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Les Délices du fouet

Les amateurs flagellants, le sadiste cruel et le masochiste

Essai sur la flagellation et le masochisme (IV)



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Lord Dryalys (Jean de Villiot), Les Délices du fouet, précédé d’un Essai sur la flagellation et le masochisme, Éd. Charles Carrington, série « Phase de psychologie contemporaine », Paris, 1907.


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Plans de manuscrits et renseignements fournis par des amateurs flagellants. — Le sadiste bénin. — Le sadiste cruel. — Le masochiste.

Tous les plans et renseignements qui suivent ont été fournis par des monomanes dont l’un manifeste des goûts tellement cruels qu’il n’y aurait rien d’étonnant à ce qu’il finisse un jour comme le triste héros de l’Échelle [1], dans le sang et dans la folie. Mais, Dieu merci, il est seul de son espèce. Les autres sont absolument inoffensifs, comme on pourra le voir. On remarquera que, parmi les quelques types de flagellants que nous allons voir défiler, il n’y a qu’un seul masochiste ; le fait est assez curieux puisque, ainsi que je l’ai fait remarquer, le masochiste aime la lecture.

Commençons par le sadiste bénin. Celui-là est un amateur de fessées légères. Il veut qu’on emploie la fessée à la main, nue ou gantée, quelquefois la fessée aux orties, mais jamais davantage. Ce qu’il aime par exemple, c’est la main mouillée ! Il la recommande à chaque instant. Il aime les belles mains, les bras blancs des femmes du peuple, retroussés jusqu’au coude, ceux des blanchisseuses et des laveuses particulièrement.

Au fait, voici ses premières indications. Je respecte scrupuleusement l’orthographe et le style de tous ces documents.

Fessées aux petites filles
par une passionnée pour ce genre de sport.

« Donner une définition détaillée des fessées. Pour quel motif on les donne. Les fillettes sont plus fouettées que les petits garçons. Pourquoi ? Décrire des types de fouetteuses dans toutes les classes de la société, femmes du peuple, bourgeoises, aristocratiques (sic). Où rencontre-t-on le plus de fouetteuses ? Quelles sont celles qui donnent les meilleures fessées ? Imaginer une histoire dans laquelle elles seront toutes à l’oeuvre. Prendre comme sujets des fillettes de sept à douze ans. Les fouetteuses se racontent leurs aventures, décrivent et vantent leur manière de fouetter. Fessées données par des femmes aux beaux bras nus, laveuses, etc., et aussi par des dames gantées de chevreau glacé. Elles se dépouillent de leurs gants pour fouetter, et leurs mains sont chargées de bijoux. Comme noms, choisir des noms comme Claquefesses, etc. Quel est l’effet produit sur chacune d’elles par le fouet qu’elles donnent. S’étendre en très longs détails et éviter les fessées brutales. Surtout décrire les différentes fessées à la main (paume, doigts, revers de la main, main mouillée). La main mouillée très fréquente. Main petite ou grosse, sèche ou grasse. Imaginer des histoires dans lesquelles les mamans fouettent leurs fillettes avec la main, plusieurs fois de suite, plusieurs jours de suite, seules et avec une aide. En promenade, la maman ou la maîtresse fouette avec des orties. Trois jeunes filles de conditions inégales s’associent pour fonder un pensionnat. Fouetteuses impénitentes, elles s’exercent sur tous les fessiers de leurs jolies élèves. Comment, pourquoi, résultats. Descriptions très détaillées.

« Parler des fillettes qui aiment la fessée, de celles qui la détestent. Description de corrections dans ces deux cas. Cent cinquante pages environ. »

Sur ces premières données, on présenta le plan suivant à ce client curieux :

Fessées maternelles

PREMIERE PARTIE — CHAPITRE PREMIER. — Les deux voisines. Comment une blanchisseuse, Jeanne Arquand, fait la connaissance de Mme Arthur Piédeloup. Une dame riche fessant ses filles. Conseils de la laveuse. Les mêmes goûts engendrent des amitiés.

CHAP. II. — Jeanne Arquand chez elle. Son histoire. Ses enfants. Mise en tenue des garçons et des filles fessés avec la main nue, sèche et mouillée.

CHAP. III. — Mme Arthur Piédeloup, son histoire. Ses enfants, Marie et Germaine, sont fouettés en règle. Félicitations du mari. De l’avantage des gants de chevreau glacé.

CHAP. IV. — Mme Arthur Piédeloup exprime le désir de voir deux laveuses se battre. Renseignements sur la correction mutuelle qu’elle voudrait voir. On prend rendez-vous pour le lavoir.

CHAP. V. — Le lavoir. Plaisanteries des lavandières. La dispute. Jupes troussées, coups de pieds perdus. L’art de claquer le derrière en public. Appréciations diverses. Réflexions de Apne Piédeloup.

CHAP. VI. — Récits des laveuses. Georgette et la serviette mouillée. Fessées à la main gantée reçues par Gabrielle. De l’utilité d’un battoir. La main est le meilleur battoir. La mise à vif suprême est la main (sic).

CHAP. VII. — La politesse de Jeanne Arquand est récompensée. Soirée chez Mme Piédeloup. Cette dame fesse son petit monde avec la plus grande sévérité. Spectacle des fillettes fessées au sang.

CHAP. VIII. — Jeanne Arquand, rentrée chez elle, veut égaler Mme Piédeloup. Elle fesse à son tour ses enfants et de préférence ses filles. Délicatesse de la chair. Odeur du fouet.

DEUXIEME PARTIE — CHAPITRE PREMIER — Huit ans plus tard. Les deux filles aînées de Jeanne Arquand et de Mme Piédeloup sont devenues amies. Portraits. Elles sont devenues des fouetteuses enragées et, pour cela, ont fondé une institution libre.

CHAP. II. — L’art d’avoir du gibier. L’utilité des relations. Réputation des deux demoiselles. Comment elles apprirent à s’apprécier. Fessée d’alliance.

CHAP. III. — Règlement de la pension. Garçons et filles. Infractions punies. Comment on fouette et comment on caresse. Divergences de vues. Le fouet sur la culotte. Claques à la main mouillée et à la main gantée.

CHAP. IV. — Le jour des corrections maternelles. Tribunal maternel. Corrections de grandes et petites filles. L’odeur du fouet répandue dans la chambre. Remerciements des mamans.

CHAP. V. — Une fessée particulière. Fillettes précoces. Une fessée entre quatre murs. Fessée mutuelle des deux fillettes. La main des deux maîtresses. Résultats encourageants.

CHAP. VI. — Débauche de fouet. Correction générale au dernier jour du mois. Trente croupes sur la sellette. Arrivée des dames gantées. Le dégantage. Alternance des fessées. Sous la direction des maîtresses, quinze dames fouettent ensemble, une heure durant, chacune deux fessiers. Spectacle. Apothéose.

En marge de ce plan, l’amateur a mis des notes. En face du nom de Mme Piédeloup, on voit :
- « surnommée la dame gantée. »

Au chapitre III, on peut lire la note suivante :
- « S’étendre longuement sur le sujet des gants de chevreau glacé. »

Il a biffé le chapitre II et l’a remplacé par le suivant :
- « Les familles Arquand et Piédeloup vont se promener au bois. Chemin faisant, Mme Piédeloup électrisée par deux fessées consécutives qu’elle a données à ses filles avant le départ, donne ses opinions sur l’avantage des corrections pour les enfants et pour les mamans. Une petite fessée préparatoire aux six filles en attendant mieux. Au retour, Jeanne Arquand fouette les petites Piédeloup avec la main et des orties, et Mme Piédeloup fouette les petites Arquand avec des orties et le martinet. »

Dans la deuxième partie, en face du chapitre premier, le client a crayonné ces mots :
- « Comme leurs mères, elles aiment l’odeur des gants qui ont fouetté, en usent et en abusent. »

Et, à la hauteur du chapitre VI :
- « Moyen pour conserver à leurs mains l’odeur des fesses claquées. »

Enfin, au verso du plan, se trouvent les quelques lignes suivantes :
- « Si cela est nécessaire pour arriver au nombre de pages fixé, donner quelques exemples de fessées soignées, appliquées avec la main sèche et mouillée à des petites filles de huit à douze ans par des femmes du peuple aux bras nus et par des femmes du monde gantées. Types de fouetteuses. Leurs goûts, leurs manières, leurs regards, leurs mains. Peut-on les reconnaître facilement ? etc. »

Je laisse naturellement à l’appréciation des lecteurs le soin de juger de la folie ou du bon sens de l’amateur dont il s’agit. En tout cas, c’est un curieux, on sent en lui ce besoin de savoir toujours davantage, de fouiller toutes choses jusqu’au tréfonds, de refaire l’analyse mainte fois répétée des choses qui le font vibrer.

Voici un autre plan, présenté à un autre amateur et approuvé par lui. Il s’agit cette fois de la flagellation religieuse. C’est un cas assez rare.

La discipline au couvent

CHAPITRE PREMIER. — Enfance de Gertrude. Education austère. Mort de sa mère. Chez sa tante. Le fouet.

CHAP. II. — Révolte. Entrée à la maison de correction. Les soeurs grises. Régime du couvent. Punitions.

CHAP. III. — Soeur Saint-Ambroise. Mélange de mysticisme et de sensualité. Amour de la discipline. Gertrude est fouettée pour la première fois par soeur Saint-Ambroise.

CHAP. IV. — Le réfectoire. Punition d’une élève pendant le repas. Impressions de Gertrude. Soeur Ermengarde. Différences existant entre elle et soeur Saint-Ambroise.

CHAP. V. — La classe de couture. Les méthodes de soeur Ermengarde. Le fouet dans les cabinets. Punitions diverses.

CHAP. VI. — Chez la supérieure. Esclavage. Gertrude sert pendant trois jours de femme de chambre à la sévère supérieure. Ses tourments.

CHAP. VII. — Tourments qu’on fait subir à Gertrude pour la forcer à prendre le voile. Le cachot. Le fouet dans les ténèbres. Elle se soumet.

CHAP. VIII. — La discipline en commun, chaque vendredi. Le chapitre. L’aumônier. Résistances de Gertrude. La honte suprême.

Aucune note n’accompagne ce plan qui, sans doute, eut l’heur de plaire au client.

Voici maintenant un cas de sadisme véritable. Espérons que le monomane qui est l’auteur des plans suivants n’est qu’un imaginatif. Sans cela, il faudrait l’enfermer au plus tôt comme mesure de sécurité publique. C’est lui qui fournit le plan de l’ouvrage qu’il désire. Il se sert d’un crayon. Son écriture est droite, minuscule, tremblée légèrement. Je possède deux plans, voici le premier :

Une orgie chez Lucrèce Borgia

Lucrèce Borgia est toute puissante à Rome. Dans le merveilleux palais qu’elle habite, elle a convié pour une orgie nocturne la fine fleur de ses amants, à la tête desquels se trouve son frère César. Description de la fête. Banquet, beuveries, danses lascives de belles esclaves. À minuit sonnant, coup de théâtre. Une boiserie s’écarte laissant apparaître, encadrées chacune par deux moines en cagoule noire, porteurs de cierges, quinze jolies patriciennes de Rome, toutes vierges, âgées de dix-sept à dix-neuf ans. Elles sont nues, leurs pieds et leurs mains sont enchaînés. Description de chacune, particularités diverses. Lucrèce Borgia s’avance et annonce à chacune ce qui lui vaut d’être en son pouvoir. Motifs divers : jalousie, beauté, richesse, éclat, dédain, etc. Elles vont mourir au lever du jour mais, auparavant, elles doivent la distraire, ainsi que les gentilshommes présents, par le spectacle des tortures qui vont leur être infligées. La salle est transformée en théâtre. Aux murs de la pièce qui sert de scène se trouvent fixés des anneaux auxquels les pseudo-moines attachent les belles victimes, face au mur. Désespoir de celles-ci. Pleurs, supplications, rougeurs, colère, évanouissements. Pour les calmer, Lucrèce se fait apporter des verges et les fustige elle-même jusqu’à ce qu’elles cessent leurs cris et leurs plaintes. Des instruments de supplice sont apportés. Pinces pour le bout des seins, lanières trempées dans le vinaigre, cravaches, fouets de fer, verges métalliques qu’on fait rougir pour fouetter les belles croupes des suppliciées, etc. Description très fouillée des différents supplices. À l’aurore, Lucrèce donne le coup de grâce à ses victimes dont les corps pantelants disparaissent dans un gouffre creusé sous le palais.

Ce manuscrit ne fut jamais écrit, l’auteur répugnant à traiter de semblables abominations, ce dont je l’ai félicité. Voici le second, l’amateur ne lui a pas donné de titre.

Dans une île située au large des côtes d’Amérique, et qu’on nomme « l’île des milliardaires », plusieurs dames américaines extrêmement riches ont fonde une association de flagellantes. Elles se sont procuré dans tous les pays du monde de belles esclaves, toutes jeunes et très jolies (18 à 20 ans au maximum) et elles les emploient à tous les services de leurs splendides hôtels. Aucun homme n’habite l’île où les jolies milliardaires règnent en despotes cruelles dont l’autorité est sans limite.

Une riche Française y est invitée, et elle amène avec elle ses cinq femmes de chambre, toutes jeunes et également très jolies. Flagellante passionnée, elle est initiée à tous les mystères de l’île. Elle dresse ses servantes et les fait dresser suivant la méthode des dames américaines. Les femmes de chambre sont fouettées au sang à tout propos, on les attache sur des fauteuils à bascule où on les a agenouillées, et la on les fouette à l’aise. On emploie tous les instruments de fustigation, verges, règles de bois, coupe-papiers lourds et plats pour les seins et le ventre (sic), cravaches, martinets, verges de fer. Supplices raffinés qu’elles endurent. Fêtes données au club, où se réunissent les dames, et dans lesquelles on fouette de toutes les façons les jolies esclaves désignées par voie de tirage au sort pour cet objet. Pinces en bois pour les fesses, poucettes par lesquelles on suspend les victimes le long du mur, etc. (ici des détails qu’il est impossible de reproduire et qui sont renouvelés du Jardin des supplices de M. Mirbeau). Décrire d’une façon très fouillée les scènes de flagellation, etc. Deux cents pages au maximum. Toutes les fouetteuses doivent être jeunes et jolies, aucune au-dessus de trente ans. Dessous très élégants, bas de soie noire à jour, bottines très montantes, à hauts talons.

On voit par la lecture de ces deux plans, si j’avais raison de souhaiter que ce monsieur n’accorde pas ses actes avec ses tristes idées.

Voici maintenant des renseignements fournis par un amateur de la « peau de Suède et du corset ». C’est un Bavarois. Comme mérite, son style a tout au moins celui de l’originalité.

Méthode pour petites filles et petits garçons

Les enfants doivent porter toujours des corsets, même les garçons, et aussi porter des longs gants de peau de Suède et des petites bottines à talons plats. Il y a des règles très strictes dans l’école et quand les enfants sont rebelles, alors on leur lace le corset plus étroit, on leur met des hauts cols de cuir ou peau de Suède pour se tenir droits, et on les punit par des fouettées sur les mains spécialement gantées très étroitement avec une férule ou avec une cravache. La dame du pensionnat porte toujours des gants de peau de Suède et aime tout ce qu’il y a de cuir ou de peau de Suède. Un Monsieur qui quelquefois visite le pensionnat aime ça aussi, et elle fait punir les enfants, garçons et fillettes devant lui. On leur met des corsets de peau de Suède et des culottes de peau de Suède ou de cuir et on les fouette là-dessus. Ils doivent porter des bottines à talons plats. Madame aime à… les petits garçons dans ses mains gantées et quelquefois elles les habillent comme fille pour les humilier. Aussi les filles sont humiliées et quand elles sont bien habillées elles doivent faire toutes libertinages avec le Monsieur. On les punit aussi par leur… avec le doigt, une chandelle, etc. Le Monsieur s’amuse aussi avec les garçons. Madame met les garçons et les fillettes dans des costumes spéciaux de peau de Suède en couvrant tout le corps et spécialement des petites fournitures de peau de Suède pour le… des garçons.

NOTA. — Il y faut spécialement description des couleurs et des longueurs des boutons des gants qui doivent être en peau de Suède et des corsets et des bottines et des talons qui sont très plats. Il y faut des scènes de novices garçons et fillettes qui doivent être éduqués très strictement et qui sont punis pour la moindre faute. Pour mieux lacer les corsets, on les hisse par les poignets au plafond. Les gants noirs et bruns et brun-foncé sont désirés, aussi quelquefois d’autres couleurs.

Les points remplacent des mots qu’il est impossible d’écrire. Je me suis laissé dire que cet amateur bizarre qui, franchement, a tout l’air d’un fou, occupe une très brillante position à la tête d’une des banques les plus importantes de Munich, ce qui tendrait à faire croire que, dans la vie publique, il n’est pas le premier venu. On lui soumit un plan de manuscrit que, malheureusement, je n’ai pu me procurer. Il répondit par la note suivante qui confirme certains points de ses premiers renseignements :

Il faut toujours donner des descriptions de gants de peau de Suède, jamais de gants chevreau glacé ou de soie. Les gants blancs ne sont pas désirés. Aussi le caoutchouc peut être un attribut à la peau de Suède, dans les bizarres costumes [2]. Tout doit être très étroit. La scène se passe en Amérique. On peut inventer des noms avec glove, tight, stays, leather. Scènes spéciales le dressage des fillettes et garçons, le lacement des corsets et des gants de peau de Suède. La règle stricte du pensionnat. Les punitions sur les mains gantées et sur les culottes en peau de Suède. Les… de petits garçons par l’homme ganté et la femme gantée…

Cet amateur de « peau de Suède » est, on en conviendra, un des plus rares originaux qui se puissent rencontrer de par le monde où, pourtant, ils abondent ! Voici enfin, pour terminer ce chapitre, le plan d’un ouvrage masochiste approuvé par un amateur. Ce dernier n’avait pas cru devoir annoter le plan. Seul le mot « approuvé », écrit au crayon dans le coin supérieur gauche, indiquait que l’arrangement avait plu.

Mémoires d’un « pauvre jeune homme »

À bord de la Lorraine, en route pour la France, Jean d’Aubrives, pauvre, mais gentil garçon, fait la connaissance d’une dame américaine qui vient passer quelque temps à Paris. Flirt. Cette dame, très riche et d’idées très larges, veuve et par suite indépendante, s’attache le jeune homme (vingt ans) comme secrétaire à Paris. Appartement à l’hôtel (deux chambres contiguës et salon). Jean, un peu fat, s’imagine pouvoir faire très facilement sa maîtresse de Lady Harper ; mais il s’aperçoit très vite qu’il se trompe et que, si elle l’est, ce sera au sens restreint du mot et non autrement. Très hautaine, très cinglante, elle le tient sous sa sujétion et lui en impose énormément. Cependant elle sait le retenir près d’elle par certaines coquetteries prometteuses qui affolent Jean et lui font espérer des temps meilleurs. Il se met à l’aimer aveuglément. C’est ainsi qu’elle l’emmène en Amérique, où, près de Jackville ( ?) elle habite une superbe villa au sein d’un parc immense. Là, elle règne en souveraine absolue sur une douzaine de soubrettes dont quatre sont de superbes négresses et sur cinq jeunes gens : un cocher, deux valets de pied et deux jardiniers. Elle mène tout ce monde à la baguette et ne tarde pas à apprendre à Jean qu’elle compte bien le mener de même. Promenades dans le parc. Petit cours sur les birch-trees (bouleaux) et sur leur utilité dans un gouvernement féminin. Scènes de fustigation des soubrettes, toutes jeunes et jolies, et des jeunes domestiques. Jean est puni d’une privation de dessert. Son orgueil est froissé. Résistance. Lady Harper lui donne congé. Supplications. Pour obtenir son pardon, il accepte sa première correction manuelle. Quand on glisse sur la pente… Scènes intimes. Caprices et bizarreries d’un cerveau féminin. L’amour du fouet et ses conséquences… Il ne faut pas badiner avec.., les verges !

Comme quoi un modèle de daine sévère peut quelquefois s’attendrir. Jean d’Aubrives est le plus heureux quoique le plus fouetté des secrétaires.

Voir en ligne : Les flagellantes : enquêtes personnelles et récits amateurs (V)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Lord Dryalys (Jean de Villiot), Les Délices du fouet, précédé d’un Essai sur la flagellation et le masochisme, Éd. Charles Carrington, série « Phase de psychologie contemporaine », Paris, 1907.

Notes

[2Le véritable cuir suédé étant, intérieurement, très lisse, les sensations recherchées ici sont, à l’évidence, très proches de colles que procurent le caoutchouc ou le latex dont l’usage, pour les vêtements et accessoires quotidiens, ne s’est développé qu’après la Première Guerre Mondiale.



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