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Aphrodisiaque externe

Les remèdes capables d’exciter aux plaisirs de l’amour

Traité du Fouet (Dissertation)



Auteur :

François-Amédée Doppet, Traité du Fouet : Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin, Paris, 1788.


DISSERTATION SUR LES REMÈDES
CAPABLES D’EXCITER AUX PLAISIRS DE L’AMOUR

Les plaisirs que procure l’union des deux sexes sont les plus vifs que l’on puisse goûter ; ce n’est qu’en amour que le riche et le pauvre trouvent la volupté ; et le simple berger n’est pas moins heureux sur le sein de Colette qu’un souverain dans les bras de son amante.

Mais l’amour est comme le dieu Mars, il lui faut des sujets vigoureux ; les grâces, l’esprit, les talents peuvent lui plaire, cependant la vigueur seule a le droit de le fixer. Comme on ne peut pas douter de ces vérités, il est intéressant pour le bien de la population et la satisfaction de chaque individu que la médecine s’applique à trouver les moyens les plus propres à nous faire longtemps jouir des charmes que procure l’amour. C’est pour remplir les devoirs d’un médecin zélé que je mets la main à la plume ; c’est pour servir l’État et l’amour ; mais, je le répète, mon but n’est point de favoriser la débauche.

Je ne sais pourquoi messieurs mes confrères ont été si scrupuleux sur cet article ; ils se sont tous accordés à garder le silence à ce sujet, ou du moins ce qu’ils en ont dit est enseveli dans de pesants volumes de matière médicale. L’acte vénérien étant un besoin de nature comme ceux de manger, de boire, d’uriner, d’aller à la selle, etc., il est surprenant que la théorie et la pratique médicinales ne s’occupent que de ces derniers. L’espoir d’être utile fait que je renonce à l’usage ou plutôt aux préjugés reçus dans nos facultés : j’entre en matière.

Les causes de la froideur conjugale, c’est-à-dire celles qui empêchent un individu de se livrer au coït, sont : un tempérament trop faible reçu de la nature, un épuisement qui est la suite de quelques excès et la vieillesse. Ces trois différentes maladies exigeant des traitements qui doivent différer entre eux, il est important de ne pas se tromper dans l’administration des aphrodisiaques qu’on emploie dans l’un ou l’autre cas. Afin de me rendre intelligible à tous les lecteurs, je vais diviser ces maladies et la manière d’y remédier en trois paragraphes.

I. — Chaque individu reçoit de la nature, de ses parents, de l’éducation, une organisation et un tempérament bien différents. Quelques êtres sont privilégiés, ils naissent et se forment pour la gloire de l’amour : tel fut cet empereur qui écrivait à un de ses amis qu’ayant fait cent prisonnières, la première nuit dix d’entre elles goûtèrent dans ses bras ce que l’amour offre de plus charmant, et qu’en quinze jours, toutes avaient senti les mêmes douceurs : tel fut encore ce tambour de royal Wallon qui parcourait à pas lents un cercle de cent hommes, avec un seau plein d’eau portant sur son…, etc. Les hommes de cette espèce sont fort rares ; on en trouve plus de ceux qui sont trop faibles que de ceux qui sont extraordinairement vigoureux.

Lorsqu’on a atteint l’âge de puberté et qu’on s’aperçoit qu’on le parcourt sans avoir les forces nécessaires pour profiter d’un bon à-propos, c’est un signe certain qu’on ne jouit pas d’une bonne santé. Il faut observer si cette fonction est la seule qui se fasse avec peine, c’est-à-dire si cette maladie est, comme disent les médecins, essentielle ou symptomatique : dans ce dernier cas, on peut être assuré que le froid de l’amour se dissipera aussitôt que le vice principal sera détruit. Mais si l’on ne s’aperçoit d’aucune autre incommodité, on usera d’un régime et de médicaments capables de faire convenablement opérer la sécrétion de la semence et propres à donner aux fibres le ton et l’élasticité dont elles ont besoin.

Un jeune homme, quoique naturellement faible, viendra à bout de se donner un bon tempérament, en ne faisant aucun excès de quelque espèce qu’il puisse être, en faisant usage de bons aliments, en se livrant à un exercice modéré, en fuyant les boissons spiritueuses, les veilles et surtout la masturbation : voilà ce qui concerne le régime. Passons aux remèdes. Il boira, le matin à jeun et le soir deux heures après le souper, un verre d’une décoction de sauge édulcorée avec un peu de sirop d’oeillet. Avant le dîner, il prendra gros comme une noix de l’électuaire suivant ; ce qu’il continuera jusqu’à ce qu’il ait acquis un certain degré de vigueur.

ÉLECTUAIRE

Prenez, conserve de romarin, deux onces ; racine d’éryngium confite, six gros ; amandes douces, une once et demie ; macis, un scrupule ; confection alkermès, quantité suffisante pour donner à l’électuaire la consistance requise [1].

II. — Quand la faiblesse des parties de la génération est une suite du libertinage et l’effet d’un épuisement général, il faut d’abord que le malade s’éloigne des plaisirs de la ville et de ses sociétés dangereuses pour aller respirer l’air de la campagne. Il se mettra à l’usage du laitage, si son estomac peut le supporter ; ses aliments seront les oeufs frais, des viandes légères, du bon bouillon, etc. Il prendra chaque jour, le soir et le matin, une petite cuillerée de l’essence suivante.

ESSENCE ANIMALE

Prenez une pinte de bonne eau-de-vie, versez-en la quatrième partie dans un grand vase de faïence, faites-y dégoutter le sang de sept jeunes coqs et ayez soin de battre l’eau-de-vie à mesure que le sang y dégoutte, versez-y ensuite le reste de l’eau-de-vie en remuant toujours. Ajoutez à ce mélange deux dragmes de cannelle concassée et demi-livre de sucre candi en poudre ; mettez le tout dans une bouteille de grès bouchée avec liège, mastic fondu et de la vessie de cochon. Enterrez la bouteille dans le fumier de cheval pendant quarante jours, ayant soin d’ôter celui qui est dessus et froid, tous les trois jours, pour en mettre du chaud.

Cette essence est un puissant remède pour la génération ; elle est utile dans toutes sortes d’occasions où la nature manque, et surtout dans les épuisements par débauches.

III. — L’amour sème notre carrière de fleurs, mais la nature ne nous donne qu’un temps pour les cueillir. L’homme trouve toujours une belle femme de son goût, il ne peut cependant pas le lui prouver à tout âge. Voyez Mondor, regardez son hôtel, ses valets, sa cuisine, son office, sa table, tout annonce l’aisance ; il n’est pourtant pas heureux : son or lui donne bien de belles esclaves mais, en amour, posséder n’est pas toujours jouir.

Quoique l’âge de la vieillesse soit froid et presque impuissant, il est prouvé que l’on peut encore le rendre agréable par les secours de l’art. Tout Paris a vu un doyen des maréchaux de France courtiser les femmes pendant soixante ans et plus, et se marier dans l’âge que l’on regarde communément comme celui de décrépitude. Ce seigneur a de grandes obligations à la médecine, qui ne lui est pas moins redevable de son côté, puisqu’il sert à prouver que les ordonnances hippocratiques ne sont pas toujours des rêveries.

Un homme d’un certain âge qui veut connaître les plaisirs de l’amour doit faire usage de bons aliments, manger peu et souvent. Il faut qu’il prenne tous les mois un bain de lait. Il se fera faire tous les soirs, en se couchant, des embrocations sur les lombes avec de l’huile de castor ou de l’esprit de vin dans lequel on aura fait infuser du safran. Il se baignera chaque jour les parties génitales dans une décoction de sarriette, faite dans du vin rouge. Avec toutes ces précautions, le remède qui perfectionnera la cure est le suivant.

LINIMENT DE VIRILITÉ

Prenez du miel clarifié et de l’huile de noix muscade par expression, une demi-once de chaque sorte ; de la pirèthre, du poivre noir et des cubèbes, une demi-once de chacun ; du musc, un demi-scrupule ; de la civette, un scrupule ; du baume du Pérou, un gros ; faites-en un liniment suivant les règles de l’art.

Ce liniment est destiné à oindre la verge et le périnée, ce qu’on ne fera que de trois jours en trois jours au plus, car il excite singulièrement aux plaisirs de l’amour [2].

Comme il ne suffit pas que la chaleur animale soit momentanée, les vieillards feront un usage constant de l’électuaire suivant ; ils en prendront, une heure avant le dîner, gros comme une noix muscade.

ÉLECTUAIRE APHRODISIAQUE

Conserve de racine d’éryngium, de satyrion ; aa deux onces ; de gingembre confit, six gros ; d’amandes douces, une once ; de confection alkermès, un gros ; de poudre de semence de roquette et de moutarde, trois gros de chaque ; espèces diatrion piperon, deux gros ; sirop de racine d’énula, une quantité suffisante. Mêlez le tout pour former un électuaire.

On sera peut-être surpris que je n’aie fait aucune mention de l’usage des cantharides ; mais les vrais médecins ne les ont jamais regardées comme de vrais aphrodisiaques. Elles n’agissent qu’en irritant les voies urinaires et l’irritation qu’elles y produisent est souvent mortelle. Je conseille donc de n’y avoir jamais recours, il ne manque pas de moyens plus sûrs et moins dangereux, ainsi qu’on le verra dans la liste suivante.

Je le répète, mon intention n’est pas de favoriser la débauche ; il faut toujours réfléchir qu’on ne doit pas sacrifier sa santé à des plaisirs d’un moment. L’amour est la plus belle des passions ; mais elle est aussi celle qu’il importe le plus de diriger. Qui diligit sapientiam, diligit vitam.

Voir en ligne : Catalogue des substances aphrodisiaques (Dissertation)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage de François-Amédée Doppet, Traité du Fouet : Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin, Paris, 1788.

Notes

[1Comme cet électuaire pourrait ne pas être du goût de tous les malades, on pourra y substituer d’autres aphrodisiaques : on trouvera, dans le troisième paragraphe, une liste de toutes les substances qui sont de cette nature.

[2Il ne serait pas moins utile aux jeunes gens qui sont impuissants qu’aux vieillards. C’est l’aphrodisiaque le plus prompt et le plus assuré.



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