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En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

Nuit d’épreuve

Mémoires de Dolly Morton (Chapitre XVII)



Auteur :

Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.


XVII
NUIT D’ÉPREUVE

Randolph avait fermé la porte, et, se tournant vers moi, me dit :
- Voyez-vous, belle Dolly, je suis très heureux que vous soyez revenue à de bons sentiments. J’eusse été très fâché d’employer la violence à votre égard.

Me faisant tenir debout devant la glaces il défit vivement les boutons de mon corsage et les cordons de ma jupe, puis en un clin d’oeil, fit sauter mon corset. Il défit ensuite mes jupons et mes pantalons et m’enleva mes bas. Je me trouvais donc complètement déshabillée devant lui, n’ayant que ma chemise sur le corps, et, je l’avoue, malgré ce dernier vêtement, je me sentais rougir de honte. Quelle angoissante position pour une femme qui était encore une jeune fille ! et je savais bien que les femmes, dans tous les temps et dans tous les pays du monde, qui ont passé par ces épreuves n’en étaient pas mortes.

Puis, soudain, comme si le dernier voile qui me restait et me couvrait mal, l’eût impatienté, il me l’enleva et je me trouvai complètement nue devant cet homme. Je fermai les yeux, mais les larmes perlèrent sous mes paupières et coulèrent lentement sur mes joues. Cependant Randolph ne cessait de parler.
- Comme vous êtes belle et bien faite, murmurait-il. Combien vos formes sont élégantes et pures !

Une autre femme eût peut-être été heureuse de ces compliments, mais j’étais trop honteuse et ne prêtai que peu d’attention à ces paroles ; je désirais ardemment la fin de ce supplice.

Enfin, Randolph m’avait étendue sur le lit. Me serrant dans ses bras, il m’étouffait de baisers…

Je ne me soucie pas de savoir comment les autres se sont tirées d’affaire en cette pareille circonstance. Pour moi, je la trouvai si bestiale et douloureuse que, dans ma naïveté, je me crus victime d’un abominable attentat. Je ne ressentis pas la plus fugitive sensation voluptueuse. Rien que de la douleur.

Toutes les femmes ont passé par là ; je le sais et aucune pourtant ne s’en est plainte : la preuve en est qu’elles y retournent.

Néanmoins, je n’éprouvai que du dégoût et mon aversion pour Randolph ne fit que d’augmenter.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Je me réveillai le lendemain matin, courbaturée. Randolph, lui, dormait toujours profondément.

J’étais triste et découragée, et mes pensées n’étaient pas précisément gaies.

Après avoir longuement réfléchi sur mon affreuse situation, je crus que le mieux était de rester à Woodlands, pour quelque temps du moins, et de faire contre fortune bon coeur. Je résolus donc de tirer le meilleur parti de la situation.

J’en étais là de mes réflexions, lorsqu’on frappa à la porte : c’était Suzanne, l’une des fille de chambre, qui apportait le thé. Elle plaça son plateau sur une table près du lit ; elle me regardait sans la moindre expression d’étonnement ou de curiosité mais je me sentis toute honteuse de me trouver couchée avec un homme en présence de cette fille, et je rougis malgré moi.

Elle mit un peu d’ordre dans ma chambre, ramassant mes vêtements que Randolph avait jetés à la volée par toute la pièce. Puis elle prépara le bain et se retira.

Je me levai, puis une fois habillée, je descendis dans le jardin, afin de m’asseoir dans un coin solitaire où je pusse réfléchir à mon aise.

Après tout ce que j’avais eu à subir, j’étais heureuse de me retrouver un instant seule ; la sérénité du ciel, l’air frais du matin, le doux arôme des fleurs et le clair du soleil qui montait à l’horizon, eurent pour effet de calmer un peu la surexcitation de mes nerfs. Je me sentais toute alanguie et je restai à l’ombre jusqu’à l’heure du déjeuner.

Après le repas, Randolph s’éloigna et Dinah entra, m’apportant un panier de clés, en me demandant respectueusement mes ordres pour la journée. Je remarquai qu’elle ne m’appelait plus Mamzelle, mais Maîtresse.

Comme je n’avais nullement l’intention de me donner la peine de surveiller la gestion d’une maison aussi importante que Woodlands, je priai Dinah de garder les clés et de continuer à diriger tout comme auparavant.

Elle parut très heureuse de ma résolution, et, reprenant fièrement son panier, elle partit toute joyeuse.

Je passai l’après-midi sur un divan à lire tranquillement et je ne revis Randolph qu’au dîner.

Mon appétit était revenu ; je fis honneur aux excellentes choses qu’on nous servit et je bus une ou deux coupes de champagne. Je trouvai, cette fois, ce vin délicieux ; il ne tarda pas à agir et me monta même légèrement à la tète.

À onze heures, nous nous mimes au lit et cette nuit se passa plus agréablement que la précédente.

Voir en ligne : Mémoires de Dolly Morton : Passe-temps agréable (Chapitre XVIII)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.



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