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La Flagellation à travers le monde

Les deux amies

Le fouet à Londres (Première partie : chapitre II)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


II
LES DEUX AMIES

Le frère de Lady Helling, Sir John Robson, parti très jeune pour l’Amérique, y contracta un mariage regrettable pour sa famille, légitimant une fille qu’il avait d’une créature dont la conduite passée avait été plus qu’orageuse. Entraîné dans un milieu de courses et de jeu, il dissipa sa fortune, puis travailla à la reconstituer, mais sans y parvenir. La femme mourut ; il ne sut donner à sa fille une direction plus sage en son adolescence qu’elle ne l’avait eue dans ses jeunes années, et, emporté par une congestion, au sortir d’un bar, il laissa l’enfant aux prises avec la plus noire misère.

Un ami à lui, camarade ne voulant pas de la charge de la jeune Margaret, la fit embarquer pour l’Angleterre, profitant de la première occasion venue pour l’envoyer à sa grand-mère, Mistress Robson, qui, mourante, recommanda Margaret à sa fille, la priant de l’élever à sa place.

Lady Helling, ne pouvant se soustraire à la dernière volonté de sa mère, à qui elle avait toujours prouvé la plus entière soumission, prit Margaret auprès d’elle, et lui fit partager l’existence de sa propre fille, plus jeune de quelques années.

Margaret était née pour le vice.

Violente, ingrate, avant tout esclave de son plaisir, trop captivée par le démon qui la brûlait, pour se soucier d’autre chose, paresseuse avec calcul, car le travail l’eût prise un instant à son vice, lascive comme une chatte, elle était bien la digne fille de sa mère, qui, elle, née dans un bouge, n’avait pour ainsi dire pas eu de virginité.

Margaret, enfant vicieuse et hardie, ne tarda pas à corrompre par ses exemples la jeune Ethel, fille apathique et peu intelligente.

Les maîtres de toute sorte ne se plaignaient point du peu de progrès de leurs élèves. Les heures de leçons à peu près perdues étaient grassement payées, la place était bonne.

Les jeunes filles, ne rêvant que de s’isoler le plus possible, prirent le sport comme complice.

Lady Helling, toute aux obligations mondaines que lui imposait sa situation de fortune, ne prit point d’ombrage du changement physique et moral survenu dans la jeune Ethel.

Ces demoiselles faisaient de la bicyclette, pédalant la plus grande partie de la journée. Absentes les trois quarts du temps, elles se dérobaient aux réceptions de Lady Helling, prétextant la fatigue de leurs courses, dès qu’elles se retrouvaient en leur chambre.

Chaque jour il y avait de nouvelles promenades, et vêtues pareillement de leur costume sportif, moulant les hanches, et dégageant leurs tailles sveltes, elles étaient vraiment un charmant petit ménage, pour tout connaisseur en la matière, alors que Lady Helling n’y voyait que du feu.

Elles passaient ainsi de belles heures, cheminant côte à côte, par les belles routes bordées de riantes verdures, le soleil du printemps jetant l’incarnat à leurs joues, la fraîche brise se jouant dans leurs chevelures.

Margaret, grande, brune, aux traits accentués, à l’expression hardie, n’était pas une fille de race, c’était la première impression. Ses vingt ans lui prêtaient ce qu’on appelle la beauté du diable, mais c’était tout. Teint mat, regard effronté, avec des yeux cernés d’une immuable teinte bleuâtre semblant indiquer une apparence de fatigue, tandis qu’elle avait des muscles d’une solidité inlassable qui, la rendant apte à tous les exercices du corps, lui donnaient indiscutablement une apparence quelque peu masculine. Sa voix grave et dure n’avait en elle rien de sympathique.

Ethel, de taille moyenne, plutôt grasse, avec des yeux bleus, superbes de transparente clarté, mais vides d’expression, avait la bouche rieuse ; le timbre de sa voix, doux et chantant, en faisait une jeune fille tout à fait distinguée.

De nature nonchalante et rêveuse, elle subissait l’influence de sa cousine qui paraissait avoir de la volonté pour deux.

Ethel n’avait pas eu le loisir de s’étonner des manières de sa cousine ; celle-ci n’avait guère perdu de temps aux bagatelles. Dès les premiers soirs, elle avait commencé par congédier la femme de chambre, prétendant démontrer à sa compagne son attachement et sa protection d’aînée en l’aidant à tous les soins de sa toilette. Cela s’était manifesté de manière à ne point effaroucher la jeune fille, qui, dès l’abord, dominée, n’avait plus eu la moindre pensée, la moindre volonté en dehors du vouloir de Margaret, qui, lui persuadant avec une douceur feinte qu’il en était toujours ainsi entre toutes les jeunes filles et entre toutes les femmes, prenait bientôt de douces libertés capables de développer hâtivement ses instincts et d’éveiller en elle des désirs ardents dont elle profitait à loisir.

Elle avait pleinement réussi.

Ethel, devenue plus nerveuse, passa vite à un tempérament lascif qui, finalement, tourna en passion effrénée, n’ayant d’autre but que la satisfaction de ses fantaisies, le vouloir de ses plaisirs, n’ayant d’autre volonté que de s’isoler avec sa Margaret, dominée entièrement par elle, frénésie la rendant indifférente à toutes les autres actions de l’existence.

De pensée, elle n’en avait plus que pour le vice, devenu sa seule raison de vivre.

Margaret et Ethel étaient pleinement heureuses.

Voir en ligne : Chapitre III : Désirs d’automne. Joies de printemps

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



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