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Les Offices Rouges (Chapitre IV - §I)

Petites et grandes filles - 17

Roman érotique (1890)



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Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


CHAPITRE IV
LES OFFICES ROUGES

I
ADELINE À PAUL

Ne m’oublies-tu pas à Londres, mon frère chéri ? Un siècle s’est écoulé depuis notre séparation, et encore des semaines depuis mes dernières lettres.

J’embellis, et mes aventures continuent, entremêlées de grandes joies et de quelques corrections.

La flagellation a du bon et du mauvais. Tu n’en a pas goûté, mignon. J’estime que tu y perds un plaisir soit au passif soit à l’actif.

Après la Fête de nuit, pour rétablir l’équilibre dans nos esprits, pendant plusieurs jours, les sévérités demeurèrent excessives. On étouffait ainsi les velléités d’indépendance. Les devoirs augmentés, les exercices fatiguant les corps, multipliés, les repas réconfortants mais portant à la somnolence, sagement distribués, aidèrent à reprendre les forces dépensées dans l’orgie nocturne.

Impossible aux petites de fauter. La surveillance ne les quittait, ni le jour ni la nuit.

Moyennes et grandes, relativement en subirent le contrecoup.

Chacune apporte la meilleure volonté du monde à se soumettre à ce régime afin d’obtenir de nouvelles faveurs, et les punitions n’abondèrent pas.

La période fixée pour le port du ruban bleu s’étant écoulée, je rentrai dans la discipline courante.

Blanche m’expliqua que, si je me plaçais en dehors de mes compagnes de classe, j’éveillais des jalousies, lesquelles m’attireraient des désagréments.

La nécessité de me coucher à huit heures et demie ne me peina que parce qu’elle m’enlevait les occasions d’approcher Isabelle.

Durant les quelques soirs de veillée dont je disposai, plusieurs fois j’en profitai pour me retrouver avec ma chaude amie, et à mesure qu’elle prodigua son conin et son cul à mes ardeurs, je m’en épris de plus en plus follement. La passion qui domina Marie s’inocula dans mes veines, et tout mon sang bouillonna à la seule pensée des délices qu’elle savait me faire goûter avec le jeu savant de ses fesses.

La méchante suivait avec joie ses progrès sur mes sens, et comme me l’avait annoncé Angèle, elle m’engluait littéralement à ses jupons.

Dans la journée, à la récréation, tout en jouant avec mes camarades, je la contemplais à la dérobée, et, lorsque je la voyais me sourire d’une certaine façon, d’un sourire lascif, mystérieux, accompagné d’un geste de main ou de hanche, pour attirer mon attention sur sa ceinture ou son derrière, il me semblait qu’à travers l’étoffe ses chairs appelaient les miennes, et des torrents de feu me couraient par tout le corps.

Tant que dura la permission de me coucher tard, notre entente se desserra de plus en plus, et à part l’aumônier, je ne songeai pas à d’autres voluptés.

En vain Nanette essaya de me ressaisir ; je l’évitai, en prétextant des fatigues, en feignant de ne pas la comprendre.

Un jour, peu après le Fête de nuit, l’aumônier m’emmena dans le petit salon derrière la sacristie.

Il me complimenta, comme toujours, sur ma gentillesse, sur ma discrétion, m’assurant qu’il nourrissait une vive passion pour ma petite personne.

Il me mignarda sur la bouche, m’assit sur ses genoux, me supplia de lui conserver tonte confiance, disant qu’il voulait mon bonheur, non seulement pour le temps que je passerais à la pension, mais aussi pour l’époque où je me marierais.

Conte-moi tes moindres désirs, mignonne, et mon amitié sera heureuse de les réaliser.

Un gros baiser sur ses lèvres le remercia de ces bonnes paroles, et il me mit toute nue.

Il m’étendit sur un divan, et, tout en se dévêtant, il me dicta quelques poses que j’exécutai.

Il me fit coucher sur le dos, la tête sur la ligne du corps, les jambes ramenées et croisées, puis il me fit allonger les bras en croix, et les cuisses ouvertes : ensuite, à demi tournée contre le mur, accoudée sur un bras, une main caressant la raie des fesses ; enfin à quatre pattes, le cul bien en l’air, la tête à ras du sol.

Il achevait en ce moment de se déshabiller, et, nu à son tour, il glissa la tête sous mon ventre, la passa entre mes cuisses, souleva une de mes jambes, et me lécha le conin, les fesses, le trou du cul.

Je me trémoussai selon la méthode d’Isabelle, il s’enflamma, me dévora de feuilles de rose… et, avec le doigt, tenta de percer ma virginité.

Il soupirait, et je mourais du désir de sa chose.

Il le devina, et s’avançant sous moi, je pus le sucer dans l’enivrante position du 69.

Plus je voyais sa queue, plus elle réapparaissait volumineuse. Je m’y habituais de plus en plus, et sa main pressant mes fesses, je compris qu’il lui fallait l’acte sodomite. Je m’arrangeai, poussai mon cul vers ses cuisses ; il se retourna brusquement, sauta sur mon dos, et m’encula dans une frénésie de soubresauts, qui provoqua notre jouissance à la même seconde.

Il me combla de tendresses, me recommanda la docilité avec mes maîtresses, me promit mille merveilles, et nous nous habillâmes.

En me quittant, il m’annonça son départ pour plusieurs jours à cause d’affaires urgentes, et me dit qu’à son retour nous établirions des relations suivies.

L’aumônier absent, le ruban bleu retiré, soumise à la règle générale, je commençai à éprouver les ennuis de l’attachement exclusif voué à Isabelle.

Elle attendait sans doute cet instant où mon esprit et mes sens ne vivraient que de nos voluptés.

Elle inaugura des intermittences d’indifférence et de passion, qui me bouleversèrent l’âme.

La cruelle imposait son empire, et riait de mes tourments.

Je lui écrivis les plus ardentes lettres, lorsqu’elle ne me parlait plus de toute la journée ; elle s’enfermait dans un mutisme absolu, disparaissait des récréations, et je ne savais où la trouver.

Mes sens s’exacerbaient, ne s’intéressaient qu’à ses charmes, me suscitaient de folles visions, où la nuit et le jour, je rêvais de ses chairs, de son cul qui dodelinait devant mes lèvres et les fuyait.

Puis elle me revenait, fixait un rendez-vous, et, dans une heure de délire, m’abreuvait de telles ivresses, que tout pâlissait, qu’en dehors d’elle il n’existait plus rien.

Elle me rivait à ses jupes, et, connaissant son pouvoir, elle résolut de me pousser à bout.

Pendant une semaine, elle me refusa tout contact, et, un soir, à la récréation, elle me dit enfin :
- Tu me mangerais les fesses, si je te les prêtais trop souvent, et j’y tiens. Je suis fière des éloges qu’on leur décerne. Tu es toujours après moi, et tu m’empêches de satisfaire ma petite amie Marie, avec les autres qui les désirent. J’ai beaucoup d’affection pour toi, puisque tu es mon amoureuse ; mais il faudrait concilier nos caprices. Ecoute actuellement j’ai une toquade pour la petite Clémentine et la nuit du samedi à midi, quand tout le monde dort, doucement je vais à son dortoir, je l’éveille, si elle s’est endormie, et nous nous amusons. C’est justement le jour. Je te prendrai en passant, et nous ferons une partie à trois.
- Oh, Isabelle ! Quelle grosse faute me proposes-tu là !
- Nous ne risquons pas plus et nous risquons moins que lorsque je t’ai léché le cul en sortant du cabinet. D’ailleurs, je veux cette preuve de la force de tes désirs.

Quand elle parlait ainsi, elle prenait un air décidé et si mauvais que je craignais toujours de nous brouiller, et je cédais.

Cette fois, la faute se commettant contre Nanette, pour laquelle, malgré ma négligence amoureuse, j’éprouvais une vive sympathie, j’essayai de raisonner et murmurai :
- Le plaisir que nous aurons manquera de charme par la crainte du danger d’être surprise et par l’étroitesse du lit de Clémentine.
- Le danger excite la volupté. Pour l’étroitesse du lit, nous nous arrangerons. Oui ou non ; je te le dis, si tu ne viens pas, c’est fini entre nous.
- La peur me prendra, répondis-je. Non seulement cela m’inquiétait à cause de Nanette, mais aussi pour Clémentine, cette blondinette effrontée de la fête de nuit, pour qui souvent, moi, son aînée, je dus éviter des occasions où elle me relançait.
Cette enfant, à la pension depuis un an, avait une nature plus que précoce. Elle avait été débauchée par la femme de chambre de sa mère, et on prétendit que le mari de cette créature faillit la violer. Aux cris de la petite, on accourut, on découvrit le pot aux roses, on chassa les deux serviteurs pour ne pas ébruiter l’affaire, et on la confia aux demoiselles Géraud. Son tempérament promettait. L’examen du docteur étant favorable, on lui fixa une hygiène pour activer sa croissance. Elle figurait au rang des favorites de Fanny et d’Elise, et appartenait aux Filles Rouges.

Clémentine jouissait d’une grande liberté dans la maison, quoique médiocre travailleuse. Ses parents n’exigeant qu’une instruction ordinaire, on ne l’accablait ni de devoirs ni de leçons. On la dirigeait plutôt vers les arts d’agrément où elle mordait, brillant au piano et au dessin.

Quatre à cinq jours après la fête, comme au fond du jardin je pissais dans l’herbe, me croyant toute seule, j’aperçus Clémentine qui me proposa de boire mon urine à mesure qu’elle sortait.
- Petite sale, m’écriai-je, n’as-tu pas honte de demander pareille horreur ?
- Honte, pourquoi, si j’aime à faire ça ! Veux-tu, dis ?

J’avais terminée et je lui répondis :
- Si tu répètes ta demande, je te dénoncerai à ta maîtresse et elle te punira.
- Tu seras une moucharde et je te ferai tout le mal que je pourrai. Tu dois à Liza Carrin des coups de badine, je t’en voudrai de mon côté.
- Tu es une effrontée polissonne et pour te montrer combien je me moque de ta menace, je cours tout raconter à Mlle Nanette.
- Vas-y ! Tu t’en repentiras bientôt.

Elle marcha tranquillement après moi et vit que je n’abordais pas la maîtresse.

Un autre jour, à la récréation, elle entra derrière moi à la bibliothèque et, se baissant tout à coup, elle glissa sa tête sous mes jupes.

Avant que je revinsse de cette surprise, elle me mordit durement aux fesses et se releva en disant :
- C’est pour t’apprendre à ne pas faire attention à moi.

Je me contentai de lui tirer les oreilles et de répliquer :
- Quand tu seras plus grande, nous recauserons.
- Il y en a de plus âgées que toi qui ne me dédaignes pas.
- Ça ne me plaît pas de les imiter.

Enfin, une troisième fois, une nuit, comme je m’apprêtais à dormir, mon rideau s’entrouvrit et la tenace petite apparut.

Elle s’approcha de mon oreiller et m’embrassant le bout du nez qu’elle suça ensuite, elle murmura :
- Tu ne me renverras pas, eh ?

Je tremblais d’être surprise ; je la repoussai et répondis tout bas :
- Va-t’en ou j’appelle Mlle Blanche.

Elle pinça les lèvres puis me tira la langue, et riposta :
- Tu es une sale bête, une rosse. Je ne me serai pas dérangée pour rien ; j’en trouverai une plus aimable et plus avenante que toi.

Elle me quitta. Je me penchai pour écouter et je l’entendis réveiller Marie.

Celle-ci, moins farouche, à demi endormie, demanda :
- Que veux-tu, Clémentine ?
- Chut ! M’amuser ! Tu le veux, n’est-ce pas ?

Si elle le voulait, Marie ! Un cul et une bonne volonté qui s’offrait ! Aucun bruit ne transpira de ce qui s’accomplissait derrière les rideaux. Le lendemain, Marie m’avoua avoir gardé plus d’une heure la petite.

Depuis, si les yeux de Clémentine parlèrent, elle feignit de me traiter avec indifférence et mépris.

Et voilà qu’Isabelle exigeait ma visite à ce joli démon !

J’avais promis.

Je parie, mon chéri, que tu ne te serais pas tourmenté et que tu te serais précipité sur l’aventure. On a des préventions qui ne se commandent pas. Je les subissais. Mes plus tendres caresses.

Adeline.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 18

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



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