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Textes érotiques

Mère au foyer

Une drôle de salope

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Mère au foyer », Texte érotique, Paris, janvier 2016.


Mère au foyer

Il ne lui a fallu que six mois pour qu’elle se marie et tombe enceinte presqu’aussitôt. Aujourd’hui, à seulement vingt et un ans, Magali est mère d’une petite Nadège et, femme au foyer, elle passe ses journées entre l’appartement familial et le jardin d’enfants où elle mène sa petite lorsque le temps le permet. Tout est allé trop vite dans sa vie et souvent elle regrette l’époque, pas si lointaine, où elle sortait entre copines. Il y avait toujours des garçons pour les draguer et leur payer un pot, où qu’elles aillent. Comme il y a toujours des hommes qui se retournent sur son passage quand elle pousse son landau en robe courte et en découpés à semelles compensées.

« Si seulement Jean-Louis ne travaillait pas autant. Se dit-elle quand elle sent le désir l’envahir et qu’il n’est pas là pour la satisfaire. Dommage qu’il soit si souvent absent. Car c’est un mari et un père parfaits. »

Ce matin, à demi-nue dans son peignoir en satin blanc (celui qui fait craquer Jean-Louis), Magali s’observe avec anxiété dans le miroir de son armoire à vêtements. Dans la pièce voisine Nadège dort, repue de lait et de bouillie. Depuis l’accouchement, son ventre est un peu moins plat et ses petits seins se sont affaissés. Sa taille, heureusement, est toujours évasée et ses jambes ne seraient pas mal si elles n’étaient pas aussi arquées. Quant au visage, ce n’est pas mieux. Elle trouve son nez trop long, son menton trop petit et ses dents trop en avant. Il y a quand même sa belle chevelure auburn et ses yeux vert-olive qui plissent lorsqu’elle sourit.

« Je me demande bien ce que les mecs me trouvent pour toujours me coller au train. Soupire t’elle. Enfin, ça pourrait être pire… »

Soudain, la sonnerie de la porte d’entrée retentit et la tire brutalement de sa perplexité. Deux fois. Qui cela peut-il bien être à dix heures du matin ? Ce n’est pas le facteur ; il passe en général plus tard. Elle se souvient alors que le chauffagiste devait venir pour examiner leur climatisation défectueuse. L’été est bientôt là et il fait tellement chaud dans cette région. A peine a-t-elle renoué son peignoir que Magali se précipite vers la porte. C’est un jeune gars brun et barbu qui se présente à elle :
- Bonjour. C’est l’entreprise Michaud. Je viens pour la clim.
- Bien sûr. Je vous attendais. Si vous voulez entrer…

En un coup d’œil Magali évalue l’animal. Petit mais musclé. Il a un poignard tatoué sur l’avant-bras droit ; ses pectoraux gonflent sa salopette, son seul vêtement. Et quels beaux yeux bleus il a !

- C’est dans le salon. Vous voyez, il n’y a plus d’air qui sort de l’appareil quand je l’allume.
- Eh bien on va voir ça tranquillement.

En deux temps trois mouvements il ouvre l’installation et repère le problème à solutionner. Magali l’observe travailler avec admiration. Celui-là, on peut dire qu’il est habile de ses mains. Moins de dix minutes après, le climatiseur propulse à nouveau un air frais et vivifiant :
- Voilà madame. Ce n’était pas bien méchant. Juste un problème de circuit. Vous allez pouvoir passer l’été au frais.
- Merci infiniment. Je vous dois combien ?
- Soixante euros tout ronds. Vingt pour le déplacement et quarante pour la main d’œuvre.

Elle accuse le choc en souriant. Car elle ne s’attendait pas à une note aussi salée :
- Soixante euros… Attendez-moi. Je vais voir dans la commode. Mon idiot de mari, en partant ce matin, ne m’a laissé que vingt euros pour les courses. Non, je n’ai que ça. Vraiment, je suis confuse…
- Et moi donc ! Lâche- t’il en maugréant.
- Si vous pouvez repasser demain. A moins que…
- A moins que quoi ? Reprend-t’il en fixant ses yeux verts qui plissent en guise d’excuse.
- On pourrait s’arranger, si je te plais et que tu as un moment devant toi...

Un instant il la fixe entre dédain et perplexité. Magali s’attend au pire, se sent fondre face à lui. Puis il s’approche d’elle, défait la ceinture de son peignoir avec autorité et attrape ses petits seins à pleine main :
- Tu sais que tu es une drôle de salope, toi. J’espère que tu as un ventilateur dans ta chambre.



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