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Le rêve d’un flagellant

Petite passionnée

Roman érotique (Conclusion)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, Le rêve d’un flagellant, Illustré de 41 Dessins, d’un Frontispice en couleurs et de 8 Gravures hors texte, Libraire Franco-Anglaise, Paris, 1921. (In-8°, 224 p., fig., pl.).


CONCLUSION
PETITE PASSIONNÉE

Jean était seul dans le petit salon où il se tenait d’habitude, le vieux précepteur l’avait quitté pour faire un tour dans le parc.

Nonchalamment il fumait une cigarette et cherchait à occuper sa pensée en regardant au dehors.

Mais un ennui pesait sur lui, une sorte de lassitude d’une lutte inutile et vaine.

Il se souvenait de Simone qui pantelante devant lui la veille, avait accepté sans révolte sa brutalité. Et malgré tout, il ne pouvait s’empêcher d’admirer son courage, sa fermeté paisible, sûre d’elle.

Souvent il jetait un coup d’oeil dans la direction du cartel posé sur la cheminée. Il savait bien ce qu’il attendait ainsi, mais il se refusait a se l’avouer à lui-même.

De se sentir si veule devant cet amour de la jeune fille, le révoltait. Il n’osait plus nier cette affection de l’enfant, mais il se répétait que ce n’était là qu’un caprice, et il se refusait à souffrir de nouveau par une femme.

Pas encore cependant, il ne reconnaissait qu’il l’aimait déjà, ne se permettant seulement qu’un peu de pitié.

Pourtant, à mesure que l’heure avançait, une impatience le crispait, quelque chose lui manquait, sa vie se trouvait brusquement interrompue par l’attente.

Mais la porte s’ouvrit doucement, avec un bruit léger, et un grand apaisement descendit en lui.

Il savait qui était là, à l’entrée ; néanmoins il ne détourna pas la tête, continuant à fixer le parc qui s’étendait, touffu et sauvage devant ses yeux.

Sur sa main, il perçut un frôlement doux, alors il regarda et il vit à ses pieds, humblement agenouillée, la mignonne brunette qu’il avait tant torturée.

Comme dans un rêve, sourdement, il murmura :
- Vous êtes revenue, quand même ?
- Je reviendrai toujours, quoique vous me chassiez, dit-elle paisiblement.

Il ne répondit pas, il se trouvait bien, soudain paisible après de longs mois troubles ; il semblait que la blessure de son coeur, venait enfin de se cicatriser.

Machinalement, comme poussé par un démon mauvais, il poursuivit :
- Je vais vous battre… jusqu’au sang…

Simone trembla, mais elle acquiesça :
- Si vous voulez…

Et rougissante :
- Je vous aime tant !

Encore il se tut, n’ayant pas envie de meurtrir malgré ses menaces. Dans le dédale de ses pensées tristes, il cherchait sa voie et ne parvenait à la découvrir. Malgré la douceur des minutes qui passaient, il avait peur de l’avenir et ne voulait se livrer. Cela l’incita à tenir sa promesse, malgré qu’il ne le souhaitât pas.

Il avança les mains et lentement dégrafa la blouse, qu’il jeta ensuite loin de lui.

Simone n’avait pas bougé, s’abandonnant toute entière, sans énergie à la volonté du maître tyrannique. Auprès de lui, elle n’avait plus de honte, seulement un amour ardent.

Il se baissa pour faire sauter les pressions de la jupe, qui tomba sur le sol.

Ensuite ce fut le cache-corset qu’il enleva et de ses doigts énervés il fît jaillir les seins hors de leur gaine de linon.

La jeune fille rougissait, mais ne se défendait point, attendant son bon plaisir, s’apprêtant à souffrir cruellement d’une correction plus sévère que de coutume.

Il repoussa la chemise qui glissa sur les épaules, s’arrêtant à la taille, retenue par le pantalon.

Cette fois il hésita : devrait-il aller plus loin ou simplement renvoyer l’esclave soumise.

Il se rejeta en arrière sur son fauteuil et alluma une nouvelle cigarette.

Son regard inquiet parcourait la poitrine ferme de la pauvrette, il la scrutait, l’étudiait sans bien savoir pourquoi. Et cet examen minutieux mettait en elle un émoi craintif et très doux.

Maintenant, elle souriait languissamment, n’osant un geste, une parole, de peur de troubler les pensées et peut-être les désirs de l’homme.

Se penchant en avant, il la prit par la pointe des seins et l’obligea à se mettre debout.

Avec un léger cri de douleur elle obéit et se tint rigide devant lui, la chemise croulée par dessus la culotte toujours boutonnée.

Sans hâte, il atteignit les boutons et les dégagea, mais le linge resta en place, maintenu par les hanches rondes. Les mains tremblantes, il le poussa, le fit descendre, frôlant en même temps la chair tiède.

Il n’avait plus le courage de battre, de torturer, il aurait voulu que la malheureuse s’enfuit, lui échappât.

Mais non, elle s’immobilisait rigide et fière devant lui. Encore, il poussa le linge qui, cette fois, coula jusqu’à terre et alors il vit là, tout près de ses yeux, une petite idole, juvénile et gracieuse.

Paisible, elle souriait, d’un sourire un peu triste, parce qu’il montrait peu de fougue. Elle ne bougeait point, les bras pendants le long du corps, la taille orgueilleusement cambrée.

Avec amertume, il considéra les cuisses fuselées et roses, zébrées de traits violacés.

La pinçant à la hanche, il la força à se retourner et cette fois ce fut la croupe qui lui apparut toute striée de bleus larges.

Il hocha la tête ; comment dans ces conditions lui était-il possible de battre la pauvrette. Cet empêchement lui fut agréable, il se sentit comme débarrassé d’un poids très lourd.

Pourtant, il lui fallait exécuter sa menace. Il répéta :
- Je vais vous battre !

Elle frissonna un peu, mais ne répondit pas. Il savait bien qu’elle était consentante et cela l’ennuyait.

Sur les fesses dures ii envoya une claque qui retentit, puis il s’arrêta, comme effarouché par ce bruit qui troublait le silence.

De la voir ainsi tout près de lui, debout, tandis que lui-même se trouvait assis, le gênait ; il la fit se retourner encore et ordonna qu’elle s’agenouillât.

Aussitôt elle fut à ses pieds, et doucement, avec une timidité naïve, lui prit la main pour y déposer un baiser tendre.

Cela, c’était l’absolution à cette main vigoureuse qui lui avait arraché tant de pleurs, avait tant martyrisé son pauvre corps gracile.

Vivement il se retira, comme brûlé par cette caresse qui le bouleversait lorsqu’il avait besoin de tout son calme.

Contre cette faiblesse, il eut une révolte et gifla la malheureuse, brutalement, presque avec sauvagerie. Cet acte d’énergie l’apaisa, il se sentit plus tranquillisé.

Simone ne versa pas une larme, elle avança son visage meurtrie et la voix basse, offrit :
- Encore…

Mais il refusa, le désir de torturer n’était plus en lui, c’était contre lui-même qu’il se rebellait, c’était sa veulerie qu’il aurait voulu flageller.

Il se leva et marcha vers la fenêtre. Il resta là, les mains au dos, devant la croisée ouverte, sans rien voir du parc sombre ; un voile passait devant ses yeux, c’était le souvenir qui, une dernière fois, venait le hanter.

Derrière lui, il entendit du bruit, mais ne bougea pas.

Simone, sur les genoux, se traînait vers l’amant et quand elle l’atteignit, elle lui prit les mains.

Il s’éloigna, ce contact le gênait, une hésitation encore arrêtait l’élan de sa chair. Avec un entêtement aveugle, il se répétait : il me faut la chasser, la battre, la torturer. Mais il ne faisait rien de tout cela.

Bien mieux il la regarda et la vit, nue, pantelante, agenouillée devant lui, implorant comme de la pitié un simple mot d’amour.

Entre eux, un silence lourd pesait, les troublait. Ils comptaient les secondes qui s’écoulaient aux battements précipités de leur coeur.

La femme seule était franche avec elle-même et vis-à-vis de l’amant. Sans honte, elle montrait son désir, avouait son appétit ardent de caresses.

Et lui se refusait toujours, retenu par la hantise du passé, la crainte de l’avenir.

Il s’était fait une philosophie à lui, dont il avait cru l’exactitude, persuadé d’avoir atteint à la vérité. Maintenant encore, il se refusait à reconnaître qu’il s’était trompé.

Simone le fixait toujours de ses grands yeux suppliants ; en un candide abandon, elle offrait tout son être,. certaine qu’à la fin son abnégation viendrait à bout de toutes les résistances. Elle attendait, mais restait confiante, elle percevait que déjà l’homme fléchissait.

Toujours sur les genoux, insouciante de la douleur, elle rampa de nouveau vers lui. Quand elle fut tout près, elle lui encercla les jambes de ses bras blancs et, la tête renversée en arrière, belle d’ingénuité dans sa nudité rose, elle offrit ses lèvres.

Alors, lentement il se baissa, la prit toute dans ses bras nerveux et la porta sur le sopha.

Le soir même Marguerite prit le train pour Paris. Elle n’avait plus d’amie, un autre la lui avait enlevée. Certes, elle en éprouva une peine secrète, mais son apathie l’empêcha de l’extérioriser. Ce ne fut qu’une fois seule dans le wagon qu’elle pleura. Un feuillet de sa vie venait de se détacher, un autre s’ouvrait, elle ne savait encore ce qu’il serait.

FIN

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, Le rêve d’un flagellant, Illustré de 41 Dessins, d’un Frontispice en couleurs et de 8 Gravures hors texte, Libraire Franco-Anglaise, Paris, 1921. (In-8°, 224 p., fig., pl.).



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