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La Flagellation (Chapitre II - §I)

Petites et grandes filles - 6

Roman érotique (1890)



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Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).


CHAPITRE II
LA FLAGELLATION

I
ADELINE ET PAUL

Je tiens ma promesse, mon chéri, et je t’écris toutes mes pensées, comme toutes mes aventures. Cela pour nous consoler de la méchanceté qu’on nous a témoignée. Tu es loin, mais tôt ou tard mes lettres t’arriveront et te prouveront que je me moque des sévérités, que je recommencerai toujours, et tant que tu le voudras, nos petits plaisirs. J’ai bien pleuré à ton départ, et aussi quand on m’a emmenée. L’abbé n’a pas été gentil, il n’a rien fait pour me défendre, et cependant il me le devait bien, car, je te l’avouerai, c’est lui qui m’instruisit sur toutes les bonnes choses qu’ensuite je t’enseignai. Oui, mon cher Paul, notre professeur, si sévère, si impeccable, ne se gênait pas lorsqu’il me gardait, après la leçon, pour me tripoter et se faire tripoter. Il me reçut la nuit dans sa chambre, et il m’apprit qu’on mettait dans le cul la jolie affaire d’amour que les hommes ont entre les jambes. Ah, il aurait bien pu intervenir, au moins pour moi ! Au fond de l’âme, maintenant, je préfère qu’il en soit ainsi. C’est lui qui a désigné la pension où l’on m’a enfermée, et je ne m’y trouve pas mal. De ce côté, je lui dois de la reconnaissance.

D’après les premières paroles de Mlle Juliette Géraud, lorsque nous fûmes seules, j’ai compris que nos parents avaient eu une bizarre… et heureuse inspiration, en me plaçant dans cette maison.
- Mademoiselle Adeline, me dit-elle, nous n’ignorons pas la cause qui nous vaut le plaisir de vous posséder au milieu de nos élèves. Notre méthode d’éducation diffère essentiellement de celle préconisée partout ailleurs, et si vous vous montrez raisonnable, j’ai la ferme espérance que vous n’aurez pas à vous repentir de votre séjour sous ce toit. Généralement mes élèves n’entrent chez nous que signalées par un fait pareil au vôtre. Nous les corrigeons aux yeux du monde par un procédé tout de bienveillance. Pour être certaines de la réussite, nous demandons la discrétion la plus absolue sur la gestion de notre école. Si vous vous conformez à cette règle, nous amènerons la réconciliation entre vous et votre famille, et nous vous présenterons un bel et bon mari à la fin de vos études. Me promettez-vous cette discrétion ?
- Elle devient mon devoir, Mademoiselle.

Il faut te dire que Mlle Juliette est une jolie femme de 30 ans, une brune délicieuse, à la peau très fine, aux yeux enchanteurs, à la taille de déesse, et ne rappelant rien de l’ogresse que je me figurais.

Elle continua :
- Vous êtes intelligente, mon enfant, nous ne doutons pas que votre bonne volonté dans vos études et dans votre conduite ne nous récompense de tout ce que nous entreprendrons en votre faveur. Je dois vous dire que le système prohibé en France est la flagellation à divers degrés, suivant la nature de la faute. À vous de ne pas la mériter. Pour accoutumer les nouvelles venues à cette idée, la dernière entrée a la charge de l’appliquer au grand tribunal de chaque semaine. Cette mission vous échoit donc. Par votre âge et votre avancement en savoir, vous appartenez à la classe. Nous lions chacune de nos classes par une chaîne affectueuse, dont toutes nos élèves se sont toujours bien trouvées.

Je vais vous présenter Mlle Angèle, de la classe supérieure, qui sera votre grande amie. Chaque grande est ainsi attachée à une élève de la classe moyenne, et de plus, avec celle-ci, prend soin et souci d’une des petites, à titre de petite mère et de petite sœur. Au fur et à mesure, vous vous mettrez au courant des usages de la maison.

Mlle Juliette ouvrit la porte, et j’aperçus Mlle Angèle, une blonde dorée de 17 ans, très gentille, très coquette, très souriante, qui m’embrassa tendrement et me dit :
- Venez, ma chérie, faire connaissance avec vos futures amies et avec votre maîtresse de classe.

Je saluai Mlle Géraud et j’accompagnai ma nouvelle compagne.
Mon étonnement ne cessa pas.

Ma maîtresse, Mlle Blanche Delorme, une charmante rousse de vingt ans, m’accueillit de très aimable façon, me tira l’oreille, en disant :
- Mignonne, je ne demande qu’à être contente de votre travail, et vous ne vous plaindrez pas de moi. J’ai été la grande amie d’Angèle, lorsqu’elle appartenait à la classe moyenne, et j’ai été tellement heureuse de mon éducation dans cette maison, que je ne veux plus la quitter. C’est donc une camarade que vous embrassez, en embrassant votre maîtresse.

Combien j’étais loin de la réception que je redoutais ! J’appris alors que l’institution des dames Géraud était divisée en trois classes, chacune de treize élèves ; la grande classe comprenant les pensionnaires de 15 à 18 ans ; la moyenne de 12 à 15 ; la petite de 10 à 13.

On n’en prenait pas au dessous de dix ans, et la sollicitude la plus affectueuse veillait à tous les degrés, et selon le développement physique, sur chaque âge.

Angèle me mena auprès de toutes ses amies, qui me reçurent très gracieusement ; puis, je liai connaissance avec celles de ma classe qui se montrèrent empressées et gentilles ; je vis enfin les petites qui me sautèrent au cou. Parmi celles-ci, je distinguai la petite Elisabeth, dont Angèle était la petite mère, et dont je devenais la petite sœur.

À côté de Mlle Nanette Coutelin, une brune de 22 ans, maîtresse de la petite classe, des yeux de feu, une allure endiablée, et à Mlle Lucienne d’Herbollieu, blonde sentimentale de 24 ans, une idéale créature à dévorer de caresses, professeur de la grande classe.

Mon cœur se délecta d’aise et de joie, je pressentis un bonheur de tous les jours dans ma nouvelle existence, et je résolus de le mériter de mon mieux.

Tu connais à peu près les personnages, mon cher Paul ; à ma prochaine lettre le récit de mes amitiés, de mes aventures. On rêve à beaucoup de choses ici.

Ton Adeline.

Voir en ligne : Petites et grandes filles - 7

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS et Nathalie QUIRION d’après le roman érotique de Fuckwell (Alphonse Momas), Petites et grandes filles, [s.n.], Londres, Paris, [1890], 1907. (248 p. ; 19 cm).



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