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Recueil documentaire psycho-pathologique sur les aberrations sexuelles chez la femme normale tombant à la bestialité la plus raffinée

Le Viol du Satyre

La Femme aux chiens (Chapitre I)



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L’Érotin (Alphonse Momas), La Femme aux chiens. Recueil documentaire psycho-pathologique sur les aberrations sexuelles chez la femme normale tombant à la bestialité la plus raffinée, Paris, 1912 [1921]. (161 p. ; 20 cm)


I

Seule dans la nuit. — Le satyre. — Le viol dans la caverne. — Caresses cochonnes. — La grande dame jouit du chemineau. — La tuera-t-il ? — Un gage : le mouchoir imbibé de cyprine.

Régine Moutiers s’était attardée dans une famille amie, et il lui fallait maintenant regagner sa villa des environs de Paris par le dernier train.

Agée de vingt-huit ans, elle présentait le type d’une jolie brune distinguée, bien douée pour inspirer les galanteries d’un amant et aussi les amateurs de mariage. Car elle était veuve depuis près de trois ans et jouissait d’une belle fortune. Mais, fantasque, capricieuse, coquette, si elle ne décourageait personne, elle ne se laissait aller à écouter aucun soupirant, et tout se bornait à des propos aimables ou à des flirts qui n’engageaient ni sa liberté ni son coeur.

Habitant la banlieue, dans une des plus charmantes localités qui sont situées sur la lisière des grands bois, elle ne venait à la ville que pour passer une journée, ou même une demi-journée, chez d’anciennes amies de pension mariées, qui lui rendaient ses visites dans sa résidence champêtre, des plus confortables et des plus agréables, et où elle vivait avec une vieille cuisinière depuis longtemps attachée à son service, et une femme de chambre remplissait l’office d’une gouvernante.

Le pays était sûr, et si la propriété de Régine se trouvait un peu isolée, jamais rien n’en menaça cependant la sereine tranquillité ; d’ailleurs de très fortes serrures garantissaient la maison, et on savait que les trois femmes possédaient des revolvers dont elles n’hésiteraient pas à faire usage à l’occasion.

Cependant jamais il n’était arrivé à Régine de rentrer si tard et, en quittant la gare pour s’élancer toute seulette dans l’allée sombre de platanes conduisant à un chemin de traverse qui desservait sa propriété, elle éprouvait une appréhension subite et inattendue.

Elle l’attribua à la conversation de la soirée où il avait été longuement question d’un satyre qui terrorisait une région suburbaine, heureusement éloignée de celle où elle résidait. Oh ! elle n’eût pas redouté la rencontre ; elle s’élevait avec véhémence contre les trembleuses qui ne savaient que crier et se sauver, et elle prétendait que, le plus souvent, ces malandrins tombant sur des femelles, ne s’adressaient qu’à des laideurs, à des femmes mûres ou vieilles, parce que la beauté leur en imposait. Elle avait hardiment affirmé que d’un simple mot, une femme pouvait obliger l’homme le plus audacieux, si rustre qu’il fût, à s’incliner devant sa volonté.

L’allée de platanes s’étendait sur une longueur de trois cents mètres et, vers le milieu, la lumière projetée par la gare, faisait ressortir davantage l’obscurité dans laquelle Régine s’avançait. La nuit la plus épaisse l’entourait, et elle distinguait à peine à quatre pas devant elle. Mais à mesure qu’elle marchait son courage se raffermissait.

Elle bifurqua sur la droite pour prendre une allée plus étroite ornée d’une double rangée de hauts peupliers. On y voyait encore moins, mais, les yeux s’accoutumant, elle reconnaissait plus aisément les choses, et s’appliquait à cheminer à égale distance des arbres, pour éviter le danger de quelque rôdeur se dissimulant dans le saut-de-loup qui bordait la chaussée de chaque côté, entre les peupliers et des haies limitant les champs. Il y avait très peu d’habitations sur ce point, et Régine ne manquait pas d’une certaine énergie pour continuer de marcher avec autant de résolution.

Malheureusement, il devint nécessaire d’appuyer sur le bord, des pierres ayant été jetées pour réparer les fondrières ; et à présent elle frôlait les arbres, regardant haut et droit en avant, pour prévenir une attaque possible et avoir le temps de prendre une décision. Une attaque ! Elle sourit… Le calme le plus complet continuait à la rassurer.

Le ralentissement du pas s’imposait ; sur ce rebord de chemin de courtes et nombreuses déclivités l’exposaient à trébucher, et voilà qu’en effet son pied s’engagea dans un faux trou de taupe, et qu’elle tomba sur les deux genoux ; elle n’eut pas le temps de réfléchir ni de pousser un cri, brutalement deux mains l’avaient saisie et attirée dans le fossé, son grand et large chapeau voltigeait à trois pas et sa chevelure se dénouait. Plus une goutte de sang ne circulait dans ses veines.

Elle apercevait distinctement un homme petit, trapu, fort, le visage mauvais, les yeux de feu, la culotte débraillée et ouverte, toute la queue en demi-érection tournée de son côté. Elle voulut fermer les yeux ; les mains de l’homme lui pressaient le cou pour l’étrangler. Elle eût la force de murmurer :
- Pitié !

L’étreinte ne se noua pas ; l’homme était ramassé sur elle et la considérait en silence, la maintenant sur les reins, le dos appuyé contre le rebord du saut-de-loup. Il descendit les mains du cou à la poitrine, et d’une voix sourde, commanda :
- Montre-moi tes tétons.
- Oh !

Il eût une lueur de fureur, il lui reprit le cou, mais elle obéissait, défaisait son corsage, s’abandonnant à tout ce qu’il voudrait pourvu qu’il ne la tuât pas. C’était le moment de prononcer ce simple mot, propre à défendre une vertu qu’on outrage. C’était l’instant de recourir au prodigieux effet de domination par la beauté ! Régine n’y songeait plus : la terreur la paralysait dans son esprit et dans son corps.

Le satyre palpait avec ivresse ses seins rondelets à la chair satinée ; il gloutonnait, il y posait les joues, il les baisait, il les humait, il les suçait, et tout à coup il vint les toucher avec sa queue qui, cette fois, bandait très ferme. Elle aspira son odeur sauvage de bouc, et cette odeur ne lui répugna pas autant qu’elle l’eût supposé. Il s’arrêta soudain pour prêter l’oreille ; on entendait un pas qui s’approchait.
- Merde ! dit-il ; pas de veine ! Pour une fois où l’on rigolerait pour de bon voici un fouinard qui s’amène ! Malheur, va ! Je le descends, et toi aussi, la belle !…

Elle trembla de tous ses membres. D’une poche de son veston il tirait un couteau et l’ouvrit.
- Grâce !… dit-elle encore.
- Bouge pas, ma petite gueuse, et on verra pour toi. Mais si le gêneur lance ses mirettes de ce côté, il ne s’en servira plus demain.
- Je ne remuerai pas dit-elle.

Qu’elle sauvât sa vie ! Elle était prête à tout subir pour ne pas devenir la victime de ce maudit couteau.

Sans se soucier de sa robe, il l’avait obligée à se coucher de son long au fond du fossé, il se tenait accroupi au-dessus, en travers, le couteau à la main, la tête à hauteur du chemin qu’il surveillait avec attention. Le pas ralentissait de l’autre côté, c’était celui d’un homme qui avait dû surprendre quelque chose de louche, car il ne se hâtait pas et paraissait scruter ce qui se cachait derrière les arbres. Le satyre, dont les yeux perçaient très bien les ténèbres, le vit passer à courte distance, un revolver tout prêt à répondre à la moindre attaque. Il retint son souffle et approcha son couteau de la poitrine de Régine pour empêcher tout mouvement de sa part.

L’homme s’éloignait, bientôt on ne l’entendit plus. Régine avait vécu de terribles perspectives ! Crierait-elle pour appeler au secours, se tairait-elle ? Que faire ? Le satyre la tenait, mais il serait bien forcé de fuir si elle poussait un cri d’alarme. Ne lui allongerait-il pas un coup de couteau avant ? Et puis, cet inconnu qui passait, ne serait-ce pas un nouveau danger ?

Elle commençait à connaître le chenapan dont elle était la proie ; par deux fois elle l’avait arrêté dans son idée de meurtre ; si elle n’échappait pas à l’outrage à la pudeur elle pouvait presque compter avoir la vie sauve, suivant l’intelligence qu’elle apporterait dans sa lutte avec cet érotique. En somme tous les hommes se valent, et si l’on sait les prendre par la queue on les mène où l’on veut. Elle sentit les mains du satyre qui la saisissaient aux épaules pour l’obliger à se redresser, elle se souleva sur les genoux et le regarda avec plus d’assurance.

Si près l’un de l’autre, malgré l’obscurité, on pouvait voir. Si l’aspect de l’homme accusait de la vulgarité, il ne trahissait pas cependant le type du rôdeur ou du vagabond. Le veston de velours qu’il portait n’avait que les taches de poussière occasionnées par la station dans le saut-du-loup ; la chemise de couleur, la cravate nouée au cou, le pantalon de velours enroulé autour des chevilles, révélaient un ouvrier aisé ou un modeste commerçant, quelque mastroquet de banlieue. Elle se rendait compte de cela. Il lui avait pris la main pour la poser sur sa queue, et, dans ses gestes d’hésitation, plutôt mignarde, elle avait touché les étoffes. II se faisait masturber lentement et s’emparait derechef de ses seins, pour les patouiller, les lécher…

Se contenterait-il de ça ? Elle en serait quitte sans trop d’avarie !… Mais elle voulut se reculer, elle se tordit sur les reins ; de ses nichons, la langue du satyre courait sur tout son visage, comme celle d’un chien, et cela l’agaçait, l’énervait.

Il la remit en place d’un geste brusque et lui reprit le cou entre ses mains ; de nouveau elle trembla sous une subite inspiration, elle envoya la langue, il ne poussa pas la strangulation, ce n’avait été qu’une simple menace. Il tendit sa figure pour qu’elle la léchât, comme il venait de le lui faire. Elle s’exécuta, et il poussa des soupirs de béatitude, tout en cherchant à glisser la main sous ses jupes.

Gêné dans sa tentative par leur position agenouillée, il se releva, la fit se relever, lui saisit la main et, marchant dans le fossé, il la conduisit quelques pas plus loin, vers une ouverture de haie donnant sur un champ, d’où il l’entraîna jusqu’à une carrière abandonnée. Là, par un couloir obscur, il la mena loin de tous regards, après avoir allumé un rat de cave, dans une espèce de grande crypte carrée. Il remplaça le rat de cave par une lampe à huile cachée dans un petit trou.

Oh ! il devait être un habitué de ce lieu. Avec un rire très sonore, il lui dit alors :
- Nous sommes chez nous et nos maîtres, la belle ! Mes compliments, tu n’es pas une foireuse comme les autres.
- Ne me tuez pas !
- Qui donc y songe… Ici on est des camarades, pour s’amuser à la bonne cochonnerie. Tu me sembles comprendre très bien les choses. Si je suis content de toi, et si tu me donnes un gage comme quoi tu ne parleras jamais de notre rencontre, il ne t’arrivera aucun mal que celui dont tu auras à souffrir de ce chérubin. Allons, pas de grimaces, relève tes jupes et viens frotter ton chat contre ma queue.
- Je n’ose pas.
- Faut-il que je fende ta robe et tes jupons avec mon couteau ? À ton aise, je te forcerai bien à oser.
- Oh ! pas votre couteau, non, non !

Brusquement elle se retroussa, mais ne montra que le pantalon qui enfermait ses jambes.
- Un pantalon ! s’exclama-t-il, ah tonnerre, te paies-tu ma gueule ? Fous-moi ça par terre, oust !

Elle dénoua le vêtement et, sans rien répliquer, le retira. Les jupes et la chemise en l’air, le ventre franchement découvert, montrant son minet brun, bien soyeux et bien soigné, elle approcha le con de la queue du chenapan qui la glissa entre ses cuisses comme pour la baiser, non sans s’amuser à lui chatouiller le clitoris et même le nombril avec le gland.
- Ah ! dit-il, le ventre contre le sien, tu as une chic peau ! Je vais te lécher par là-dessous avant de te foutre ma bite dans ta connasserie. On a le temps de la collerie… faut s’en fourrer !

Il se jeta entre ses jambes, envoya de longs coups de langue dans ses cuisses, à son con, à son chat, multiplia les minettes, lui pelotant le cul et la fouettant, il la fit se courber peu à peu, l’attira à cheval par-dessus lui, sur le sol, pointa la queue dans le vagin et l’enconna sans qu’elle se défendit, la ballottant et la secouant à la démolir. Ses cheveux se dénouèrent de nouveau sous l’assaut, sa robe se fripa de plus en plus.

Il s’agissait bien de penser à cela ! Cet homme devait être un gourmand de chair féminine. Il plaquait les mains et les lèvres un peu partout sur son corps, se moquant de déconner pour baver sur ses nichons, sur ses épaules, ses reins, ses hanches, son cul, ses mollets, sur n’importe quelle partie de sa personne. Il patouillait, léchait, suçait, aspirait en même temps, humait la peau en poussant des exclamations :
- Nom de Dieu ! quelle peau ! c’est du lait, de la crème, qu’on s’en userait la langue. Je te mangerais toute, toute, quelle ripaille…

Il riait d’un gros rire heureux et polisson, et elle commençait à se rassurer, à rire à son tour, s’amusant de son exaltation, sentant qu’elle le conquérait par sa complaisance à obéir à ses indications. Ses terreurs se dissipant, elle redevenait la femelle ne demandant pas mieux que de satisfaire le mâle dont elle n’usait plus depuis longtemps, s’étonnant cependant d’éprouver quelques voluptueux frissons aux manifestations de son ardeur.

Certes la couche s’offrait dure lorsqu’il la renversait sur le dos, mais on ne restait pas longtemps en place. Il donnait un coup de queue pour l’enfiler et poursuivre l’oeuvre du baisage, puis subitement sous le choc d’une nouvelle idée, il se redressait pour l’attraper à pleins bras, la soulever en l’air, lui sucer les fesses et les cuisses et, l’appuyant contre le mur, l’enconner debout. Elle se laissait faire et s’arrangeait pour qu’il se reprit à sa fantaisie, comprenant qu’elle garantissait sa vie par les lascivités dont elle acceptait d’être la chose.

Il la fouettait souvent et elle lui rendait ses claques, lui pinçait même le cul, caressait même ses couilles grosses et pleines, se lançait même dans la luxure au point qu’elle finissait par se dévêtir de son plein gré et que c’était lui maintenant qui suivait les indications de sa femelle au lieu de lui dicter ses propres fantaisies.
Elle s’aguerrissait et cherchait dans l’aventure sa part de plaisir ; elle lui rendait ses baisers, ses caresses, ses suçons, et elle ne répugnait pas à son odeur de bouc et ne refusait pas de recevoir sa queue dans bouche. Le rapt se transformait en un duo consenti où elle se révélait autant active que passive.

Elle l’étudiait avec plus d’intérêt, constatait qu’il n’était pas mal bâti, musculeux et poilu, sa peau tranchait avec la blancheur des chairs qu’elle lui montrait ; elle l’excitait, le guidait dans ses tâtonnements ; il avait joui, elle voulait qu’il jouît encore largement ; elle s’affichait en louve insatiable. Ses sens s’éveillaient du long sommeil observé depuis son veuvage.

Il l’avait baisée trois fois, elle le poursuivait de ses agaceries. Il commençait à en avoir assez. Alors, rompu, comme elle le pourchassait encore avec trop d’insistance, il lui administra une violente raclée, où il la mit en sang, lui disant :
- Tu as bien marché, ça, c’est vrai ! Ce n’est pas une raison pour dépasser la mesure. Peut-être que tu me joues la comédie pour mieux m’adoucir ! Ça ne prend pas, tu sais ! Tu es sans doute quelque putain de bordel ! Tu jaboteras demain sur mon compte et on me cherchera des histoires ! Il n’en faut pas. Je vais te couper le cou et on ne viendra pas te chercher ici…
- Me couper le cou après…
- Tu as trop voulu m’amadouer, chameau, ce n’est pas naturel.

Il se rhabilla prestement sans s’occuper si elle agissait de même ; elle essuyait quelques gouttelettes de sang qui perlaient à des meurtrissures qu’il lui avaient faites en la battant. Il ricanait avec méchanceté ; elle recommençait à avoir peur et murmura :
- J’ai voulu tout ce que vous vouliez pour votre plaisir, pourquoi me tuer ?
- Dis-moi qui tu es ?…

Elle tressaillit et pâlit. Que résulterait-il si elle répondait franchement à sa question ?

Elle dissimula sa qualité sous ses mots :
- Je suis femme de chambre chez des gens riches.
- Toi, une femme de chambre ! Me crois-tu un sot ? Tu n’as pas été assez à la pose ! Tu es une pute ou une dame de la société. Tu as trop bien manigancé tes cochonneries ! Tu nourris des traîtrises…

Il ouvrit son couteau, la saisit par les cheveux, eut le geste de frapper, mais la vue de son corps qui miroitait sous ses yeux l’arrêta et il dit :
- Quel gage me donnes-tu pour me garantir que tu ne parleras pas ?
- Celui que tu fixeras.
- Apporte ta robe que je regarde dans tes poches.

Elle pensa qu’il allait lui voler les quelques louis contenus dans son porte-monnaie ; elle n’hésita pas à obéir. Ne les aurait-il pas quand même s’il la tuait !…

De la poche il ne sortit pas la bourse, il retira un fin mouchoir de dentelles qui s’y trouvait.
- Bon ! s’écria-t-il ; voilà le gage qu’il me faut.
- Ce mouchoir !

Elle n’en croyait pas ses yeux.

Oui, ce mouchoir, reprit-il. Moi j’aime ça. Un mouchoir de dentelles qui a appartenu à une femme que j’ai baisée, n’est-ce pas le meilleur des souvenirs, surtout lorsqu’on l’a bien frotté au con et au cul de la garcette… tiens, de cette manière ; on se masturberait tout seul après pour jouir en son honneur. Oh ! qu’il est joli ton mouchoir ! Tu ne sais pas, puisque tu étais tout à l’heure si en train, tu devrais bien jouir dessus et tu me serais sacrée pour toujours. Vois-tu, si quelqu’un te voulait du mal, tu n’aurais qu’à me le montrer et je le saignerais. Dis ! veux-tu jouir sur ton mouchoir ?
- Jouir sur mon mouchoir, comment ça ?
- En te branlant et te frottant avec.
- Oh ! tu es le plus grand cochon de Paris…
- Veux-tu que je te fasse jouir ? Veux-tu que je te branle ? Oh ! ton mouchoir, ce que je le garderai toujours sur mon coeur !…

L’homme se métamorphosait et elle ne revenait pas de la surprise qu’elle éprouvait.

Ce satyre, qui est-il donc ? Il a une certaine délicatesse à aimer les objets ayant appartenu à une femme ! Aimer un mouchoir de dentelles, cela dénote une finesse de sensualité qui ne concordait guère avec la brutalité de l’être dont elle était devenue la proie. Elle murmura :
- Tu ne me tueras pas si je peux jouir sur le mouchoir ?…
- Tu jouiras parce que je te chatouillerai avec le doigt, tu vois, et que je me servirai aussi du mouchoir pour caresser ton con ! Oh ! ce que je l’adorerai !… Oui, oui, tu jouiras, et ce sera à la vie, à la mort. Te tuer ?… oh ! non, par exemple ; j’aurai ton jus sur le mouchoir et je le lécherai tous les jours. Dis-moi qui tu es ?
- Tu as deviné : une dame.
- Tiens-toi bien que je te branle ! Tu sens mon doigt, tu frétilles ; tu as un bien joli con, pose-le sur le mouchoir et regarde comme ton con est rose et coquet à côté.
- Le mouchoir !
- Dis-le, je le veux : « Le mouchoir de dentelles sur mon gentil con. » Répète vite ! Ah ! ton bouton gonfle. N’est-ce pas que mon doigt manoeuvre bien ! Dis vite la phrase.
- Le mouchoir de dentelles sur mon gentil con… que tu as baisé. Comment t’appelles-tu, toi, et qui es-tu ?
- Là, tu es trop curieuse ! Peut-être que tu le sauras plus tard… Bouge un peu plus tard… Bouge un peu du cul, ça inspire et ça donne des forces.
- Tu ne veux pas me dire qui tu es ? Moi je m’appelle Régine Moutiers et j’habite une villa pas loin d’ici.
- Régine Moutiers, je me souviendrai de ce nom.
- Tu ne le diras à personne.
- Ça, c’est mon affaire ! Tu ne jouis pas encore cochonnette ? Attends, je vais te sucer le trou du cul, te branler avec deux doigts et t’enfoncer le mouchoir dans le con. Porte bien ton fessier sur ma figure… là, que je tourne tes cuisses pour dénicher ton bouton, et en avant la grande manoeuvre.
- Je te donne mon cul ! Ah ! ah ! ah ! Si, si, va bien, si, je vais jouir ; branle, plus fort, plus vite ! Ah ! ah ! tu es un homme, toi ! Oh ! là, oh ! là. Passe le mouchoir, je mouille…
- Le mouchoir de dentelles qui sera mouillé de ton jus.
- Tout mouillé de mon jus, pour que tu gardes mon souvenir.
- Ah ! tu l’as bien mouillé. Tiens, vache, et merci.

Il lui allongea une grosse claque sur les fesses qui faillit la faire rouler à trois pas, et il baisa le mouchoir humide de cyprine. Elle ne dit plus rien ; en silence elle se hâta de revêtir sa chemise, son pantalon et ses effets, convaincue qu’il importait à cette heure de clôturer la séance.

Il la laissa s’habiller. Quand elle fut prête il éteignit la lampe et, à la clarté du rat-de-cave, il la ramena au dehors. Ils redescendirent vers le saut-de-loup et, comme pour regagner la route, ils prirent un peu plus loin que là où ils l’avaient quittée, elle aperçut son chapeau qu’une branche d’arbre avait retenu. Elle fut heureuse de le reprendre. Maintenant elle était brisée, anéantie. Parvenue sur le chemin elle se tourna vers lui et dit :
- Je ne voudrais pas qu’il m’arrivât encore quelque chose. Tu devrais m’accompagner jusqu’à ma porte.
- Oui da ! pour que tu me livres à tes domestiques.

Tu n’as rien à craindre. Ne possèdes-tu pas mon mouchoir avec ma jouissance dessus ?
- Ça c’est vrai ! Je consens bien à t’accompagner jusque près de chez toi, mais pas jusqu’à ta porte.

En effet ils se séparèrent quand elle fut certaine qu’elle ne courait plus aucun danger.

Bien lui en prit de ne pas s’être fait escorter jusqu’au bout ; ses deux servantes, malgré l’heure avancée, attendaient, inquiètes et troublées devant la grande grille.
- Ah ! mon Dieu ! s’exclamèrent-elles en l’apercevant toute salie et toute fripée, que vous est-il arrivé ?
- J’ai roulé dans un fossé et je suis restée évanouie.
- On aurait dit que les chiens s’en doutaient ; ils menaient une vie de tous les diables ; nous ne les aurions pas tenus, nous les avons laissés enfermés.
- Vous avez bien fait ! Mais dépêchez-vous, il faut que je me couche et que je me repose.

Voir en ligne : Régine possédée par ses chiens (Chapitre II)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de l’Érotin (Alphonse Momas), La Femme aux chiens. Recueil documentaire psycho-pathologique sur les aberrations sexuelles chez la femme normale tombant à la bestialité la plus raffinée, Paris, 1912 [1921]. (161 p. ; 20 cm).



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