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Récit érotique

Performeurs et gogo-boys

Myriam et Sandra cherchent un cadeau pour Sophie

par Myriam Brunot

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Myriam Brunot, « Performeurs et gogo-boys. Myriam et Sandra cherchent un cadeau pour Sophie », Récit érotique, Paris, avril 2011.


Myriam et Sandra cherchent un cadeau pour Sophie

Nous avions tout prévu, la musique, les boissons, l’herbe, l’encens, les coussins, l’aspirine, la caméra numérique, il ne nous restait plus qu’à choisir le cadeau pour Sophie. Fière de son idée tenue secrète, Sandra voulait le choisir avec moi tout en me faisant la surprise de ce qu’elle avait imaginé. Excitée et rieuse, elle m’a emmenée dans un quartier d’affaires où les bureaux sont installés dans des immeubles en pierre de taille qui respirent le respect du patrimoine et mettent en confiance les investisseurs potentiels, les clients des marchands de biens et autres courtiers. Je ne voyais pas bien quel cadeau nous allions pouvoir acheter là.

Au troisième étage d’un de ces immeubles bourgeois, nous avons sonné à une porte en acajou. La plaque de cuivre indiquait : « Agence Claude, Castings, Soirées privées ». Une secrétaire nous a ouvert. Très chic dans un tailleur en « Prince de Galles » gris dont la jupe était tellement courte qu’au premier abord et d’un peu loin, on avait l’impression qu’elle était absente. Son chemisier en mousseline de soie grège laissait deviner une poitrine ferme et charnue. Cette tenue était prévue à l’intention de la clientèle masculine, mais je dois dire que je n’y étais pas insensible. Je m’amusais du contraste entre « le haut », veste bon chic bon genre et sourire professionnel assorti, et « le bas », peau nue et blanche de ses longues jambes fuselées dignes d’une publicité de lingerie.

Nous étions attendues, nouvelle surprise, par une femme au visage couperosé et à l’accent des faubourgs. Un grand décolleté laissait entrevoir des seins flasques, épuisés comme s’ils avaient allaité toute une crèche et qui valsaient au moindre de ses mouvements.

- Sandra ma choutte, comment ça va depuis… [elle me remarque]… la fête ? Tu viens pour une soirée entre filles ?

- Je te présente Myriam.

La secrétaire est revenue avec trois flûtes pleines de champagne. L’installation des flûtes sur une table basse nous a permis de constater qu’un string noir laissait libres ses fesses, aussi bien dessinées que le promettaient ses cuisses.

- Marinette, apportez-nous le book.

La patronne a ouvert un classeur bourré de photos de mâles athlétiques en pleine érection. Des signets divisaient le catalogue en sections. J’ai aperçu quelques titres : Blacks, Latinos, Spécial, SM, TGSexes, et même Aryens, ce qui dénotait de douteuses nostalgies. De toutes manières, c’était Sandra qui allait choisir.

- Les blacks sont primaires, les aryens trop militaires.

C’est la section des Latinos que nous avons longuement étudiée. Les lettres A, B, C désignaient sans doute des catégories de prix. Sans penser au prix, nous bavions de la chatte devant les musculatures bronzées et les sexes prometteurs de ces tâcherons du porno, sans trop nous émouvoir de leurs regards commercialement langoureux.

- Vous prendrez une animatrice ? Active, 50% de plus.

- Non, je pourrai…



- Ah, c’est vrai, Sandra, tu n’es pas novice.

J’apprenais ainsi que Sandra avait des talents qu’elle m’avait cachés.

- Juan ? Impossible, il est en tournage.

Nous nous sommes finalement intéressées à trois beaux mâles aux profils aquilains.

- Je vous les fais descendre.

Elle a ordonné dans l’interphone de sa voix cassée par la fumée :

- Pablo, Miguel, Marcello, des clientes au salon.

Ils se sont approchés en se contorsionnant, comme des gogo-boys sur des tables de bar à quelques centimètres des visages des clientes. Ils nous ont offert de tâter leurs biceps, leurs abdos et leurs fesses musclées. En habituée des lieux, Sandra a baissé le string de Marcello. Elle s’est emparée de son sexe dressé et s’est mise à pétrir ses grosses couilles épilées, percées de deux anneaux dorés. Marcello bandait comme un âne, et la main de Sandra pleine de salive le branlait avec insistance. Sandra cherchait à tester sa capacité à bander sans jouir. Elle insistait sur la couronne à la base du gland, pressait l’arrière du méat, plongeait un regard hautain d’acheteuse d’esclave dans celui de Marcello qui prenait plaisir à la manœuvre mais conservait un contrôle parfait de son érection.

J’ai fait de même avec Marco. J’ai glissé mes doigts jusqu’à l’arrière de ses couilles pour lui masser la prostate. J’ai poussé mon exploration jusqu’à l’orée de son cul. Sans ménagements, j’y ai enfoncé mes grands ongles. Marco faisait mine d’y prendre du plaisir, et sans crier gare, il a serré ses fesses d’acier en éclatant de rire. J’ai cru qu’il allait me casser les doigts.

Pablo n’était pas épilé comme les deux autres. Un duvet blond recouvrait ses fortes cuisses bronzées, son ventre et ses fesses. Un charmant buisson cuivré masquait la base de son sexe. A nous voir tester les deux autres, il bandait, impatient d’éprouver nos vigoureuses caresses.

Nous avons pris notre temps. Le champagne nous montait à la tête ainsi que le parfum musqué de l’huile dont nos mâles s’étaient imprégnés. J’avais un faible pour Pablo et sa blondeur qui tirait sur le roux. Il me faisait rêver de soleil et de plages désertes. Je l’ai longuement masturbé avec tendresse, sans chercher à l’éprouver. Il m’a susurré :

- Doucement chérie, ta main est trop cool. Prenez moi. On baisera comme des dieux, tu verras comme elle est bonnarde ma bite au fond de ton ventre et de ton cul.

J’étais chaude comme rarement. Je me pressais le bas-ventre à mesure que je branlais Pablo. J’ai joui sous son regard amusé, alors qu’il restait maître de ses réflexes sexuels. Sandra et Madame Claude me regardaient avec surprise. Je les avais oubliées.

- Myriam, on va le prendre, « ton » Pablo.

Il s’est éloigné, me laissant toute étourdie de mon bel orgasme. Madame Claude nous montré un contrat imprimé en petits caractères dont Sandra a signé chaque paragraphe. Une fois dans la rue :

- Myriam, t’as pas le droit d’être amoureuse. Un mâle, ça sert quand on est lassées des godes. C’est la règle du club.

(Quelle hypocrite ! Il fallait voir comme ça lui plaisait de branler leurs grosses bites écarlates et baveuses. Sa règle idiote, je m’la fous dans la chatte un jour de règles.) Pour changer de sujet, je lui ai demandé :

- Qu’est-ce que t’as signé ?

- C’est la Charte. Les performeurs sont stérilisés. Ils sont testés HIV toutes les semaines. La scato est interdite. Je serai la responsable du groupe. En cas de désaccord, il suivra mes ordres. Et des histoires d’assurance médicale, des trucs standard.

- Qui filmera ?

- Un ami d’Elise.

- Elle a un ami ? Donc elle ne suit donc pas la « règle » !

- Mais non, c’est un pro du X amateur qu’elle a rencontré sur un tournage.

Nous sommes entrées dans un café pour boire un kir.

- Ce « salon de choix » me rappelle les « bondage clubs » pour femmes au Japon.

- … ?

Sandra a toujours des souvenirs « particuliers ». Elle a continué :

- Tu n’as jamais été au Japon ? Il y a des « bondage clubs » pour hommes. Imagine un grand salon peu éclairé, des tables basses, des hommes qui boivent du whisky (beaucoup) en mangeant des cacahouètes. Sur chaque table, une femme, nue sauf des socquettes en soie blanche, éclairée violemment par un spot. Un Maître du Nawa Shibari, c’est à dire du ligotage érotique, arrive en kimono blanc et ceinture noire. Il vient ficeler la femme avec des cordes rouges ou noires, qu’il noue de façon « artistique ». La femme est placée dans des positions bizarres, qui ont toutes en commun d’ouvrir très largement son sexe. Le plateau est muni d’un court poteau de laque auquel la femme est attachée. Et il tourne, ce qui permet aux hommes, chacun à son tour, de la regarder de près et de la tripoter. On lui pince les tétons, elle gémit. Les hommes lui claquent les fesses et rigolent, aux trois-quarts bourrés. Elle se tortille, mais les cordes serrées qui mordent sa chair l’empêchent de trop bouger. Ils ricanent comme des puceaux, lui tirent les poils du sexe, y plongent leurs doigts, lui pétrissent les cuisses et les fesses. La femme simule une jouissance mêlée aux plus grandes souffrances. Au plus fort de son prétendu orgasme, sa chatte laisse parfois couler un filet d’urine. Cris des mâles en rut. Ils activent leurs fantasmes de viol. De viol collectif, sans risque pénal, sous couvert du rituel des sorties entre collègues, payées (très cher) par les entreprises.

Sa description m’a desséché la gorge. Avec répulsion et curiosité, je m’imaginais enlevée par des yakusas et ligotée sur un plateau tournant. Il faudra que j’aille au Japon.

- Ils ont ouvert des clubs du même genre pour les femmes. Mais comme il est impensable que des hommes japonais soient des jouets entre les mains de femmes, ce sont des étrangers, des occidentaux, des noirs ou des asiatiques non japonais qui sont ligotés et tripotés par des femmes, comme nous avons tripoté nos étalons. Si un homme éjacule, le club offre une tournée de whisky. C’est très rare, ils bandent en continu, bourrés de viagra, mais leurs couilles sont vides. Et ils ne vivent pas vieux. À 30 ou 35 ans, leurs cœurs sont foutus.

Le lendemain, j’ai revu Sandra qui m’a proposé d’aller boire un « portolangue »…

- C’est moi qui t’invite.

- Un portolangue ?

- Tu n’aimes pas le porto.

- Si, mais que veut dire langue ?

- C’est pour quand nous sommes d’humeur langoureuse.

En ce début du printemps, le temps s’était en effet brusquement réchauffé. Elle m’a entraînée dans les étages d’un immeuble de ces beaux quartiers d’affaires qu’elle affectionne manifestement. La plaque de cuivre indiquait « Alexia, Modes » ce qui m’a rappelé le film Belle de Jour de L. Buñuel.

Une adorable petite noire bien cambrée nous a fait traverser une enfilade de bureaux pleins d’ordinateurs et de papiers mais curieusement déserts. Nous avons suivi ses fesses bien rondes qu’elle balançait suavement jusqu’à un grand salon sans fenêtres, tendu de velours bordeaux et meublé de banquettes recouvertes du même tissu.

Deux clientes étaient assises au fond, à proximité d’un petit bar. À genoux devant l’une d’elles, la tête entre ses cuisses, un homme en tenue de gladiateur romain s’appliquait à lui donner du plaisir. Son amie lui massait les seins. Un cri de jouissance a traversé la pénombre. J’ai compris de quelle genre de langue notre porto serait accompagné.

Nous nous sommes assises, la patronne est venue.

- Sandra, c’est gentil d’amener une nouvelle amie. Ce sera deux portos ? Et qui je vous envois ?

- Langue Pointue.

- Ton amie est au courant ?

- Je lui ai tout expliqué.

Elle ne m’avait rien expliqué du tout. La « secrétaire » noire est venue, sans les portos commandés mais avec deux draps de bain en tissu éponge épais de deux centimètres et deux pièces de soie gris perle. Sandra m’a emmenée dans un vestiaire où nous avons laissé nos slips, nos pantalons et mes collants, agréablement remplacés par les jupes de soie gris perle. Très décentes, ces jupes. Elles nous descendaient jusqu’aux aux genoux. La soie sur les fesses et les cuisses nues, quelle sensation agréable !

Nous avons disposé les draps de bain pour protéger le velours des banquettes et les portos sont arrivés, apportés par Langue Pointue. Celui-ci connaissait Sandra semble-t-il. Il s’est incliné devant nous pour des baisemains cérémonieux. Situation plutôt loufoque que ces baisemains par un mâle à peu près nu, sauf des lanières de cuir noir clouté, qui lui sanglaient la taille, le buste et les cuisses. Son sexe était dressé. Ses testicules étaient serrés dans une bourse en cuir, nouée serré par un lacet. À son air interrogateur, Sandra a répondu :

- Commence par la petite nouvelle. Tu vois qu’elle en bave d’envie.

Il s’est mis à genoux devant moi sur un coussinet qu’il avait apporté. Il a glissé sa tête et ses mains sous ma jupe. Bien tendrement de ses mains chaudes et de ses joues rasées de près, il a m’a longuement caressé les cuisses en progressant avec une lenteur étudiée. Ses lèvres, ses dents, sa langue me baisaient, me mordillaient, me léchaient, me rendaient folle. Sandra s’était emparée de mes seins et sa langue chahutait la mienne.

C’est une langue experte qui me fouillait la chatte. Elle s’enroulait dans les replis de mes nymphes, faisait dresser mon clitoris, vibrer mon bas ventre. La langue de Sandra qui me bâillonnait m’empêchait de crier mon plaisir.

Langue Pointue a pris son temps. À plusieurs reprises sa langue a modifié son rythme et sa pression. J’ai cru à plusieurs reprises que j’allais partir, mais il a ralenti et m’a laissée planer, accrochée dans un nuage à des centaines de mètres au dessus de la ville grise, comme dans ces rêves où le vide nous engloutit.

Je me suis souvenue d’un besoin que j’aurais dû satisfaire avant. Allais-je lui pisser dans la bouche ? Je ne doute pas qu’en parfait gentleman il aurait tout bu. Mon ventre était gonflé, l’excitation bloquait tout, mais l’orgasme allait être violent, et je ne n’allais peut-être plus pouvoir répondre de ma vessie.

L’idée m’a traversée d’un grand lac d’eau salée occupant tout mon ventre, où mes entrailles se dissolvaient à mesure que le plaisir m’envahissait. Un lac retenu par un barrage que Langue Pointue s’appliquait à saper. Comme si j’étais enceinte et que l’enfant mordait mon clitoris pour signifier son désir de naître et de me libérer de cette eau tiède sous un pont rouge [1]

Mon bienfaiteur s’est emparé de mes cuisses et les a relevées bien haut pour accéder à mon cul. Sa langue pointue ne s’est pas contentée de papillonner aux alentours de mon œillet. Enroulée comme une cigarette russe, elle s’est enfoncée dans mon petit trou, aussi loin qu’elle le pouvait. Je n’ai rien fait pour l’en empêcher !

Sa langue décidée s’introduisait en moi, ressortait, remontait jusqu’à mon clito pour ne pas le laisser débander, et retournait sans se lasser à mon anus pour s’y réenfoncer avec vigueur. Elle a soigneusement « repassé » toutes mes muqueuses à vif et juteuses, de mon anus jusqu’à mon clitoris. Et ses dents grignotaient au passage tous les petits bouts de ma chair qui traînaient à leur portée.

Le coup de grâce m’a été porté par ses lèvres quand elles se sont décidées à pincer très fort mon clitoris. J’ai dû crier encore plus que la cliente lorsque nous sommes entrées. Sandra a éclaté de rire. Elle avait cessé ses caresses et ses baisers pour me laisser me concentrer sur mon bas-ventre. Ma jupe et le drap de bain étaient trempés.

Langue Pointue s’est assis entre nous deux pour reprendre son souffle. La petite noire au cul bien rond et aux seins pigeonnants lui a apporté un verre d’eau. Sandra a ensuite bénéficié du même service que moi. J’ai même eu l’impression qu’il y allait avec encore plus d’énergie. Sotte jalousie, car je n’avais pas à me plaindre.

Il a plongé sa langue entre ses fesses, en maintenant très haut ses cuisses. Sa jupe était remontée jusqu’à sa taille. J’imaginais que quelque voyeur pourrait filmer la scène. Cela ferait une belle scène bien chaude, surtout avec l’enregistrement des râles de son plaisir.

J’ai contemplé amoureusement les muscles bandés de ses fesses et de ses cuisses. Son dos était luisant de sueur sous la lumière tamisée. Ces caresses demandaient de sa part un certain effort dont je le remerciais. Je me suis prise à rêver qu’il me referait tout cela sur une plage déserte, et qu’il serait à moi seule, et que sa langue serait toujours prête à me combler…

- Baise-moi ! s’est étranglée Sandra en un véritable cri du ventre.

Tout en lui empoignant fermement les talons pour lui maintenir les jambes en l’air, Langue Pointue l’a enfilée et pistonnée d’importance. Quelle animale beauté ! Elle a joui au moins trois fois à en juger par son souffle et ses cris. La « règle du club » était largement oubliée !

Nous avons chaudement remercié Langue Pointue. Sandra lui a donné quelques billets, 300 euros, je crois. Il est parti. J’aurais aimé poser mes lèvres sur les siennes, mais ce n’était pas, semble-t-il dans les habitudes non écrites de la maison.

- La feuille de rose et la baise, ça ne fait pas partie du service de base.

Nous sommes sorties. J’étais encore étourdie de mon plaisir et du spectacle du sien.

- Il n’a pas mis de capote. Ce n’est pas prudent.

- C’est mieux comme ça. Ce qu’on fait sans risque est sans valeur, c’est de la routine hygiénique, comme quand on se masturbe. Je me fais faire des tests. J’ai toujours un peu d’angoisse en attendant les résultats. Séropo ? Vérolée ? Jamais jusqu’ici. Dieu m’a toujours pardonné. Quand je reviens du laboratoire avec une analyse négative, c’est comme quand je sortais du confessionnal quand j’étais jeune. Purifiée, pardonnée. Prête pour communier le dimanche suivant.

J’étais perplexe, interloquée par ce goût du risque. Je me suis mise à méditer sur l’érotisme de la notion très catholique de communion. Et sur l’analyse biologique vue comme un test scientifique du pardon divin. Quant à l’anniversaire de Sophie, je vous le raconterai un autre jour.

Notes

[1Réminiscence d’un film japonais de Shohei Imamura (2001).



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