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La Flagellation (Chapitre II - §V)

Petites et grandes filles - 10

Roman érotique (1890)



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Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


V
DE LA MÊME AU MÊME

Vis-à-vis le conseil, mon cher Paul, s’installèrent les trois classes, les premiers rangs, ensuite les moyennes, au fond les grandes.

Je remarquai que certaines élèves des trois catégories portaient une robe rouge, avec une croix d’honneur sur la poitrine.

On m’apprit plus tard qu’elles appartenaient à la confrérie des Filles Rouges, lesquelles se lient pour toujours avec la pension, jurant de ne se marier qu’avec un mari présenté par nos maîtresses, et d’assister toujours aux grandes fêtes de la maison.

Parmi les petites, deux portaient cette toilette, trois dans les moyennes, et six dans les grandes.

Toutes la désiraient ; on ne l’accordait qu’aux plus méritantes, aux plus intelligentes, aux plus discrètes, après un certain temps d’apprentissage.

Dans cette assemblée d’élèves, instruites avec une si douce méthode amicale, le silence régna absolu.

Deux jeunes filles de la classe moyenne comparurent devant le conseil : Marie Rougemont et une nommée Désirée Brocard, surprise au cabinet d’aisance, s’amusant toute seule.

Marie apparut, vêtue d’une longue chemise de nuit descendant sur les pieds, les cheveux dénoués flottant sur le dos, les mains attachées par derrière.

On la plaça debout devant le conseil, et l’aumônier lui dit :
- Nous avons su Mademoiselle, l’acte répréhensible que vous commîtes, nous ne le relaterons pas ; votre faute est impardonnable. Avant de vous notifier la punition fixée, nous désirons entendre votre défense. Qu’alléguerez-vous pour votre justification ?
- Je souffrais de la tête, envahie par le sang, les nerfs me travaillaient, je ne jouissais plus de ma liberté d’esprit, le sommeil me fuyait, toute la journée des pensées m’agitèrent, je risquais une maladie à ne pas faire l’acte que vous me reprochez. Je le regrette, et j’accepte la pénitence que vous m’infligerez ; mais je crains de ne pouvoir m’empêcher de recommencer et je préfère l’avouer de suite, sollicitant toute votre indulgence pour l’avenir.
- Pour cette fois, nous vous condamnons à la flagellation par la badine et avec la verge pendant trois soirs, avant de vous coucher ; pendant un mois vous serez séparée d’avec vos compagnes, et pendant quinze jours vous n’aurez aucun rapport avec votre grande amie.
- Oh, je vous en supplie, ne m’isolez pas un aussi long temps.
- Nous condamnons en outre votre amie Isabelle à la flagellation par le martinet, qu’elle subira à vos côtés. Le jugement est définitif.

Sur ces mots, on introduisit Isabelle Parmentier dans la même tenue que Marie.

On les plaça en face l’une de l’autre, on les attacha à un prie-Dieu, on releva leur chemise qu’on épingla aux épaules, et il m’échut de châtier Isabelle, tandis que Nanette châtierait Marie.
Un nouveau cul s’offrait à ma contemplation, un cul nerveux, aux fesses rondes et saillantes, à la raie fortement accusée vers le haut et vers le bas, où l’on apercevait une touffe de poils très noirs.

Isabelle qui, par sa petite taille, faisait l’effet d’une gamine, présentait, vue ainsi, une vigueur peu commune dans les membres ; les mollets développés attiraient l’attention sur des jambes merveilleuses, et la chute des reins, nette, superbe, montrait des épaules d’un modèle exquis, surplombant des seins fermes et hardis, que trahissait le pli de la chemise.

Le cul d’Isabelle, si joli qu’il fût, reçu une ample moisson de coups de martinet, comme tantôt celui de Eve. Elle ne pleura pas, tressaillit par instants, contrastant avec Marie, qui hurlait à chaque coup de badine.

Tout de suite après cette exécution, Désirée Brocard entra sous le même appareil que ses deux devancières, tenant en plus un pot de chambre à la main.

L’aspect était si bouffon que tout le monde partit d’un grand éclat de rire, lequel provoqua un très vif incarna sur ses joues.
On la fit asseoir sur un pouf, et, sur un second pouf, près d’elle, on installa le pot de chambre.

Mademoiselle Nanette glissa un miroir dans le vase, et l’aumônier dit :
- Mon enfant, la solitude est une, belle chose, mais il est des lieux mieux choisis que celui où vous vous réfugiâtes pour en apprécier le charme et la douceur. Votre punition sera plus morale qu’effective. On va vous coiffer de ce charmant récipient, et vous recevrez douze claques des mains de Diane de Versan. Pendant huit jours, et l’on mettra à côté des plats le petit meuble, qui vous rappellera le cher réduit où vous vous délectiez. Après votre flagellation, vous ferez le tour des classes, votre pot à la main, et vous l’emporterez, plein ou non, pour le nettoyer avec le miroir qui est au fond, lequel ornera la tête de votre lit tout un mois.

Le délire devint général, même dans les rangs du conseil, et Désirée, de plus en plus rouge, ne sut quelle contenance tenir.
On la coiffa du pot, et son amie. Diane, la claqua très fort, en disant :
- Voilà pour toi, vilaine sotte, que la honte te couvre tout entière. Est-il permis de s’isoler en si vilain endroit, quand on est en si bonne société ? Vlan, sale, petite cochonne, une autre fois je demanderai à Mademoiselle de rompre notre amitié.
- Non, oh, non, Diane, je ne recommencerai plus, tape plus fort, si tu veux, mais pardonne-moi.

La promenade du vase mit le comble à la joie. Presque toutes les petites prétendirent avoir envie, et presque toutes y pissèrent quelques gouttes. Les moyennes et les grandes montrèrent plus de retenue. Malgré cela, le vase se remplit.

On l’apporta à l’aumônier qui, le prenant, contempla la coupable, et dit :
- Que penseriez-vous, si je vous ordonnais de le boire ? Désirée pleurait en silence, il continua :
- Si je l’ordonnais, je paraîtrais approuver le vilain acte que vous accomplissiez. Je pourrais encore commander qu’on le verse sur le corps, en vous condamnant à rester ainsi sale toute une nuit, je vous en dispense. Allez, et nettoyez-le. Ne repêchez plus.

La liste des punitions épuisée, on passa aux récompenses.

Après le relevé des bonnes notes, on énuméra les noms de celles qui s’étaient distinguées, en commençant par les grandes.

1° Mademoiselle Athénaïs Caffarel, admise au Grand Cordon rose, pour application soutenue, conduite exemplaire à l’étude, bonne volonté constante à aider la direction et le personnel dans les soins et services de la maison.

C’était une blonde de 17 ans et demi, possédant déjà ses premiers diplômes, et appartenant à la pension depuis l’âge de 10 ans.

2° Mademoiselle Angèle de Noirmont (ma grande amie) admise à la Confrérie des Filles Rouges, pour sa douceur de caractère, son attachement à ses maîtresses et à la maison, la perfection de ses études, son précieux concours apporté à aplanir les difficultés entre élèves.

3° Mlle Eulalie Pierre, 13 ans et demi.

4° Mlle Léonore Grécœur, 14 ans, permission du coucher à 10 heures du soir et du lever à 7 heures du matin, pour toute une semaine.

5° Mlle Anne Flavart, 11 ans, don d’un livre d’historiettes pour son application et son obéissance.

6° Mlle Pauline de Merbes, 10 ans et demi, très délurée et très dégourdie, admission aux Filles Rouges pour sa bonne volonté, l’indomptable énergie qu’elle apportait à se sermenter et à suivre les conseils de ses maîtresses.

Nous eûmes ensuite un discours de l’aumônier, prêtant à bien des sous-entendus, quelques paroles de Mlle Juliette, nous quittâmes la salle de punition, y laissant nos maîtresses et les Filles Rouges.

La récréation suivit sous la surveillance de Mlle Elise Robert, dans une cour vitrée, en attendant l’heure du dîner. Les classes, quoique mélangées, se ressentaient de l’absence de toutes celles restées avec le conseil et nos maîtresses. Mlle Robert s’amusa avec les plus petites ; les moyennes causèrent avec leurs grandes amies, je me joignis à un groupe cinq à six et m’instruisis sur quelques détails et habitudes de la pension.

Je cessais de figurer parmi les ignorantes et je n’avais plus qu’à être portée par le courant.

Te voilà, mon petit Paul, renseigné sur mes débuts chez les demoiselles Géraud ; attends avec patience une nouvelle série de lettres pour bien tout savoir de mes actes. Je ne te cacherai rien de mes aventures. C’est encore une jouissance de les conter. Je souhaite, si à Londres tu es privé des plaisirs de la chair, que tu les goûtes en pensée avec moi. Mes lettres sont imbibées de la chaleur de mes sens, qui se prêtèrent toujours avec bonheur à la satisfaction des tiens. Ne sois pas malade, mon chéri, et tôt ou tard, nous recommencerons ce qu’on a prétendu nous interdire, je te le promets de tout mon cœur.

Mille bons baisers de ta sœur qui t’aime.

Adeline.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 11

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



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