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Par le Fouet et par les Verges

Les fesses en relief, prêtes à recevoir la fouettée

Le Secret de Miss Sticker (Chapitre I)



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Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : Le Secret de Miss Sticker, Liseux, Paris, 1907. (187 p. ; 21 cm).


CHAPITRE I

La sévérité de l’institution de miss Sticker avait une légitime réputation. La bonne éducation, qui y complétait l’instruction, donnait au monde des jeunes filles prudes et vertueuses, telles que le comporte l’excellente renommée de la Grande, la très Grande Angleterre. Aussi les meilleures familles du Royaume‑Uni y envoyaient‑elles leurs enfants. Jamais rien de shocking ne leur avait frappé l’oreille. Savoir observer son maintien, ne pas s’émouvoir des sottises d’autrui, toutes ces jeunesses, sorties de la maison Sticker, s’en faisaient un article de loi. Du commencement à la fin des études, elles s’appliquaient à leurs devoirs, se soumettant aux punitions corporelles auxquelles on les habituait, et conservant une impassibilité absolue sur tout ce qui n’était pas le but à atteindre. Cependant l’arrivée de Reine de Glady apporta une certaine exaltation qui, pour être confinée dans la division où elle se trouvait, ne menaçait pas moins de se propager de proche en proche et de modifier le caractère et le tempérament de ces froides péronnelles. Dans un panier rempli de fruits, si un seul est contaminé, le reste, aussi nombreuses que soient les unités, ne tarde pas à se gâter. En affaire de moeurs, on peut l’affirmer sans crainte, dans le milieu le plus revêche, s’il se glisse un débauché convaincu, peu à peu la morale s’affaiblit, et qui hypocritement, qui franchement, nul n’échappe à l’attirance de la débauche. À plus forte raison, dans une réunion de filles et de fillettes, de nature en général curieuses et gourmandes, si la luxure mord un coeur, bientôt tous les autres le seront, et des plus jeunes aux plus âgées, toutes chercheront à connaître la sensation du frisson.

Reine de Glady était entrée chez miss Sticker, humiliée et domptée, mais non corrigée dans sa perversion. Le contraste du monde où on l’implanta, imprima à son esprit une force de volonté qu’il n’eût jamais acquise en France, et, réussissant dans ses tentatives de séduction de Mary, puis avec miss Grégor sa sous‑maîtresse, elle y gagna une sûreté d’instinct, qui lui dévoilait les convoitises charnelles, dès qu’elles se manifestaient dans son entourage. Elle tenait ses compagnes de division par le charme de ses vices, il lui restait à déployer ses ailes et à porter le phylloxéra de la lubricité hors de son étude.

Mme Clary, sa maîtresse de classe, l’attendait dans sa chambre pour lui donner une répétition avant le coucher, et dès après le repas du soir. Elle avait escarmouché dans la journée avec sa jeune élève, elle ne doutait pas de la réussite de la petite folie libidineuse qui travaillait ses sens. Quoi, cette Française se livrait à des écarts de conduite avec une grande, avec miss Anna Bodirog, une des moins jolies de l’établissement, mal bâtie et sèche ! Certes, il lui serait bien plus agréable de répondre à ses avances !

Mme Clary, Georgette de son petit nom, ne présentait pas le type d’une beauté professionnelle, mais elle avait les traits réguliers et le gracieux embonpoint des femmes qui franchissent la trentaine ; si elle souriait rarement par nécessité du métier, afin d’imposer le respect et l’attention, ses yeux reflétaient par instants des douceurs et des éclats qui illuminaient son visage, et ses épaules, tombant majestueusement sur un buste très bien dessiné, appelaient les regards les plus distraits sur une taille impeccable dominant de superbes hanches. Veuve depuis près de quatre ans, laissée sans fortune, cousine de miss Sticker, elle entra dans sa maison et s’y montra une de ses plus dignes lieutenantes. Jusqu’alors, rien ne la prédisposa à admettre le vice dont elle se sentait saisie. Mais le vice revêt de telles couleurs, quand on l’étudie de près, qu’on en est empoisonné avant de s’apercevoir du trouble qu’il a semé dans les idées. Ah ! elle était bien gentille, cette petite Reine, avec ses diablotins de cheveux qui lui caressaient le front et inspiraient le désir de les unir avec le chat qui se cachait sous ses jupes.

L’être de Mme Clary frémissait en imaginant de quelle façon s’engagerait la chère et délectable cochonnerie ! Seule dans sa chambre, vaste pièce élégante située au premier étage, comme les chambres des autres maîtresses de classe, elle avait installé un fauteuil près de sa table de travail ; elle allait et venait avec un peu de fièvre, guettait le pas de Reine, et enfin elle l’entendit. Ses yeux s’allumèrent de feux pervers, quoi, quoi, cette Française produisait vraiment tant d’effet !

Reine frappa à la porte, et sur l’invitation d’entrer, elle pénétra, ayant sur les lèvres son sourire fripon et vicieux, souhaita le bonsoir à sa maîtresse, et s’assit sans plus rien dire à la chaise qu’elle lui désignait à côté du fauteuil.
- Je suis bien aise, mon enfant, prononça Mme Clary, de vous faire rattraper le temps perdu par votre punition. Je vous le dois bien.
- Je travaillerai de mon mieux, répondit Reine.

La leçon commença sérieusement. Il fallait bien que le prétexte fût bon ! La maîtresse expliquait, la fillette raisonnait. Peu à peu l’intimité s’établissait par quelques observations piquantes échangées de part et d’autre. Reine pensait bien que Mme Clary ne la faisait pas seulement venir pour la perfectionner dans ses études, mais il lui plaisait d’attendre qu’elle attaquât. Ici c’était à la maîtresse de demander et d’encourager ; sitôt qu’elle suspendrait sa leçon, elle jugerait ce qu’il lui conviendrait de comprendre ou de ne pas comprendre. Reine étudiait ses personnages, maintenant qu’elle obtenait les succès voulus et désirés dans le libertinage. Or, Mme Clary souriait, remuait les jambes, affectait certaines libertés d’allures, et ne provoquait pas l’action paillarde.

Un silence succéda à une dissertation de littérature comparée. Une main de Mme Clary se posa sur les genoux de Reine ; celle‑ci entrouvrit les jambes, laissant voir qu’elle supposait la possibilité d’une curiosité sexuelle chez sa maîtresse. Georgette Clary eut une hésitation, puis glissa la main sous les jupes.

Instantanément Reine se renversa en arrière et les ramena vers la ceinture. La main de la maîtresse s’enfournait dans le pantalon, soulevait la chemise, errait sur le minet jeunet de l’élève, où elle dénichait le clitoris. Elle branla tout doucement, et Reine soupira :
- Ah ! chère maîtresse, laissez‑vous faire ; c’est plutôt à moi de vous caresser ! Voulez‑vous, dites ?

Mme Clary se coucha sur son fauteuil, posa une jambe sur chaque bras, et découvrit ses cuisses nues, sans aucun pantalon pour les celer ; elle répondit :
- Viens.

Reine ne se le fit pas répéter ; elle s’engouffra entre les jambes, plaqua la bouche sur le con qu’elle suça, chercha le bouton avec un de ses doigts, et, la langue dans le vagin, elle branla avec tant d’habileté sa maîtresse, que celle‑ci sursauta et déchargea, en disant :
- Oh ! le petit monstre, le petit monstre ! Quelle science ! Amour, va, oui, lèche, lèche tout le temps.

À larges coups de langue, suivant sa méthode, Reine absorbait le foutre, puis, imprimant un mouvement aux jambes de Mme Clary, l’obligeait à se retourner pour recommencer sur son cul le frisson de ses caresses. Une nouvelle paire de fesses lui apparaissait, tout aussi blanches et aussi charnues que celles de miss Grégor, avec quelques poils follets s’égarant dans la fente que, sous l’émotion, elle resserra, au point de lui pincer la bouche et le nez. La fillette ne se troubla pas ; elle rajustait sur le haut du dos les jupes qui s’entêtaient à retomber, dégageait les belles rotondités, les entourait de ses bras, les mangeait de baisers, de suçons, et la main, entre les cuisses, par‑dessous, de nouveau branlait le clitoris.
- Démon adoré, démon adoré, disait Mme Clary, s’abandonnant tout à fait.

Elle était la chose de cette fille, marchant à peine sur ses quinze ans, et déjà très férue sur le chapitre volupté. Mme Clary déchargea une seconde fois, roula au bas du fauteuil, étendue sur le dos, les cuisses grandes ouvertes, essayant de coller sur son ventre le corps de Reine, qui comprit son désir par l’expérience acquise avec miss Grégor, s’allongea par‑dessus elle, le minet contre son bouton, pour l’exciter par un lent et pénétrant frottement.
- Elle sait tout, dit Mme Clary en se tordant, viens, viens, que je te lèche les fesses.

En un glissement, Reine grimpa sur son corps et vint s’accroupir sur son visage, pour être lardée de ses coups de langue dans la fente de son cul et sur son conin.

Mme Clary avait joui deux fois, elle jouit une troisième, et sur ses seins, assez volumineux, mis en liberté, elle forçait Reine à s’asseoir et à donner des coups de cul, murmurant :
- Pauvre cher astre, qu’on a si cruellement fustigé, tiens, tiens, à toi, mes nichons, je voudrais qu’ils fussent pleins de lait, et que ce lait servît à te guérir ! Ah ! ah ! assez, ma chérie, assez, on se tuerait, et il ne faut pas s’oublier plus longtemps. L’heure de la leçon est passée, il s’agit maintenant de te retirer, mais demain soir, encore, encore, et on… le fera plus tôt.

L’habitude du règlement était tellement ancrée dans l’esprit des maîtresses et des élèves, que ces simples mots suffirent pour arrêter les ébats, et que toutes les deux se relevèrent sur‑le-champ pour se laver, l’une les parties génitales, l’autre le visage et les mains. Puis Mme Clary prenant Reine dans ses bras, la baisa sur le front et dit :
- Que jamais au moins on ne se doute de rien !
- Soyez sans crainte, ma chère maîtresse.

Reine s’était une fois de plus amusée à sa fantaisie, et elle n’avait pas joui. Absorbant le foutre de Mme Clary, elle éprouvait une béatitude et une langueur de tout le corps, qui la poussaient à désirer le plus possible ces contacts. Elle s’en allait, fière et joyeuse. Miss Grégor, Mme Clary, deux femmes de valeur et de nature différentes, la proclamaient leur incomparable déesse de bonheur, elle encore une mioche. Et elle ne dédaignait pas pour cela ses petites compagnes ! Elle glanait toujours sous leurs jupons des impressions délicieuses, à la contemplation de ces féminités qui se formaient, à ces vertiges qu’elle leur communiquait et qui se trahissaient par des tremblements dans les cuisses, des contorsions dans les fesses. À son idée, elle considérait toutes ces jeunes miss comme un champ d’expériences où elle apprenait à procurer le frisson d’amour, tout en se satisfaisant dans ses goûts de sensualité perverse et raffinée. La pensée d’Alexandra qui marchait sur ses brisées la froissa alors pour la première fois. Elle avait couru après ses caresses, elle les avait obtenues, elle l’avait relancée dans sa chambre, elle s’était abandonnée à son pelotage, à son suçage, et, tandis qu’elle subissait la punition du chevalet, sans la dénoncer, elle lui soufflait une de celles sur qui elle produisait le plus d’effet, la brune Eva. Qui sait si elle ne s’attaquerait pas aussi aux maîtresses. Cette idée jeta une ombre sur sa joie. Est‑ce que vraiment Alexandra pourrait devenir une rivale ? Elle accumulait ainsi réflexions sur réflexions, en regagnant sa chambre, se demandant aussi si elle se rendrait chez miss Grégor, qu’elle s’étonnait de ne pas rencontrer sur son chemin. Il importait d’abord de se dévêtir, afin d’éviter toute complication ultérieure. En arrivant devant sa chambre, par sa porte ouverte, elle vit, avec une surprise mêlée d’effroi, miss Sticker assise au bord de son lit.
- Vous revenez de votre leçon ? demanda la directrice.
- Oui, miss Sticker.
‑ C’est bien, fermez votre porte.

Reine tremblait quelque peu. Avait‑elle encore commis quelque imprudence ? Elle ne se souvenait de rien.
‑ Déshabillez‑vous, reprit la directrice.
‑ Oui, miss Sticker. Je vous jure que je ne suis fautive en rien.
‑ J’aime à le croire. Passez‑moi votre robe.
- La voilà, miss.

La directrice fouilla les poches, n’en sortit que le porte‑monnaie et une lettre de Mme de Glady.
- Bien, bien ; vous êtes en chemise. Déchaussez-vous pour vous coucher.
- Oui, miss.
- Faites votre toilette, selon votre habitude, que je juge si vous ne vous négligez en rien.
- Oui, miss.

Reine exécuta ses soins de corps en conscience, et quand elle eut terminé, miss Sticker, l’appelant près d’elle, lui dit :
- Agenouillez‑vous là.
- Mais je n’ai rien fait.
- Je le pense bien ; je serai cependant fixée suivant la façon dont vous obéirez. Là, vous vous décidez. Posez la tête sur votre lit. C’est cela. Relevez la chemise sur vos épaules.
- Miss, ne me faites pas mal, je vous en supplie, j’obéis.

Reine agenouillée, la tête appuyée sur son lit, la chemise retroussée bien au‑delà des reins, présentait les fesses en relief, prêtes à recevoir la fouettée par la main, le martinet, le fouet, les verges. Miss Sticker s’était redressée, et, debout derrière, la considérait avec une attention toute particulière. Soudain elle se laissa choir, à cheval sur les jambes de la fillette, le ventre contre son cul, comme le soir où elles luttèrent pour la fameuse lettre. Reine ne remuait pas. Devinait‑elle que quelque chose d’extraordinaire s’accomplissait en la terrible directrice ? Elle sentait le ventre qui appuyait, appuyait contre ses fesses, comme s’il essayait de s’y tailler une place, de s’y incruster, et elle sentait encore la grosse pointe du corset qui se garait, se prélassait dans sa fente. Quel fluide mystérieux la pénétrait et la maintenait immobile, émue comme jamais elle ne le fut, sous le poids du corps de miss Sticker, qui se couchait pardessus ses reins, pour pousser, pousser le ventre dans ses fesses. Et comme la fois précédente, elle répondait par des coups de cul, se dodelinant sur les hanches. Un charme voluptueux, jusqu’alors inconnu, l’envahissait. Elle se rapetissait, rapetissait, sous la bizarre étreinte de la directrice, comme s’il eût aspiré à se fondre sous sa pression. Un trouble délicieux anéantissait peu à peu ses facultés de discernement. La grosse pointe de corset ne quittait pas ses fesses, et à travers la jupe de miss Sticker, se frottait, se frottait, jetant dans tout son être des flots de chaleur, sous lesquels elle perdait la notion d’elle-même. Devenait‑elle folle, ou rêvait‑elle ? Miss Sticker lui glissait une main entre les cuisses, lui dénichait son clitoris, et, à cet attouchement inattendu, renforcé d’une secousse plus accentuée du ventre, tout à coup, elle, elle déchargeait sur les doigts de la directrice, en murmurant :
- Oh ! que c’est bon, que c’est bon, je me meurs !

Tout le poids de miss Sticker s’affaissait sur elle ; des battements inexplicables agitaient ses membres. Elle sentit son haleine près de sa joue, elle tourna la tête, phénomène miraculeux, la bouche de miss Sticker répondait à la caresse qu’elle envoyait avec la langue ; dans sa stupeur, elle dit encore :
- Miss, voulez‑vous que je vous fasse jouir, vous en avez envie !
- Chut ! murmura miss Sticker, donnez‑moi votre langue.

Le pigeonnage s’engagea, fiévreux, ardent de part et d’autre ; qui vaincrait de la femme ou de la fillette dans cet étrange duo ? Sous les caresses non marchandées de la directrice, Reine déchargea deux fois, toujours recouverte, mais ne sentant plus, ou presque plus, la grosse pointe du corset.

Miss Sticker se releva et s’assit de nouveau sur le lit ; elle prit Reine sur ses genoux et la main sur ses cuisses mouillées, lui dit :
- Vous aimez donc bien ça, ma mignonne ?
- Oh ! oui, et ce n’est pas ma faute ! Dites, vous ne me ferez pas corriger, si je suis ainsi… inondée ! Ah ! ce que j’ai éprouvé ! Vous avez été coupable aussi ! Vous ne m’enverrez pas au chevalet, dites ; je suis prête à tout pour que vous jouissiez, vous verrez comme c’est bon et vous me pardonnerez.
- Donnez votre petite langue, amour.
- La voilà ! Ah ! la vôtre dans ma bouche, ça me met le feu partout.
- Pensez‑vous que je puisse être… votre amie ?
- Oh ! oui, et je vous aimerai bien ! Il y a quelque chose en vous qui me surprend !
- Vraiment ! Nous en recauserons plus tard. Eh bien, si vous pensez que je puis être votre amie, traitez‑moi en conséquence, et ne me jugez pas assez niaise pour avoir accepté la fable de la complicité de miss Anna. Avouez‑moi votre véritable complice. Oh ! celle‑là, je lui en veux parce que j’ai une sincère affection pour vous, et qu’elle vous a laissé subir toute la correction. Dites‑moi son nom, et je croirai que vous êtes ma petite amie, et j’aurai toutes sortes d’indulgences à votre égard.

Miss Sticker l’enveloppait de ses bras, lui baisotait les nénés naissants, la branlotait, la pigeonnait, et il se dégageait une telle séduction de ses caresses si inopinées, que Reine, les lèvres sur les siennes, répondit :
- Ma complice, c’est Alexandra. Faites‑la fouetter durement, mais pas devant toutes les élèves, rien que devant ma division.
- Alexandra Corsiger !
- Oui, une vicieuse pire que je ne le suis !
- Ne vous jugez pas sévèrement, ma chérie ! Les circonstances vous ont créée.
- Oh ! vous ne me condamnez pas ! Laissez‑moi vous faire jouir, dites, dites !
- Laissons ça. C’est donc cette grande dinde !
- Elle‑même.
- Les yeux de miss Sticker s’injectèrent de mauvaises lueurs, Reine s’effraya, et murmura :
- Aurais‑je commis une sottise ?
- Non, non, mais je veux que vous me racontiez ce qui s’est passé entre vous.
- Vous vous en doutez bien.
- Sa lettre, je me le rappelle maintenant, sollicitait…
- J’ai accepté, miss Sticker, je l’ai fait jouir en la suçant par devant… et par derrière. Je vous le ferai bien, si vous voulez.
- Non, et n’ayez plus peur de moi. Donnez‑moi votre chère petite langue dans la bouche.
- De tout mon cour, comme la vôtre dans la mienne ! Je vous dirai tout, tout !
- Alexandra sera durement fouettée, ainsi qu’elle le mérite et comme vous le désirez. Êtes-vous satisfaite, et voulez‑vous que je condamne à la correction quelque autre de vos compagnes ?

Reine tressaillit dans sa petite vanité ; elle disposait d’un droit de punir ; elle n’hésita pas, et répondit :
- Oui, miss Sticker, il faut aussi faire fouetter miss Eva.
- Pourquoi, ma chère mignonne ?
- Parce qu’elle s’amuse aussi avec Alexandra.
- Que me dites‑vous là ?
- La vérité.
- Comment cela peut‑il se produire ?
- Oh, ce n’est pas difficile ! Envoyez chercher miss Grégor pendant l’étude ; on restera seules ; venez, et ça m’étonnerait bien si vous ne la surpreniez pas en faute.
- Et vous, me promettez‑vous d’être sage ?
- Pourquoi ne le serais‑je pas, si vous êtes bonne, bonne pour moi ?
- Vous n’aurez plus peur… si je vous visite quelquefois… le soir ?
- Vous verrez bien que non, surtout si vous me caressez ainsi.

Elle coquettait maintenant, et reprenait confiance, examinant avec plus d’attention la terrible miss Sticker, lui découvrant des séductions bizarres, différentes de celles de miss Grégor et de Mme Clary, qu’elle ne pouvait s’expliquer, car elle était loin d’être belle, mais elle possédait un certain don magnétique qui la subjuguait et la pénétrait comme personne ne l’avait fait, se sentant toute heureuse sur ses genoux, dans ses bras, avec des désirs imprécis d’une vague et mystérieuse aspiration, à mesure que ses caresses répondaient aux siennes.
- Ma petite, reprit miss Sticker en la remettant sur ses pieds, demain soir, si j’ai pris en faute Alexandra et Eva, vous assisterez avec votre division à leur correction ; je vais vous laisser dormir. Présentez‑moi votre joli derrière que je lui donne une caresse, pour la bonne réplique qu’il accordait à mon ventre. D’ici quelque temps, je compte vous procurer une grande, grande surprise.

Sans fausse pudeur, Reine abandonna ses fesses à miss Sticker qui, agenouillée, les brûla de quelques chaudes feuilles de roses. Ces dévotions la troublèrent plus encore qu’elle ne l’imaginait ; elles trahissaient un piment particulier, difficile à définir. Elle continuait certes à garder dans son ciel érotique l’image de miss Grégor qui parfois lui rendait suçons et léchées ; la langue de la directrice l’émouvait dans son sexe. C’était étrange.

Après une ardente distribution de baisers, miss Sticker l’obligea à se coucher.
- Bonsoir, ma gentille amie, lui dit‑elle.
- Bonsoir, vous que j’aime bien, répondit Reine.

Miss Sticker se retira doucement.

Restée seule, Reine accoudée sur son oreiller se prit à rêver, murmurant :
- Qu’est‑ce que ça veut dire ? J’aime beaucoup miss Grégor, j’aime beaucoup de faire jouir les autres, mais ce n’est pas la même chose. Est‑ce parce qu’elle est la grande maîtresse ? Tout m’a chavirée quand elle était sur moi, et c’est bien drôle, cette grosse boule de corset qui descend sur son ventre. Probablement pour qu’on ne lui fasse pas. Oh ! moi, au fond, je préfère qu’elle me caresse !

Un bâillement erra sur ses lèvres ; elle s’allongea, et dit encore, en s’endormant :
- Quand reviendra‑t‑elle ?

Voir en ligne : Le Secret de Miss Sticker (Chapitre II)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : Le Secret de Miss Sticker, Liseux, Paris, 1907. (187 p. ; 21 cm).



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