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Aphrodisiaque externe

Les peines qu’on inflige à l’enfance et à la jeunesse

Traité du Fouet (Chapitre IV et Conclusion)



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François-Amédée Doppet, Traité du Fouet : Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin, Paris, 1788.


CHAPITRE IV
DE LA NÉCESSITÉ DE CHANGER LES PEINES QU’ON INFLIGE À L’ENFANCE ET À LA JEUNESSE

Nous avons vu dans les chapitres précédents que les flagellations faites sur le dos produisent des effets non équivoques sur le physique de l’amour. La découverte de cette vérité nous a conduit à faire observer que les célibataires cloîtrés devraient bannir de leur règle le fouet et la discipline ; elle nous conduira à déduire, du même principe, des conséquences qui ne seront pas moins justes.

Pourquoi le fouet est-il toujours le châtiment qu’on inflige aux enfants ?… Cette peine peut-elle influer en mal sur leur éducation physique et morale ?… Voilà les points que je me propose d’éclaircir dans cette partie de mon ouvrage. Cet examen est plus intéressant qu’on ne pense.

L’éducation physique et morale des enfants intéresse sans doute le gouvernement : cependant voit-on qu’il s’en occupe ! On en laisse tout le soin à des parents qui, en général, s’en déchargent sur des nourrices, des valets, des pédants, des sots, des crapuleux, etc.

Quand on ne devrait prêcher le bien aux enfants que par le bon exemple, on ne le fait que par de grossières paroles, des menaces et la correction. Qu’est-ce que cette correction ? C’est le fouet. Les mères ne connaissent que ce remède à un verre ou une bouteille cassés ; les précepteurs n’en emploient point d’autre pour donner du goût pour le latin, cette langue qui, grâces au ciel, sera bientôt oubliée et qui fait depuis tant de temps le désespoir des écoles.

Que résulte-t-il de l’emploi du fouet ? On y habitue de petits mauvais sujets qui s’en font même un jeu entre eux dans leurs moments de récréation ; ainsi qu’on l’a vu dans les citations de Jean Pic de la Mirandole et de Coelius Rhodiginus (chap. II de cet ouvrage).

Il ne manquerait certainement pas d’autres manières de punir des enfants oisifs ou vicieux : car J. J… a écrit cinq ou six volumes sur l’éducation sans fouetter son élève une seule fois : aussi son ouvrage n’a-t-il pas remporté le prix et les éducations se font toujours aussi mal que jadis.

Je suppose qu’il fut nécessaire, dans certains cas, d’infliger aux enfants des peines corporelles ; devrait-on frapper le coupable sur le dos ? On nous apprend, pendant les cinq ou six premières années que nous vivons, à cacher notre derrière et les parties honteuses ; au bout de ce temps vient un régent qui nous force à déboutonner nos culottes, à les abattre, à trousser la chemise, à tout montrer, pour recevoir les étrivières en pleine classe. Ces parties ne seraient-elles plus honteuses quand c’est un cuistre qui les regarde et qui les touche ?

S’il arrivait au moins que ce châtiment fût distribué avec justice ; mais le célibataire qui punit n’est-il pas souvent de la compagnie de la manchette ? Et ne choisit-il pas pour l’opération le derrière qui le flattera le plus ? J’ai observé pendant tout mon cours de collège que les écoliers maigres et laids n’étaient jamais fustigés. Au plaisir qu’ont quelques pédants à entendre le bruit que font les coups de fouet qu’on applique sur le dos du patient, on doit juger qu’il y a, dans cette cérémonie, si souvent répétée, plus que la satisfaction de corriger. Êtres barbares et corrompus !… De qui tenez-vous le droit de mutiler l’enfance et de faire servir l’innocence à vos plaisirs, ou plutôt à vos saletés !… Je le répète, ces abus, quoique fort anciens, méritent l’attention du gouvernement ; ils exigent une réforme ; car les maîtres d’école, les précepteurs, les régents sont en générai si méprisables qu’il n’y a jamais un écolier qui ne méprise les siens, lorsqu’il est homme.

La mauvaise habitude que l’on a de frapper sur le derrière des enfants leur donne celle de porter souvent les mains à cette partie ; elle leur apprend, comme je viens de le dire, à se fustiger entre eux ; de là différents attouchements qui les éclairent peu à peu et qui font que la débauche devance, en eux, le mouvement des sens.

Plusieurs enfants élevés ensemble et de la manière accoutumée, deviennent toujours polissons [1]. Ils se touchent les uns les autres, ils en viennent petit à petit à la masturbation et ne finissent que trop souvent par le péché des jésuites. C’est dans ces assemblées de jeunes écoliers que s’apprennent toutes ces sottises qu’on ne peut ensuite cacher dans la société : on y apporte des plaisirs infâmes, des goûts dépravés et peu délicats.

Je suis surpris que les ecclésiastiques osent se charger d’élever les enfants, puisqu’il est reçu parmi nous qu’on ne peut en venir à bout sans donner le fouet. J’aurais cru que la décence de leur état ne leur permettait pas de regarder ni de toucher des fesses. Mais, je l’ai déjà fait remarquer dans le troisième chapitre, les moines et les abbés ont la fureur de fouetter ; les cris, les pleurs d’un innocent ne les attendrissent point ; la jouissance de voir un beau postérieur l’emporte sur la pitié. On a toujours vu que c’était des moines qui dirigeaient les maisons de correction, qui les avaient même fondées ; ces bourreaux débauchés voulurent contempler et claquer des derrières ; ils surent même si bien s’arranger que des pères imbéciles eurent la bonhomie de leur fournir de bonnes pensions pour cela.

Je pense que ces réflexions sont plus que suffisantes pour engager le gouvernement [2] à forcer les pédants de changer les peines usitées pour l’enfance. Si cet objet lui parait de peu de conséquence, j’espère que les parents y feront attention et qu’ils tâcheront de détourner des regards d’un enfant tout ce qui peut le conduire au mal.

CONCLUSION

L’expérience nous apprend que quelques personnes ont recours aux flagellations pour se disposer aux combats amoureux. La physiologie et l’anatomie démontrent comment ces flagellations opèrent sur les parties de la génération, quoiqu’elles aient été faites sur le dos. Les infortunés qui se livrent à ces désordres sont sans doute à plaindre [3] ; puisque ce n’est que par de cruelles douleurs qu’ils espèrent connaître les plaisirs de l’amour ; puisque enfin l’arc du petit Cupidon ne peut être tendu qu’à l’aide de ce préliminaire affligeant et peu délicat.

Quelques auteurs prétendent que l’habitude de se faire fouetter se contracte depuis l’enfance ; cela peut être vrai par rapport à quelques individus ; mais je pense qu’on ne peut en général la faire naître d’une cause si éloignée. Les amateurs du sexe ont quelquefois des goûts bien dépravés, ils cherchent des jouissances extraordinaires : je crois que cela ne se voit que chez ceux qui sont d’une faible constitution ou qui se sont épuisés dans leur jeunesse. Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent donner du ressort au membre viril qu’en jouissant du spectacle de deux êtres vigoureux qui luttent et se pâment sur le lit de Vénus. Toutes ces ressources annoncent un grand épuisement dans le physique de celui qui les exige.

De tous les moyens capables d’exciter à l’amour, le fouet est celui qu’on doit le moins rechercher ; outre qu’il est le plus nuisible, il ne peut guère se pratiquer que chez des femmes prostituées [4]. Il y a pourtant des hommes qui ont besoin d’excitatifs ; il est du devoir de la médecine de les éclairer sur ceux qui ne peuvent pas déranger leur santé ni les avilir. C’est ce qui m’engage à joindre à ce petit ouvrage une dissertation sur la nature et l’effet des aphrodisiaque [5]. Qu’on ne s’y trompe pas, mon but n’est point de favoriser le libertinage. Je ne vais dévoiler les secrets de mon art que pour l’utilité de quelques maris glacés et de tant d’épouses qui gémissent sur le lit nuptial.

Voir en ligne : Les remèdes capables d’exciter aux plaisirs de l’amour (Dissertation annexe)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage de François-Amédée Doppet, Traité du Fouet : Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin, Paris, 1788.

Notes

[1Ce qui prouve qu’il y a peu de bons parents, c’est qu’on voit subsister une quantité de ces auberges, qu’on appelle pensionnats, où l’on entasse les enfants dans de grandes salles, toujours malsaines, et dans lesquelles il est défendu à ces jeunes êtres de s’égayer, de jouer et de suivre le penchant de leur âge. Les maîtres de ces petites maisons de force se font bien payer pour mal coucher, mal nourrir les enfants, et pour les rendre stupides ou vicieux.

[2On peut dire que l’administration publique néglige un peu trop dans tous les pays l’éducation des enfants ; cependant, il y en a où je voudrais être né de préférence. Ce n’est pas à coup sûr dans les endroits où les régents sont célibataires, et pour cause. Il viendra sans doute un temps où l’on connaîtra mieux le prix d’une bonne éducation ; alors, on ne choisira plus pour instituteur un malheureux vaurien qui ne fait que cracher deux ou trois mots de latin ; des honnêtes gens s’honoreront du nom de précepteurs ; et la vertu seule aura le droit d’occuper les places de régents que le gouvernement et le public estimeront et paieront généreusement.

[3Il est encore un être bien plus à plaindre, c’est une jeune beauté que la force ou des conventions d’intérêts font passer dans les bras d’un époux qui ne pourra remplir les fonctions du mariage sans la petite poignée de verges ; la nouvelle mariée passera de cruelles nuits, avant qu’on ose lui proposer de recourir à cette honteuse ressource ; ensuite il faudra qu’elle fasse de grands efforts pour s’y résoudre ; et je doute que son bonheur soit jamais parfait. Puisqu’on ne consulte pas la force des tempéraments avant de les unir, faut-il être surpris qu’il y ait tant de femmes infidèles et tant de maris ridiculisés ?

[4Les catins sont presque toujours plus fières que les honnêtes femmes et ne se croient pas du tout méprisables. Cela paraît un peu choquant. Cependant je pense qu’elles ont raison. Placées comme des barrières entre l’hymen et le célibat, les filles de joie servent de victimes pour sauver la vertu des autres femmes ; elles consolent le premier venu des rigueurs d’une personne délicate ; elles se prêtent docilement aux désirs de l’amateur le plus dépravé ; le même lit sert au militaire le plus étourdi et au capucin le plus sérieux. Elles n’ont point tort de se montrer en public avec cette ostentation qui leur est si commune, car c’est une gloire pour elles de vouloir bien se soumettre à exercer un état qui est si avilissant en lui-même.

[5C’est le nom qu’on donne à certains remèdes qui ont la propriété d’exciter aux plaisirs de l’amour.



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