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Les délices du fouet

Le derrière en sang

Roman érotique (chapitre 3)



Auteur :

Mots-clés :

Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


3

Nous nous regardions tous quatre avec une stupéfaction atterrée, et des minutes pénibles s’écoulaient. Tante remuait les lèvres sans proférer un son. La pauvre Louise cachait sa figure dans ses mains, et la dame de compagnie fixait sur moi des yeux tout ronds, tandis que je faisais des efforts désespérés pour réintégrer mon pantalon, mourant de honte devant ce trio de femmes. La chère tante, enfin, parvint à parler.
- Qu’est-ce que vous avez fait ? dit-elle d’une voix entrecoupée par l’émotion. Elle se tourna vers ma sœur : « Louise, qu’êtes-vous venus faire ici tous les deux ? Pourquoi Charley est-il dévêtu ? »

Louise ne répondit pas plus que moi et se mit à sangloter.
- Emmenez-la et questionnez-la, dit tante à sa dame de compagnie.

Puis, s’adressant à moi, elle me fit signe de la suivre et s’en vint avec moi dans le petit salon, ayant repris possession d’elle-même.
- Veux-tu m’expliquer maintenant pourquoi je te trouve au grenier sans pantalon, en compagnie de ta sœur ?
- Ma tante, répondis-je, je ne veux pas vous dire un mensonge et je ne veux pas vous dire la vérité. Jetez un voile sur ce mystère, je vous en supplie et croyez bien que rien ne s’est passé pouvant porter atteinte à la morale.
- Cependant, dit tante, les apparences sont contre ton assertion. Tu ne nieras pas que je t’ai trouvé dans une situation équivoque avec ta sœur.
- Ma tante, les apparences sont trompeuses, et je vous affirme que je n’ai rien à me reprocher.
- Alors, pourquoi tout ce mystère ? Tes réticences permettent de tout supposer et je tiens à être renseignée exactement sur ce qui s’est passé. Je vais questionner ta sœur.

Ma tante me laissa seul et je fus pris d’inquiétude que Louisette n’avouât la vérité, car je ne voulais à aucun prix que notre plaisir devînt la risée de personnes incapables de l’apprécier.

Combien je regrettais l’incident qui me privait de la rosée espérée au moment même où elle allait verser ses délicieuses gouttelettes sur ma peau altérée, et je me comparais à un convive invité à une table chargée de mets savoureux et qu’on oblige à partir au moment même où il s’apprête à se servir de sa fourchette. Il ne me vint pas à l’idée que ce convive pat être arraché à la table convoitée, pour être conduit à un festin plus somptueux encore. C’est pourtant ce qui arriva.

Après une demi-heure d’attente angoissée, tante vint à moi, le visage épanoui et réprimant avec peine un sourire moqueur.
- Oh, Charley, Charley, dit-elle, vilain garçon ! Grand nigaud. Viens ici !… Et elle me conduisit à la chambre voisine, où une secousse me saisit en apercevant sur la table les six belles verges que Louisette avait si bien préparées et qu’elle avait cachées dans le vieux coffre à bois du grenier. Louisette avait donc tout avoué ! Je la vis très animée et toute rose, en conversation avec la dame de compagnie paraissant également très excitée.
- Eh bien, Charley, dit alors tante, puisque vous avez un si grand besoin d’être fouetté, ce serait vraiment cruel de ma part de vous obliger à vous fouetter réciproquement. Aussi, nous avons décidé que Mme Léonard s’occuperait désormais de vos postérieurs et veillerait à ce qu’ils soient toujours dans un état qui ne vous laisse aucune envie de vous fouetter vous-mêmes.
- Chère amie, dit-elle, en se tournant vers sa dame de compagnie, voulez-vous prendre Louisette tout de suite ? Je crois que l’endroit choisi par les enfants conviendra parfaitement pour ces opérations. Je vous enverrai Charley ensuite.

La tournure inattendue que prenaient les choses, me fit passer par toute une série d’impressions. Un frisson glacé me courut de la nuque au talon, puis mon sang se mit à bouillonner comme une lave ardente. Je regardais Mme Léonard avec des yeux étonnés, comme si jamais encore je ne l’avais vue. Pour la première fois, je fus frappé de sa ressemblance avec miss Treedle, grande femme robuste, fortement charpentée, aux gestes autoritaires, et j’en présumais qu’elle devait avoir, comme l’autre, une grande fermeté de caractère. Je tremblai à l’idée de me trouver en sa puissance, et j’en éprouvai un mélange de joie et de crainte.

Mme Léonard se dressa et, d’un ton glacial, dit à ma sœur :
- Vous avez entendu, mademoiselle ? Suivez-moi.

Elle ramassa les six verges et, s’adressant à ma tante, lui dit :
- Vous me permettrez, Madame, de me pourvoir de verges sérieuses ; celles-ci sont bonnes tout au plus pour fouetter de petits enfants. Je veux bien m’en servir aujourd’hui, mais, pour la prochaine fois, je me procurerai ce qu’il faut. J’aurai besoin aussi d’une bonne cravache, très utile en cas de désobéissance pendant la correction.

Ces paroles et l’attitude sévère de Mme Léonard augmentèrent encore mon émotion. Je remarquai que ma pauvre Louise était un peu pâle et secouée de frissons. Elle suivit docilement notre correctrice improvisée, et je restai seul avec ma tante, qui me dit :
- Eh bien, Charley, tu auras ce que tu as voulu, et tu ne te plaindras pas si Mme Léonard te met le derrière en sang. Elle n’a pas l’air de plaisanter et doit savoir s’y prendre, car elle fouettait ses élèves dans un pensionnat de New-York où elle était maîtresse. Je pense qu’elle te fera perdre l’envie de te faire fouetter par ta sœur…

Tante disait ces paroles d’un air moqueur, puis, éclatant de rire :
- Oh non, c’est trop drôle ! Et elle partit.

Songeant que ma bonne petite sœur devait, en ce moment, passer un bien vilain quart d’heure entre les mains de la mégère, mon cœur se serra. C’était un peu aussi, par peur de la correction qui m’attendait moi-même. Le temps me semblait long et je me tordais les mains dans une impatience nerveuse.

Lorsque la servante vint me dire de monter au grenier, je crus que des heures s’étaient écoulées. La servante aussi avait un air moqueur et elle me regarda avec une insistance qui me fit rougir ; toute la maison devait être au courant ! Je titubais en montant les interminables escaliers, m’égarant dans les couloirs ; enfin, en présence de la redoutable correctrice, un tremblement me saisit.
- Enlevez vos vêtements, dit-elle, et allongez-vous sur le banc.

Je me dévêtis avec des gestes fébriles, sans quitter des yeux la terrible exécutrice. Pourtant, je ne tardai pas à m’apercevoir que trois verges usées gisaient à terre et une quantité de brins épars, qui prouvaient que la pauvre Louisette n’avait pas dû être ménagée.

Je m’allongeai à plat ventre sur le banc, n’ayant gardé que ma chemise. Mme Léonard, un peu brutalement, m’attacha les mains aux poignets, les pieds aux chevilles, fixa les bouts des cordes aux deux extrémités du banc, puis, jetant une troisième corde en travers, la serra fortement, m’immobilisant tout à fait.

Elle releva alors ma chemise et la roula sous la corde qui m’enserrait la taille. Quand ses doigts frôlaient mon corps, je sentais comme un contact électrique. Un vent frais souffla sur ma chair dénudée, qui se tendait, impatiente.

La verge siffla et s’abattit avec un tchitt sonore, s’étalant toute large, et je me crispai sous les coups appliqués avec une rigueur égale, tombant réguliers et espacés. Bientôt je commençai à supplier et à geindre, mais la fouetteuse, sans se préoccuper de mes soubresauts ni de mes cris, continuait son impitoyable besogne. Je reçus ainsi un nombre incalculable de coups, tombant en cadence et m’arrachant chacun un gémissement. Mme Léonard ne s’emballait pas comme mes anciennes gouvernantes, mais ses coups cinglaient terriblement ; pour chacun, elle déployait la même énergie.

Elle jeta la verge et en prit une autre, continuant à me foudroyer à chaque coup. Je palpitais, je hurlais et me tordais sous l’incessante avalanche. Mon bourreau avait conservé la plus forte verge pour la fin et je fus tout surpris de la sentir se déchaîner, lançant des coups rapides, qui me coupaient la peau. Je poussai des cris stridents, secoué de soubresauts. Mme Léonard ne s’arrêta qu’épuisée elle-même, toute rouge et essoufflée.

Elle me détacha avec la même brutalité et dit, d’une voix encore saccadée par la respiration difficile :
- Va te faire fouetter par ta sœur, maintenant.

Ces mots me firent l’effet d’un coup de cravache. Je me sentais anéanti, le sang perlait à mes cuisses et j’avais la sensation que le bas de mes reins était haché menu.

La cruelle maîtresse, s’apercevant de mon état, me dit :
- Ce n’est rien, ces verges sont des joujoux ; tu verras tes fesses la prochaine fois, quand j’aurai mes verges coupantes.

Elle partit et je me rhabillai lentement, après avoir appliqué mon mouchoir sur la partie ensanglantée où il se colla.

Au bas de l’escalier, je rencontrai ma bonne petite sœur ; elle semblait toute brisée et avait les yeux bordés de rouge.
- C’est affreux, me dit-elle, je suis tout en sang.
- Pauvre chérie, moi aussi. On aurait dû nous laisser faire tout seuls, c’était autrement amusant.

Je la serrai sur mon cœur et je l’embrassai, cherchant à la consoler. Nous n’eûmes, ni ma soeur ni moi, occasion de goûter aux fameuses verges coupantes ; mais l’idée de ces verges me préoccupait et m’excitait. Quelques jours après notre terrible correction, Mme Léonard me les montra. Après avoir chargé le jardinier de lui tailler de longues baguettes sur les haies, elle les avait fait lier par dix ou douze avec une ficelle solide qui les serrait à fond. Chacune de ces verges sonnait comme un faisceau de cravaches et ce devaient être des instruments redoutables, faisant à chaque coup éclater la peau et jaillir le sang.

Je tremblai rien qu’à les voir : elles étaient souples et élastiques comme du caoutchouc et dures comme de l’acier. Mme Léonard les fit mettre dans un broc plein d’eau, pour leur conserver leur fraîcheur.

Les vacances allaient à leur fin et tante songeait à nous faire reprendre nos études. Elle décida d’envoyer Louisette au couvent du Sacré-Cœur à Nantes, maison renommée pour sa clientèle aristocratique, où Louisette se perfectionnerait en talents d’agrément et en bonnes manières répondant à la grosse fortune qui l’attendait. Moi, je devais rester au château pendant une année encore, sous la direction d’une institutrice anglaise, puis, terminer mes études à la Faculté de Rennes, sans autre but que de me donner l’instruction d’un homme du monde capable de gérer ses biens.

La gouvernante anglaise chargée de mon éducation arriva bientôt au château. Je fus surpris devoir une jeune fille de vingt-deux ans, très jolie et tout à fait charmante. Elle me fut tout de suite très sympathique et, du premier jour, je la pris en grande affection. J’eus comme un ressentiment que cette lumineuse idole prendrait une grande place dans ma vie. Ce pressentiment ne me trompa point et la divine créature m’offrit plus tard de radieuses joies.

Elle s’appelait miss Bobby et ce nom coquet résumait la gracieuse et mignonne petite fée. Elle avait l’esprit très cultivé et possédait le brevet français et la haute licence anglaise de Cambridge. Cette gentille jeune personne plut beaucoup à tante et à tous les êtres de la maison. Elle me rendit moins pénible la séparation d’avec ma sœur.

Ce fut tout un déchirement quand Louisette partit. Je ne cessai de pleurer toute la journée à chaudes larmes. Miss Bobby me prit dans ses bras et me consola comme un petit enfant.

Voir en ligne : Les corrections corporelles de Miss Bobby (chapitre 4)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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