Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Romans érotiques > Petites et grandes filles > Petites et grandes filles - 14

Navigation



La Fête de Nuit (Chapitre III - §IV)

Petites et grandes filles - 14

Roman érotique (1890)



Auteur :

Mots-clés :

Toutes les versions de cet article :

Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


IV
DE LA MÊME AU MÊME

Ah, quel supplice ! Je n’eusse jamais supposé que cela fit autant mal !

L’aumônier n’assistait pas à mon exécution. M. Gaudin, le protecteur d’Isabelle, quoique très pâle, a eu le courage de rester jusqu’au bout.

Vu la gravité de notre cas, la séance des punitions a débuté par nous.

Nous sommes arrivées devant le conseil et les classes réunis, Isabelle et moi, avec notre chemise de nuit relevée par derrière et épinglée aux épaules, montrant ainsi notre cul et le derrière de nos jambes ; nos cheveux dénoués en deux tresses pendaient par devant de chaque côté.

On nous avait dispensées de porter le pot de chambre ; mais nous tenions à la main des feuilles de papier et, parvenues au milieu de la salle, sur l’ordre de Mlle Nanette, nous dûmes imiter le mouvement de nous en torcher mutuellement, ce qui provoqua l’hilarité de nos camarades et notre confusion.

Puis, saisissant le papier avec lequel j’avais torché le cul d’Isabelle, Nanette me le passa sur le visage en disant :
- Embrassez ce que vous aimez, mademoiselle la sale. Tous les goûts sont dans la nature ; tant pis pour vous si les vôtres méritent la société des pourceaux.

Je fondis en larmes, humiliée et fortement émue tandis qu’elle recommençait la même scène avec Isabelle.

Mon amie jouissait du plus parfait sang-froid.

Elle embrassa carrément le papier et dit en désignant des élèves de la petite classe :
- Il faut bien amuser ces enfants !

Au-dessus de nos têtes se balançaient deux trapèzes.

On nous y attacha par les bras, mais de façon à ce que nous puissions saisir la barre avec les mains.

Je sus bientôt pourquoi.

Pour la flagellation, mon cul appartenait à Mlle Nanette et celui d’Isabelle à Mlle Robert.

Les deux badines se levèrent à la même seconde, sifflèrent dans l’espace et s’abattirent lourdement sur nos fesses.

Je poussai un cri, m’élançai en avant et le trapèze, se mettant en mouvement, je le saisis instinctivement avec les mains, courant avec lui.

Un deuxième coup de badine me porta à me hisser, c’est-à-dire à ramener mes jambes et à suivre le balancement imprimé aux cordes de suspension.

Retournant en arrière, je reçus un troisième coup et, dès ce moment, j’offris une image si grotesque que les petites se tordirent de rire, tandis que les grandes et les moyennes criaient :
- Grâce pour Adeline !

Au rire des petites, Mlle Juliette se leva et, brutalement, en désignent quatre, on les sortit des rangs pour être fessées à cause de leur hilarité scandaleuse.

Je ne me rendais pas compte de ce qui s’accomplissait.

Entraînée par le trapèze, je me ratatinais sur mes jambes, espérant esquiver les coups, et la badine retombait sur les fesses et le gras des cuisses, m’arrachant des cris.

Isabelle supportait plus crânement son supplice, dans une espèce de ravissement même, c’était étrange.

La peine appliquée, on nous détacha et nous sortîmes. Je sanglotais.

Blanche me mena au dortoir, m’enduisit les chairs de cold-cream, m’engagea à me reposer, et me laissa étendue sur le lit.
Les petites payèrent la dénonciation. Elles furent durement fouettées et quoiqu’on ne donna pas la véritable cause de leur châtiment, comme elles n’étaient pas bêtes, elles en devinèrent le motif et conservèrent quelque temps de la rancune à l’égard de Liza Carrin.

J’eus la fièvre toute la journée et ne me levai que le lendemain matin.

Le beau soleil dissipa ce cauchemar, il n’en subsista que la satisfaction d’avoir enlevé un souci à mes chères maîtresses.

Angèle et Marie qui reçurent, de leur côté, douze claques à cause de nous, ne boudèrent pas, et Angèle me dit :
- Ma chère Adeline, voilà deux fois que tu m’attires la fessée, je ne m’en fâche pas ; je dois cependant te prévenir qu’une troisième exécution romprait notre lien d’amitié. Cela me chagrinerait, tâche donc de l’éviter.

Nous commencions à bien nous entendre avec ma grande amie.
Mise au courant de ses goûts par Isabelle, dès que nous nous trouvions seules, je défaisais son corsage, sortait ses seins et les lui suçais, ce qui la jetait dans de frénétiques ardeurs.

D’autre fois, elle me priait de la fesser, doucement d’abord, puis plus fort, parce que ça l’excitait, et elle finissait toujours par jouir sous mes coups.

De son côté, elle m’aimait beaucoup et, sachant qu’il me plaisait d’être caressée en minette, c’est-à-dire entre les cuisses, elle m’en régalait souvent.

L’annonce de la Fête de Nuit, fixée au samedi suivant, et la levée de toutes les punitions, effacèrent la mauvaise impression de cette journée qui me valut un succès de plus.

Je remarquai à la récréation les regards veloutés que me lançait Nanette et je lui souris pour l’encourager.

Elle hésita tout un jour, puis, le soir, quand ses élèves furent endormies, elle descendit au salon de veillée où je restais, ayant reconquis le cordon bleu, et elle m’adressa un signe.

Je m’empressai de la rejoindre et, sur le palier, elle me dit :
- Voudriez-vous me tenir compagnie quelques instants dans ma chambre ? Vous me rendriez bien heureuse.
- Bien vrai, Nanette ?
- Petite coquine, viens vite !

Nous nous glissâmes sans bruit et laissâmes retomber la tenture sur le seuil séparant la chambre du dortoir.

Assise sur son lit, elle me regardait avec une réelle admiration, et murmura :
- La vie est bien bizarre ! Il y a déjà trois ans que je suis maîtresse de classe dans cette maison, j’ai vu des nouvelles, pas énormément puisque le recrutement ne se fait que lentement, dans des conditions déterminées et irrévocables. Aucune n’a jamais produit ton effet. La dernière entrée est Léonore Trécœur, elle a suivi sa petite ligne de conduite, sans exciter plus de caprices que les anciennes. Il est vrai que les nouvelles appartiennent en général à la petite classe. Nous avons cependant eu une grande, Diane de Varsin. Ç’a été calme comme tout. Toi, tu apportes la perturbation dans toutes les classes et chez toutes les maîtresses.
- Oh, répondis-je, tu es la première qui pense à moi.
- Et Blanche ?
- Une fois lors de ma première punition.
- Et Fanny, et Juliette, et Elise ?
- Rien, rien, rien !
- On murmure qu’en cachette toutes te couraient après.
- Tu me l’apprends.

J’étais, debout devant elle. Elle balançait les jambes, et ses jupes remontaient petit à petit jusqu’aux genoux. Je devinais bien qu’elle désirait mes caresses, que ma petite frimousse, fourrageant ses cuisses et ses fesses, lui paraissait comme la sublime ivresse de l’instant et déjà habile en l’art de piquer les sens, je m’amusais à attendre son jeu pour la pousser à quelque extravagance.

Elle soupirait, s’agitait. Ses jupes se mettaient vers le haut des cuisses ; j’apercevais au-dessus des genoux les chairs blanches et appétissantes Je ne bougeai pas, m’entêtant à causer.
- Cette pension est le Paradis sur terre, murmurai-je.
- Oh, oui ! Et ni les élèves, ni les maîtresses ne l’oublient jamais.
- Quel chagrin lorsqu’on la quitte.
- On ne s’en va que pour se marier, ou pour une position indépendante qui permette de revenir.
- On y revient ?
- Oui, à quelques grandes fêtes, et les soirs des Offices Rouges.
- Les Offices Rouges !
- Tu les connaîtras en appartenant à la confrérie. Il est certain que l’aumônier voudra que tu en fasses partie.

Elle se décida à me prendre la main, à m’attirer entre ses cuisses, à guider mes doigts vers son conin.

Quel feu y couvait !
- Hein, dis-je en la chatouillant avec légèreté, tu m’as joliment fustigée avec la badine, si je te boudais à cette heure ?
- Méchante, tu n’en auras pas le cœur.

Pesant sur mon bras, elle s’empara du haut de mon corps, appuya ma tête, et ses jambes s’entortillant autour de mon cou, mes lèvres se collèrent sur sa fente toute rosée, toute frémissante ; un frisson la parcourut dans toute sa personne.

Quel charmant spectacle, mon cher Paul, que ces jolies cuisses caressant les joues, que ce ventre satiné et bombé dominant votre front, que ces poils vous chatouillant le nez, la bouche, que cette perspective des fesses s’arrondissant au-dessous.

Nanette ne se plaignit pas de mes minettes et me déchargea par deux fois sur le visage.

Puis elle suspendit mes caresses et murmura :
- Je suis une égoïste. Monte sur mon lit qu’à mon tour je te fasse jouir. Ensuite tu me délecteras les fesses et tu exigeras de moi ce que tu voudras. Ah ! quelle science de minettes !

Elle s’y entendait mieux qu’Angèle, la seule qui me les eût encore faites à la pension.

Sa langue me picotait partout, ses mains me soulevaient les fesses, ses lèvres rue brûlaient en m’aspirant les poids qui se sont diantrement allongés et fournis depuis mon départ de Chartres. Elle adressait mille délicieuses grimaces à toutes mes chairs. Je jouis tout d’un coup, me pâmant sous un grignotement de dents, qu’elle essayait ma fente.

Alors, elle m’apporta ce cul, dont j’admirai l’habileté de jeu en présence de Blanche, de Fanny et de Marie.

Ce fut tout un poème.

Elle l’étendit à la hauteur de mon visage, l’avança, le recula, l’aplatissant sur le lit ou contre ma figure, y retenant ma langue, enfermée au milieu de la raie, le tournoyant en tous sens avec une célérité vertigineuse.

Je m’affolai dans ces caresses et le dévorai de baisers, de suçons, avec une telle ardeur qu’elle envoya la main à ma tête, la colla contre dans une crispation subite, et déchargea avec de telles secousses qu’à chacune d’elles mon nez courait la ligne de la fente depuis la naissance des reins jusqu’à l’entrecuisse où il se mouilla d’un jet de sa liqueur.

Nous ne nous étions pas déshabillées.

Installées sur le lit, la main dans la main, elle me demanda :
- As-tu bien joui, ma chérie ?
- Et toi aussi ?
- Comme une petite fille ! Comment me trouves-tu faite ?
- Aussi belle qu’un ange !
- Flatteuse. Me trouves-tu aussi bien que les autres ?
- Jusqu’ici, je n’en ai pas beaucoup contemplées.
- Et Fanny, et Blanche, et Isabelle, ma rivale pour le cul, et Angèle, et celles que j’ignore ; combien t’en faut-il, gourmande ?
- Les voir toutes !
- Tu es franche, friponne ! Paris ne s’est pas construit en un jour. Avec du temps, de la méthode, tu satisferas tes désirs. Dis, chérie, veux-tu que nous nous rencontrions souvent ?
- Oh, oui ! Tu me plais beaucoup. Je t’avouerai cependant que j’ai promis à Isabelle d’être sa petite amoureuse.
- L’intrigante ! Elle se fourre toujours partout. Bah ! Ne la refuse pas ; d’ailleurs, elle ne peut avoir avec toi que des relations coupées, puis elle est très inconstante. Consens sans arrière-pensée à nos rendez-vous.
- De grand cœur, Nanette, mais tu ne me frapperas plus aussi fort si je mérite la flagellation ?
- N’as-tu pas voulu ta punition ? Dis : est-ce que le cul d’Isabelle vaut le mien ?

Je me mis à rire, et répondis :
- Ma foi, il est presque pareil par la forme et les qualités.
- Ah, tu compares donc en léchant ?
- Tu t’inquiètes de mon opinion ; comment la formulerais-je sans me rappeler ?
- Fi de la logique, mademoiselle. Prétendriez-vous devenir maîtresse d’école ?
- Je ne m’en plaindrais pas, à condition que ce fût dans une pension comme celle-ci.

Et tout cela, mon chéri, agrémenté de baisers, de caresses, de succès. L’heure s’envolait, nous nous séparâmes pour bien dormir et reprendre des forces. Bonne nuit, Monsieur mon frère, je te le suce.

Ton Adeline.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 15

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris