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Départ pour la pension (Chapitre I - §I)

Petites et grandes filles - 1

Roman érotique (1890)



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Toutes les versions de cet article :

Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


CHAPITRE PREMIER
DÉPART POUR LA PENSION

I

Le plus grand silence régnait dans la maison Mirzan, à Chartres, et rien ne trahissait la triste aventure qui venait de s’y accomplir.

Pas un éclat de voix ne révéla au dehors l’explosion de colère qui domina M. Francisque Mirzan, lorsque, appelé par sa femme, il constata le flagrant délit de libertinage dans lequel ses deux enfants, Adeline et Paul, s’étaient laissés surprendre.

Une verte raclée de coups de canne sur les reins des deux coupables, qu’on enferma ensuite dans leurs chambres, une bordée de mots où brillaient les épithètes de salauds, de gibiers d’échafauds, de scélérats, destinés à déshonorer leurs parents, etc., puis, le calme, la prostration, les pleurs de la mère, les réflexions du père, et la décision de les expédier internes, l’un dans un lycée, l’autre dans un couvent.

M. Mirzan, un magistrat de l’ancienne école, représentait l’austérité même ; Mme Isabelle Mirzan, la dévotion la plus excessive.

Paul Mirzan, âgé de treize ans, reçut avec rage et fureur la correction paternelle ; Adeline Mirzan, âgé de quatorze ans et demi, la plus coupable dans l’affaire, la reçut avec une glaciale et superbe impassibilité.

On élevait les enfants à la maison. Un abbé leur faisait la classe ; aucun signe précurseur ne signala des instincts pervers, l’événement frappa comme un coup de foudre, et cependant, de lointaines ramifications le rattachaient au passé.

Dès sa première communion accomplie, à l’âge de douze ans, Adeline, nature précoce et vivace, ressentit de subites curiosités, qui allumèrent son sang, et la portèrent à comprendre vite ce qu’on cache aux enfants.

Grande pour son âge, élancée, les membres déliés, c’était une jolie blondinette aux yeux naïfs, dissimulant les arrière-pensées que nourrissait son jeune esprit.

L’abbé, chargé de l’instruction et de l’éducation des deux enfants, un homme entre deux âges, présentait toutes les conditions voulues pour la fonction dont on le chargea.

Laid, rabougri, presque difforme, marqué de la petite vérole, ayant toujours eu une existence difficile, sa reconnaissance et sa sévérité de mœurs le garantissaient aux époux Mirzan.

Il arriva que cet homme, ce saint, devinât l’éveil sensuel de la jeune Adeline et en éprouva le contrecoup.

À certaines langueurs du regard, à certains énervements qui la saisissaient par le fait d’un heurt involontaire, à certains soupirs lorsqu’il darda sur elle ses yeux luisants et concupiscents, il reconnut le terrain propice pour de savantes manœuvres et il n’hésita pas à le cultiver.

Jouissant de la plus complète liberté pour la conduite de ses élèves, il commença par retenir, de temps en temps, la fillette après les leçons, sous prétexte de lui expliquer un chapitre moins bien travaillé, de l’aider à résoudre un problème un peu compliqué, et alors, les chaises rapprochées, les yeux fixés sur les cahiers, dans la solitude de la salle d’étude, la jambe du prêtre, se balançant, rencontrait celle d’Adeline qui ne se retirait pas.

Les mains se rassemblaient, et tout en professant, l’abbé Dussal conservait celles de la petite entre les siennes, les chauffant d’un étrange feu, dont elle rougissait et dont elle se délectait.

Les préliminaires se posaient.

L’enfant, habituée à la laideur de l’abbé, sentait que l’heure se levait où il serait le révélateur de tout ce qu’elle brûlait de savoir, et elle l’encourageait de son mieux.

La crainte du scandale, en cas d’insuccès ou de surprise, arrêtait seule l’instituteur.

Adeline franchit ses treize ans ; ses formes se dessinèrent maigrelettes, mais bonnes prometteuses. Tout dans son corps accusa le besoin de la chair ; telle que la chienne en chaleur. Il y eut des tâtonnements de part et d’autre, et ces tâtonnements ressemblaient à de la volupté, par la certitude de ce qu’ils annonçaient.

Adeline travaillait avec ardeur pour fournir à son professeur les occasions de prolonger son cours, et la famille s’émerveillait devant ses progrès, devant son désir d’apprendre.

Un jour qu’il tenait la main d’Adeline penchée sur le livre, il la porta à ses lèvres et suça le petit doigt avec une telle discrétion qu’elle ferma les yeux et se renversa en arrière.

Effrayé, il lâcha la main, se retourna pour l’interroger, et la vit, crispant les doigts par-dessus la robe, vers les cuisses.

Sa main rejoignit la sienne, et Adeline, ouvrant les yeux, sourit, entremêlant les doigts aux siens, les serrant de telle façon entre les cuisses que la jupe, une jupe encore courte, remonta jusqu’au-delà du genou.

Il eut une dernière hésitation, jeta un regard sournois autour de lui puis, brusquement, la retroussa, glissa la main entre le pantalon et la dirigea au conin.

Ah, comme elle écarta vite les cuisses où apparaissaient à peine quelques poils follets ; comme elle facilita, et combien elle jouit à ce contact du mâle sur ses parties sexuelles !

Elle se prêtait délicieusement aux investigations de cette friponne qui la chatouillait si gentiment, et envoyait des éclaireurs vers les fesses ! Cela dura une minute, un siècle de félicité ; l’abbé, sous sa soutane, déchargea une ample dose de sperme.

Ensuite, sans un mot, ils se remirent en place et reprirent la leçon. La glace était rompue ; on allait chercher à augmenter le cadre des voluptés qu’on rêvait.

Ni l’un ni l’autre ne dormirent cette nuit. Adeline, prise d’une fatigue persistante, dut garder le lit toute la journée suivante.

L’abbé se trouvait sur des charbons ardents ; si l’on venait à soupçonner la cause de cette quasi-indisposition.

Il apporta la plus minutieuse attention au travail du jeune garçon qui mordait moins bien que sa sœur à la science.

Le surlendemain, dès qu’il fut seul avec la fillette, le même regard qu’ils s’échangèrent leur révéla que toutes les audaces ne demandaient qu’à être encouragées.

Lentement, il la mit debout devant la table, comme pour réciter une leçon ; il glissa la main sous les jupes, par derrière, arriva aux fesses, de gentilles jumelles, embrasées d’un feu extraordinaire.

Il les manipula avec tendresse, puis s’aventura entre les cuisses qui s’écartèrent doucement, remonta par devant vers le ventre, qui se bomba, gratouilla le conin, et admira la présence d’esprit de l’enfant qui se pencha sur la table, les yeux fixés sur le cahier ouvert, non pour lire, mais pour le faciliter dans ses attouchements.

Elle s’appuya sur les coudes, arrondissant la chute des reins, et il rejeta les jupes en l’air, ouvrit le pantalon, contempla avec une demi-extase la blancheur du cul ne se refusant pas à son examen.

Tous deux poussèrent un gros soupir et, subitement, ils se réinstallèrent à l’étude : il leur avait semblé entendre un bruit de pas.

L’alerte passée, un moment ils étudièrent, puis l’abbé enlaça Adeline qui se rapprocha et lui donna le premier baiser sur les lèvres.

La fillette n’aspirait qu’à marcher. Elle rendit de très habile manière la caresse, se pencha un peu plus en avant, quand elle vit l’abbé retrousser la soutane, et ne refusa pas de toucher le monstre velu qu’il lui présentait.

Au contact de cette petite main, à sa seule pression, priape se gonfla et répandit de suite son ondée, provoquant le même résultat chez sa jeune amie.

L’échauffement était tel que les armes partaient au premier choc.

On répara tant bien que mal les traces de cette extase, trop vite produite ; l’enfant n’osa interroger.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 2

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



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