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Nouvelle érotique

Les trois viols d’Evelyne

Une femme du XXe siècle et de la libération des moeurs

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Les trois viols d’Evelyne », Nouvelle érotique, Paris, janvier 2011.


Les trois viols d’Evelyne

1967 : Evelyne a 13 ans. Blonde et affable, c’est une adolescente aux formes déjà épanouies. Et plus d’un monsieur à l’air sérieux se retourne sur son passage. Aujourd’hui c’est dimanche et il fait beau. Evelyne promène tranquillement son chien, un petit teckel offert par sa tante, quand une Simca s’arrête à sa hauteur. Elle reconnaît dans le conducteur Michel, un copain du quartier – mais il y a aussi deux autres garçons dans le véhicule. Michel lui propose chaleureusement de monter, ce qu’elle fait après un instant d’hésitation. Au bout d’un moment, la voiture quitte la ville et se dirige vers un coin retiré, en bordure de la mer. Là, le ton des garçons devient plus agressif. Ils menacent de tuer son chien avec une pierre si elle ne fait pas ce qu’ils veulent. Et ce qu’ils veulent d’elle, c’est une petite gâterie. À tour de rôle, ils la forcent à prendre leur pine turgescente dans sa bouche (seul l’un des trois éjaculera). Après quoi, ils la giflent copieusement et lui promettent les pires choses si elle parle de cette virée à sa famille. Elle ne sera pas déflorée, mais rentrera à pied à la maison.

1970 : Evelyne a 16 ans. Elle est pensionnaire dans un collège religieux, près d’Avignon. Un dimanche de printemps, elle fait « le mur » avec deux autres camarades pour aller dans une fête voisine. Mais l’après-midi passe vite et il faut déjà rentrer. Pour cela, les trois gamines font du stop sur la nationale. Une 4L finit par s’arrêter. Le conducteur a la trentaine et est plutôt beau garçon. Rapidement, elles réalisent que la route qu’il emprunte les éloigne de leur destination. Près de Salon, à l’entrée d’un chemin broussailleux, il s’arrête et se jette sur elles. Les trois filles s’affolent, crient, se débattent, parviennent enfin à ouvrir une portière pour s’enfuir. Mais Evelyne, ce jour-là, a mis des escarpins à talon haut. Elle trébuche, tombe et c’est finalement elle seule que le salopard, qui la maintient solidement, ramène à la voiture. Un peu plus loin, dans un sous-bois, il lui arrache ses vêtements et s’allonge sur elle pour la pénétrer. Mais Evelyne est encore vierge. Elle est étroite et elle saigne. Il faudra au violeur plusieurs tentatives pour parvenir à jouir en elle. Devant ses pleurs, l’homme consent à la ramener dans les parages de la ville, non sans lui avoir fait juré de se taire en échange. Mais Evelyne, cette fois, désobéit et raconte son agression. Quand ils l’apprennent, sa famille puis les sœurs qui administrent le pensionnat, loin de la réconforter, l’accablent de reproches et l’enferment pendant un mois. On la tient responsable de ce qui lui est arrivé : après tout, n’a-t-elle pas quitté l’établissement en cachette ? À la fin de l’année scolaire, pour parachever la sanction, on lui fait redoubler sa classe.

1976 : Evelyne est mariée et enceinte de sept mois. Seule à la maison cet après-midi, elle reçoit un ouvrier-peintre pour de menus travaux d’intérieur. C’est l’été. Malgré la chaleur ambiante, Evelyne porte une robe longue et opaque, — mais elle ne peut cacher la rondeur de son ventre. Par gentillesse, elle invite l’ouvrier à s’asseoir un moment sur le canapé familial et lui offre une boisson fraîche. Contre toute attente l’homme, jusque-là poli et réservé, croit à une invitation sexuelle. Il s’approche d’elle, lui dit qu’elle le rend fou de désir, commence à la caresser et à l’embrasser dans le cou. Loin de s’affoler, Evelyne songe au bébé qu’elle porte et se fige dans le silence, lui laissant poursuivre ses avances. Il la retourne, soulève sa robe et finit par la prendre en levrette. Durant ces quelques minutes, Evelyne ne gémit pas, songe que ce n’est pas elle que l’homme veut mais seulement son corps et elle le lui abandonne pour ce moment de plaisir. Après tout, c’est la nature qui parle en lui et elle ne participe pas. Son foutre lâché, l’homme se retire et se rhabille en vitesse, tout penaud. Il se confond en excuses et lui demande pardon. Evelyne lui propose de terminer son travail et de partir. Par crainte de passer pour une allumeuse, elle n’en dira rien à son mari. Elle n’était pas là mentalement, il ne s’est rien passé.

Voilà, en peu de mots, quelques-uns des drames qui ont jalonnés la vie de la pauvre Evelyne, pourtant femme du XXe siècle et de la libération des moeurs. Jeunes filles qui me lirez, luttez pour ne jamais connaître les mêmes épreuves qu’elle.



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