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Journal d’une enfant vicieuse

Le Couvent de Corbeil

Livre I : Chapitre VI



Auteur :

Mots-clés :

Madame de Morency (Hugues Rebell), Journal d’une enfant vicieuse, imprimé par Isidore Liseux et ses amis (Éd. Charles Carrington), Paris, 1903.


CHAPITRE VI
Le Couvent de Corbeil

Mai, 1775. Couvent des Ursulines à Corbeil.

J’ai quitté la maison aujourd’hui. La belle-mère de Valentine nous a emmenées toutes deux en chaise de poste jusqu’à Corbeil, où se trouve le couvent où nous devons entrer. Ii faisait très chaud, et de temps en temps un vent brûlant soulevait des tourbillons de poussière sur la route. Le mouvement de la voiture m’assoupit, je me penchai sur Valentine et me laissai aller au sommeil. Quand je me réveillai, j’avais les mains entre ses fesses. Valentine qui était triste de quitter Paris, ne put s’empêcher de rire au mouvement que je fis pour me dégager. Madame Dangevert le remarqua, nous fit des observations sur notre indécence et nous ordonna de mieux nous tenir. Nous nous regardâmes en rougissant. Cependant nous penchions la tête par la portière pour voir le pays qui borde la route, car il est fort agréable, traversé de cours d’eau et très boisé. Le vent nous apportait des odeurs de foin coupé et de chèvrefeuille que nous respirions avec délices.

Enfin nous arrivâmes. Le couvent est situé au fond d’une large avenue de hêtres : il est tout entouré de murs et se compose d’un corps de bâtiment de neuf fenêtres de façade, d’un grand jardin potager, de deux cours pour les jeux des élèves, d’un jardin de promenade et de charmilles.

On nous conduisit dans la chambre de la mère supérieure qui, après avoir causé avec madame Dangevert pendant quelques minutes, nous fit avancer et d’un regard sévère nous considéra toutes deux avec attention, de la tête aux pieds :
- Si ce sont de bonnes filles, dit-elle à madame Dangevert, elles ne seront point malheureuses ici, mais si elles ne veulent pas suivre le droit chemin, elles auront la vie dure.
- Oh ! répondit madame Dangevert, ce ne sont pas de méchantes enfants ; seulement elles ont besoin qu’on veille d’un peu près sur elles.
- Soyez persuadée que nous n’y manquerons pas, fit alors la soeur.

L’entretien se termina là. Madame Dangevert nous embrassa et remonta en voiture. Nous entendîmes le roulement de la chaise de poste avec une profonde tristesse.

La mère supérieure appela alors une des soeurs qui travaillait dans sa chambre et lui chuchota quelques mots si bas que nous n’entendîmes pas. Cette religieuse nous pria de la suivre, nous disant qu’elle allait nous faire connaître notre nouvelle demeure, nous présenter à nos condisciples et nos maîtresses.

Comme nous passions dans la cour, devant une porte entrouverte, nous entendîmes des cris perçants et nous vîmes une grosse fille d’une quinzaine d’années, les joues rouges et tout en pleurs, qui se débattait sous l’étreinte d’une soeur qui lui faisait présenter à toute la classe, encadré de ses jupes troussées, un fessier charnu où les verges avaient laissé des traces sanglantes. Valentine se mit à rire comme à un spectacle très divertissant, mais moi qui songeais que demain peut-être on me traiterait de la même façon, j’eus un serrement de coeur. La religieuse nous entraîna.

Elle nous mena au dortoir où étaient nos lits. La chambre était assez gaie ; chaque lit était fermé de rideaux blancs. À côté il y avait une petite table pour la toilette et deux chaises.

Les cinq fenêtres de cette chambre donnaient sur un grand balcon où les pensionnaires et les religieuses avaient mis des pots de fleurs et accroché des cages où il y avait des serins et des perruches. Au-loin on apercevait les bois qui entouraient le couvent. Je fus heureuse d’apprendre que je coucherais dans la même chambre que Valentine. Après nous avoir fait visiter le réfectoire, la mère nous présenta à une religieuse qui devait nous apprendre le catéchisme. Celle qui allait nous faire la classe n’arrivait que le lendemain, étant en vacances. Les élèves étaient encore en classe quand nous arrivâmes : nous ne les vîmes qu’au souper à sept heures. J’avais faim et je mangeai avec appétit, mais je ne pus m’empêcher de m’attrister en constatant que ce repas n’était composé que de légumes et de laitage et que nous ne pouvions boire du vin. On ne parlait pas pendant le repas, et la religieuse qui présidait nous lut la vie de sainte Catherine, où le supplice de la sainte, attachée sur une roue garnie de pointes, me fit grand’peur. J’étais assise avec mes nouvelles compagnes sur des bancs sans dossier. À un moment, l’une de nous se permit de causer, la soeur s’en aperçut, interrompit sa lecture, fit sortir la délinquante du banc, lui donna un soufflet et lui dit de se mettre à genoux au milieu du réfectoire, ce qu’elle fit en pleurant. La pauvre fille dut manger du pain sec pour son souper.

Je remarquai mes voisines de table, l’une d’elles paraissait très bonne et très douce, mais les autres avaient l’air malicieux et railleur et semblaient nous jeter, à moi plus encore qu’à Valentine, des regards narquois.

Le souper fut vite terminé, nous nous agenouillâmes alors pour faire la prière. Comme je ne savais pas ce qu’on récitait, je ne répondais pas avec mes voisines ; une religieuse qui était près de moi s’en aperçut et m’ordonna, sur un ton sévère, de répondre ; je marmottai alors quelques mots sans savoir ce que je disais.

Après le souper, des élèves s’échappèrent à la hâte pour aller aux latrines ; j’y fus moi aussi ; seulement je dus attendre mon tour à la porte, et presque me disputer avec une élève pour y entrer.

Il y avait six trous et les cinq étaient occupés par des grandes filles et des fillettes qui, les chemises et les jupes troussées, lâchaient des pets avec un grand sérieux et comme si elles avaient été seules. Malgré ma honte, je me troussai, moi aussi, et je tournai mon derrière vers le trou ; c’est alors qu’un vent, dont je voulus étouffer le bruit, s’échappa avec grand fracas et fit se détourner vers moi mes cinq voisines qui éclatèrent de rire ; j’étais toute rouge et si confuse que, sans me soulager le ventre, je me relevai aussitôt, laissai tomber mes jupes et sortis en courant.

Il était neuf heures et déjà tout était obscur dans la cour du couvent. Je reconnus à grand peine l’escalier du dortoir. Comme je le montais, je sentis quelqu’un qui me saisissait le derrière et me le pinçait ; je me détournai et je reconnus une de mes voisines de table qui riait sous cape. Je parvins à me dégager, montai à la hâte au dortoir et me glissai dans mon lit où je ne tardai pas à m’endormir, malgré la nouveauté des lieux et des personnes avec lesquelles je venais de faire connaissance. Comme je me réveillais le lendemain et avant que la religieuse qui se trouvait dans le dortoir eût sonné la cloche, je sentis un baiser sur la bouche et deux bras qui m’entourèrent le cou : c’était Valentine qui s’était levée de son lit pour m’embrasser.

Le réveil est à six heures du matin. On fait la prière, on descend à l’étude travailler jusqu’à huit heures ; nous assistons ensuite à la messe que vient dire l’aumônier du couvent, nous déjeunons, puis nous avons une leçon que nous donne une des soeurs. À une heure a lieu le dîner, et après le dîner la récréation. Commencées, les classes ne finissent qu’à sept heures, au moment du souper.

Nos devoirs consistent en des calculs et des dictées sur l’histoire sainte ou sur le catéchisme, que nous devons apprendre par coeur. On nous enseigne aussi à coudre les vêtements, à les repriser, à tricoter des bas, à faire de la dentelle.

Il y a deux grandes récréations toutes les semaines, où les soeurs emmènent à la campagne les élèves qui n’ont pas eu de mauvaises notes dans la semaine.

À la récréation d’aujourd’hui, j’ai causé avec une de mes petites voisines de classe, qui porte le nom de Charlotte Coutheau, et dont j’avais un peu peur d’abord, parce qu’elle a des yeux très malicieux et qu’elle rit sans cesse comme si elle se moquait de tout ce que font les autres, mais j’ai vu qu’elle était moins méchante que je me l’imaginais. Elle m’a raconté les aventures qui lui sont arrivées à sa dernière promenade.

Elle était partie avec la soeur tourière et une camarade de classe pour une ferme qui se trouve à une lieue et demie. La soeur devait faire un marché avec la fermière. Rendue là-bas, voici que Charlotte aperçoit un âne qui était attaché à la barrière ; pendant que la religieuse et la paysanne faisaient leurs comptes, ma Charlotte, qui n’a peur de rien, détache l’âne, casse une branchette, saute à califourchon sur son dos et hop ! hop ! à grands coups de badine, elle le fait trotter : mais mon âne ne voulait pas aller où Charlotte le conduisait ; le voici, tout d’un coup, qui se met à galoper vers un champ voisin. Il brise la clôture, saute dans le champ et court sur une ânesse qui était à paître. Charlotte, avec épouvante, le voit se dresser tout debout et se jeter sur le derrière de l’ânesse qui lève la tête mais ne bouge pas. La pauvre fille se tenait à grand peine, embrassait le cou de l’animal et lui serrait les flancs le mieux quelle pouvait ; soudain l’âne retombe, les deux pattes en avant, sur la croupe de l’ânesse, tandis que son arrière-train se met à s’agiter et lâcher des pétarades comme un vrai derrière de roussin. Mais Charlotte, qui n’avait pas envie de rire, poussait des cris terribles qui ont fait accourir à son secours la fermière et la soeur. La paysanne n’a rien dit, mais il paraît que la soeur a donné à Charlotte de grands soufflets, elle lui avait même promis le fouet et avait déjà relevé les jupes, quand elle a vu passer monsieur le curé de C. qui se promenait dans le pays. Par décence, elle n’a pas voulu lui montrer un derrière de fille et elle a laissé Charlotte s’enfuir, le fessier sauf. C’est alors que mon amie, qui venait d’éprouver de grandes émotions, s’est sentie prise, comme cela arrive souvent dans de telles occasions, d’un besoin pressant. Elle s’est dirigée vers un petit chemin creux très ombragé qui bordait la route et là, a tourné son cul à la haie, puis relevant bien haut ses robes et sa chemise, elle s’est accroupie. Quelle frayeur n’a-t-elle pas eue, comme elle venait de commencer l’opération, lorsqu’elle a senti quelque chose de froid qui s’enfonçait dans son derrière ! Elle s’est relevée aussitôt en poussant un cri et alors elle s’est sentie mordue légèrement à la fesse. Se détournant brusquement, elle a vu, derrière elle et le nez dans ses jupes rabattues, un gros chien de berger à poils noirs qui semblait ne pas vouloir la lâcher. Pensant qu’elle ne pourrait pas s’en débarrasser autrement, elle s’est accroupie de nouveau, ayant toujours le chien à son fessier et elle a continué de se soulager le ventre ; l’animal, non seulement n’a pas perdu une bouchée de l’étron qu’elle a pondu, mais il a évité à Charlotte le soin de se torcher elle-même, et, d’une langue habile, il lui a nettoyé les parois des fesses d’une si aimable façon, que Charlotte a senti du plaisir et que voulant rendre sa jouissance plus complète, elle s’est mise à se chatouiller le devant avec son doigt, tandis que le bon chien lui léchait toujours les parois de ses fesses et sa petite fente, comme s’il eût eu, là aussi, de la pâte qui lui convînt. Enfin, Charlotte s’est relevée, le cul net, et le chien ne trouvant plus rien pour son goûter, a laissé Charlotte, non sans lui avoir léché la figure en remerciement. Mais, comme Charlotte rabaissait ses jupes, sa petite camarade est venue et lui demanda ce qu’elle était à faire. Charlotte le lui a dit et n’a pas manqué de lui parler du chien : « Tiens, a dit Thérèse (c’est ainsi que s’appelait cette fille), je vais voir s’il va aimer ma charcuterie comme il aime la tienne. » Et la voici qui, elle aussi, se trousse et se met en position, et qu’une grosse saucisse jaune paraît presque aussitôt au trou de son cul. Le chien n’a pas plutôt flairé l’odeur qu’il se précipite aux fesses embrenées de Thérèse et, d’un coup, il avale la friandise ; le trou de Thérèse se rouvre encore plein de pâte et le chien, très pressé, introduit sa langue jusqu’au fond. Pour du coup, ma Thérèse n’y tient plus ; elle éclate de rire à ce chatouillement et c’est à peine si elle a la force de s’appuyer au fossé pour ne pas tomber, mais, ô malheur, c’est que la soeur passait par là ; elle aperçoit tout le tableau, sauf, heureusement, la spectatrice Charlotte qui, entendant des pas, s’était cachée derrière un arbre. Scandalisée, la soeur commence par lancer une pierre à la tête du chien qui se sauve en hurlant, puis, saisissant Thérèse par l’oreille, elle la jette à travers le chemin, ventre par terre, derrière en l’air, arrache du fossé une touffe de genêt et, sur le cul que semble lui offrir Thérèse dans cette position, elle se met à fouetter jusqu’au sang la malheureuse qui, de peur et d’envie, lâcha tout ce qu’elle avait besoin de rendre au nez de la soeur. Cette furie, sans prendre garde au spectacle dégoûtant qu’elle a sous les yeux ni aux cris déchirants de Thérèse, continue à lui hacher le fessier. Sans l’intervention de la fermière qui accourut aux cris, je ne sais si Thérèse aurait pu marcher de quinze jours. Lorsqu’elles sont revenues au couvent, l’indécence de Thérèse était si honteuse, que la soeur, pourtant, n’en a point parlé à la soeur supérieure, mais on a bien vu, aux yeux rougis et à la démarche de la pauvre fille, qu’elle avait eu une terrible correction. Pourtant, son châtiment ne s’est pas borné à une seule fessée. Le soir, en se couchant, son derrière lui cuisait si fort qu’elle s’est mise à sangloter, et la surveillante du dortoir, furieuse du bruit qu’elle faisait en gémissant et en se remuant dans sa couche, est sortie de son lit, a couru vers elle et, levant le drap, la chemise, a forcé Thérèse à s’étendre sur le ventre ; elle lui a encore claqué son pauvre cul ensanglanté, aux grands cris de Thérèse et grands rires de ses camarades qui n’avaient point pitié d’elle et qui, d’ailleurs, à la faible lueur de la lampe, ne pouvaient pas voir combien ses fesses étaient endommagées. Seulement, Charlotte qui est une bonne fille, lorsque la surveillante a été endormie, au risque de recevoir le fouet elle-même, s’est approchée, sur la pointe du pied, du lit de Thérèse ; elle l’a embrassée et lui a mis dans la bouche deux pralines d’une boîte que sa marraine lui avait envoyée.

Il y a huit jours que cette scène s’est passée, puisque c’était la veille de mon arrivée au couvent, et j’ai remarqué que cette pauvre Thérèse avait encore beaucoup de peine à marcher, et que, quand elle était assise, elle remuait sans cesse, probablement parce que ses fesses lui faisaient encore mal. Enfin, ce soir, me trouvant aux latrines avec elle, j’ai vu qu’elle souffrait en se soulageant et que le trou de son derrière était rouge et tout écorché. Pauvre Thérèse pourvu que ces méchantes soeurs ne me fouettent pas comme elle !

Voir en ligne : Chapitre VII : Comment je m’amusais au dortoir avec Valentine

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage de Hugues Rebell, Journal d’une enfant vicieuse, imprimé par Isidore Liseux et ses amis (Éd. Charles Carrington), Paris, 1903, 164 pages.



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