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Une aventure photographique

Photographies obscènes

La Chandelle de Sixte-Quint (IV)



Mots-clés :

Anonyme, La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique, Éd. Le Baucher [A. Brancart], Montréal [Amsterdam], 1893.


IV

Cependant le commis de nouveautés n’arrivait pas. Pour passer le temps, on tira encore la jeune femme en quelques poses caractéristiques figurant les différentes phases de la toilette intime d’une dame et où on pouvait la voir se lavant sur son bidet, se peignant le poil, se mettant de la poudre de riz à la motte. Puis elle posa en certaines tenues piquantes, toute nue avec ses bas, ses bottines, son corset appliqué à même la peau sans chemise ; puis avec son manteau de ville jeté sur ses épaules et tout ouvert par-devant, de façon à unir le piquant du déshabillé aux charmes de la nudité.

Toutes ces séances auxquelles je prenais maintenant une part véritablement active, posant notre gracieux modèle, rangeant les plis de ses vêtements quand il y en avait, soignant l’éclairage de ses charmes secrets qu’il s’agissait de mettre bien en vue, tous soins qui n’allaient sans contact de mes mains avec la douce peau de ses membres potelés et des parties intimes de son corps ; puis, contemplant sur la glace dépolie et mettant au point l’image suggestive de cette délicieuse créature en poses obscènes, tout cela avait porté mon moral au niveau d’érotisme lubrique où se trouvaient mes sens… Le monde extérieur s’évanouissait. Rien n’existait plus au-delà des murs de cet atelier qui devenait le temple de l’impudicité où je me figurais devoir vivre éternellement, comme les prêtres hindous au fond de leur retraite, l’esprit et la vue toujours fixés sur des tableaux lubriques, mon occupation unique consistant à en créer sans cesse de nouveaux, à y figurer moi-même.

En effet, dans ce moment, enflammé par la vue de cette jolie femme posant dans les attitudes les plus impudiques, enivré par la grâce et l’aisance qu’elle mettait à se livrer ainsi à l’objectif, j’étais tenté de me faire son partenaire, de rivaliser d’impudicité avec elle, de la peloter, de l’enfiler, de la gamahucher devant l’appareil photographique et d’être tiré avec elle dans les plus lubriques postures.

Mais de cette envie secrète à une proposition directe il y avait un pas à franchir. Ce pas fut franchi sans que je m’en doutasse.
- Ne m’aviez-vous pas parlé de groupes ? dit la jeune femme. En voyant monsieur, je croyais que c’était avec lui.
- Non, chère belle, c’est avec un autre qui n’arrive pas.
- Eh bien, mais vous voilà deux, ici. Pourquoi attendre ? J’aime autant ça avec l’un de vous.
- C’est que mon opérateur, dit mon ami en me regardant, n’est pas engagé du tout pour cette besogne-là. C’est un homme du monde qui vient ici pour étudier et…
- Mais je pose bien devant lui, moi…
- S’il veut bien, arrangez-vous ensemble.

À ces paroles, par tout mon corps, des pieds à la racine des cheveux, me passa un frisson de lubricité déchaînée. Mon cœur battait comme lorsque pour la première fois je me trouvai dans la chambre d’une femme et que glissant ma main entre ses cuisses je touchai, sensation inconnue pour moi alors, son poil, sa motte, son con. J’hésitai une seconde et j’acceptai… J’acceptai, tout osée qu’elle fût, cette proposition dont je brûlais en secret de prendre l’initiative. Si le spectacle des combats engendre les actions belliqueuses, celui de la lubricité suggère les impudiques. Le milieu où j’étais, l’exemple de cette jolie jeune femme offrant en souriant sa nudité à nos regards et à ceux qui la contempleraient sur l’épreuve photographique, celui de mon ami s’exhibant comme on me proposait de le faire, étaient d’une contagion trop vive et trop douce pour y résister…
- Avec un loup ? dis-je d’une voix tremblante d’émotion lubrique.
- À la bonne heure, dirent la jeune femme et l’artiste… Je crois que nous allons faire quelque chose de bien, ajouta ce dernier. Puisque Madame est en chemise, nous allons commencer par un petit tableau de genre… Madame va se coucher sur ce sofa… Là… Simulez le sommeil… Et vous, vous êtes censé la surprendre pendant qu’elle dort…

La jeune femme obéit ; sa chemise fut décolletée pour mettre en évidence son joli téton, relevée par en bas pour laisser voir son duvet frisé ; une main fut négligemment placée sous sa tête, l’autre posée sur l’aine. Et moi, glissant la mienne entre ses cuisses rondes, je me penchai pour cueillir un baiser sur ses lèvres…
- Ne bougeons plus… Une, deux… C’est fini…

Dans la pose suivante, prise immédiatement, la dame ne changea pas de posture, mais ma bouche quitta ses lèvres pour aller se coller sur celles que je voyais au bas de sa toison, tandis qu’elle ouvrait en souriant les paupières.
- Nous appellerons ça Le Sommeil et Le Réveil, dit l’artiste. Ce sera charmant, vous verrez…

J’eusse bien volontiers continué la caresse linguale dont j’avais fait le simulacre entre les cuisses de la jeune femme, mais je ne pouvais pas m’arrêter à la première scène de mon rôle dont ceci n’était que le prologue. Il ne tarda pas à prendre une tournure plus marquée et à me faire revêtir un costume approprié.

Sur l’indication de l’artiste, et tandis qu’il préparait deux nouvelles plaques, je quittai redingote, gilet et pantalon, et restai en manches de chemise et en caleçon… ma compagne assise sur le sofa. L’opérateur nous groupa. Je passai une main autour de la taille de la jeune femme, l’autre étant glissée entre ses cuisses, bien appliquée sur sa motte, un doigt pénétrant dans la fente… Nos bouches collées… Près de nous un livre que nous ne lisions plus… Notre groupe était, d’après son auteur, inspiré du tableau de Schaeffer, Francesca de Rimini ; mais il le fut plutôt de l’Arétin, car il me pria de déboutonner mon caleçon pour que la main de Francesca pût exhiber mon priape et le tenir en sa main délicate. — Naturellement je bandais ferme et ce fut une émotion étrange de sentir cette intime partie de moi-même, saisie par une main féminine et exhibée devant un tiers… — Les deux premières poses ne m’avaient causé rien de pareil, car l’impudicité de la scène reposait presque entièrement sur ma compagne ; mais du coup ma part égalait la sienne… Elle montrait son con avec le doigt d’un homme dedans, moi mon vit entouré de la main d’une femme… J’éprouvais une sensation semblable à celle qu’on pourrait avoir en se trouvant tout nu dans la rue, ou de sentir son caleçon se déchirer en sortant de la mer devant des dames, ce qui m’était déjà arrivé. Mais la présence de la jeune femme ne s’inquiétant nullement de l’indécence de sa posture devant mon ami me familiarisa avec la mienne, ainsi qu’à l’idée d’avoir mon image reproduite en pareille tenue… D’ardents coups de langue donnés et reçus dans nos bouches firent envoler toute trace de timidité et de pudeur, de sorte que je ne tardai pas à jouer mon rôle au naturel, sans me préoccuper de mon ami qui donnait ses derniers soins à la scène et disposait près de nous des réflecteurs en calicot destinés à projeter le jour sur ce qui devait apparaître bien en relief, sur le con de ma compagne et sur l’objet raide que sa main serrait doucement…
- Ne bougeons plus, s’écria-t-il enfin…

La jeune femme arrêta ses coups de langue et son visage prit cette délicieuse expression d’extase qu’elle lui avait donnée quand elle posa seule la main entre ses jolies cuisses… Mon cœur battait à se rompre… L’obturateur fonctionna… C’était fini… J’étais pris ainsi ; j’allais figurer sur des photographies nommées obscènes par les prudes qui les recherchent néanmoins avec empressement.

Me repentais-je ? Non… Me repentir, et pourquoi ?… Se repentait-elle, ma jolie compagne qui tenait toujours mon vit dans sa petite main et me disait :
- Elle va être joliment bien prise sur la photo, car elle est d’un raide !…

Voir en ligne : Léchée avec fureur (V)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique anonyme, La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique, Éd. Le Baucher [A. Brancart], Montréal [Amsterdam], 1893.



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