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Confession érotique

Premières approches

Il faut bien commencer un jour…

par Jacques Lucchesi

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Jacques Lucchesi, « Premières approches », Confession érotique, Sept. 2021.


Premières approches

Il l’a branchée dans un bar de son quartier, un samedi soir à l’occasion d’une séance de karaoké. Il lui a offert une bière puis un whisky-coca qu’elle a bu sans se faire prier. Et comme ils ont seize ans tous les deux, ils ont parlé de tout et rien, de leurs vies monotones dans cette commune grisâtre du nord, de leurs projets d’évasion, d’un avenir qu’ils voudraient bien sûr passer sous le soleil du Midi. À observer ses pupilles brillantes et les sourires qu’elle lui décoche entre deux rêveries à voix haute, il pense qu’il a un ticket avec elle. C’est pour cela qu’il se risque à lui proposer de venir chez lui : puisque ses parents sont absents durant ce week-end… Il est déjà tard et ça lui évitera de devoir traverser toute la ville à pied pour rentrer chez elle. La nuit, les rues ne sont pas très sûres ici. Elle accepte, non sans réticences car elle a un peu peur de lui. Et puis c’est la première fois qu’elle découche. Mais, comme il le lui dit gentiment, il faut bien commencer un jour.

Premiers baisers dans le salon en écoutant de la musique. Il lui propose une autre bière qu’elle refuse, car elle est déjà pompette et ne veut pas aller plus loin. Il se sent frustré et le lui reproche mais, finalement, il se résigne à la laisser dormir seule dans sa chambre. Lui, il restera sur le canapé, c’est d’accord. Néanmoins l’envie de cette jeune beauté, là tout près, ne le lâche pas de la nuit : les hormones sont bouillonnantes à cet âge. Et, au petit matin, tandis qu’elle sommeille encore, il vient se coucher près d’elle. Sans la brusquer il s’introduit doucement dans sa fente, car elle est nue sous sa chemise. Ses secousses la font gémir ; elle proteste faiblement : non, non… Mais il est tellement excité qu’il a déjà joui en elle. De toute évidence, ce n’était pas désagréable pour elle aussi.

Maintenant il se repose contre son flanc et elle ne le repousse pas. Comment pourrait-il imaginer que, dans moins de quarante huit heures, deux policiers vont venir l’arrêter à son domicile pour le placer en garde à vue ? Comment peut-il penser qu’il est, pour la loi française, un violeur ? Lui qui n’a exercé aucune violence physique contre elle. Lui qui ne voulait que lui faire l’amour et la couvrir de douceur.



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