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En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

Les suites d’une flagellation

Mémoires de Dolly Morton (Chapitre XI)



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Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.


XI
LES SUITES D’UNE FLAGELLATION

Je reprends ma confession :

Mon supplice terminé, Miss Dean m’avait appelée auprès d’elle.

Ma pauvre enfant, dit-elle, comme j’ai souffert pour vous !… Vos cris me perçaient le coeur. Oh ! les monstres de vous avoir si cruellement fouettée.

Elle paraissait avoir oublié sa propre peine et l’ignominie de son châtiment pour ne plus penser qu’à moi.
- Ils m’ont fouettée bien moins cruellement que vous, répondis-je ; je n’ai revu que douze coups, et le sang n’a pas coulé.

Je l’embrassai et je m’appuyai doucement contre elle.
- Nous n’avons pas encore fini de souffrir, reprit Miss Dean. Vous souvenez-vous que cet homme a dit qu’il nous attacherait sur la balustrade pendant deux heures ?

Je me souvins alors de la menace, mais sans y attacher grande importance ; certes, ce serait peu confortable et probablement même fort douloureux d’être ainsi assise pendant aussi longtemps, sur un espace très étroit et dans l’état où nous sommes, pensais-je ; mais j’étais loin de m’attendre à la torture que nous allions éprouver.

Mon illusion ne fut pas de longue durée, car quelques instants après nos bourreaux vinrent nous chercher, et nous portèrent sur la palissade entourant la maison. Cette barrière, haute d’environ cinq pieds, était faite de piquets de bois taillés en coins. Stevens nous dit avec un sourire cruel :
- Nous allons maintenant passer à un autre genre d’exercice. Deux heures de repos, avec ces piquets comme sièges, donneront à vos personnes le temps de se remettre de leurs fouettées. D’ailleurs, pour vous empêcher de tomber, nous vous attacherons. Préparez-les, vous autres.

Je fut épouvantée en me sentant saisir par deux hommes tandis qu’un troisième me relevait mes jupes et m’arrachait mon pantalon. Miss Dean subissait le même sort. Nos vêtements étaient attachés de telle sorte que le bas de notre corps était exposé nu aux regards de ces misérables.

Ils se mirent à plaisanter, se questionnant l’un l’autre sur notre virginité probable, faisant des comparaisons entre nos deux corps, et devisant sur notre aspect général.

Une longue corde fixa solidement nos bras le long de notre corps, puis ils nous soulevèrent et nous fûmes placées à califourchon, face à face, sur le haut de la barrière. Nous reposions sur l’extrémité des pointes de cette balustrade. De chaque côté des piquets avaient été plantés, où furent solidement attachées nos chevilles, puis nos jupes furent baissées.

Stevens nous regarda alors en souriant d’un air narquois.
- Maintenant que vous êtes bien on selle, nous allons vous quitter ; dans deux heures, un de nos amis viendra vous aider à mettre pied à terre. Il est très probable que vous serez fort endolories, et aurez renoncé à jamais à vos théories anti-esclavagistes.

Puis tous s’éloignèrent en riant avec des plaisanteries si horribles que malgré nos souffrances nous en rougissions encore.

La nuit tombait. Le soleil avait disparu lentement à l’horizon. Un profond silence régnait. La douleur, légère quand on nous avait assises sur les piquets, commençait à devenir intolérable. Tout d’abord, j’avais espéré que Marthe viendrait nous délivrer. Ce fut en vain. Notre maison était trop isolée pour conserver un seul instant l’espoir d’être délivrées par un passant.

Nous ne parlions pas, nos souffrances étant trop cuisantes ; de violents sanglots nous secouaient, ajoutant aux souffrances endurées par cette position affreuse.

La douleur devint si aiguë qu’il me sembla que tous mes nerfs allaient éclater. Je me tordais convulsivement sans autre résultat que de faire pénétrer les piquets plus avant. Folle de douleur, je me mi à crier et même à jurer. Miss Dean pleurait silencieusement ; sa figure convulsée révélait seule l’intensité de sa souffrance, mais aucun cri ne sortait de ses lèvres. Je commençais à désespérer quand, oh ! bonheur, je vis un homme pénétrer dans l’avenue. Mon cour bondit de joie… nous allions être délivrées !… Je redoublai mes cris, suppliait l’homme d’accourir à notre aide, mais il n’avait pas l’air de s’en émouvoir. Enfin, il approcha et ne fut bientôt qu’à quelques pas de nous.

Je reconnus Randolph…

Voir en ligne : Mémoires de Dolly Morton : L’Enlèvement (Chapitre XII)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.



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