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Les délices du fouet

Le bourreau des fesses

Roman érotique (chapitre 12)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


12

Le lendemain, à mon réveil, je fus saisi d’une grande angoisse.

Comment miss Bobby prendrait-elle ma mauvaise note ? Assurément, elle se mettrait dans une grande colère et ne se gênerait pas pour me fouetter sévèrement. J’examinai devant la glace la partie menacée, et je vis avec plaisir que toute trace de la dernière correction avait disparu.

Décidé à affronter courageusement mon sort, je me mis bravement en route. Un encombrement causé dans la rue par le passage du carrosse de la Reine me retarda et j’arrivai en retard d’un quart d’heure. Je trouvai miss Bobby en manteau et en chapeau, prête à sortir. Une dame l’attendait au salon ; miss Bobby me poussa dans la salle à manger.
- Charley, dit-elle, tu te permets d’arriver en retard. Je te revaudrai cela. Donne-moi ta note ; elle est bonne ?

Je lui tendis timidement le petit bulletin vert ; en le parcourant, elle fronça le sourcil.
- Tu commences bien, je plains tes fesses qui vont payer cela ; mais aujourd’hui, je n’ai pas le temps de te fouetter. Je vais vite écrire au censeur pour qu’il te fasse fouetter au collège.
- Oh ! non, miss Bobby, fis-je suppliant, pas cela,je vous en prie.
- Tais-toi, cria-t-elle ; est-ce toi qui commandes ici ?
- Miss Bobby, insistai-je, ce serait une trop grande humiliation pour moi, tous mes camarades se moqueraient de moi.
- Tant mieux, j’en serai enchantée, fit la cruelle jeune femme en s’approchant d’une petite table où se trouvait un écritoire.
- Miss Bobby, je me sauverai plutôt du collège.
- Si tu fais cela, reprit-elle froidement, je te fais ramasser par la police et fouetter par le constable.
- Miss Bobby, fouettez-moi tant que vous voudrez vous-même, mais pas le clergyman, je vous en prie, sinon je télégraphie à ma tante pour qu’elle m’évite cette honte.

La menace fit un effet inattendu sur la jeune femme, qui se radoucit et jeta la plume qu’elle tenait en main.
- Grand nigaud, fit-elle, alors pourquoi arrives-tu en retard ? Tu vois bien que tu m’empêches de sortir, il y a une dame qui m’attend au salon.

Elle sortit et je l’entendis qui commandait une cravache ; puis, ouvrant la porte du salon, elle dit :
- Je vous demande pardon, je suis à vous dans cinq minutes.

Elle revint après un instant, tenant une souple cravache dans sa main gantée. Elle releva sa voilette.
- Baisse vite ton pantalon, vite, dit-elle, tu vois que je suis pressée. Elle me pencha sur un fauteuil, appuyant une main sur mon épaule et la cravache, aussitôt, se mit à cingler terriblement.

Au cinquième coup, n’y tenant plus, je sautai en l’air, posant mes mains sur la partie meurtrie. Miss Bobby, furieuse, ouvrit la porte.
- Emma, miss Harrisson, venez ; je vous prie, appel a-t-elle, et je vis entrer une jeune dame et la servante. J’étais rouge de honte.
— Voulez-vous me tenir ce garçon, pendant que je le corrige ? Il vient de rapporter une mauvaise note et mérite une bonne fessée !

Ce disant, miss Bobby me poussa vers un petit canapé recouvert de cuir, qui se trouvait à l’autre bout de la pièce. La servante arriva aussi à la rescousse, et je fus houspillé de la plus belle façon. La jeune dame s’empara de mes bras et de mes épaules, la servante m’enserra les jambes de ses mains de fer, et toutes deux paraissaient enchantées. Puis, miss Bobby se déchaîna.
- Chère amie, fit soudain la jeune dame, permettez-moi de vous remplacer, vos manches et vos gants vous gênent.

Miss Bobby, cédant la place à son amie, appuya un genou sur mon épaule et m’enserra les bras, tandis que la jeune dame se précipita sur moi comme folle et se mit à fouetter, à tour de bras, me coupant la peau de terribles cinglades.

Je criais à tue-tête, cherchant à me soustraire à l’étreinte des deux femmes, mais elles tenaient ferme, déployant toute leur force, tandis que la troisième ne cessait de cingler avec violence.

Quand le supplice se fût arrêté, miss Bobby disparut, entraînant son amie, et je restai seul avec la servante qui s’offrit à m’aider dans ma toilette. J’étais excessivement surexcité par la crânerie de ma fouetteuse improvisée, et je questionnai la servante :
- Quelle est donc cette extraordinaire fouetteuse ? demandai-je, tout en procédant à mon habillement.
- C’est une professionnelle comme miss Bobby, répondit la servante. Elle s’appelle Ada Harrisson.
- Miss Bobby est une professionnelle ? fis-je étonné.
- Vous ne le saviez donc pas ?
- Et il vient des gens pour se faire fouetter ici ?
- La preuve, fit-elle, vous ne venez pas ici pour casser des noisettes.
- Oh ! moi, c’est différent, Miss Bobby m’a connu enfant.
- Je le sais bien. Miss Bobby m’a souvent parlé de vous, son petit Charley, dont elle raffole.
- Et que vous a-t-elle dit ?
- Que son petit Charley, elle le fouettait pour son plaisir, et pas pour de l’argent comme les autres.
- Il en vient souvent qui payent pour se faire fouetter ?
- Cela dépend, il y a des moments où il en vient trois ou quatre dans la même journée, puis, d’autres fois, il se passe trois jours sans qu’on voie personne. Et c’est rien que des gens chics, des lords et des barons ; miss Bobby a une très belle clientèle.
- Il vient aussi des dames ?
- Moins que des hommes, mais il en vient. Quand les femmes s’en mêlent, c’est la grande folie. Ainsi, il y en a une, c’est la fille d’un lord chancelor, qui est une passionnée. Elle vient souvent passer toute la journée ici avec miss Bobby. Cette Lady s’était faite catholique pour entrer au couvent, dans l’idée qu’on y fouettait tous les jours les novices ; mais son espoir a été déçu et alors elle a quitté le voile. Depuis, elle vient ici toutes les semaines. Elle met pour la circonstance, un habit de religieuse et miss Bobby est obligée de se déguiser en supérieure.
- Et elle la fouette ainsi ?
- Je vous crois qu’elle la fouette ! on bouche les fenêtres de la chambre, on allume des cierges, on brûle de l’encens et on met un prie-Dieu à la place du banc. Lorsque je nettoie la chambre après son départ, je ramasse toujours cinq ou six verges usées.

Cette suggestive conversation m’avait beaucoup excité et la correction si vive et si énergique que je venais de subir, me procura un état de bien-être et un picotement délicieux. Je me surpris, le soir, dans la tiédeur de mon lit, à revoir l’adroite flagellante qui m’avait si brillamment servi. Le lendemain, je rencontrai mon aimable camarade Lord Philidor, dans l’escalier.
- Bonjour, cher, me dit-il, il paraît qu’on va faire connaissance avec le révérend James Kalita ?
- Qu’est-ce que c’est que cet oiseau-là ?
- Comment, vous ne savez pas ? mais c’est l’exécuteur officiel des hautes-œuvres par derrière, le bourreau des fesses, l’homme chargé de fouetter les élèves au collège.
- Et alors ?
- Ne faites donc pas l’ignorant, vous savez bien ce qui vous attend. Vous avez la note 4, et comme vous êtes orphelin, ce n’est pas à moi, je suppose, qu’incombera le soin de vous donner les verges.
- Mais jamais je ne permettrai à cet homme de me fouetter.
- Ah ! vous croyez qu’on vous demandera la permission ? Vous n’ignorez pas, pourtant, qu’il y a ici tout ce qu’il faut pour venir à bout des récalcitrants.
- Mais j’ai ici une correspondante qui représente ma tante, et qui n’a pas donné son consentement à cette correction.
- Écoutez, me dit Lord Philidor, venez dans ma chambre, nous y serons beaucoup mieux pour causer que sur l’escalier.

Confortablement installé dans son bureau salon, mon camarade continua :
- Cher ami, voulez-vous que je vous dise ? eh bien ! vous auriez grand tort de renoncer aux verges du clergyman, elles ont vraiment du charme, et puis, se dire qu’on geint pour avoir dévoré les menottes de la plus adorable des reines, il y a là un attrait qu’un vrai passionné de flagellation ne laisserait pas échapper.
- Je n’y trouverais cet attrait que si la reine me fouettait elle-même.
- Fichtre ! comme vous y allez. Entre nous, je vous dirai qu’elle serait enchantée de le faire. Vous ne pouvez vous figurer à quel point elle est emballée pour la flagellation. Quand elle fouette un homme, c’est elle qui jouit et roule à terre en râlant de joie. Et puis, vous lui avez tapé dans l’œil ; pour vous ce serait le grand jeu, avec cris stridents, yeux révulsés, accompagnés d’un tremblement général. Il paraît que vous avez une façon d’embrasser les mains des femmes qui leur va droit au cœur.

Les choses que me disait mon camarade me remplirent de joie.
- Mais, parlons du révérend, reprit-il. Je vous assure que c’est une bonne affaire et, à votre place…
- Voyons, dis-je, quel plaisir peut-on éprouver à se faire fouetter par un homme ?
- Un homme, un homme, voilà-t-il pas une affaire, reprit mon ami. D’abord le révérend Kalita n’est pas un homme comme un autre. C’est un Indien de Bombay, qui a passé sa jeunesse parmi les fakirs, et qui a été prêtre bouddhiste, avant de verser dans la chrétienté. Il lui en est resté quelque chose. Il a l’air d’un mage, de quelque hiérophante mystique. Si vous voyiez quel type étonnant : une barbe toute blanche, un teint éblouissant, blanc et rose comme celui d’une jeune fille, pas une ride, pas un pli, malgré ses soixante-dix ans. Dans sa robe flottante, avec ses mains caressantes et fines, ce n’est plus un homme ; il émane de lui un charme enveloppant que vous apprécierez, j’en suis certain.
- C’est égal, entre Fanny et lui, je n’hésiterais pas.
- Si vous en pincez tant que cela pour cette Fanny, vous pourrez lui faire visite la semaine prochaine ; je dois la voir samedi et je vous obtiendrai un rendez-vous.

En sortant de la chambre de mon camarade, je ne pensais qu’aux félicités prochaines que m’offrirait l’adorable Fanny, mais je fus tiré de mes beaux rêves par un laquais qui m’aborda.
- My Lord, dit-il, voilà un moment que je cherche Votre Seigneurie ; elle est priée de se rendre à la chambre des punitions, en présence du révérend James Kalita.
- Je n’ai rien à voir avec le Révérend, répondis-je, voulant passer outre, mais le valet me barra le chemin.
- Je demande pardon de contredire Votre Seigneurie, my Lord, mais son nom se trouve sur la liste des élèves qui doivent subir une correction.
- C’est par erreur que je suis sur cette liste, ma tante n’a donné aucun ordre dans ce sens.
- My Lord, reprit le domestique, c’est Monsieur le Censeur lui-même qui a dressé la liste ; il est donc inutile d’insister.
- Eh bien, fis-je, je veux voir le censeur et m’expliquer avec lui.
- Votre Seigneurie en a le droit, my Lord ; je vais la conduire auprès du censeur, répondit le valet, qui me mena au cabinet de ce personnage.
- Monsieur le Censeur, dis-je en rentrant, on vient me chercher pour me faire subir une correction corporelle ; est-ce sur l’ordre de ma correspondante miss Bobby ?
- Du tout, fit-il, Milady, votre honorable tante nous a bien désigné miss Bobby comme votre correspondante ; mais ses instructions sont muettes au sujet des corrections et, conformément aux règlements approuvés par sa Gracieuse Majesté, c’est le directeur du collège qui, dans ce cas, prend la place des parents pour décider s’il convient oui ou non d’appliquer une correction corporelle. Or, Monsieur le Directeur, après avoir examiné votre note, a donné l’ordre de vous faire fouetter au collège.
- Mais c’est une omission de ma tante et je m’oppose formellement à la décision du directeur.
- Si c’est une omission de Milady votre tante, le mal est facile à réparer. Écrivez-lui de nous envoyer des instructions précises à ce sujet, et si elle charge miss Bobby de toucher la question lorsqu’elle se présentera à nous, nous nous soumettrons à ses ordres. Quant à vous opposer à la décision de Monsieur le Directeur, vous ne le pouvez pas, ce serait enfreindre les règlements approuvés par la Reine et vous nous obligeriez à user de la force.

Je tremblais à l’idée de ne plus pouvoir échapper à l’affront.
- My Lord, reprit le censeur, j’attends votre réponse, pour prendre mes dispositions en cas de besoin.
- Je me soumets, dis-je avec regret.
- Je m’y attendais, my Lord, répondit le censeur ; vous êtes trop gentleman pour vous opposer aux règlements approuvés par notre Gracieuse Reine.

Le valet, qui avait assisté à l’entretien, m’accompagna devant une porte, en me disant d’attendre le Révérend qui allait m’appeler. Quelques minutes se passèrent, je vis sortir un élève, et je pénétrai moi-même dans la chambre des punitions.

Le révérend James Kalita était, en effet, un personnage étrange, avec des cheveux et une barbe d’un blanc éclatant. Il portait sur sa tête une petite calotte rouge, comme les cardinaux, et était enveloppé d’un ample vêtement noir, serré à la taille par une large ceinture de soie violette. Il me prit paternellement les mains, m’entraîna vers un fauteuil oui il se laissa tomber, et me dit :
- Eh bien, mon enfant, qu’est-ce qu’on a fait pour mériter les verges ? On a passé la nuit dehors chez une petite fa-femme ?
- Non, mon révérend, répondis-je, je n’ai pas passé la nuit dehors.
- Alors qu’est-ce qu’on a fait ? Racontons, racontons.
- Eh bien voilà, mon révérend ; on représentait au collège le baise-main royal pour les leçons d’étiquette à la cour, et la reine était remplacée par une ravissante actrice dont la beauté m’avait littéralement affolé.
- Là là là là, fit le révérend, je savais bien qu’il y avait une fa-femme. Continuez.
- Alors, quand ce fut mon tour d’embrasser la main de la reine, au lieu d’y déposer un baiser respectueux, j’étais tellement emballé que je la couvris d’ardentes caresses.
- Là là là là, fit encore le révérend, en secouant la tête et les mains, comme pour chasser le démon ; puis, changeant de voix : « Allez-y, mon enfant. »
- J’étais grisé par le parfum qui émanait de son corsage ; j’avais complètement perdu la tête.
- Là là là là, fit à nouveau le clergyman, et ensuite ?
- Ensuite, c’est tout. On m’a conduit chez le directeur, qui m’a dit que mon cas était très grââââve, dis-je en imitant la voix du directeur, ce qui fit rire le révérend.
- Le cas, en lui-même, dit-il, n’est pas d’une gravité exceptionnelle, mais, voilà, le tout est d’éviter les femmes. Les femmes sont perverses, ce sont des magiciennes damnées, de belles démones, des ensorceleuses. Vous leur embrassez la main, puis vous avez envie de leur embrasser autre chose encore, et finalement vous leur embrassez une chose que le bon Dieu a sévèrement défendu d’embrasser. C’est pourtant délicieux, fis-je, et le bon Dieu aurait grand tort…
- Voulez-vous vous taire, polisson ? À votre âge de pareilles idées ! Ce que la jeunesse est pervertie de nos jours, cela n’a pas vingt ans et cela rêve déjà de… Si on vous fouettait plus souvent vous n’auriez pas de ces envies. Allons, baissez votre pantalon, je vais vous donner cinquante coups de verges, cela vous changera les idées.

Au milieu de la pièce, une sorte de bloc recouvert de velours rouge était destiné à la flagellation. Le clergyman me le désigna d’un geste, sortit de sa poche une paire d’énormes lunettes, à verres ronds, entourés d’épais cercles d’or, qu’il posa bas sur son nez ; puis il se munit de la verge que j’avais remarquée dans un coin, les pointes en l’air. On pourrait dire : tel fouetteur telle verge. Celle-ci répondait bien à l’étrange bonhomme. Ce n’était pas une verge, mais un balai. Elle semblait aussi vieille que lui, toute sèche, avec des brins dont la petite écorce s’était détachée et qui tranchaient en blanc sur les autres.

J’avais raison de comparer cette verge à un balai, car, quand je fus bien étalé sur le billot, le révérend se mit activement, non à me fouetter, mais à la balader sur ma chair rebondie. J’éprouvai bientôt un chatouillement qui me fit remuer et me secouer, l’excellent vieux crut que je me tordais de douleur…
- Courage, courage, me dit-il. Je faillis éclater de rire.

Il s’arrêta. Le balayage auquel il avait procédé n’avait été, paraît-il, qu’une préparation, car il me dit :
- Maintenant, tenez bien. Je vais vous appliquer cinquante coups. Ne bougez pas, sinon je recommence.

Je n’avais nulle envie de bouger. Les coups qu’il compta à haute voix, n’étaient pas plus terribles que son balayage. Il les lançait avec un certain chic, la verge sèche avait quelque chose d’électrique et de vibrant, et ces coups espacés, en se répétant, fouettaient le sang à fleur de peau, procurant une délicieuse sensation. Je palpitais comme sous une douche chaude et pénétrante battant en gouttelettes sur ma peau, et lorsque le cinquantième coup fut tombé, je regrettai presque de ne pas avoir à en recevoir cinquante autres. Ce cher Philidor ne m’avait pas trompé, le clergyman était vraiment un artiste. Il me félicita de mon endurance et remit dans le coin son balai, qu’il devait promener de collège en collège.

En sortant de la chambre des punitions, il me sembla sortir d’un bain de vapeur ; je ris de mes terreurs, ce n’était vraiment pas la peine de se défendre.

Voir en ligne : La flagellation voluptueuse (The « French Method ») (chapitre 13)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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