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Mes confessions aux pieds de la duchesse

Montre en argent ou le saut de Leucade

Les Tableaux vivants (Roman érotique : chapitre IX)



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- Les Tableaux vivants ou Mes confessions aux pieds de la duchesse, anecdotes véridiques tirées de nos amours avec nos libertines illustres et nos fouteuses de qualité, par un Rédacteur de la R. D. D. M., Éd. Poulet-Malassis, Paris, 1870.


IX
MONTRE EN ARGENT OU LE SAUT DE LEUCADE

Blanche de Beauvoir à la marquise de la Galissière.

« Madame,
« Je vous ai vue hier aux Italiens. Je vous aime. »

La marquise de la Galissière à mademoiselle Blanche de Beauvoir.

« Mademoiselle,
« J’ai reçu de vous hier un étrange billet. C’est une mystification sans doute. Expliquez-vous. »

Blanche à la marquise.

« Si vous me demandez de m’expliquer, c’est que vous m’avez comprise à demi-mot. Eh bien oui ! je vous aime, je vous désire ; mes yeux vous ont avant-hier dévorée toute vive. Êtes-vous au-dessus du préjugé qui repousse le plus doux et le plus solide des plaisirs ? — le plus doux parce que c’est du fruit défendu, le plus solide parce qu’il est le seul durable ? Est-il vrai que vous ayez couché avec la princesse Edwige ? Je la vaux bien. »

La marquise à Blanche.

« Êtes-vous discrète comme la tombe ? »

Blanche à la marquise.

« Discrète comme la tombe, brûlante comme la flamme. »

La marquise à Blanche.

« Lorsque j’allais rendre visite à la princesse Edwige, je trouvais auprès d’elle un beau cavalier pour finir notre entretien quand nous étions lasses de causer toutes les deux ensemble. A trois le temps s’écoule plus doucement. »

Blanche à la marquise.

« Il te faut de quoi éteindre l’incendie que j’aurai allumé. Je me procurerai ce beau cavalier, marquise de mon cœur. À demain. »

La marquise à Blanche.

« Mais il ne se montrera que lorsque nous l’appellerons ! »

- Vois-tu, me dit Blanche, qui m’avait envoyé chercher et qui venait de me conter son histoire, elle a encore de la pudeur. Mon cher, sais-tu que c’était là ma seule ambition ! Gramahucher une femme du monde !

Excusez-moi, belle lectrice : le beau cavalier que cette friponne de Blanche allait offrir à la marquise, c’était votre serviteur.

J’avais trouvé Blanche à sa toilette, et je vous réponds qu’elle en fit une minutieuse où je l’aidai de mon mieux. C’est moi qui la couvris d’essences et de poudre à la maréchale. Vous savez que c’est une belle fille toute blanche, toute blonde, toute ronde. Nous étions là tous les deux, moi faisant couler quelques gouttes d’eau de Portugal sur sa motte dorée, elle recevant cette libation avec une impatience fébrile. Je voulus prendre quelques libertés. Elle m’arrêta :
- Gardons nos forces tous les deux, me dit-elle.

La camériste entra, portant un paquet cacheté à l’adresse de Blanche. Nous fîmes sauter les cachets. Le paquet contenait un superbe godemichet dans un étui d’argent aux armes princières avec cette inscription gravée : « Edwige à son ange ! »

Pendant que nous admirions cette pièce curieuse, une voiture s’arrêta au pied de la maison. Blanche me jeta dans un salon contigu à son boudoir :
- Je t’introduirai quand il en sera temps, me cria-t-elle. Eh ! morbleu, pourquoi pas tout de suite ? Je me mis à secouer la porte ; mais elle était fermée au verrou. J’essayai de coller un de mes yeux à la serrure… On ne voyait rien ; mais on entendait.

J’entendis des chuchotements, des baisers, des gloussements de poules amoureuses, un froufrou de robe qui glissait par terre, des bottines légères qu’on jetait au loin, puis un silence…
- Toute nue ! toute nue ! cria Blanche. Ah ! je te tiens, marquise !
- Appelle-moi putain ! dit la grande dame.
- Oh ! le joli bibi !
- Ah ! le beau con !

Le sofa gémit. Ce furent alors des soupirs, des hurlements furieux… Soudain il y eut une interruption causée par Blanche, qui toussait, qui crachait, qui étouffait.
- Cher ange ! dit marquise, qu’as-tu donc ? Un de mes poils dans ta gorge ?
- C’est qu’on n’en a jamais vu de si longs !… Ah ! le voici !…

Et les soupirs de recommencer.
- Mamour ! cria la marquise ; l’homme est-il là ?

La porte s’ouvrit. Quel spectacle !

Blanche, nue comme une reine sauvage, m’introduisit. Sur le sofa je vis sa complice étendue dans le même costume de nature, le corps tout marbré de baisers et de morsures, les cuisses écartées, les flancs agités de tressaillements convulsifs, la tête renversée sur les coussins et le visage couvert d’un mouchoir.
- Blanche ! murmurait-elle, je n’en puis plus ; qu’il vienne !

Parbleu ! j’arrivais. Ces cuisses bondissantes et le buisson noir entr’ouvert, tout cela me transportait d’une fureur sacrée. Je sautai sur le sofa, j’enconnai la belle. Au premier coup qu’elle me rendit, le mouchoir tomba.
- Ma cousine la Galissière !
- Mon cousin de la Brulaye !
- Ah ! tant pis !… Je… je le fais !
- Je dé… je décharge !

La jouissance nous avait saisis tous les deux comme la foudre et nous avait épargné l’embarras d’une si étrange rencontre…
- Puisque vous m’avez baisée, mon cousin…
- Puisque je vous ai foutue, ma cousine…

Blanche se tordait de rire !
- Ils étaient parents ! criait-elle ; ils étaient parents !

Cependant la marquise, d’une voix languissante, demandait à Blanche où était le godemichet de la princesse. Blanche apporta le monstre en triomphe, et sur un signe de sa complice se l’attacha autour des reins ; puis elle voulut le mettre à la marquise.

Mais celle-ci ne s’amusait pas à des jeux si simples ! Elle fit coucher Blanche sur le sofa et l’enfourcha résolument. L’énorme godemichet n’entra point sans la faire gémir ; mais il entra enfin. La marquise alors, s’adressant à moi, me dit :
- Mon cousin, prenez ce qui vous reste.

Ce qui me restait, c’était le cul !

Je m’en accommodai, comme on pense. Les entrailles où j’allais pénétrer étaient de ma famille ! Comme je me présentais un peu brusquement, ma cousine m’arrêta d’un coup bien appliquée de son croupion de satin.
- Savez-vous seulement sodomiser ? me dit-elle. Ah ! Richard, l’habileté n’est point d’entrer jusqu’au fond. Il y a au bord un muscle, un anneau qui serre…
- Oui, c’est le sphincter, répondis-je…
- Et c’est là qu’il faut se tenir pour être heureux ! C’est là que vous sentirez des contractions délicieuses. N’enfoncez pas ! N’enfoncez pas !
- Ah ! s’écria Blanche, quelle femme ! Comme elle sait tout cela !

Qui m’eût dit que je recevrais des leçons de socratisme de ma cousine la Galissière ! J’obéis à ses prescriptions… Je me tins dans le sphincter. Elle me fit sentir ces contractions divines !…
- Vois ! C’est le baiser du cul ! me disait-elle.

Voir en ligne : Le bas gris-perle et l’étoile rouge (chapitre X)

P.-S.

Texte établi par Nathalie QUIRION et EROS-THANATOS d’après le roman érotique d’un Rédacteur de la R. D. D. M. (attribué à Paul Perret), Les Tableaux vivants ou Mes confessions aux pieds de la duchesse, anecdotes véridiques tirées de nos amours avec nos libertines illustres et nos fouteuses de qualité, Éd. Poulet-Malassis, Paris, 1870.



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