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Passion sexuelle et folie érotique

Le Priapisme

Les Troubles physiologiques (Chapitre IV)



Docteur Gastyano, Passion sexuelle et folie érotique, New-Editions, Paris, 1929.


IV
LE PRIAPISME

L’érection normale est ordinairement de courte durée et s’éteint spontanément ; dans le priapisme, au contraire, elle est accompagnée d’une sensation très pénible, très douloureuse et très prolongée et, chose singulière, cette érection, pour ainsi dire incoercible, loin de porter aux désirs et à l’acte vénérien, est redoutée chez ceux qui en sont atteints, comme une aggravation de leur mal.

Dans le satyriasis, au contraire, les malades, complices de leur sort, sont en proie à une lubricité effrénée, que la satisfaction semble exciter encore, sans pouvoir jamais l’assouvir.

Le priapisme est dû à toute stimulation vive portée sur la muqueuse génito-urinaire. Ainsi, dans les affections de la vessie, la cystite calculeuse, par exemple, on note la rigidité douloureuse de la verge. Dans la blennorragie urétrale aiguë, l’urètre, rendu douloureux par l’inflammation et rigide par la turgescence de son tissu spongieux, ne peut suivre le redressement des corps caverneux et tend à l’incurvation en bas ; c’est ce qu’on désigne sous le nom de chaude-pisse cordée. Plusieurs d’entre les malades rompent la corde par le procédé vulgaire de coups frappés avec la verge sur un corps dur.

Le priapisme s’annonce le plus souvent par degrés ; il ne constitue d’abord qu’une érection douloureuse qui se manifeste ordinairement la nuit, mais se dissipe assez promptement lorsque le malade quitte le lit, reste dans une température moins élevée et se lave à l’eau froide.

Dans d’autres cas, l’affection parvient de suite à un très haut degré et présente plus de résistance.

En vain, le malade varie ses positions, se lève et se promène, le priapisme se prolonge plus ou moins longtemps, le sommeil fuit la victime.

Quand l’érection est violente, il en résulte un mouvement fébrile, la tête devient douloureuse, la soif s’allume ; il y a de l’agitation, de l’anxiété, autrefois du délire, souvent des douleurs lombaires et hypogastriques ; l’urine coule difficilement, quelquefois son émission est totalement impossible, il y a de l’absence de sécrétion urinaire.

Lorsque le priapisme parvient au dernier degré, la tension de la verge se propage au périnée, à la vessie, au rectum ; ces parties acquièrent un gonflement considérable dont la gangrène est quelquefois le terme.

Le petit nombre d’observations relatives au priapisme consignées dans les auteurs, et leur peu d’étendue, nous engagent à en rapporter deux, dont la première avec quelques détails.

Un homme âgé de trente-sept ans, célibataire, fut sujet, dès l’âge de dix-sept à dix-huit ans, aux pollutions nocturnes et contracta dans sa jeunesse plusieurs gonorrhées. À trente-deux ans, il s’aperçut qu’à son réveil il était fort en érection, ce qu’il attribua d’abord à l’influence de son imagination naturellement ardente, et à l’empire d’une liaison qui excitait plus ses désirs qu’elle ne les satisfaisait. Au bout de quelques jours, il ressentit beaucoup d’ardeur dans le canal de l’urètre ; les érections étaient douloureuses la nuit, le passage des urines produisait une vive chaleur et, le troisième jour, il survint un écoulement verdâtre avec tiraillements insupportables au scrotum et au périnée.

Soumis à un traitement, il n’obtint qu’avec beaucoup de peine la résolution de cette inflammation, ne reçut aucun amendement de divers traitements auxquels il fut soumis. L’état local est celui-ci : dès que le malade s’assoupit, il éprouve un priapisme intense mais sans douleurs vives, qui dure jusqu’au moment de son réveil. Cet état de spasme est d’autant plus violent que le sommeil est plus profond, et il survient, au milieu de rêves lascifs, une éjaculation après laquelle l’irritation prend un nouveau degré d’intensité ; toutefois, ces accidents ne sont pas assez rapprochés pour altérer notablement les forces du malade. L’urètre est, dans toute son étendue, d’une irritabilité extrême et le siège d’une démangeaison insupportable. Le gland et le prépuce, très sensibles, sont disposés à l’engorgement et même à l’ulcération.

« Un sexagénaire, pour faire preuve de vigueur auprès d’une femme, prit des cantharides ; peu de temps après, il ressentit un léger chatouillement dans la verge, puis un prurit douloureux, un délire érotique, enfin une hémorragie se déclara avec douleur aiguë et priapisme persistant. »

Le priapisme n’est pas toujours essentiel ni toujours simple. On le rencontre souvent uni à une autre maladie dont il est difficile de le considérer comme un symptôme. Virey cite l’observation d’un individu qui succomba aux suites d’une fièvre maligne compliquée de priapisme : « Chose remarquable, dit-il, l’érection se soutint longtemps encore après le décès. »

Le priapisme cantharidien a été souvent l’objet d’études. Dans cette forme toxique de la maladie, se sont souvent montrés les plus graves accidents, et ce n’est pas seulement dans la cavité des organes génito-urinaires, arrosée par l’urine chargée du principe actif de la cantharide que les désordres ont été signalés, mais aussi dans le foie, dans l’estomac et les intestins où l’on a constaté des inflammations hémorragiques et gangreneuses. Il en ressort que les cantharides, prises ou données à l’intérieur comme excitant les organes génitaux, peuvent parfois produire le priapisme vrai, mais encore plus le satyriasis.

On peut observer le priapisme dans les affections de la moelle, mais alors il est souvent lié au satyriasis.

Le traitement du priapisme est variable selon les considérations de son origine. Les bains tempérés prolongés ; les boissons abondantes, les applications de glace, les lavements opiacés, le bromure de potassium.

On doit éviter les lits trop chauds et surtout le décubitus dorsal, qui a une funeste influence sur le priapisme.

Voir en ligne : Chapitre V : Folie érotique périodique

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS, d’après l’ouvrage sur l’érotisme du Docteur Gastyano, Passion sexuelle et folie érotique, New-Editions, Paris, 1929.



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