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La Fête de Nuit (Chapitre III - §V)

Petites et grandes filles - 15

Roman érotique (1890)



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Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


V
DE LA MÊME AU MÊME

Elle n’était pas sotte celle qui me conseilla de demander la fête de nuit. Quelle journée et quelle soirée !

Petit Paul, je te voyais là et je pensais aux folies que tu aurais commises.

Peut-être en serais-tu malade ; mieux vaut donc que ton joli museau n’ait pas joui des grands triomphes que je rêvais.

Dès le matin même, modification dans tous les règlements : le sommeil prolongé d’une heure et demie ; au réveil, toutes les élèves, leur toilette terminée, attendirent nues, avec les bottines et les bas seuls, la visite du docteur Bernard de Charvey venant examiner si l’état de santé de chacune était apte à supporter le plaisir et... la gaudriole. Mlle Blanche nous prévint par ces simples mots, en frappant des mains, le lever :
- Visite du médecin.

Mes compagnes savaient ce que cela signifiait. Marie Rougemont me mit au courant.

Le docteur passa, successivement derrière tous nos rideaux ; on le recevait devant le lit.

Parvenu à moi, il m’étudia des pieds à la tête, me palpa sur tous les points du corps, appuya l’oreille sur mon dos, sur ma poitrine, mon ventre, en me recommandant de tousser, et satisfait du résultat, me dit :
- Robuste constitution, vous irez loin.
Il plaça un doigt entre mes cuisses, essaya de l’enfoncer, tandis qu’obéissant à un signe de ses yeux, je plongeai la main dans sa culotte.

Je touchai un autre modèle, de queue, assez courte mais grosse, grosse, encore plus grosse que celle de l’aumônier.

Il me pencha sur mon lit et l’approcha de mon conin, je crus un instant qu’il s’apprêtait à me dépuceler.

Il s’arrêta, me baisa sur les lèvres, ventre contre ventre, et murmura :
- Je m’oubliais, mon inspection n’est pas terminée. Nous nous retrouverons, ma mignonne.

Une chose m’intriguait.

À mesure qu’il quittait une élève, elle se rendait dans la chambre de Mlle Blanche, d’où elle ne sortait que lorsque la suivante la remplaçait.

À mon tour, j’y pénétrai, et j’eus l’explication du mystère.

Blanche, dans la même tenue que nous, couchée sur le ventre, livrait son cul aux feuilles de rose de Marie qui m’y précéda.

Avec regret, ma camarade se retira, et Blanche, relevant la tête qu’elle tenait appuyée sur les liras, me dit :
- Venez m’embrasser, Adeline, sur la bouche. Là, sucez la pointe de mes seins ; tout cela est parfumé, prêt à toutes les folies. Votre corps est aussi en parfait état, le rapport du docteur le constatera. Maintenant, mignonne, une caresse à mes fesses et tu rejoindras tes amies pour t’habiller et descendre à la classe. Cette première caresse que votre maîtresse vous accorde présage vos joies de la fête de nuit.

Sur le cul de Blanche, je me rappelai quelques-unes de mes savantes sucées exercées sur ceux d’Isabelle et de Nanette. Elle eut un tressaillement et murmura :
- Tu as progressé depuis ta fessée. Assez, quitte-moi. Nous ne devons pas prolonger la séance.

De mes deux mains j’ouvrais bien large la raie et ma langue, que je pointai le plus possible, frétilla au trou du cul.
- Ah, ah ! Non, tais-toi, va-t-en. Je te le répète, ne me fais pas jouir. Tu m’exposerais à être fautive chaque chose en son temps.

Je suspendis mes caresses et, en riant, je lui allongeai une grosse claque qui retentit dans tout le dortoir. Je me sauvais, gracieuse ; elle me menaçait du bout du doigt.

Le dortoir était en effervescence.

Les premières visitées, an lieu de se vêtir, paradaient et l’on se promenait de lit à lit.

Pour sa part, Marie, agenouillée en avant de ses rideaux, avait une véritable clientèle de ferventes, attendant qu’on leur léchât le cul.

À la suite les unes des autres, elles se présentaient, soutenant leurs fesses entrouvertes avec les mains, approchant leur raie du visage de Marie qui, rapidement, exécutait de la langue une douzaine de rapides sucées.

Quand je revins, il en restait trois, dont les yeux brillaient et qui se contorsionnaient le dos les unes contre les autres, disant tout bas à celle dont le cul se délectait des caresses de Marie :
- Assez, dépêche-toi, nous n’aurons pas le temps nous autres !

On précipita l’action et elles eurent leur ration de feuilles de rose.

Heureusement que pour cette journée la sévérité n’exista plus. Blanche comprit sans doute les petits caprices qui s’exerçaient et elle nous laissa nous préparer à notre aise. On n’abusa pas.

La classe de l’après-midi fut avancée et, à cinq heures et demie, nous nous réunîmes au réfectoire pour un lunch. On devait sonner à neuf heures après avoir dansé.

Le lunch terminé, on alla revêtir nos toilettes de gala.

Ah, mon petit Paul, aucun détail ne se négligeait.

J’étais jolie à croquer sous ma robe blanche, ornée d’un petit décolletage en pointe, œuvre d’une habile tailleuse, une ancienne élève établie grâce à la protection de notre conseil de direction. Toute la classe moyenne portait la même toilette et nous n’avions pas mis de pantalons, détail qui en disait long. La jupe s’arrêtait au cou de pied et si, par hasard, nous la soulevions, on admirait nos bas de fil noir montant très haut.

À sept heures, nous entrâmes dans les appartements des demoiselles Géraud.

Jamais je n’oublierai l’aspect enchanteur des trois salons se suivant, brillamment éclairés et jetant la furie dans nos veines par tout ce que nous contemplions.

Juliette et Fanny portaient des toilettes de velours noir, l’autre bleu, décolletées, avec les seins presque libres, les bras nus, une aigrette en diamant dans les cheveux. Elles nous recevaient, en maîtresses de maison, en haut du premier salon.

Blanche avait une toilette de satin vert ; Lucienne de satin lilas ; toutes les deux aussi décolletées que les directrices, avec la jupe ouverte sur le côté par un élégant retroussé. Elles montraient aussi un dessous de mousseline nuageux, des bas rouges et la chair des hanches. Nanette se présenta en habit et cravate blanche, de même que Mlle Robert et quelques grandes, parmi lesquelles Angèle, Georgette Pascal, la seule travestie, était soubrette Louis XV, une ravissante friponne, provoquant mille fougueux désirs par ses déhanchements.

Mais ce qu’il y avait de plus endiablé, de plus extravagant, c’étaient les petites, nues sous une chemisette attachée à la ceinture par une faveur bleue ou rose, découvrant absolument les bras, les épaules, la poitrine, les jambes, les fesses, le tout fort gracieux, malgré l’état grêle des membres non encore formés ; toilette sommaire, complétée par de petites babouches blanches, des fleurs dans les cheveux et un nœud sur chaque épaule.

Et ce petit monde charmant, déluré, se trémoussait, tortillait le cul de droite à gauche, riait, s’amusait, se tapotait de légères claques, ne perdait pas la mesure des libertés, se guidait sur un simple regard de Nanette.

Je notai quelques distractions dans l’ensemble général des toilettes. Des Filles Rouges avaient au milieu de la ceinture un nœud de velours rouge. Sur le derrière de ma jupe blanche, on avait placé un bouquet de violettes ; Isabelle, Berthe Lytton et Georgette Pascal en portaient un de même. Cela marquait la protection accordée par un cavalier ; en effet, Berthe était la préférée de M. Callas, et Georgette du docteur.

Juliette, nous ayant retenues toutes les quatre, nous conduisit dans un boudoir séparé et nous nous trouvâmes en présence de ces messieurs.
- Mes amis, dit-elle, voici vos houris. Avant de les lancer au milieu de la fête, j’ai pensé qu’elles vous devaient un petit quart d’heure. Disposez-en donc à votre guise.

Isabelle, la plus hardie, s’élança sur les genoux de M. Gaudin et lui passa les bras autour du cou.

Pour ma part, je n’hésitai pas à l’imiter avec l’aumônier.

Georgette tendit les mains au docteur, qui l’attira sur son cœur ; quant à Berthe, elle attendit que M. Callas s’approchât d’elle et l’embrassât.

Juliette nous avait quittées.
- Messieurs, dit le docteur, ne soyons pas égoïstes, et puisque, à présent, nous possédons chacun une sultane, permettons-leur le plaisir avec leurs compagnes et menons-les dans le salon.

Un suçon sur les lèvres, et nous reparûmes.

On commençait à danser ; Mlle Robert tenait le piano. Les couples se formaient, et l’on tourbillonnait. Les petites n’étaient pas moins savantes, et s’en donnaient à cœur joie.

J’acceptai l’invitation d’Isabelle, qui, par ses regards un peu en dessous, me paraissait caresser encore quelque méchante pensée.

Bientôt j’acquis la preuve que je ne me trompais pas. Nous trouvant noyées dans les couples, elle me dit :
- Tu es une gentille amoureuse ! Ah ! vraiment, j’espérais que tue tiendrais plus que ça ! Depuis notre punition nous n’avons rien eu ensemble, et tu t’es amusée avec Nanette. Elle ne me vaut pas, tu sais ! Et de plus, elle m’en veut, parce que je lui ai soufflé Camille, je m’en fout.
- Oh, Isabelle !
- Ne m’embête pas, et laisse-moi parler, si tu ne veux pas que je dise des sottises devant tout le monde. Je n’ai pas l’habitude de me gêner dans mon langage. C’est Camille qui m’apprend tout ça, et ça l’amuse que je parle sale. Une amoureuse dans ton genre est bonne à vous enlever le tempérament. Moi, je suis très chaude, et il faut qu’on m’entretienne, autrement la bile me remue. Si je m’écoutais, je te ficherais des claques, et j’ai sur les lèvres toutes sortes de vilains mots à ton service. Je t’ai cependant torché le cul avec ma langue.
- Tu l’avais lavé.
- Je l’eusse léché quand même, je te l’ai proposé. Il me semblait, après notre accord dans la chapelle que nous étions pour nous entendre, et tu n’en abuses pas ? Après ça, tu préfères peut-être un cul dans le genre de ceux de Fanny et d’Athénaïs ! Tu n’es pas difficile dans ce cas. Un joli petit cul, bien rondelet, pas trop épais, bien tracé... Enfin, peut-être, tu es comme les hommes, qui les préfèrent bien nourris, bien pleine lune. Voyons, pourquoi ne me réponds-tu pas, garce ?
- Isabelle, je te défends d’employer ces mots.
- Bon ! bon ! Tu es cause qu’on m’a écorché les fesses à coups de badine, et deux fois pour toi en somme, j’ai souffert la punition. Jusqu’ici nous ne nouons ensemble que de mauvais rapports.
- Ce n’est pas ma faute.
- J’ai le droit de me fâcher. Jamais tu ne te places sur mon chemin, et les occasions ne se présentent pas toutes seules. Le soir, où tu as suivi Nanette, je comptais que tu comprendrais mes œillades. Ah, bien oui ! mademoiselle rêvait, et un simple signe de cette sacrée Nanette l’a décidée à partir. Cochonne !

Elle m’amusait dans sa colère, d’autant plus qu’elle valsait très bien, que je l’accompagnais à merveille, et que nous étions comme collées l’une à l’autre. Je m’abandonnais à sa vigoureuse pression, et je me laissais emporter dans ses bras, le souffle confondu au sien.
- Ah ! tu ne te défends plus, hein ? Tu acceptes mes injures, petit rien du tout ; tu te donnerais à tout le monde, et pas à ton amie Isabelle. Tu commences à te conduire en putain !
- Si tu continues à me parler ainsi, je me fâche.
- Je te tiens trop bien cette fois-ci, c’est un peu mon tour de te dompter. Mes bras t’enserrent, ma voix te chatouille, aussi bien que le feraient mes doigts à ton conin, et mes sottises t’exilent, puisque tu souris, mauvaise peau. Tu oublies que je suis ton aînée, et que j’ai plus d’expérience de la chose que toi.

Elle me guidait comme elle l’entendait, et le milieu se prêtait à ses discours.

Parfois, la valse s’alanguissait, s’arrêtait même pour permettre à quelques-unes de se reposer ou de changer de compagne ; les enragées stoppaient en cadence, et repartaient de plus belle ; on les acclamait. Nous brillions parmi celles-là.

Sur des fauteuils ou des canapés, les cavaliers s’amusaient les uns avec les autres, et sur les genoux de l’aumônier, deux petites, debout, se faisaient peloter à qui mieux mieux leur devant et leur derrière.

Je ne répliquai rien à la dernière boutade d’Isabelle, et sa lèvre becquetant la mienne, elle continua :
- Mérites-tu le miel de mes caresses, cochonne, toi, qui me criais l’autre jour, à qui ton frère le mit, et ensuite l’aumônier. Quand on dit des sottises aux autres, on ne doit pas leur jeter ses propres actes à la face.
- N’as-tu jamais sucé, toi, qui me traites de suceuse ? Elle sourit et riposta :
- Moi, si je l’ai fait, c’était pour plaire à mon protecteur. Et toi tu le fais par goût.
- Tous les goûts sont permis.
- Je ne chercherai pas querelle sur ce point. Je me fâche de ta négligence, et si tu me préfères Nanette, il n’est pas nécessaire que nous nous considérions comme deux amoureuses.
- Je ne préfère pas ; j’aime à m’amuser.
- Pourquoi ne m’as-tu pas appelée ?
- Et toi ?

La valse finissait. Nous nous séparâmes, sans conclure d’accord. Angèle, gentille au possible, sous son costume masculin, m’invitait pour la prochaine danse.

De plus, comme Isabelle était une excellente pianiste, on la pria de s’asseoir au piano, afin que les maîtresses prissent leur part de plaisir.

Elle s’éloigna, en me jetant un regard en dessous, qui me présagea quelque future algarade.

Angèle m’enlaça, m’embrassa, et me dit :
- Défie-toi d’Isabelle, mignonne. Elle englue et l’on s’en dépêtre difficilement.

Mais que se passait-il ? On se groupait au haut du salon de danse, s’y agitait, s’y échauffait.

Une chose qui ailleurs eût compromis, et gravement, la discipline de la maison.

Elise Robert et Nanette, tenant la traîne de la robe de Juliette, l’avaient retroussée, et découvert ses fesses, et toutes les petites, comme de folles gammes, s’agenouillaient derrière, les baisaient en les prenant dans leurs bras maigrelets, s’acharnaient à des caresses qui paraissaient délecter notre grande directrice.

Elles s’y succédaient les unes aux autres, puis couraient autour du salon, levant en l’air leur petit cul, que quelques grandes claquaient légèrement.

Isabelle préludait une mazurka ; Angèle me saisit par la taille, et nous nous élançâmes.

Il se fait tard, mon chéri ! Je renvoie à une prochaine lettre la suite du récit de notre soirée.

Ton Adeline, qui t’embrasse et te mord.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 16

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



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