magnifique, avait frappé sur la poignée de son épée en s’écriant : « Aujourd’hui à la danse, demain au combat ! »

Le lendemain, on célébrait la seconde grande messe des Slaves, devant le monument de saint Wentzel. La procession venait de quitter le Rossmarkt. J’étais dans un pavillon, avec un de mes camarades, en train d’étudier les oeuvres d’Homère. Tout à coup, mon père entra en s’écriant : « On dit qu’on va construire des barricades ; allez donc voir ce qui se passe ! »

Nous saisîmes aussitôt nos casquettes de collégiens — chaque classe du gymnase portait une casquette d’une couleur différente — et nous nous élançâmes dans la rue de Cracovie, qui aboutit au Rossmarkt.

À peine eûmes-nous fait cinquante pas, que nous entendîmes la détonation des premiers coups de fusil. Des ouvriers étaient en train de dépaver la rue à son extrémité, tandis que des étudiants et des gardes nationaux construisaient une barricade. Je rencontrai le premier blessé, un garde de la Swornost, conduit et soutenu par un camarade et par une femme. C’était aussi le premier blessé que j’eusse vu de ma vie. Tout ahuri de terreur, je regardais avec effroi cette figure livide et contorsionnée, et ses pénibles gémissements me donnaient le frisson. Il avait reçu un coup de baïonnette dans le bas-ventre. Ses entrailles étaient pendantes et le sang coulait à flots. On le déposa sur le trottoir, où il rendit bientôt l’âme, appuyé contre le mur d’une maison.

Quand nous arrivâmes au Rossmarkt, la révolution était en pleine activité. Toutes les rues qui aboutissaient sur la vaste place étaient déjà barricadées, à l’exception du passage du Graben, qui était libre. Le poste de la place d’armes et le Kornthor étaient occupés par des soldats. Le général Rainer, accompagné d’un aide de camp et d’un planton, parcourait lentement la place, à cheval, haranguant la foule et s’efforçant de son mieux à faire la paix.

Soudain, un coup de fusil part d’une fenêtre, et le général s’affaisse sur son cheval. On le transporta au poste de la place d’armes, et les grenadiers qui s’y trouvaient de garde tirèrent aussitôt sur la foule. Celle-ci se dispersa en tous sens, se réfugiant derrière les barricades et laissant sur la place plusieurs morts et blessés.

Ce fut là que j’entendis pour la première fois siffler les balles. Mais j’étais tellement excité qu’elles ne m’imposaient guère. La lutte me grisait et m’entraînait comme un cheval de cosaque. Mon camarade, plus prudent que moi, avait disparu. Après avoir marché quelque temps le long des maisons et traversé plusieurs rues latérales, en escaladant les barricades, j’arrivai au Graben, et tombai là en plein foyer de la révolution.

Partout des barricades. Sur la plus élevée, celle qui dominait la rue, était arborée la tricolore slave. Toutes les barricades, toutes les fenêtres étaient garnies de nombreux combattants, parmi lesquels figuraient des gardes nationaux, des hommes de la Swornost, de la Slavia, légion des étudiants, des gardes civiques, des ouvriers, des prolétaires, et aussi beaucoup de femmes.

Un bataillon de grenadiers monta lentement la rue. Il était envoyé par le prince Windischgrätz, pour établir la communication entre le Kettenbrûcke (pont de chaînes) et le Kleinseite (un quartier de Prague), où la population, composée d’Allemands, était tranquille et où la plus grande partie des troupes était en garnison. Le major Von der Mühlen, un homme très populaire, marchait en tête de cette colonne, parlementant avec les insurgés et les exhortant à se retirer. C’est ainsi qu’il parvint, sans effusion de sang, à s’emparer de plusieurs barricades.

Tout à coup, on entendit une détonation, et le major tomba foudroyé. Je le vois encore tomber. Alors ses grenadiers, exaspérés par la mort de leur commandant, qu’ils aimaient autant qu’ils le respectaient, font feu sans ordre et fondent sur les barricades. Alors commence une mêlée furieuse où l’on frappe à coups de baïonnette, à coups de crosse, à coups d’épée, à coups de lance.

Pendant cette tuerie, une femme du peuple cria : « Que fais-tu ici, malheureux enfant ? Tu veux donc te faire assassiner ? Rentre chez toi, chez ta mère ? » Elle s’empara de mon bras, malgré moi, et m’entraîna vivement.

Je retournai à la maison en passant par la rue du Kornthor. Là aussi s’élevaient des barricades occupées par la foule armée de Podskal et commandées par les élèves de l’École polytechnique. Les coups de fusil continuaient, les tambours battaient et le tocsin faisait entendre ses notes lugubres. Au coin de notre rue, visa-vis du Kornthor, se trouvait la dernière barricade, composée en entier de chars funèbres, bourrés de pierres et de matelas. La porte était défendue par un détachement de soldats galiciens.

Notre maison se trouvait située juste entre les deux partis en présence ; la porte donnait sur la rue de Cracovie, occupée par les insurgés ; au coin s’élevait la barricade, et, au delà du mur du jardin, étaient placés les avant-postes des soldats. En cas d’engagement, nous étions donc en grand péril, parce que la troupe pouvait prendre les barricades à revers, en traversant le jardin. Aussi fûmes-nous bientôt dans l’obligation de faire la cuisine pour les insurgés, sur l’ordre de leur commandant, M. Fric. Ce fut une raison de plus pour ma mère de s’intéresser à ses compatriotes, en leur faisant passer un peu de nourriture. Elle fit en même temps observer à nos voisins qu’il était prudent et sage de s’assurer les bonnes grâces des soldats autrichiens, afin d’éviter les conséquences de leur fureur, si le combat venait à s’engager.

On mit donc sur le feu de grandes chaudières pour faire la soupe, et l’on confectionna des « knödel » énormes. Toutes les familles y contribuèrent, et nous étions tous occupés à la cuisine. Miroslawa m’avait élu son aide de camp. Ceinte d’un tablier blanc et armée d’une énorme cuillère, elle me semblait si charmante que je me laissai faire avec plaisir lorsqu’elle voulut m’affubler, à mon tour, d’un tablier de cuisine et qu’elle me donna l’ordre de peler des pommes de terre et de ratisser des navets.

Le combat ayant cessé au loin, un étudiant tchèque prétendait fièrement que les Autrichiens n’avaient pas le courage de les attaquer. Un Polonais ajouta en souriant ironiquement que le prince Windischgrätz ménageait la ville par magnanimité.

Pendant le combat dans l’Altstadt, la princesse Windischgrätz, s’étant approchée d’une fenêtre du palais, avait été tuée raide par la balle d’un étudiant en médecine. Celui-ci, n’ayant vu qu’un rideau s’agiter, ne se doutait pas qu’il tirait sur une femme. Cette nouvelle, d’abord vaguement ébruitée, fut bientôt confirmée.

Ce fâcheux événement rendait la situation du maréchal très difficile. Il se voyait obligé de ménager Prague, s’il ne voulait pas s’attirer le reproche de n’avoir exercé qu’une vengeance personnelle sur la ville.

Cependant, il employait l’armistice tacite, qui durait depuis quelques jours, à demander des renforts, à placer de l’artillerie sur les hauteurs du Kleinseite qui dominent Prague et à cerner la ville.

Un beau matin, quand nous nous éveillâmes, les soldats du Kornthor avaient disparu. Dans la nuit, toutes les troupes avaient quitté la ville et s’étaient concentrées sur le Kleinseite. La révolution paraissait victorieuse, et tout le monde s’en réjouissait. Au Rossmarkt, la musique de la garde nationale jouait, et la populace dansait le straczak. On commençait à démolir les barricades.

Mais bientôt les insurgés reconnurent qu’ils s’étaient trompés. Tout à coup, des aides de camp de M. Fric, le commandant en chef des patriotes, parcourent la ville en tous sens, ordonnant de mettre de nouveau tout en état de défense. Les portes, qui avaient été abandonnées par les soldats autrichiens, furent occupées par les insurgés et barricadées. On arma les bastions avec de vieilles pièces d’artillerie prises dans les guerres d’antan.

Une lutte violente s’était engagée sur les bords de la Moldava. Fric demandait des secours, et quelques détachements de la Swornost étaient déjà en marche sur l’Altstadt. En un clin d’oeil, tout se trouvait de nouveau sur pied et dans une fiévreuse agitation.

Miroslawa entra, en courant, dans le jardin, où je me trouvais à ce moment. Elle portait une jaquette bleue, garnie de fourrure blanche, et une toque rouge. Deux pistolets et un poignard garnissaient sa ceinture.
- Venez ! me dit-elle d’un ton de commandement. Vous m’avez juré de combattre à mes côtés, venez ! Nous allons au Pont-de-Pierre, où la lutte s’est engagée de plus belle !

Je pris ma casquette et suivis la belle fille. Ma mère s’efforçait de me retenir, mais ce fut en vain. Nous traversâmes les rues étroites de l’Altstadt et le Ring, où gisait un cheval mort. Sur une barricade, nous aperçûmes une superbe amazone, le fusil au bras. Dans une ruelle, un grenadier était encore en sentinelle ; on avait oublié de le relever. Il y avait foule autour de lui. Quoique Tchèque, il tenait également tête à ceux qui voulaient le persuader d’abandonner son poste, et à ceux qui le menaçaient.
- Vous n’avez pas honte, s’écria Miroslawa, de vous mettre tous contre un !

Elle repoussa la foule, et, s’adressant au grenadier :
- Et toi, que veux-tu faire ? Rends-toi, c’est le moyen de sauver ta vie.

Dans la rue des Jésuites, nous rencontrâmes un peloton de gardes nationaux qui prirent le soldat sous leur protection.

Le « Clementinum » ressemblait au campement de Wallenstein. Là où jadis on n’entendait que les graves sentences de la science, les fusils et les sabres s’entrechoquaient avec un cliquetis belliqueux. Dans la cour, dans toutes les salles de conférences, on avait étendu de la paille sur laquelle campaient les insurgés, leurs fusils en faisceaux.

Le Brückenthurm de l’Altstadt, le quai, les maisons sur le bord de la Moldava, particulièrement les moulins et le Westerthurm, étaient occupés par les insurgés, qui entretenaient an feu vif contre le Kleinseite. Les soldats autrichiens répondaient de l’autre rive et de la Schützeninsel (île des tireurs) où les chasseurs avaient abordé et s’étaient établis.

Fric, le commandant des insurgés, allait et venait sur la rive, s’exposant courageusement aux balles ennemies, et dirigeant le combat avec beaucoup de prudence et de sang-froid, quoique, avec son habit bleu, aux brandebourgs d’argent, sa casquette rouge à la polonaise, ornée d’une aigrette blanche, et ses bottes rouges, il ressemblât plus à un héros de ballet qu’à un général d’armée.

Saluée avec enthousiasme par les étudiants, Miroslawa s’était postée derrière une colonne, et elle tirait dans la direction de la Schützeninsel. J’étais debout à côté d’elle. On m’avait donné un fusil. Je le chargeais et le tendais à la belle amazone. Chaque fois qu’elle avait tiré, je lui présentais le fusil chargé.

C’était la première fois que j’étais exposé au feu. Encore enfant, je ne pouvais ni songer aux causes de cette lutte, ni en calculer les conséquences. Je n’étais excité que par le côté dramatique des événements qui se déroulaient devant moi, fascinant puissamment ma vive imagination. L’éclat des coups de fusil à travers les nuages de fumée, le bruit sec des coups partant des fusils, les signaux des trompettes, le roulement des tambours, le commandement vibrant des officiers, les cris des combattants, les gémissements des blessés m’envoyaient des sensations enivrantes.

À trois pas de moi était étendu mort, la figure sur le pavé, un garde national dans son uniforme bleu foncé, la main droite tenant encore la cartouche qu’il allait introduire dans son fusil, tandis que la main gauche se cramponnait convulsivement à l’arme. Derrière nous, appuyé contre un mur, se soutenait à peine un prolétaire du front duquel coulait lentement le sang.

La nuit était tombée, lorsque nous rentrâmes. Un silence profond régnait dans la ville, sous un ciel pur où étincelaient d’innombrables étoiles.

J’entrai, un sourire aux lèvres, dans la salle à manger où presque tous les habitants de la maison s’étaient rassemblés autour de mes parents, pour les consoler et être consolés eux-mêmes.
- Le voilà ! s’écria mon père, et, au même instant, ma mère me serrait dans ses bras en répandant des larmes de joie.

Jusqu’alors, j’avais été tellement gâté, et si bien tenu en tutelle, que cet acte subit d’indépendance fut considéré comme un gros événement. Pour moi, je me plaisais infiniment dans ce rôle viril que je venais de jouer pour la première fois.
- Je ne suis plus un enfant, disais-je fièrement en serrant mon fusil dans mes mains noircies par la poudre. Aujourd’hui, j’ai conquis ma liberté, et je suis un homme !

Et, en effet, depuis ce jour passé sur les barricades, j’étais devenu un homme.

Le même soir commença le bombardement de Prague. Grâce à l’adresse extraordinaire de l’artillerie autrichienne, dont tous les projectiles frappaient les points indiqués par le maréchal, il suffit de quelques bombes et de quelques fusées pour soumettre la vieille ville de Prague.

La première bombe tomba sur la brasserie de Wanka, où les insurgés avaient établi un conseil de guerre, dont les membres se dispersèrent dans toutes les directions. Une fusée mit le feu aux moulins sur la Moldava ; une autre fusée alluma le Wasserthurm. L’incendie dura toute la nuit. Un spectacle effroyable et superbe s’offrait à nous du toit plat de notre maison.

Toute la ville, avec ses nombreuses tours et ses cent églises, semblait une mer de feu. Les provisions de blé emmagasinées dans les moulins de la Moldava ayant été envahies par les flammes, les grains brûlants, entraînés par le vent, se répandaient sans cesse comme une pluie incandescente.
- Sodome et Gomorrhe ! s’écria mon père, tandis que Miroslawa, frissonnante de terreur, s’emmitouflait dans sa jaquette fourrée et se serrait timidement contre moi. Elle qui avait méprisé les balles, cet élément déchaîné l’épouvantait.

En même temps, l’anarchie régnait dans la ville. Les bourgeois voulaient qu’on sollicitât un armistice ; une partie de la Swornost et la plupart des étudiants étaient d’avis que l’on continuât la lutte à tout prix ; ces derniers avaient, en conséquence, convoqué tous les hommes en état de porter les armes. Profitant de la situation, la populace commençait à piller.

Mon père avait organisé la défense dans notre maison. Tous prirent les armes. Toutes les portes donnant à l’extérieur furent fermées et barricadées. Les uns avaient pour mission de surveiller le jardin, d’autres montaient la garde aux fenêtres du premier étage ; le reste campait sur les degrés qui conduisaient de notre salle à manger au jardin. Chaque fois qu’on frappait à la porte de la rue, quelqu’un de nous criait : « Au large ! ou nous faisons feu ! » et toujours, insurgés ou pillards, se retiraient et continuaient leur chemin.

J’étais assis à côté de Miroslawa sur le degré supérieur du perron. Elle avait ses pistolets chargés à la ceinture, et je tenais mon fusil incliné entre mes bras. Bientôt, succombant à la fatigue, je laissai aller ma tête sur ses genoux et m’endormis.

Lorsque je me réveillai, je vis la charmante amazone qui se frottait les yeux en me souriant. Vaincue à son tour par la fatigue, elle s’était aussi endormie. Autour de nous, dans le jardin, brillait un des plus beaux matins d’été.
- Le drapeau blanc flotte sur la tour de l’hôtel de ville, nous cria mon père, du faîte du toit où il était en observation, une longue-vue à la main.

Prague avait capitulé.

Voir en ligne : Choses vécues X - Comment je devins auteur

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après les confessions érotiques Leopold von Sacher-Masoch, « La semaine des barricades à Prague en 1848 », Choses vécues (IX), Revue bleue, t. XLIII, Paris, janvier-juillet 1889, pp. 310-313.

Notes

[1L’association pour la liberté.



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