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Les Offices Rouges (Chapitre IV - §III)

Petites et grandes filles - 19

Roman érotique (1890)



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Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


III
DE LA MÊME AU MÊME

Le retour de l’aumônier me tirait de l’espèce de disgrâce dans laquelle je vivais.

Au fond, je ne me tourmentais pas beaucoup, je travaillais de mon mieux, faisant mes pensums, et essayais à me distraire d’une autre façon.

Je reconnaissais le danger de la fréquentation d’Isabelle qui me battait froid, affichait une amitié des plus ardentes avec Eulalie Pierre de ma classe dans l’intention de me taquiner, cette élève ne s’accordant pas avec moi.

La conduite d’Isabelle m’irritait d’autant plus que séparée d’Angèle et sachant le goût qu’elle m’inspirait, Marie me proposa de troquer de grande amie, à la condition de la favoriser le plus possible dans les plaisirs qu’elle aimait.

Isabelle refusa net, prétendant qu’elle n’avait plus rien à apprendre dans nos rapports et qu’elle préférait conserver Marie.

Mon lien d’amitié échut à Eve Philippe, la jolie blonde que je fustigeai à la première séance.

Depuis longtemps nous sympathisions et elle me témoigna une véritable joie de l’avoir choisie.

Eve Philippe ne couchait pas en chambre ainsi qu’Angèle, et cela joints aux pensums qui me tinrent plus de quinze jours éloignée de mes compagnes, retarda l’établissement de notre entente.

Plus sérieuse que les trois quarts de nos élèves, Eve était ce qu’on appelle une bûcheuse, et elle méritait de tels éloges que, parfois, elle s’en glorifiait, ne craignant pas de discuter avec Lucienne.

Elle s’attira ainsi la punition dont je fus l’instrument.

Marchant sur ses 17 ans, on pensait que, ses classes terminées, elle accepterait de rester à la pension comme troisième surveillante, ce qui permettrait d’accroître la situation des maîtresses en leur enlevant les heures d’études et d’augmenter le chiffre des élèves.

Entrée dans la maison à 12 ans et demi pour une affaire dans le genre de la nôtre, Eve, depuis, était devenue orpheline de père et de mère, et riche de quarante mille francs, ne dépendant plus que d’un oncle, capitaine marin, voyageant toute l’année et bien aise de la laisser chez les demoiselles Géraud. Son frère, plus âgé de deux ans, la visitait souvent.

Excuse ses longs détails sur ma nouvelle amie, mon chéri, mais je veux que tu l’aimes. Nous avons causé de toi en causant de son frère. Je n’en mets pas davantage.

Dès son retour, l’aumônier ne manqua pas de me demander, et il me questionna sur les rapports faits à mon sujet.

Avec lui, je rétablis la vérité de l’aventure en le priant de ne pas revenir sur l’incident qui me valut de si dures représailles. Je signalai l’odieuse conduite d’Isabelle, ce qui ne le surprit pas ; je lui affirmai n’éprouver aucune rancune pour la sévérité qu’on me témoignait.

Il me mena séance tenante chez Juliette.

La grande directrice me boudait. Elle était impitoyable pour le détournement des petites, hors des occasions permises. Elle comprenait que le plus grand danger de sa maison se cachait de ce côté et elle eût sacrifié sans pitié trois moyennes, même trois grandes, pour le viol du dortoir qu’on m’imputait.

L’aumônier commença par déclarer qu’il ne s’agissait pas d’une dénonciation, mais d’une confession qu’il entendait divulguer pour empêcher l’injustice de se perpétuer.

Avant de ne rien révéler, il exigeait qu’on s’engageât à l’oubli et à ne pas sévir.

Juliette le promit et elle reconnut alors mon véritable rôle dans la nuit de la salle de bains.

Elle me gronda de nouveau très fort pour l’entraînement auquel j’avais cédé et me pardonna.
- Ne vous tourmentez pas, dit-elle, ne vous affligez pas. Isabelle ignorera que je sais sa culpabilité. Evitez de vous lier avec cette dangereuse enfant. Sa destinée est toute tracée dans le monde galant ; il est probable qu’elle sera du nombre de celles qui nous oublient plus tard. Cet oubli, devant de pareilles natures, est ce que nous pouvons désirer de mieux.
- Et si ces ingrates parlaient !
- Nos notes tenues à jour nous défendraient. Elles sont désignées comme hystériques intermittentes, sujettes à hallucinations, et nul ne douterait de notre bonne foi.
L’aumônier profita de cette entrevue pour demander ma réception dans les Filles Rouges.
- Attendons qu’elle ait six mois de présence dans la maison ; il en sera temps.
- Ils ne sont pas loin.
- Ils n’y sont pas encore ; mais je vous promets qu’elle appartiendra à la Confrérie pour les prochains offices.
- Cette promesse me suffit.

Je reparus aux récréations et, après avoir été embrassée par Angèle devenue la grande amie d’une autre élève de ma classe, Louise Trossac, je rejoignis Eve qui me regardait avec ses yeux angéliques et doux. Elle me serra sur son cœur et murmura :
- Nous nous aimerons bien, n’est-ce pas ?
- Oh, oui !
- Tu ne te repentiras pas de notre amitié, va !

Personne ne parut s’occuper davantage de moi et nous bavardâmes à bouches que veux-tu.

Cependant Isabelle rôdillait tout autour, chantonnant de petits refrains drolatiques.

On jouait à la grande corde et les trois classes étaient représentées à ce jeu.

Clémentine, plus jeune et considérée pour cela même moins coupable que moi avait repris depuis plusieurs jours sa place parmi ses compagnes.

Elle figurait au rang des plus enragées sauteuses. En passant à mon côté, elle me sauta au cou et m’embrassa très tendrement, ce qui me toucha par le contraste avec Isabelle.

Celle-ci qui, justement en cet instant, revenait, sourit d’un air narquois et dit à Eve :
- Ta nouvelle amie ne renie pas ses complices ; elle te donnera de l’agrément.
- Tout le monde n’a pas ton caractère volage
- Oh, volage, ce sont des potins que vous lancez !
- Quelle est celle que tu n’as pas lâchée ?
- Vous êtes toutes des niaises !
- Merci de ton jugement.

Isabelle haussa les épaules pour courir après Eulalie qui, par derrière, lui avait mis les mains sur les yeux afin qu’elle devinât qui l’abordait. Elle cria, en me fixant :
- En voilà une avec qui l’on n’aura jamais envie d’être volage.

Eulalie Pierre, une brune aux yeux très vifs, avait beaucoup de l’allure d’un garçon. Sa personne, coupée à angles secs, n’offrait pas les jolies rotondités des autres. On ne pouvait pas dire qu’elle manquât de quoi que ce fût, mais ses hanches assez droites ne se développaient pas dans des fesses rondelettes. Son cul allongé et maigrelet eût plus convenu au corps d’un jeune collégien qu’à une fillette de 13 ans. Grande, hardie, autoritaire, elle se faisait remarquer par de longs bras et de longues jambes, avec la poitrine et les épaules un peu sèches, pas de duvet au conin. Habillée en garçon, on s’y fût trompé.

Elle me déplaisait et cela me choqua de la voir aussi libre, aussi familière avec Isabelle.

Celle-ci courait pour l’attraper. Elle tournoya dans toute la cour ; puis se jetant entre Eve et moi, elle se laissa prendre par mon ex-amoureuse qui la fessa en riant par-dessus les jupes.
- Dis, me fit Eulalie en me bousculant et se débattant avec Isabelle, est-il vrai que tu aimes à ce qu’on te pisse dessus ?

Je devins tonte rouge et demeurai interdite.

Isabelle, l’embrassant, s’écria :
- Que tu es bête de raconter de si vilaines choses ! Où apprends-tu de si grosses saletés ?
- On n’a pas besoin de les apprendre. Ça se sent près de certaines élèves.

La colère faillit m’emporter. J’hésitai une seconde à la gifler ; la réflexion m’arrêta et je répondis :
- On prête aux autres ses défauts et quand on fréquente certaines amies, on devient aussi sale qu’elles.
- Est-ce pour moi que tu dis ça, intervint Isabelle.
- Je réponds à Eulalie. Si tu y trouves quelque chose à ton adresse, c’est que tu es coupable à mon égard.
- Ne fait pas ta noire ! Parce que tu as eu de la chance dans la maison dès ton arrivée, tu voudrais que tout le monde se pliât à tes caprices ; moi, ça m’horripile et je me moque de tes grands airs.
- Adeline ne cherchait querelle ni à l’une ni à l’autre, dit Eve. Je ne comprends pas pourquoi vous veniez vous mêler à notre conversation.
- Causez, les belles tourterelles ! Vous ne nous empêcherez pas de dire ce que nous pensons et de remettre à leurs places les sottes prétentieuses.

Cette discussion ouvrit une petite ère de taquineries, n’influant ni sur mon caractère, ni sur mon parti pris d’insensibilité.

Isabelle me témoignait presque de la haine, et sans motif.

Ma classe se divisa en deux camps : les unes marchèrent avec Isabelle, qui me déclara la guerre, les autres avec moi. Cela m’amusa !

On me joua quelques mauvais tours, jusqu’à me surnommer « Mlle l’urine » et à me déposer dans mon pupitre de petits vases minuscules contenant quelques gouttes de pipi. Cela ne me troubla pas.

Isabelle voulait me faire payer cher la passion que je nourrissais pour son corps. Cette passion ne diminuait pas ; je la cachais, voilà tout.

Les maîtresses, devant mon calme imperturbable, me rendaient leur affection.

Un soir, comme je m’apprêtais à me coucher, Elise Robert vint me prendre pour me conduire chez Fanny.

Jamais pareille faveur ne m’était échue ; aussi j’en ressentis une grande joie.

Athénaïs Caffarel, Josèphe de Branzier, M. Camille Gaudin et le docteur Bernard s’y trouvaient réunis.

Les demoiselles Géraud ont chacune un appartement spécial qui leur permet de s’amuser à leur idéal, sans se déranger mutuellement.

Le salon de Fanny, un salon magnifique avec de jolies glaces, de superbes tentures et de nombreux canapés brillait sous la profusion des lumières.

À mon entrée avec Elise, les scènes voluptueuses ne demandaient qu’à se produire.

Athénaïs et Josèphe, assises sur les genoux du docteur, lui tiraient la moustache en riant comme des folles, et, lui, les tenant par la taille, leur baisait successivement les lèvres.

M. Gaudin, l’ami d’Isabelle, causait de très près avec Fanny dont les yeux animés trahissaient de chaudes intentions. Fanny m’appela et me dit :
- Ma petite, vous commencerez bientôt votre apprentissage de Fille Rouge ; en attendant, prouvez que tous les plaisirs vous sont également chers. Ne refusez rien et l’on ne vous refusera rien. Est-ce entendu ?
- C’est aller au-devant de mes désirs.
- Elle est charmante ! Je vous présente un cavalier à qui on a vanté votre talent... de bouche. Il sollicite de l’expérimenter. Surpassez-vous et vous ne vous en plaindrez pas.

L’émotion m’embarrassait un peu. M. Gaudin me supplia de ne plus l’appeler que Camille, m’entraîna vers un canapé, m’agenouilla entre ses cuisses et m’offrit sa queue à sucer.

Elle était de moyenne grosseur, assez longue, se terminant presque en pointe. Il paraît que cette catégorie désigne les meilleurs mâles.

Le protecteur d’Isabelle, tout déculotté, me montrait son ventre ombragé d’un poil épais et noir, des couilles très fortes, très lourdes, sous lesquelles il me plaça les mains.

Il appuya sur ma tête pour que je prisse sa chose dans les lèvres et je me mis à la sucer, d’abord lentement, ensuite avec plus de vigueur, prenant ses couilles entre mes doigts comme si je voulais les traire.

Je précipitai le mouvement, avalant toute la queue, la laissant ressortir, et ses tressautements me révélaient que mon jeu réussissait.

Je m’amusais à garder un instant le gland sur le bord des lèvres, serré entre les dents, et à le regarder avec malice. Il me donna une tape affectueuse sur les joues et murmura :
- Va, va, petite enjôleuse ! Jamais encore aucune élève ne m’a sucé aussi bien que toi. Isabelle est une folle qui me fatigue avec ses turlutaines et que je remplacerai par Athénaïs ou Josèphe.
- Elles n’ont pas le diable dans le corps comme votre protégée.
- Bah, elles l’acquerront ! Tiens, vois Athénaïs si elle ne sait pas se faire apprécier !

Athénaïs, les jupes retroussées sur le bras, le corps penché en avant, prêtait ses fesses à Elise qui les claquait à petits coups espacés et mignards devant Fanny qui, les cuisses en l’air, se grattait le clitoris.
- D’ailleurs, ajouta Camille, si les culs nerveux ont leur charme, les culs dodus en ont encore plus quand ils se mettent à désirer vos caresses. Celui de Fanny vaut mille fois mieux que celui d’Isabelle. Mais, friponne, veux-tu bien continuer et ne pas me marchander tes suçons.

Camille venait de me rappeler le cul de Fanny et, de suite, la pensée de comparer le plaisir que j’y éprouverais avec celui éprouvé près d’Isabelle s’empara de mon esprit.

Comment y arriver ? Je me hâtai dans mon suçage afin de gagner ma liberté et ma hâte me trahit.

Il devina que je caressais quelque projet particulier, et il me dit :
- Ma mignonne, nous nous retrouverons. Je vais courir jusqu’à Athénaïs ; agis maintenant à ta fantaisie.

L’occasion se présenta mieux que je ne l’espérais.

Fanny, la main sur sa motte, étendue sur un canapé, contemplait le docteur, lutinant Josèphe et souriait à Elise ; Robert et Athénaïs se fessant mutuellement.

J’arrivai en tapinois près d’elle, m’agenouillai et, brusquement, appliquai les lèvres sur son conin.

Elle tressaillit, et eut un sursaut de fesses, dont je profitai pour y pousser les mains. Elle se renversa en arrière, et je la dévorai de minettes.

Ah ! quelle chaleur, quelle fougue, quelle différence avec toutes les autres caressées jusqu’alors ! Je ne l’imaginais pas, et je me demandais comment il se faisait que je n’eusse pas encore goûté à cette ivresse.

Fanny, c’était bien la femme faite, épanouie, appréciant la volupté, et vous l’inoculant par ricochet.

Mes lèvres aspiraient les délices éprouvées par son conin. Son parfum excitait mes nerfs ; sa sensualité éveillait ma fièvre. Ma bouche demeurait collée entre ses cuisses ; ma langue la pénétrait en pointe, fouillait ensuite les alentours et se multipliait en baisers et suçons prolongés.

Peu à peu j’abaissai la tête, et mes léchées parvinrent à l’extrémité des rotondités, explorant près du conin Fanny releva de plus en plus les jambes, les cuisses ; et le trou du cul m’apparut au fond de la raie céleste qui y conduisait.

Ma respiration sifflait. Ma chère maîtresse devina le but que je poursuivais ; elle se retourna d’un prompt mouvement et m’étala tout son cul.

Ce n’était plus celui si flexible, si nerveux d’Isabelle, ce n’était plus ce long et rapide trémoussement de la cambrure de mon amie, s’agitant en contorsions effrénées ; ce n’était plus cette brutale domination du cul, exigeant le sacrifice de tout votre être aux caresses qu’il sollicitait. Mais c’était aussi tout un poème de grâce, de souplesse, de majesté, incitant le corps à mille désirs lascifs. Ces chairs blanches et nourries, cette raie profonde et vertigineuse, ces poils courant vers le bas, cette exquise rotondité, se développant sous vos yeux, ces effluves magnétiques miroitant sur toute la personne, tout appelait vos dévotions, les encourageait, vous en témoignait reconnaissance.
Je ne l’avais plus vu depuis longtemps, et je me délectai, le servant avec le même feu ardent, dont j’honorais celui d’Isabelle.

Je le sentis frissonner, frémir ; il se souleva, s’agita sous mes feuilles de rose. Je lui communiquai une partie de ma passion, et il se mit à faire, comme je l’aimais tant, à s’ouvrir et à se refermer de lui-même, à se rétrécir, puis à s’épanouir, à se dessiner en arabesques fantaisistes, au milieu desquelles la jouissance nous emporta toutes les deux.

Je triomphais, et tous les assistants, groupés autour de nos ébats, me félicitèrent.

Quelle nuit de plaisirs et de voluptés, mon petit Paul ! On se répète dans ces descriptions ; on risque de se fatiguer. Je ne veux pas que tes désirs s’émoussent ; je t’embrasse bien fort.

Adeline.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 20

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



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