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L’Ardente passion

Martèlement de claques sur une croupe jaillissante

Roman érotique (Chapitre III)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


III

Berthe revint l’après-midi du même jour : la gouvernante l’attirait, invinciblement, comme un aimant caché, attire quand même le fer.

En entrant, elle ne se montra pas aussi rieuse que la veille, une gêne la paralysait. Par contre, Marthe la reçut avec plaisir et la fit asseoir auprès d’elle, sur le grand sopha.

Elles parlèrent de choses futiles, et pourtant elles se tenaient hanche à hanche. Une bouffée brûlante monta aux tempes de la femme. Dans un état de viduité prolongé, tout lui était maintenant sujet à exaltation. Elle se leva, brusquement ; sans raison apparente :
- Allez voir votre cousin… mais soyez sage !

Elle prononça ces mots, d’un ton bas, comme hypocrite, voilant une pensée secrète.

Berthe obéit, sans réfléchir, poussée par un démon mystérieux. Elle songeait à sa conduite de la veille et se demandait en quoi elle était répréhensible. Toutefois, ce sentiment de la faute, l’incitait à recommencer.

Louis était dans la bibliothèque, fouillant ses dictionnaires épais, attelé à sa traduction d’Hésiode qu’il voulait avoir terminée pour le retour de son père.

Berthe entra, hautaine, mais désinvolte, sûre de la supériorité de sa science.
- Ça sent le bouquin ici… allons au jardin.

Il rit, approuvant cette réflexion, heureux d’une minute de répit.
- Il faut faire attention à madame, chuchota-t-il sournois.

Ils rirent doucement, avec l’impression intime de la farce à exécuter. Se tenant par la main, ils coururent jusqu’au fond du jardin et derrière un buisson, s’écroulèrent sur le gazon, avec un rire fou.
- Elle ne viendra pas nous dénicher ici !

Ils se turent, troublés, jugeant que leur attitude était insuffisante pour leur valoir un reproche. Comme la veille, Berthe lui prit la main, tendrement et se pencha sur son épaule :
- Tu es encore triste ?

Il tourna la tête et vit ces grands yeux fixés sur lui, ces lèvres humides qui semblaient s’offrir. Il frissonna et recula, gêné, ne trouvant pas, en son inexpérience, le geste à faire.

Plus courageuse, elle lui saisit la tête de ses menottes :
- Pauvre ami… comme tu es seul ?

Elle avança son minois qu’une rougeur enflammait et un baiser rapide, sonore, unit leurs lèvres quelques secondes.

Aussitôt elle fut debout, regrettant déjà son audace, devinant un danger.

Ils revinrent à petits pas, silencieusement, n’osant plus se regarder. Près d’eux une branche craqua ; ils remontèrent. Ils eurent l’impression qu’un témoin malveillant les suivait.

Comme ils atteignaient le perron, ils se retournèrent. Marthe était derrière eux, blême, les yeux brillants, la respiration saccadée. Ils tremblèrent, comprenant qu’elle avait vu. L’image de sa mère, terrifia la jeune fille ; elle jeta à la gouvernante un pauvre regard d’imploration.

Celle-ci sans un mot, remontait derrière eux, les poussant en avant par sa seule présence. Dans l’antichambre, elle posa un doigt sur l’épaule du jeune homme. Il fléchit, comme si ce doigt eut été d’un poids énorme.
- Rentrez dans la bibliothèque !… tout de suite…

Il partit, sans se retourner, abandonnant la complice de la faute puérile.

Celle-ci n’osait pas fuir, une sensation étrange la bouleversait.

La femme l’avait saisie par le bras, fermement, et l’entraînait vers le boudoir. Là, elle la fixa, intensément :
- Faut-il que j’aille trouver madame votre mère ?

Elle plia sur les jambes, terrorisée :
- Non… Je vous en prie…

Marthe n’insista ; ses mains se baissaient, longeaient les hanches, sans que l’autre, inquiète osât bouger. Elle sentit que sa robe légère se soulevait ; elle rougit, mais ne fit aucun mouvement pour se défendre, ne comprenant pas encore.

Mais brusquement la jeune femme l’attira en avant, faisant jaillir la croupe, qui se dégagea seule du mince pantalon.

Elle frémit, une plainte jaillit de ses lèvres, tandis qu’une gifle claquait.

Sous la brûlure du coup, elle frissonna ; mais en même temps, sa pensée lui échappa. Les claques pleuvaient, martelant la chair qui bleuissait.

Elle ne se défendait point, et pourtant une réelle douleur la pinçait, s’enfonçant en elle profondément, faisant courir par tout son être une chaleur inaccoutumée.

À voix basse, elle gémissait, craignant les cris qui auraient pu attirer son cousin. Ses genoux fléchissaient, la taille se creusait perdant son énergie.

Les coups moins rapides étaient plus sensibles, tombant plus exactement dans la longueur de la croupe. La main de la femme s’était fermée, c’était un poing qui maintenant frappait durement, se glissant par tous les interstices, faisant retentir la pièce d’un bruit étouffé.

Avec une lamentation de honte et de souffrance, la malheureuse croula à genoux, les mollets étreints, tout l’être défaillant.

La correction cessa ; elle attendit encore, cachant la rougeur de son front dans ses paumes moites. Rien ne se produisant, elle releva la tête : la gouvernante avait disparu, la laissant seule, dans le petit boudoir coquet, tout parfumé de l’arôme juvénile de son corps frêle.

Avec des sanglots étouffés, elle se redressa péniblement ; mais avant de remettre un peu d’ordre dans sa toilette, elle voulut se rendre compte de l’état de la partie atteinte. Elle resta, un moment, songeuse devant la glace ; elle se tenait penchée, en avant, tandis que tout un monde de pensées traversait son esprit.

La portière masquant l’entrée, trembla légèrement. Rougissante, elle rabattit ses jupes et sur la pointe des pieds, courut jusqu’à la porte. Le bruit étouffé d’un pas qui s’éloignait, parvint jusqu’à elle. Un frisson la secoua, son cœur se serra et tristement, elle acheva de se revêtir.

Méfiante, à petits pas, elle sortit, traversant les pièces l’une après l’autre, sans rencontrer âme qui vive.

En bas du perron, à une courte distance elle aperçut Louis qui l’épiait. Lui aussi était fort rouge et la considérait avec un étonnement mêlé de pitié.

De nouveau elle frissonna, devinant subitement que la scène brève avait eu un témoin curieux.

Passant devant le jeune homme, elle baissa les yeux et celui-ci oublia de lui souhaiter un bon retour, comme il en avait accoutumé. Il la regardait, dévorant des yeux son corps souple que moulait la tunique de fin lainage. Elle atteignit sa bicyclette et s’enfuit des sanglots plein la gorge. Quand elle fut loin, Louis remonta le perron et retraversa les pièces pour venir aboutir au petit boudoir. Là, il demeura en contemplation devant les murs et les meubles comme s’il eut cherché les traces des deux femmes.

Un froissement léger se fit entendre derrière lui ; mais il n’eut pas le temps de se retourner, deux claques vigoureuses s’abattirent sur ses oreilles.
- Que faites-vous là ?

Rouge de honte, il balbutia une réponse ; Marthe était devant lui, frémissante, les paupières bleuies, les lèvres crispées. Elle le regardait, droit dans les yeux, cherchant à deviner sa pensée.

Elle eut peur d’elle-même et s’éloigna en haussant les épaules.

Ils se retrouvèrent à table au repas du soir, un embarras les sépara ; ils se turent pendant tout le dîner, chacun d’eux craignant d’entendre le son de la voix du compagnon.

Marthe s’en fut seule, prendre le thé dans le boudoir, tandis que lui-même restait au salon. Elle s’était assise près de la porte et par un étroit interstice de la tenture, le surveillait.

Ses yeux noirs brillaient de fièvre, sa bouche avait une crispation méchante. Et lui, se croyait absolument dans la solitude, cherchant à se remémorer les incidents de la soirée auxquels, il avait assisté. Il revoyait sa cousine, la croupe dénudée, rudement martelée par le poing vigoureux de la gouvernante.

Derrière la tenture, Marthe était haletante, une sueur glacée perlait à ses tempes.

Voir en ligne : Rudes cinglades et meurtrissures (Chapitre IV)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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