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Par le Fouet et par les Verges

Les Concubines de la Directrice - IV

Roman érotique (1906)



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Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : Les Concubines de la Directrice, Isidore Liseux [Éd. Charles Carrington], Paris, 1906, 176 pages.


IV

Cependant si Reine, marchant de triomphe en triomphe, ne discutait plus ses entraînements, se trouvait prête à se vautrer dans tous les débordements de la luxure, sûre de l’impunité, grâce à la protection déclarée de Jean Sticker, il existait encore des levains hostiles pouvant la rejeter dans le néant ordinaire des élèves, ou l’exposer à une honteuse expulsion. Elle allait, allait, satisfaisant ses goûts lesbiens et ses curiosités lascives, sans s’inquiéter si autour d’elle, d’autres influences n’interviendraient pas pour lui disputer cet empire de la chair qu’elle usurpait.

Miss Sticker, c’était un fait avéré pour les esprits clairvoyants, subissait toutes ses volontés. Cette femme, si autoritaire et si grincheuse, ne dissimulait pas l’ardeur de ses regards, quand elle les portait sur Reine, et approuvait toutes les licences auxquelles peu à peu elle se livrait. La Française ne représentait plus une pensionnaire comme les autres, mais bien une personne, presque libre, suivant les classes et les études parce qu’il le fallait, usant de ses récréations comme elle l’entendait pour se promener dans le parc, même aux endroits interdits, disposant de longs moments de loisir par les appels fréquents chez la directrice. Sa raison s’égarait-elle devant un tel pouvoir, elle commençait à ne plus respecter certaines limites, et elle osa un jour accuser mistress Clary de lui avoir fait de vilaines propositions.

Cette accusation fit bondir miss Sticker. Mistress Clary, mandée, fut mise en présence de Reine qui la répéta : elle en resta toute déconcertée.
- Oui ou non, s’écria miss Sticker, vous, une parente, professeur dans cette institution, avez-vous proposé à miss Reine de vous accompagner dans un water-closet ?
- Elle m’accuse !

Reine intervint pour insister :
- Prétendriez-vous nier, madame Clary, et faut-il que je donne des détails sur ce que vous m’avez montré de votre corps ?

Madame Clary se prit à trembler : elle avait une lentille au haut de la cuisse droite ; elle ne répondit rien.
- Eh bien, reprit miss Sticker, la voix dure, vous défendez-vous ?
- J’ai eu une minute d’aberration, répliqua dans un sanglot madame Clary.
- Ah, vraiment, hurla miss Sticker, pourpre de fureur ! Miss Reine, il vous appartient de préciser la punition que vous voulez voir infliger à cette femme.
- Le chevalet, dit-elle.
- Le chevalet à moi, voulut protester madame Clary, à moi, une maîtresse de classe !
- Vous l’avez oublié, vous le subirez.
- Devant les maîtresses, les sous-maîtresses et devant moi, ajouta Reine.
- Devant toute les élèves, si vous l’exigez, mon enfant.
- Non, cela suffit ainsi.

Lorsque mistress Gertrie apprit cette scène, dans l’après-midi même, elle accourut chez sa soeur, et s’y rencontra avec Reine. Toute de suite elle attaqua.
- Vous octroyez, ma soeur, bien de l’autorité à une de nos élèves. Je désire vous parler seule à seule.
- À quel sujet ?
- De madame Clary.
- Dans ce cas, vous pouvez causer devant miss Reine.
- Oh, Jeanny !
- Miss Reine a subi de madame Clary un affront tel, qu’elle a le droit de connaître ce que vous entendez en dire.
- Quel est cet affront ?
- Si vous l’ignorez, pourquoi cette irritation ?
- Je ne suis pas irritée. La correction que vous avez édictée contre une maîtresse de classe va diminuer notre autorité à toutes et à vous aussi.
- Madame Clary n’a pas besoin de faire savoir aux élèves ce qui lui arrive.
- Cela a déjà transpiré.
- Vraiment ! Elle serait alors plus coupable que je ne le supposais : il y aurait parmi nos élèves un fruit pourri qu’il s’agirait d’extirper.
- Un fruit pourri, Jeanny, s’il y en a un, il est si peu caché que tout le monde vous le désignera.

Miss Sticker pâlit et hésita. Reine prit la parole :
- Mistress Gertrie, est-ce moi que vous vouiez désigner ! Si je suis un fruit pourri, pourquoi madame Clary m’a-t-elle fait des propositions honteuses, ce qu’elle a du reste avoué à miss Sticker.
- Elle a avoué ?
- À deux genoux. Vous étiez mal informée, Gertrie. Avant d’accuser à tort, il est sage de s’entourer des garanties nécessaires. Ici, la maîtresse a pu être convaincue de sa faute : que serait-il advenu autrement ?
- Miss Sticker, murmura Reine, permettez-moi de me retirer ; mistress Gertrie sera plus à l’aise pour entendre le reste.
- Allez, mon enfant, je vous rappellerai plus tard.

L’étonnement de mistress Gertrie croissait de jour en jour devant le changement prodigieux qui s’opérait chez sa soeur, devant le caractère féminin se développant chez Reine. Elle la laissa partir, et se rapprochant de la directrice, elle lui saisit les deux mains, et avec angoisse, s’écria :
- Jean, Jean, j’ai peur de cet enfant ; elle est le diable dans notre maison. Le terrain est miné sous nos pas. Vous savez le sacrifice que j’ai déjà consenti pour vous éviter toute tentation de chute : je crains que cela ne serve à rien, et j’aurai commis l’affreux crime d’adultère pour ne pas vous sauver. Ah, quel abîme se creuse depuis le jour de la fatale découverte !
- Parle bas, Gertrie, je reconnais combien tu es bonne, je sais ce que je te dois, et je te l’ai promis autant que je le pourrai, je ne te cacherai pas les appétits de ma chair. Ah, tu es belle, bien plus belle que tu ne l’étais dans le passé et, quand l’autre nuit tu m’apparus dans ton divin déshabillé, pour t’offrir à ma concupiscence, afin de m’empêcher de succomber, je ne résistai pas en voyant ta poitrine, tes seins si fermes, tes hanches, tes cuisses grasses, ton sanctuaire… ouvert.
- Jean, Jean !
- Et ton minet, un beau velours noir ! Tout mon sang s’échauffa ; peu m’importe ce qui se passe dans notre maison : je sais que je suis maintenant un homme, contraint à cacher son sexe, et dont les sens longtemps assoupis s’éveillent pour demander sans cesse leur aliment. Tu es venue. Tant pis, je n’attendrai pas ce soir, il faut que je me repaisse de ta chair.
- Jean, calme-toi.
- Si tu ne me cèdes, je rappelle cette enfant, cette Française, dont la grâce, la gentillesse m’impressionnent, dont les regards me subjuguent le coeur, dont la voix si enjôleuse me tord les nerfs.
- Arrête, n’y pense pas, Jean, je cède, encore une fois, mon Dieu, mon Dieu, où tout cela nous mènera-t-il. Ah, si Sir Warlay, mon mari, le sait jamais, quelle vie infernale sera la mienne, à moins qu’il ne me tue, qu’il ne nous tue.

La robe de mistress Gertrie roulait à terre ; dessous, il n’y avait qu’un jupon et la chemise ; elle dut l’ôter et se mettre toute nue.
- Oh, Jean, peux-tu t’exciter pour des choses si ordinaires !

Jean agenouillé la pelotait avec nervosité, avec ferveur. Son corps de femme, à la croissance accomplie, ses chairs bien pleines, bien blanches, bien satinées, ses formes arrondies et fournies, tout captivait l’attention, préparait à l’effervescence du désir. Plus forte que Reine, elle revêtait une beauté plus ample qui avait bien son charme, mais ne pouvait cependant effacer le souvenir des savantes luxures de la Française.

L’afflux du sang se produisait rapidement, devant de telles magnificences : Jean palpait, et déjà sa queue s’aiguillonnait pour attaquer le con.
- Ah, dit Gertrie s’écroulant sur le dos pour s’abandonner, tu es bien un homme, Jean, tu grossis d’une fois à l’autre.

Les cuisses s’épanouissaient, encadrant de leurs belles chairs le con qui se tendait, s’entrouvrait pour appeler, pour recevoir la queue dans le vagin : Jean enfilait sa soeur et lui pressait les fesses avec des mains enragées et brûlantes : il manoeuvrait, il allait et venait, sautait sur le ventre rondelet qui répondait à son assaut, il enfonçait les lèvres secrètes, il accomplissait sa mission masculine, la décharge survint inondant la matrice ; Gertrie le serrait dans ses bras ; une molle langueur témoignait seule la part qu’elle prenait à l’action, et dès qu’il eut achevé de jouir, elle lui donna une claque amicale sur la joue, en disant :
- Est-il possible d’attacher tant d’importance à ça ! Là, maintenant tu seras sage. Apporte-moi vite de l’eau que je me nettoie et que je me sauve.

Jean se relevait légèrement déconfit ! Gertrie avait bien raison ! Se mettre dans des surexcitations épouvantables pour juter quelques gouttes de sperme entre les cuisses d’une femme, quelle conception baroque de la nature ! La pensée de Reine se dessinait dans son esprit, un sourire errait sur ses lèvres ; avec elle la sensation ne se contentait pas du simple coït, elle se prolongeait avant et après ; ah, la Française, ah, ce cher amour de petite, elle aimait tellement la luxure qu’on n’en finissait jamais !

Gertrie se lavait ; se rajustait ; elle embrassa encore Jean et dit en s’avançant de la porte :
- Exécutera-t-on madame Clary ?
- La peine est prononcée.
- Renvoie-là à demain.
- Si miss Reine y consent, oui.
- Miss Reine, murmura-t-elle avec un ton de reproche, encore miss Reine !
- Elle a été outragée, elle a demandé la punition, je l’ai accordée, il lui appartient de consentir au sursis.
- Je l’en solliciterai moi-même.

Miss Sticker hésita une seconde, puis répondit :
- Soit, tu me l’enverras après.

Mistress Gertrie, le coeur tout aussi gonflé qu’à son entrée chez sa soeur, sortit, réfléchissant aux choses extraordinaires qu’elle craignait de voir se dérouler dans la maison. N’en était-ce pas déjà une qu’elle se résignât à l’adultère incestueux pour éviter qu’une étrangère ne connût le secret de miss Sticker ? N’était-ce pas une monstruosité qu’elle acceptât de discuter avec une élève ! N’était-il pas insupportable de sentir tout autour de soi comme un vent de luxure qui lui chatouillait les sens pour l’attirer dans un gouffre d’horreurs.

La terre se minait sous les pas des Sticker ! Retournant à son appartement, elle se rappelait combien, devant l’effroi qui l’envahissait en constatant l’influence exercée par la maudite Française, elle se décida promptement à renouer avec sa soeur les polissonneries du passé. Elle espérait bien par ce sacrifice l’empêcher de faillir dans les tentations charnelles qu’inspirait cette mauvaise petite peau de Reine ! Oh, de cette gredine qui ne craignait pas de s’attaquer à elle-même ! Oui, oui, Reine ne dissimulait pas sa pourriture et osait lui laisser comprendre que si elle le voulait, elle l’initierait aux infâmes pratiques de l’insexualité. Ah, que devait-il en être avec miss Sticker qui la protégeait et l’accaparait à tous propos ! Le danger apparaissait imminent, si toutefois il n’était pas trop tard pour le conjurer ! Et pourquoi trop tard ? En somme, si miss Sticker jouissait du sexe masculin, elle ne possédait qu’une infime relativité de son sexe : elle se contentait de quelques rapports lointains, et presque anodins ; la pollution externe lui convenait mieux que la décharge dans les fesses, comme elle la lui accordait jadis. Elle pensait ainsi lorsqu’elle se décida à agir pour contrebalancer les désirs que suscitait la Française, se disant qu’elle n’avait pas dû beaucoup changer, et que quelques coups de cul ou de ventre, en admettant qu’elle fût amenée à commettre le péché d’adultère, renverseraient vite l’empire pris par Reine ! Admettant à la rigueur l’adultère, elle discutait avec sa conscience, établissant que, pour qu’il y eût adultère, il fallait que l’organe de la génération fût en complet équilibre ! Et, elle n’en doutait pas, jamais sa soeur ne serait en état de procréer, virilement parlant. Cette idée la rasséréna et la poussa à la lutte. À l’impureté, seule chose qui attirait vers l’élève débauchée, il importait d’opposer le contact sexuel. Elle avait reçu les pollutions de Jean Sticker, elle les recevrait de nouveau. Voilà le travail qui s’opéra dans son coeur et l’engagea à intervenir du poids de ses charmes pour jeter bas les obscènes invitations de Reine. Il lui semblait impossible de ne pas triompher, et une nuit, où elle avait dans la journée quelque peu coqueté avec miss Sticker, elle la rejoignit dans sa chambre, alors que tout dormait. Elle se souvenait bien des moindres détails de cette visite insolite, et combien elle tremblait dès qu’elle eut fait quelques pas dans la direction du lit ; Jean dormait paisiblement, ne l’ayant pas entendue entrer. Elle faillit reculer, s’enfuir. S’il allait ne pas accepter le don de son corps, qu’elle s’apprêtait à lui servir en holocauste d’amour ! Quelle sotte hypothèse la tourmentait là ! Elle avait parfois surpris dans ses yeux des réveils de désir. Elle tremblait toujours en s’approchant davantage du lit, mais elle était résolue, elle n’hésitait plus. Son peignoir, sa chemise, tombèrent sur le sol, et toute nue, elle se glissa dans les draps, près de lui. La chaleur de son corps réveilla de suite Jean qui, la reconnaissant à la lueur de la lampe de nuit, s’écria : « Toi, Gertrie, oh que tu es gentille ! » Il ne la repoussait pas, il la voulait, il la pelotait avec ardeur, lui patouillait les nénés et les fesses, lui mangeait le cou de baisers. Elle murmura : « Oh, Jean, je me sacrifie, de peur que tu ne te laisses entraîner à quelque folie irréparable ! Je te porte mon corps, prends ton plaisir, malgré l’adultère que j’y commettrai, mais je ne puis t’abandonner au péril des tentations qui t’assaillent ». À la façon dont Jean se conduisait dans l’attaque de ses chairs, elle saisissait bien que l’ère des simples pollutions et même de l’enculage n’existait plus que dans le passé. Sa queue s’était formée, elle s’élançait vers ses cuisses, picotait le con, en cherchait l’orifice et s’y enfournait sans qu’il fût nécessaire de la placer au bon endroit. Oui, il la possédait comme elle ne l’aurait jamais cru possible ! Et elle éprouvait de la volupté à cet adultère incestueux ; elle ouvrait ses cuisses pour mieux le sentir en elle, et elle répondait de ses secousses aux soubresauts voluptueux qui l’agitaient. Tout cela lui trottait par l’esprit, tandis qu’elle regagnait son appartement. Et elle revivait encore ce qui s’ensuivit. S’étant donnée, elle se croyait bien maîtresse de la situation, s’endormait dans une fausse quiétude, guettant les réveils sensuels de son frère. Elle remarquait qu’ils se produisaient plus souvent que jadis ; que chaque fois l’ardeur s’accusait plus violente ; et, chose qui l’attristait, malgré ses complaisances, elle ne parvenait pas à diminuer ses tête-à-tête avec la Française, à lutter contre son influence secrète. Cependant Jean la baisait autant qu’il le désirait. Ne s’abusait-elle pas sur la nature des relations qu’elle le soupçonnait d’entretenir avec cette élève ! Miss Sticker faisait-elle réellement travailler Reine. Non, non, elle ne s’illusionnait pas ; il est des pressentiments qui ne trompent pas une femme. Pourquoi ces attitudes de plus en plus vicieuses chez cette perverse créature, si elle ne se sentait pas soutenue envers et contre tout ? Pourquoi cette audace effrontée de provoquer à des débauches inconnues la soeur même de la directrice, et cela avec un cynisme incorrigible ? Pourquoi ces mines moqueuses, ces allures cascadeuses, pourquoi cette inqualifiable bienveillance qui planait sur cette Reine de malheur, et pourquoi s’interposer entre son odieuse personne et des châtiments cent fois mérités ! Il devenait indispensable d’en avoir le coeur net. On ne pouvait attacher au chevalet une maîtresse de classe sur la réquisition d’une élève ; elle avait marché droit au but pour sauver Jean Sticker ; elle allait démasquer cette vicieuse et la mettre hors d’état de nuire.

Après sa classe, Reine fut appelée chez mistress Gertrie : elle y entra l’air calme et l’attitude convenable.
- Miss, dit la codirectrice, je ne connais qu’en partie ce qui s’est passé entre madame Clary et vous ; vouiez-vous me faire votre rapport, afin que je sois bien édifiée.
- Comment miss Sticker, avec qui je vous ai laissée, et qui sait tout, ne vous a pas mise au courant ! Vous devez comprendre combien il m’est pénible de revenir sur les choses.
- Oh, pénible, Miss Reine, ce sont là des sujets que, si j’en juge les apparences, vous appréciez assez pour ne pas craindre d’en parler.
- Qui vous autorise à le penser, répondit Reine en la fixant dans les yeux de telle façon qu’elle l’obligea à les baisser ?
- Mon enfant, tout en vous surprend et déroute ; vous refusez de me confesser la faute de madame Clary ?
- Je ne refuse pas, je tiens à être renseignée sur les causes du silence observé par miss Sticker.
- Je crois que vous émettez la prétention de juger ma soeur et moi.
- Oh, que vous me comprenez mal ! Écoutez, Mistress Gertrie, votre soeur justement m’attend, et je suis néanmoins venue chez vous avant de me rendre chez elle. Est-ce que je ne témoigne pas ainsi ma bonne volonté de dissiper vos préventions à mon égard.
- Ma soeur vous attend !

Quoi, à peine après avoir joué dans son con, et après lui avoir permis de convoquer Reine, Jean Sticker, ne pouvant s’en passer, la faisait appeler sitôt sa sortie de classe. Cette enfant usait vraiment d’une attirance surprenante. Elle la regarda et, pour la première fois, l’analysa dans son visage joli et et mutin, dans ses yeux trahissant le vice et la volonté, dans son front que caressaient les fameuses mèches de cheveux rebelles ; l’étudia dans son corps aux lignes aussi dessinées que celui d’une femme, dans sa tenue affichant la volupté et la luxure. Elle le reconnaissait, ce n’était plus une enfant, ni même une jeune fille, mais bien… une femme. Elle ferma les yeux, subjuguée sous la force érotique qu’exhalait toute la personne.
- Votre soeur m’attend, reprit Reine, elle peut m’attendre. Voici l’acte de madame Clary. Elle m’a arrêtée sur la porte d’un water-closet et m’a demandé de m’y réfugier en sa compagnie. Devant mon étonnement, elle a relevé ses jupes, et comme elle n’avait pas de pantalon, j’ai aperçu sa nudité depuis la ceinture jusqu’au genoux. Elle a posé une main entre ses cuisses, sur lesquelles, à droite, se trouve une lentille, et m’a dit que si je la léchais…
- Assez, Miss Reine.
- Dans votre esprit. Mistress Gertrie, je suis l’accusée et non l’accusatrice. Pour vous prouver combien je suis peu méchante et combien je serais heureuse de vous être agréable, je n’ai pas hésité à vous raconter cette odieuse scène.
- Vous êtes bien dangereuse !
- En quoi, s’il vous plaît ?
- Parce que je vois plus loin que ma soeur ! Vous profitez d’une faiblesse récente ou ancienne de madame Clary, pour l’accabler sous un récit plus ou moins véridique.
- Je reste donc l’accusée, et je ne m’explique pas alors pourquoi vous m’avez retenue.
- Miss Sticker consentirait à adoucir et même à retirer la punition sur votre demande.
- Vous désireriez que je sollicite cette clémence ! Qu’est-ce que ça peut vous faire, Mistress Gertrie ?
- Vous jouissez d’un pouvoir assez grand sur cette maison, pour ne pas souhaiter que la déconsidération l’atteigne. Or, une maîtresse ainsi punie sur l’accusation d’une élève, c’est notre réputation enjeu, c’est la perte de notre institution.
- Qui le saura ?
- Celles à qui se plaindra madame Clary, nos maîtresses pour ici, nos relations pour le dehors. Quelle est la vraie cause de votre inimitié contre madame Clary ?
- Je vous l’ai confessée.
- Je ne l’admets pas. Ayez confiance en moi, et nous chercherons ensemble un moyen de tout concilier.

En ce moment une servante vint prévenir que miss Sticker attendait miss Reine.
- Bon, bon, dit Reine, dites à Miss que j’y vais dans un instant. Je termine les explications que je dois à mistress Gertrie.

L’autorité, qui perçait dans le ton, frappa au coeur mistress Gertrie, le sans-gêne de la phrase raviva toutes ses angoisses. Était-elle arrivée trop tard.

La servante s’était retirée sans paraître autrement surprise.
- Répondez-vous souvent ainsi aux appels de ma soeur ? interrogea la codirectrice d’une voix blanche.
- Très rarement ! Je suis trop heureuse de causer quelques minutes avec vous, pour ne pas lui imposer une légère attente.
- Et elle ne viendra pas vous chercher ?
- La directrice se déranger pour moi, une élève ! Je lui ai dit qu’il ne fallait pas le faire.
- Vous lui avez dit ça ! Donc, cela s’est produit. Accompagnez-moi chez elle.
- Vous allez commettre une sottise, Mistress Gertrie.
- Vous vous oubliez, Miss Reine.
- Non, étudions plutôt le moyen de concilier ma difficulté avec madame Clary, comme vous me le proposiez.
- Soit, revenons à cette question ! Que vous a-t-elle fait ?
- Elle m’a giflée par surprise et m’a appelée… suceuse de culs.
- Miss !
- Voilà la vérité. Elle peut avoir raison, elle n’a pas le droit de m’en créer une insulte, surtout si j’ai léché le sien.
- N’avancez pas de telle énormités ! Raisonnons. Pourquoi vous aurait-elle dit cela ?
- Parce qu’elle me boude, depuis que votre soeur me protège, et qu’elle a voulu s’adresser à une de mes amies… pour cette délicate opération.
- De pareilles saletés ici, vous mentez.
- Oh, Mistress ! J’ai défendu, devant elle, à mon amie, d’accepter son rendez-vous. Vous êtes fixée. Voyez-vous un moyen de concilier…
- Vous avez raconté cette histoire à ma soeur ?
- Je m’en serais bien gardée, elle aurait chassé madame Clary et, malgré tout, je ne veux pas lui enlever sa position ! Puis, elle eût peut-être exigé le nom de cette amie, et il ne me plaît pas de compromettre aucune de mes compagnes.
- Une amie que vous avez débauchée, avouez-le.
- Vous êtes curieuse, mistress Gertrie, sur un chapitre qui ne regarde que moi seule… et celle qui aime mes… caresses.
- Quelle perversité !

De nouveau la servante revint chercher Reine, qui demanda à mistress Gertrie ce qu’elle devait répondre.
- Dites à madame la directrice de vouloir bien venir me trouver.

La servante se retira : mistress Gertrie trahissait un grand désarroi : elle considérait de plus en plus attentivement la Française, et elle donnait cet ordre sans savoir pourquoi.
- Mistress Gertrie, reprit Reine, je consens à arranger l’affaire, mais vous ne révélerez pas à miss Sticker ce que je vous ai conté.
- Non, j’en suis trop troublée.
- Oh, que vous avez tort de ne pas me comprendre !

La libertine élève devinait bien que l’esprit de la codirectrice s’accoutumait à l’image lascive, et que d’avoir évoqué la vision de Clary courant après une de ses compagnes, pour en obtenir ses caresses sur ses parties sexuelles, la prédisposait par un retour d’idée à se supposer atteinte de ces désirs impudiques et susceptible de les recevoir. Son trouble signifiait bien qu’elle mollissait dans sa farouche intransigeance, et sa réponse écarta tout doute.
- Vous croyez que je ne vous comprends pas, répliqua-t-elle ! Mais, mon enfant, ce sont là de ces choses que les élèves et les maîtresses de mon temps n’envisageaient pas. Puis, vraiment, petit mauvais sujet, quelle sensation attendre d’un si vilain dévergondage.

Capitulait-elle aussi vite ! Reine n’en revenait pas : une victoire si rapide la portait à se méfier. Elle insista pourtant avec habileté :
- Essayez de me comprendre, et vous serez mieux à même de juger.
- Quelle nature folle ! Ma soeur va venir et je désirerais encore vous questionner.
- Votre soeur ! Est-ce bien le mot ?
- Miss Reine, vous m’épouvantez.
- Pourquoi ? Avant d’être votre soeur, elle est la directrice et… je l’entends.

Les pensées qui assaillaient mistress Gertrie, obscurcissaient à un tel degré son esprit, qu’elle n’avait plus conscience de rien. Contre toutes les règles de convenances entre une supérieure et une élève, elle laissait Reine assise sur un fauteuil et se tenait debout devant elle, miss Sticker entrait ; elle s’aperçut de cette incorrection et dit :
- Oh, oh, votre conversation doit être très intéressante pour que vous me fassiez attendre, et que miss Reine occupe votre place, Mistress Gertrie, alors que vous restez debout en sa présence, comme une coupable. Auriez-vous commis à son égard la même faute que madame Clary ? Dans ce cas, si elle exige qu’on vous attache au chevalet, vous en subirez aussi le supplice.
- Moi, moi !
- Vous, oui vous ! Que disiez-vous de si important ? Miss Sticker s’était installée dans le fauteuil que lui cédait Reine, et scrutait l’allure des deux femmes, Gertrie embarrassée, Reine aussi maîtresse d’elle-même qu’au milieu de ses compagnes.
- Nous parlions de madame Clary, répondit Reine ; il paraît que je compromettrais la maison en persistant à la vouloir flageller au chevalet. Je renonce donc à ce châtiment, Miss Sticker.
- Vous n’y renoncerez pas, Miss Reine ! Moi, je ne cède pas. Elle s’est mal conduite vis-à-vis de vous, je maintiens la correction.
- On peut tout arranger, murmura Gertrie.
- Qu’avez-vous donc à être aussi troublée, ma soeur, interrogea miss Sticker ?
- Elle me suppliait de pardonner, intervient Reine, et je me révoltais à cette prière. Et, en cette circonstance, elle avait raison.
- Cette enfant est d’une délicatesse exquise, n’est-ce pas ma soeur, dit miss Sticker prenant la main de la jeune fille pour la baiser ; celle-ci la retira prestement et l’en empêcha.

Mistress Gertrie reconquérait son sang-froid, elle répondit :
- Pour tout concilier, il y aurait un moyen.
- Dites lequel.
- Soumettre Clary au chevalet en notre seule présence.
- Et la mienne, protesta Reine.
- Certainement devant vous, répartit miss Sticker, et c’est vous qui la fustigerez.
- Oh oui, oui, je la fustigerai, et ainsi personne ne saura rien.
- Il faudra qu’elle promette de garder le secret, observa Gertrie.
- Je m’en charge, dis miss Sticker. La correction aura lieu ce soir à dix heures ; je vais l’en aviser et achever de la confesser. Vous, Reine, retournez à votre étude, et avant de vous retirer dans votre chambre pour le coucher, vous me rejoindrez ici chez mistress Gertrie, d’où nous nous rendrons à la salle de punitions. Avez-vous encore quelque chose à lui communiquer, Gertrie ?
- J’aurais deux mots à ajouter à notre conversation.
- Bon, je vous la laisse.

Miss Sticker partit, et dès qu’elle fut dehors, Gertrie saisissant Reine par un bras lui dit :
- Oh, je le vois, tu sais tout, et tu es sa concubine, malheureuse enfant.
- Et vous aussi, vous l’êtes, mistress Gertrie, vous qui l’avez dépucelé comme il m’a dépucelée : de plus, vous êtes incestueuse, il ne convient pas que vous cherchiez à m’outrager.
- Oh, je ne veux pas t’outrager ! Oui, nous sommes ses concubines ; soit, restons-le, mais sans nous jalouser, et en nous entendant. Dis, dis, ma belle petite chérie, tu sais donc émouvoir les sens des femmes !
- Ah enfin !

Mistress Gertrie, vaincue sous les érotiques effluves de la jolie Française, ne résistait plus à la tentation de cette luxure inconnue, par laquelle elle propageait la débauche autour d’elle. S’allongeant sur un fauteuil, elle retroussait bravement ses jupes, étalait ses cuisses, entre lesquelles se précipitait Reine pour dévorer son con des plus chaudes minettes, et à peine commençait-elle à travailler de la langue, que Gertrie claquait des dents, battait des jambes, enveloppait son visage de ses charmes, s’exclamait en phrases délirantes de passion, déchargeait presque sur le champ, marquant de la sorte combien le désir lui était né fougueux, combien les manoeuvres libertines de la séduisante élève la gagnaient au saphisme. Et elle la suppliait de continuer encore, toujours. Gertrie ne l’aurait jamais supposé ! Quoi, une langue habile voltigeant sur le con, suçant le clitoris, léchant les poils du chat, picotant le vagin et l’explorant ; quoi, une langue s’égarant entre vos cuisses jusqu’à la fente du cul, produisait un si grand effet ! Vraiment cette chère petite et amoureuse langue valait mieux que le baisage d’un homme, de Jean, et même de son mari ! Elle relevait bien haut les jambes pour que l’adorable langue la farfouillât à l’aise dans toute sa sexualité depuis le nombril, le bouton, le con, jusqu’à l’entre-fesses, jusqu’au trou du cul. La langue de Reine se dirigeait immédiatement vers le point qu’elle désignait d’instinct. Volupté sans pareille, cette divine enfant lui écartait les cuisses, l’invitait à se coucher davantage sur le dos, lui chatouillait la raie de son derrière avec un doigt fureteur, collait la figure sur son con et son minet, et ne voilà-t-il pas qu’elle enfonçait le nez dans son vagin, imitant à merveille l’action de l’enconnage. Délices inouïes, elle déchargeait de nouveau sur ce gentil petit nez qui la possédait ! Non, cela n’était pas fini, cela ne finissait pas comme avec son mari, comme avec Jean. Plus elle jouissait, et plus elle enrageait de la luxure de Reine. Que faisait-elle, la chère enfant ! Ah, la sirène, l’ensorceleuse ! Elle pointait la langue par dessous, vers son postérieur, pour la lécher dans toute la longueur de la fente, et elle murmurait de douces et tendres paroles à une petite couronne de poils touffus qui entourait le trou, le plaçant comme un gros point de velours noir foncé au milieu des blancheurs de l’astre. Puis, la langue revenant au con, elle se sentait entraînée par les cuisses sur le buste de la jolie suceuse. Que préparait-elle encore ! Reine avait défait son corsage et, de la pointe de ses seins, plus formés qu’elle ne le supposait, elle lui chatouillait le con, et le trou du cul. Oui, oui, cette enchanteresse avait des nénés : son étonnement en était si vif, qu’elle ne repoussa pas la tentation de les voir qui lui venaient, et elle murmura :
- Reine, montre-moi tes nichons.
- Oui, maîtresse chérie, quoiqu’ils ne doivent pas être aussi beaux que les vôtres.
- Que disait-elle ! Pas si beaux ! Fi de la petite sournoise, elle en possédait une très jolie paire. Ce qu’elle devait être bien faite sous les jupes !
- Reine, montre-moi tout et dis-moi tu.
- Quoi, que veux-tu voir ?
- Ton petit con, et puis ton derrière ; il doit gagner, embelli par les plaisirs de l’amour.
- Oh, il est bien le même que lorsqu’on le fouette.
- Ma pauvre chérie, montre-moi tout, tout.
- Non, non, ne me prive pas des caresses que mon coeur me dicte sur toutes les perfections de femme. Je veux te manger le con et le cul.
- Non assez.
- Jouis encore une fois, je sens que ça va venir ! Ce que tu en avais envie ! Et tu t’entêtais à ne pas me comprendre ! Attends, que je te branle ! Oh, je devinais bien que tu étais la plus belle entre toutes, mais ce que tu dépasses mes espérances ! Ton derrière est un monument de beauté ! Ah, ah, tu jouis, hein, ma petite maîtresse chérie, je sais bien faire jouir les femmes !
- Ah, ah, ah, je me meurs, assez, tu me tuerais.

Gertrie fondait ; elle lançait les jambes par dessus la tête de Reine, au risque de lui embrouiller les cheveux, et, couchée sur le dos, au bord du fauteuil, elle présentait toutes ses fesses en l’air, avec son con, bâillant sous la volupté, s’appuyant sur les épaules, le cou, le visage de sa gougnotte, obligée de la soutenir par ses bras enroulés autour de sa taille. Dans les spasmes qu’elle éprouvait, elle se laissa rouler à bas du fauteuil, les deux jambes autour du cou de Reine, qui la maintint par les reins, en continuant de darder la langue dans le vagin.

Il fallait s’arrêter, Reine ne caressait plus, mais admirait, pelotait les charmes de Gertrie : elle avait saisi avec amour ses fesses qu’elle continuait à proclamer être les plus proches de la perfection en chair et en forme. Celles de miss Grégor possédaient certes des attraits bien séduisants, et si madame Clary manquait de la beauté du visage, sous le rapport du postérieur elle figurait parmi les mieux douées ; mais ni l’une, ni l’autre ne pouvaient rivaliser avec Gertrie. Oui, oui, la codirectrice étalait le plus joli derrière qui lui ait été jusqu’alors permis de contempler. Seule, la servante Rosine était en état de lutter pour l’ampleur des formes, mais elle n’offrait pas la même pureté de carnation, cette délicieuse contournure des organes génitaux. À regret elle s’arracha à sa luxure, et cédant à la volonté de la codirectrice répara le petit désordre de sa personne.
- Nous nous reverrons bientôt, dit Gertrie la mettant dehors pour ne pas être tentée de recommencer.

Voir en ligne : Les Concubines de la Directrice - V

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : Les Concubines de la Directrice, Isidore Liseux [Éd. Charles Carrington], Paris, 1906, 176 pages.



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