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Récit érotique

Les joies de la fécondation naturelle (I)

Première partie : Vanessa

par Alain Valcour

Alain Valcour, « Les joies de la fécondation naturelle », (Première partie : Vanessa), Récit érotique, Paris, mai 2013.


Les joies de la fécondation naturelle

Premier épisode
Vanessa

L’Institut pour la Fécondation Naturelle est situé au 4e étage d’un immeuble de standing et n’est signalé que par une discrète plaque en cuivre. Son objectif est la promotion des méthodes naturelles d’aide à la fécondation. Il rejette radicalement les manipulations in vitro, l’exploitation des "mères porteuses", le clonage et autres inventions de scientifiques qui se prennent pour Dieu, seul garant in fine du Miracle de la Vie. Les seuls outils techniques qu’il s’autorise sont la congélation du sperme et son insémination par des moyens mécaniques. Par l’utilisation des plantes de la pharmacopée des indiens d’Amérique du Sud, il obtient 90% de succès pour le choix du sexe de l’enfant, ce qu’un esprit chagrin pourrait considérer comme une atteinte aux Droits et Responsabilités de Dieu. L’aide qu’il apporte aux lesbiennes en mal d’enfant peut également être considérée comme une atteinte à la Loi Naturelle. Mais les affaires sont les affaires.

C’est en tant que vendeur de sperme que je m’y présente. Une amie férue de "médecine naturelle" me l’a signalé pour sa saine Conception de la Vie, mais pour moi, chômeur depuis 6 mois, ce sont les basses nécessités de la vie quotidienne qui m’y poussent, quelle qu’en soit la philosophie.

L’accueil est tenu par une blonde plantureuse en décolleté digne des films de Russ Meyer. J’imagine qu’elle contribue à créer l’atmosphère propice à la récolte spermatique. J’avouerai au passage que c’est également la curiosité pour la méthode de récolte qui m’a poussé à venir. En attendant d’être reçu, je consulte les prospectus étalés sur une table basse : camping naturiste, médecine par les plantes, groupes de massages (je le prends), séminaire de spiritualité naturiste (je le prends aussi, pour quand j’aurai de nouveau du boulot, car la spiritualité se paye au prix fort), énergétisme, etc.

Mme le Docteur Vanessa m’introduit dans son bureau. Son look est celui de l’infirmière sexy pour fétichistes de l’hôpital : elle est visiblement nue sous une courte blouse assez transparente qui révèle ses gros seins ronds (siliconés ? en principe ce n’est pas le genre de la maison) et leurs larges et sombres aréoles. Bien entendu, elle porte de grosses lunettes, il ne manque que le stéthoscope et le thermomètre pour compléter le tableau.

Elle m’installe sur un divan et approche une table roulante équipée d’un gros appareil plein de tuyaux de caoutchouc, de cadrans et de boutons. Elle me fait déshabiller complètement, et m’informe sur un ton à la fois solennel et routinier :
- L’Institut vous remercie de contribuer à son action en faveur de la fécondation naturelle. Nous ferons tout notre possible pour que cela vous soit agréable, en plus de vous être rétribué en proportion du volume recueilli. Vous êtes inscrit pour trois prélèvements. A quand remonte votre dernier rapport ou votre dernière masturbation ?
- Dimanche dernier, cela fait cinq jours.
- Parfait.

Elle s’enduit les mains d’une sorte d’huile, s’agenouille près du divan, la blouse grande ouverte, et commence à me masturber, lentement et professionnellement, sans exprimer la moindre émotion.
- Si mes seins vous plaisent, vous pouvez les caresser.

Ce que j’entreprends de suite, et des deux mains. J’en descends une jusqu’à ses fesses et l’autre jusqu’à son sexe épilé.
- Restez donc sur mes seins pour le premier prélèvement. Il y en aura deux autres ensuite.

Tout en me branlant avec une sage et voluptueuse lenteur, elle approche ses gros seins de ma poitrine, elle me la gratte avec ses tétons durs que ma position m’interdit de mordiller, et elle pose ses lèvres sur les miennes pour un long baiser que je n’attendais pas. En masturbatrice experte, elle sent l’excitation monter dans ma pine bandée à éclater. Quelque secondes avant l’instant explosif elle me comprime fermement la prostate pour retarder l’éjac et enfourne mon gland dans une ventouse très creuse connectée par un tuyau au gros appareil. Elle met en route une pompe, je ne sais trop comment car tout va très vite, je la laisse faire, je ferme les yeux et je jouis (mais il s’agit plus d’un réflexe orgasmique que d’une jouissance) dans la ventouse qui me pompe le gland et me vide complètement de ma précieuse liqueur. Tout cela est très modérément naturel, mais la philosophie de la nature est au service des affaires et non l’inverse.

Nouveau baiser encore plus appuyé que le précédent, comme pour me remercier, à moins que ce ne soit pour compenser le caractère mécanisé du "prélèvement". Elle m’offre à boire (serait-ce à base de Viagra ?), elle me caresse de plus belle, elle dirige ma main vers son sexe aussi lisse que celui d’une gamine impubère, et j’ai la surprise de le trouver tout humide. Mon orgasme "utilitaire" l’aurait-il excitée ?

Elle me prépare tendrement pour le deuxième round avec la délicatesse d’une "douce amie" [1]. Je ne tarde pas à rebander, et c’est alors qu’elle a appelle "Corinne".

Corinne est une adorable petite métisse, au corps très fin juché au sommet de longues jambes fuselées, agrémenté de petites fesses rondes et musclées qui ressortent grâce à la cambrure de son dos. Elle est toute nue. Une petite touffe de poils noirs taillée en forme de disque surmonte comme un point sur un i une délicate fente rose, probablement rehaussée de "rouge à lèvres". Ses seins haut perchés sont ronds et fermes comme des mangues et les minuscules tétons, appétissants comme des pralines enrobées de chocolat, témoignent de la jeunesse de la fille. (Note à l’intention des censeurs de tout poil : toutes les personnes mentionnées dans ce récit ont plus de 18 ans.) Sa bouche délicate est dotée de lèvres pulpeuses et bien dessinées. Ses cheveux qui brillent d’un beau noir de jais sont réunis en une multitude de tresses africaines. La diablesse prenant la suite du Docteur Vanessa, le deuxième "prélèvement" me semble assuré. La voilà qui s’accroupit sur mon visage et offre à ma langue sa petite moule rose ourlée de brun. La coquine se branle sur mon nez, son conin se contracte comme une plante carnivore, un miel liquide un peu musqué s’infiltre entre mes lèvres, que je le suce goulûment pour n’en pas perdre une goutte. C’est ensuite un oeillet brun sombre qu’elle plaque sur ma langue et le miel qui s’écoule goutte à goutte y prend une saveur plus acide. Par une ample oscillation du bassin elle s’offre le petit plaisir de se faire lécher toutes les muqueuses par ma langue avide, de la touffe à la "rosette", brune en l’occurrence. Je bande comme un étalon, et la belle Vanessa s’applique à me durcir le plus possible. J’en ai mal comme si ma pine se pétrifiait, comme si la chair gonflée de sang se transformait en un bout de bois. Mon deuxième orgasme éclate, violent, douloureux. L’aspiration rythmée de la ventouse en extrait encore du sperme pour le bonheur de mon porte-monnaie, mais pas pour mon plaisir.

Mon ventre est pris d’une crampe, mais Corinne continue, elle semble aimer ma langue et s’octroie un orgasme bref mais intense, comme j’en puis juger à la contraction de ses cuisses musclées qui enserrent mon visage dans un étau de velours.
- Merci Corinne, va donc chez Maryse, elle a un client difficile.

Comme Corinne se retire, je me dis que je n’ai guère profité de sa petite bouche sensuelle et de ses jolis seins. J’ai peut être eu tort de n’être pas "difficile".

J’appréhende le troisième prélèvement. Ma prostate est noueuse comme un vieux ceps de vigne, mes couilles n’ont jamais été plus vides, mon cou est pris d’un torticolis, et le pire c’est que Corinne est partie.

Vanessa m’emmène à un canapé, nous buvons ensemble un cocktail au gingembre. La pin-up de la réception nous apporte des boudins antillais et des bananes flambées. Vanessa collée à moi me prodigue les baisers les plus suaves. Elle me caresse avec ses seins et son ventre, ses cuisses fortes et grasses emprisonnent mes jambes, et ses mains parviennent à me faire à nouveau bander.
- Prêt pour le troisième tour ?
- Pas si vite.
- Nous avons ce qu’il faut.

Elle me réinstalle sur le divan et enfonce mon gland fatigué dans une autre ventouse, plus grande, plus ferme, reliée à l’appareil sur la table roulante par des fils électriques. Elle équipe mes poignets et mes chevilles de bracelets enduits de gelée conductrice. Il n’est que trop clair que la Fée Electricité va remplacer Corinne. Dommage.

En fonction de l’intensité qu’elle me fait passer à travers le corps, et qu’elle contrôle attentivement sur les différents cadrans, je sens comme des fourmis qui me dévorent les entrailles ou cheminent le long de canaux bien précis, dans les bras, la poitrine et les jambes. Ces canaux une fois établis, Vanessa, doctoresse de BD fétichiste, s’applique à y maintenir les courants ionisés tout en augmentant, je ne sais s’il faut dire la fréquence, le voltage ou l’intensité, car l’heure n’est pas pour moi à la science.
- Le courant suit les méridiens de l’acupuncture chinoise.

Rassuré par cette explication, je sens ces méridiens converger vers ma prostate et mon malheureux dard qui bande artificiellement sans le secours des pétales délicats de la fleur intime de Corinne.

On ne peut guère parler d’orgasme, mais plutôt d’un arrachement de tout mon bas-ventre et de ses organes comme dans un supplice barbare. Il m’est difficile de dire si du sperme en est sorti.
- C’est parfait, nous avons récolté au total 152 millilitres, cela vous fera donc 285 euros 64 centimes.

Cette précision toute mercantile en lieu et place du réconfort des baisers voluptueux que Vanessa la tigresse sait si bien prodiguer me ramène à la réalité. Sans doute, comme dans les hôtels de passe le temps est compté au plus juste et je dois laisser la place au client suivant.
- Vous me l’avez esquintée !
- Comptez 10 jours de repos sans aucune activité sexuelle, et dans deux semaines, vous pourrez revenir pour de nouveaux prélèvements. Je vais vous prescrire des herbes reconstituantes.
- L’adresse de Corinne me suffirait.
- C’est interdit par notre Déontologie.

Et sans doute aussi par la norme ISO 9069, les directives de Bruxelles, la Banque Mondiale et le Vatican réunis ! Je me retrouve dehors avec un modeste paquet d’euros pour faire face aux prochaines échéances et un appareillage hors service pour deux semaines au moins. Je vais avoir l’air fin auprès des copines ! Je la retiens ma fada de la Vie Saine et de la Médecine Naturelle.

Voir en ligne : Les joies de la fécondation naturelle (II)

Notes

[1Voir mon texte "Visites à mes Douces Amies".



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