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L’Ardente passion

Les morsures du fouet

Roman érotique (Chapitre X)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


X

Lorsque Berthe et Odette arrivèrent, elles trouvèrent Louis, pieds nus, vêtu d’un sarrau gris comme les forçats.

Elles s’étonnèrent ; Marthe leur fournit immédiatement l’explication. Il fallait expier la faute de la veille. Afin de bien manifester son autorité elle le claqua à plusieurs reprises en présence des jeunes filles terrifiées.

Tous s’en furent au salon ; Marthe s’installa dans un fauteuil :
- Odette vous savez de quoi votre amie s’est rendue coupable hier… je tiens à ce que son complice, la punisse lui-même. Vous allez assister au châtiment.

À Louis, elle fit un signe et celui-ci en hésitant marcha vers sa cousine. Cette dernière tremblante voulut reculer, il la saisit par un poignet, violemment et l’attira.

En quelques secondes il eut enlevé robe et combinaison, pour arracher le cordon du pantalon qui glissa jusqu’au sol.

Rougissante, elle tomba à genoux, mains jointes :
- Non… laissez-moi…

Odette livide s’appuyait à un guéridon et contemplait cette scène avec effroi. Marthe demeurait rigide, les yeux fixes, en proie à une souffrance morale atroce.
- Plus vite, dit-elle simplement.

Louis se pencha et, d’une brusque traction enleva la chemise.

Berthe s’effondra à ses pieds, palpitante, passionnée. Elle se tordait comme si déjà elle eut senti la morsure du fouet.

Marthe tendit le martinet :
- Allez !

Le jeune homme s’étant éloigné pour recevoir l’arme, Berthe en profita pour se redresser et s’enfuir éperdument. Elle ne s’éloigna guère, Louis d’un bond la rejoignit et la saisit aux cheveux, la ramenant en arrière.

Alors il fouetta, longuement, avec patience, sans brusquerie mais avec vigueur.

Devant lui, la victime se roulait sur le tapis, ses ongles s’enfonçant dans la laine épaisse. Elle gémissait sourdement, n’ayant plus la force de crier.
- Assez ! implora Odette.

Marthe leva la main et le martinet se détourna pour frapper l’interruptrice à l’épaule. Elle poussa un cri et s’abrita derrière un fauteuil.

Berthe sanglotante s’était relevée sur les genoux, elle retomba aussitôt, la face contre terre, rudement cinglée.

La correction reprit, violente, démoniaque ; pas une parcelle de l’épiderme n’était ménagée, le corps entier se striait de violet.

Elle eut un ultime soubresaut et s’étala entièrement, le dos contre terre pour rester là ahanante, n’ayant même plus de larmes.

Louis s’avança vers Marthe et s’agenouilla pour lui rendre le martinet, ensuite, il baisa respectueusement le pied nu de la femme.

Odette s’était approchée et aidait la victime à se redresser
- Venez demander pardon, ordonna Marthe.

Titubante, elle s’en fut à son tour, se mettre à genoux devant la gouvernante et comme Louis, baisa le bout des orteils.

On l’abandonna, Marthe entraîna les deux autres au jardin, sous la tonnelle où un instant plus tard, elle servit le chocolat.
Berthe rougissante et confuse parut enfin ; elle marchait difficilement, les mains appliquées aux hanches. Louis empressé, lui approcha un siège et Marthe l’attira doucement pour l’embrasser.

Il lui semblait que la souffrance de la jeune fille, annihilait la sienne, elle ne lui en voulait plus d’avoir tenté de lui dérober l’affection de Louis.

Odette restait songeuse, cherchant à s’imaginer la scène qui avait motivé si cruel châtiment. À la dérobée, elle examinait Marthe et Louis. En son esprit clairvoyant jaillit soudain la vérité :
- Elle est jalouse !

Un sourire trouble plissa ses lèvres rouges ; elle entrevoyait tout un drame qu’elle s’apprêtait à déclencher. Hypocrite, elle poussa le jeune homme vers son amie :
- Embrassez-la au moins, après l’avoir tant fait souffrir.

Il n’osa résister et d’un geste spontané, Berthe lui ouvrit ses bras.

Odette souriait méchamment en remarquant la grimace douloureuse de Marthe. Afin que les deux amis fussent rapprochés, elle donna sa place à Louis.
- Tenez-vous par la main si ça vous chante, nous ne verrons rien.

Marthe se sentit devinée, une colère gronda en elle, mais énergique elle se domina.

Gêné par la surveillance qui pesait sur lui, le jeune homme n’osait bouger ; sa voisine troublée baissait la tête, évitant le regard des autres.

Un véritable drame se jouait là ; Odette s’amusait, cherchant en son imagination fertile, un nouveau tourment à infliger à la gouvernante. Celle-ci ne lui en laissa pas le temps ; elle esquissa un simple signe et Louis quittant sa chaise, vint lui baiser le pied.

Elle sourit orgueilleusement, fixant Odette :
- Vous voyez qu’il est bien dressé !

Il ne protesta point, satisfait de son rôle, espérant fléchir la femme par une soumission de tous les instants.

Berthe incapable de supporter plus longtemps ce spectacle, entraîna sa compagne et elles remontèrent en bicyclette.

Sur la route, elles se rapprochèrent, ayant une multitude de choses à se confier. Odette qui aimait le drame ne crut pas devoir cacher ses remarques personnelles à sa compagne :
- Elle l’aime tu sais ?

Berthe ne comprit pas immédiatement.
- Qui cela ?

Elle rit dédaigneusement, considérant que l’amour était aveugle :
- Marthe bien sûr,… elle est folle de Louis, elle t’en veut de lui avoir enlevé.

La jeune fille pâlit :
- Tu crois… Je ne voudrais pas le perdre maintenant… il est destiné à devenir mon mari.
- Comptes là-dessus ma vieille et tu resteras célibataire.

Elles se séparèrent, s’en voulant mutuellement, sans bien savoir pourquoi, émue intimement par une jalousie qu’elles ne devinaient point. Toutes deux en réalité étaient jalouses de la gouvernante qui avait sur elles, la supériorité de l’âge et par conséquent de la connaissance de la vie.

Odette seule rêva de vengeance, avec un plaisir sadique elle mûrit un projet machiavélique qui aurait l’avantage de porter tort, aussi bien à Berthe qu’à Marthe qu’elle détestait cordialement. Toutefois prudente, elle en remit l’exécution à une date ultérieure, attendant surtout l’occasion favorable. Il lui fallait parler à Louis en particulier afin de la gagner à sa cause. Avec sa finesse également, elle avait deviné que le jeune homme désirait plus la jeune femme que la vierge, et que c’était là l’unique cause de sa docilité.

Voir en ligne : Gifles et lamentations (Chapitre XI)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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