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Les délices du fouet

Les corrections corporelles de Miss Bobby

Roman érotique (chapitre 4)



Auteur :

Mots-clés :

Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


4

Les verges redoutables préparées par Mme Léonard avaient depuis longtemps chauffé le fourneau de la cuisine, et je les avais oubliées. Un jour, seulement, j’avais été sur le point de sentir la morsure de leurs multiples baguettes. J’avais renversé la corbeille à ouvrage de la terrible dame de compagnie et, celle-ci m’ayant ordonné de tout ramasser, en esquissant le geste de me donner une gifle, je refusai de le faire et, pris de colère, éparpillai avec mes pieds, les bobines et les écheveaux et tous les autres petits objets qui avaient roulé à terre. Madame, furieuse, courut chez ma tante et, peu d’instants après, je fus expédié au grenier en vue d’y recevoir une sévère correction. Mme Léonard, rouge de colère, me suivit dans l’escalier en me poussant devant elle. Elle portait entre ses bras deux de ses terribles instruments.
- Cette fois, tu ne m’échapperas pas, grommela-t-elle entre ses dents. Il y a beau temps que j’ai envie de t’arranger les fesses. Tu m’en diras des nouvelles. Arrivée au grenier, elle se jeta sur moi comme une furie, m’arrachant les vêtements. Des frissons me coururent sur tout le corps et je claquai des dents, dans l’appréhension du sort qui m’attendait, sachant avec quelle brutalité elle savait se déchaîner.

Au même moment, la porte s’ouvrit et la douce figure de ma bonne tante parut. Elle me sembla un ange sauveur. Son cœur si tendre s’était ému, elle fit signe à Mme Léonard de la suivre et, quelques instants après, celle-ci revint toute calmée.
- Habille-toi, fit-elle, je te pardonne ; ta tante a intercédé pour toi.

II se passa alors en moi un phénomène bien étrange : à la joie d’avoir échappé au châtiment, se mêla le regret de n’avoir pas goûté aux redoutables instruments. Je ne pus m’empêcher de les toucher et de les examiner curieusement. Les brins étaient noirs et gluants comme des pattes d’araignée. Ces verges me semblaient vivantes ; quand je les jetai à terre, elles remuèrent comme pour se cramponner après moi.

« Je n’ai vraiment pas de chance, pensai-je, ma tante aurait dû arriver une petite minute plus tard, cela eût suffi à Mme Léonard pour m’appliquer quelques coups vigoureux, qui m’auraient fait le plus grand bien. » Et je quittai avec regret les verges, après leur avoir jeté un long regard d’adieu.

Je ne devais pas les revoir. Miss Bobby était arrivée, et ma tante, en me la présentant, me dit que ce serait elle qui dorénavant serait chargée de m’administrer les corrections corporelles. Elle l’autorisait à me fouetter chaque fois qu’elle le jugerait mérité, sans qu’il fût besoin d’en référer à elle.

Je fus tout charmé de l’idée de cette délicieuse jeune fille remplissant le rôle de maîtresse sévère, et je me promis des délices à vibrer sous ses verges. Il y avait longtemps que ma chair en réclamait la rosée, et mes sens enflammés par la beauté de ma nouvelle exécutrice, commençaient à me tourmenter.

Miss Bobby était une radieuse créature, grande et fine, et pourtant bien découplé. Elle avait l’allure des femmes robustes et saines, au corps harmonieux. Ses cheveux, d’un blond cendré, formaient une auréole à sa jolie tête ; une petite tête à l’expression violente, impérieuse et obstinée, au petit nez mobile et aux lèvres de pourpre ardente, comme un beau fruit mûr. Ses yeux brillaient d’un éclat étrange sous leurs sourcils dessinés en arc parfait. Ils étaient bleus, d’un ton imprécis et comme pailletés d’or. Toute la physionomie exprimait la ténacité et l’autorité et, ensemble, une distinction pleine de charme.

Je rêvai bientôt de miss Bobby me fouettant et j’augurai que les verges devaient avoir une saveur toute spéciale dans les mains d’une aussi ravissante jeune femme.

J’étais impatient d’en faire l’expérience : mais ma gracieuse maîtresse, au lieu de me fouetter, me lança dans la philatélie en m’offrant un album avec quelques timbres, que je m’acharnai à compléter. Je devins bientôt un enragé collectionneur de timbres, abonné aux revues spéciales, et correspondant avec les marchands et les collectionneurs, pour de nouvelles acquisitions et des échanges.

Six mois s’étaient écoulés. Entraîné par ma rage pour les timbres, j’oubliais les divines verges. Miss Bobby semblait ne pas vouloir user de sitôt de la licence de ma tante. Je lui obéissais du reste aveuglément, avec une docilité exemplaire, et j’étais très attentif à l’étude, y faisant de rapides progrès. Miss Bobby m’avait ensorcelé et me dominait entièrement. Je lui témoignais une déférence mêlée à de la vénération. J’imaginais que si, un jour, elle me fouettait, j’éprouverais des sensations célestes, me courbant devant ma reine, dans une fervente soumission.

Parfois, quand je la taquinais, elle me disait en plaisantant : « Charley, I will birch you » (Charley, je vais vous fouetter) sans se douter de l’émotion qu’elle me causait, ni du feu qu’elle allumait dans mes veines. « Charley, I will birch you » : ces paroles résonnaient à mon oreille comme une divine mélodie et comme une promesse de paradis. Ô joie ! le jour tant désiré arriva enfin, où la menace ne fut plus vaine, et je crus mourir de bonheur.

Ma tante devait se rendre à un château voisin, où se donnait une fête. Elle voulait m’emmener, et j’étais aux anges. J’y comptais rencontrer un camarade de mon âge, collectionneur comme moi. Je me réjouissais d’emporter mon album, afin de le rendre jaloux par la vue des pièces rares qu’il n’avait pas su se procurer. Mme Léonard se mit en travers de ma joie. Je ne sais pour quelle raison, elle persuada ma tante, au moment du départ, que ma présence serait gênante à cette fête, et l’on décida de me laisser à la maison.

Je fus pris d’une grande colère et j’accusai la dame de compagnie d’être une « chipie ». À son tour, elle se mit en fureur et me flanqua un soufflet. Au premier moment, je fus tout étourdi puis, pris d’une rage folle, je saisis l’encrier et le lançant sur Mme Léonard, je tachai de haut en bas la superbe robe qu’elle venait d’étrenner pour accompagner ma tante. Celle-ci, qui se disposait à monter en voiture, attirée par le bruit, revint sur ses pas et se fâcha tout rouge.

On fit venir à l’instant même miss Bobby qui, informée du fait, me jeta un regard glacial de sévérité, qui me fit frissonner.
- Qu’allez-vous faire de ce garçon ? demanda Mme Léonard à ma tante.
- Il sera puni très sévèrement.
- Miss Bobby, donnez-lui de suite une forte correction, dont il se souvienne.

Les deux dames montèrent en voiture après que Mme Léonard eût changé de toilette, et je la vis qui prenait à part miss Bobby, en lui glissant des recommandations à l’oreille. La nature de ces recommandations ne me faisaient pas l’ombre d’un doute, et le geste que fit miss Bobby en guise de réponse, disait clairement : « Soyez tranquille, je m’en charge. »

La voiture disparue, miss Bobby s’approcha de moi et me dit de son air implacable : « Now, Charley, I will really birch you. » (Maintenant, Charley, je vais vraiment vous fouetter.)

Je défaillais d’émotion.

La jeune femme entra dans la cuisine et y prit de grosses cordes et un couteau, puis, me poussant vers une colonne du vestibule, elle me lia les deux bras sur le dos et fixa la corde à la colonne. Avec une deuxième corde, elle me lia les pieds, à la hauteur de la cheville, en laissant un intervalle suffisant pour me permettre d’avancer à petits pas. Ensuite, elle descendit au jardin en emportant le couteau.

Miss Bobby me sembla vouloir jouer avec moi comme le chat avec la souris. Mais je n’étais pas mécontent de servir de jouet à la radieuse fée et j’étais prêt à subir tous les caprices de la fantasque créature dont je me sentais le prisonnier.

Une servante, qui traversait l’antichambre, s’arrêta net en me voyant, puis éclata de rire. Je me sentis très mortifié de me trouver ainsi la risée de la valetaille, et je rougis jusqu’aux oreilles. La servante courut à la cuisine et, bientôt, par la porte entrebâillée, les domestiques vinrent m’épier l’un après l’autre, avec des chuchotements et des rires étouffés.

Ma belle exécutrice vint enfin mettre fin à la comédie dont je faisais tous les frais, et c’est la tragédie qui commença.

Miss Bobby tenait deux fortes verges, faites de longs brins droits qu’elle venait de couper elle-même dans le jardin.

Après m’avoir détaché de la colonne, mais sans délier mes mains ni mes pieds, elle m’ordonna de marcher devant elle. Je n’avançais que péniblement, à tout petits pas, et dus gravir ainsi l’interminable escalier. Nous arrivâmes pourtant et je me sentis tout ému en me retrouvant dans le grenier qui, décidément, était destiné aux sensationnelles choses.

La jeune femme, alors, détacha les cordes qui liaient mes bras et mes jambes, et me dit :
- Charley, je vais te fouetter très sévèrement, comme ta tante me l’a ordonné et comme tu le mérites. Tu vas te déshabiller et supporter patiemment ta punition ; en résistant tu ne ferais qu’aggraver ton cas.

Je n’avais aucune envie de résister. Miss Bobby m’aurait ordonné de me jeter dans les flammes, que je n’aurais pas hésité. Tremblant comme une feuille, je retirai mes vêtements, tandis que la jeune femme s’impatientait, tapotant le plancher de l’un de ses petits pieds.

Quand je fus en chemise, elle me poussa sur le banc, prit les cordes et m’attacha avec soin. Je m’abandonnais à elle docilement, éprouvant une honte voluptueuse à exposer ma nudité devant cette ravissante fée. Elle saisit une verge et se mit à fouetter avec rage dès le commencement, me faisant sursauter. Je serrai les dents pour ne pas crier et me mis à gémir et à supplier.
- Tu vas te taire, fit miss Bobby, en augmentant encore la vigueur de ses coups.

Je fis de vains efforts pour garder le silence : la terrible cinglade qu’elle m’appliqua, triompha de toute ma résolution, et. comme enveloppé de flammes, je geignais lamentablement.
- Ah, par exemple ! fit l’inexorable fouetteuse et, se déchaînant tout à fait, elle frappa à tour de bras, m’arrachant des hurlements et des paroles incohérentes. Mes plaintes l’excitaient et, comme affolée, elle brandissait la verge avec une fureur croissante.

J’avais perdu la respiration sous cet ouragan, et, la voyant jeter la verge, je me retournai, soulagé de l’interruption, et la regardai avec des yeux suppliants.
- Oh je n’ai pas fini ! dit-elle, et prenant l’autre verge, se mit à l’agiter, en une folle danse, sur ma chair. Ne tenant compte ni de mes soubresauts ni de mes cris, elle s’animait, et je râlais éperdu sous les baisers de feu dont l’impitoyable piquait ma chair palpitante. Elle m’opprimait de sa force, m’électrisant de magnétiques effluves, et je compris que je souffrais uniquement parce qu’il lui plaisait de m’imposer cette souffrance. Peu à peu ses coups devinrent plus capiteux, plus enveloppants, m’infiltrant je ne sais quel trouble et quelle volupté. Je me laissai aller, docile, étalant toute large ma chair et m’offrant tout entier au suprême sacrifice.

Tout à coup, soulevant ses jupes comme une vague, elle enjamba ma tête et se mit à califourchon sur ma nuque. Enfoui dans les dessous parfumés, sentant sa chair tiède s’appuyer sur ma chair, je crus défaillir de bonheur. Elle m’appliqua alors quelques coups cinglants, fouettés avec une rare adresse ; la verge, recourbant ses pointes, me piqua comme mille étincelles incandescentes, et me fit sursauter en une secousse suprême où je crus rendre l’âme.

Voir en ligne : Embrasser les pieds de sa maîtresse (chapitre 5)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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