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En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

Nuit horrible

Mémoires de Dolly Morton (Chapitre XXVI)



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Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.


XXVI
NUIT HORRIBLE

Je vous laisse à penser l’état dans lequel m’avait mise cette déclaration :
- Oh ! implorais-je, vous ne m’infligerez pas pareil traitement ; croyez-moi, je vous enverrai tout l’argent que vous voudrez ; mais laissez-moi partir, ajoutai-je en sanglotant. Ils se prirent à rire bruyamment :
- Vos larmes sont superflues, la belle ; nous n’en agirons pas différemment pour cela, dit celui qui paraissait le plus âgé des trois ; puis se tournant vers ses sombres compagnons :
- Allez, camarades, déshabillez la donzelle et attachez-la.

Et malgré mes cris et ma résistance, je me trouvai en un instant nue et ligotée aux quatre coins d’un lit.

Ils commencèrent à m’examiner, admirant à haute voix ma peau et la finesse de mes formes, surenchérissant sur des particularités que j’eusse voulu cacher et se décidèrent enfin à commencer leur monstrueuse besogne.

Ils tirèrent au sort ma possession ; mais, hélas ! je n’en devais pas moins subir les assauts répétés de chacun d’eux ; tous les trois me violèrent…

Je ne puis vous raconter les horreurs que j’ai supportées. J’étais à moitié morte de dégoût ; une sueur froide ruisselait sur mon front ; et j’étais toute meurtrie, leur façon d’aimer étant faite de brutalité immonde et de rudesse infâme.

Ils délièrent enfin mes membres les courroies avaient laissé des marques rouges sur ma peau brûlée de leurs monstrueuses caresses.

Je m’habillai péniblement, et m’étendis sur le lit grossier cherchant un peu d’oubli dans le sommeil. Mais quoique physiquement et moralement éreintée, je ne pus fermer l’oeil.

Je n’oublierai jamais les tortures de cette épouvantable nuit. J’avais une peur affreuse que ces individus voulussent me garder avec eux.

Le jour vint pourtant, et les rayons du soleil levant glissèrent par les trous des claies qui fermaient la cabane.

Cependant les hommes s’éveillèrent et préparèrent du café. Inconsciente, j’en bus avidement un gobelet, ce qui me rafraîchît un peu.

Puis ils m’annoncèrent qu’ils allaient me rendre ma liberté. L’un d’eux, me prenant le bras et me poussant hors de la cabane, me conduisit alors jusqu’à la route après m’avoir fait faire mille détours. Puis, il disparut dans les fourrés des bois. Je m’étais assise au revers du chemin ne sachant au juste ce que je devais faire, quand une voiture parut. Je m’avançai vers le conducteur qui voulut bien me conduire jusqu’à Richmond.

Arrivé devant la maison de Randolph, le brave homme arrêta son cheval et m’aida à descendre.

Je frappai à la porte ; une jolie femme de chambre vint m’ouvrir et me considéra avec étonnement, comme hésitant. Mais, quand je lui eus dit qui j’étais, elle me conduisit près de Randolph.
- Oh ! Dolly, s’exclama Georges, comme vous voilà faite ! — Je devais en effet avoir une mine affreuse.
- D’où venez-vous ? Je vous attendais à huit heures, hier soir. Où est Jim ? Où est la voiture ?

Cet accueil inattendu acheva de me déconcerter.
- Eh ! ne m’accablez pas avec vos questions ; il y a près de vingt-quatre heures que je n’ai mangé et je suis malade de faim, de fatigues et d’épouvante. J’ai besoin de secours, je parlerai ensuite.

Stupéfait, il obéit. J’étais réellement affamée, et je fis un bon repas et bus deux grands verres de vin.

Puis, me sentant remise, je m’assis dans un fauteuil et fis à Randolph le récit de mes aventure mais sans parler des outrages dont je venais d’être victime.

e ne sais s’il se douta que je lui cachai quelque chose, mais il ne me posa pas de questions allusives. Il paraissait seulement très contrarié de la perte de ses deux beaux chevaux :
- Dieu damne les brutes, dit-il, je n’aurais pas donné ces deux bêtes pour huit cents dollars ! quant à votre garde-robe, elle peut être facilement remontée. Je vais aller prévenir la police par acquis de conscience, mais sans grand espoir ; par ces temps de bouleversement et de guerre on n’est jamais sur.

Enfin, n’y tenant plus, brisée de fatigues, je me couchai et m’endormis, malgré les exhortations de Randolph, qu’une continence forcée avait mis en appétit…

Voir en ligne : Mémoires de Dolly Morton : La prostituée (Chapitre XXVII)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.



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