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Pybrac (I)

Pybrac - Je n’aime pas qu’Agnès prenne pour concubine…

Quatrains érotiques (1894)



Auteur :

Pierre Louÿs, Pybrac, Manuscrit autographe, Paris, 1894.


PYBRAC

I

 
Je n’aime pas qu’Agnès prenne pour concubine
Sa bonne aux cheveux noirs, gougnotte s’il en fut,
Qui lui plante sa langue au cul comme une pine
Et qui lui frotte au nez son derrière touffu.
 
Je n’aime pas à voir qu’en l’église Saint-Supe
Une pucelle ardente, aux yeux évanouis,
Confessant des horreurs, se branle sous sa jupe
Et murmure : « pardon… mon Père… je jouis. »
 
Je n’aime pas à voir la nouvelle tenue
De la jeune lady qui vient au bal masqué
Une cuisse en culotte et l’autre toute nue
Jusqu’au milieu du con, Madame, c’est risqué.
 
Je n’aime pas à voir l’Andalouse en levrette
Ouvrir les bords poilus de son cul moricaud
Qui porte à chaque fesse une sorte d’aigrette
Sur l’anus élargi comme un coquelicot.
 
Je n’aime pas à voir trois petites gougnottes
Qui, ne pouvant coucher ensemble ouvertement,
Se branlent dans les coins, se goussent dans les chiottes
Et se pissent en bouche et trouvent ça charmant.
 
Je n’aime pas à voir qu’une vierge sans tache
Peigne ses poils du cul devant son cousin Jean
Le frise en éventail puis en double moustache
Et dise avec un oeil railleur : « T’as pas d’argent ? »
 
Je n’aime pas à voir dans la salle d’études
Vingt filles se moquer d’un maître faible et doux
Et dire en affichant leurs sales habitudes
« Ah ! laissez-nous jouir ; on se branle pour vous ! »
 
Je n’aime pas à voir la malheureuse gousse
Dont le poil est trop rouge et le jus trop amer.
Elle n’a pas d’amie et son foutre de rousse
Aux filles qui l’ont bu donnait le mal de mer.
 
Je n’aime pas à voir la suceuse gourmande
Qui sirote le foutre et dit à son amant :
« En reste-t-il encore un peu ? J’en redemande. »
Elle peut bien attendre un quart d’heure vraiment.
 
Je n’aime pas à voir la petite soularde
Qui soupe avec des gens peut-être encore plus saouls
Et qui s’enfile avec un pilon de poularde
Pendant qu’un amateur l’encule par-dessous.
 
Je n’aime pas à voir la fille trop juteuse
Qui pleure et bave et suce et pisse en déchargeant,
Galope à coups de cul, fait la grande fouteuse
Et crie : « Ah ! pour ça non ! je ne veux pas d’argent. »
 
Je n’aime pas à voir qu’Alice aux longues tresses
Lèche à la pension tous les cons du dortoir
Sous les yeux indulgents des jeunes sous-maîtresses
Qui donnent des conseils et tiennent le bougeoir.
 
Je n’aime pas à voir la gourmande qui mouche
Ses amants en suçant leur nez comme des vits
Pour que la morve aussi jette à flots dans sa bouche
Le foutre dont ses sens ne sont point assouvis.
 
Je n’aime pas à voir celle qui s’effarouche
Dès qu’un jeune homme ardent l’attaque par le bas
Et qui prend vivement la pine dans sa bouche
Pour avaler l’enfant dont elle ne veut pas.
 
Je n’aime pas aux champs celles qui s’accroupissent
L’une en face de l’autre et se penchent pour voir
Comment bâillent leurs poils et comment elles pissent
Et qui nomment ce jeu : « Se regarder pleuvoir. »
 
Je n’aime pas à voir dans un bordel chouette
Les mains sur une roue et les deux pieds en l’air
La putain qui se fait enculer en brouette
C’est là, dirait saint Paul, pécher contre la chair.
 
Je n’aime pas qu’Odette ait si mauvaise mine,
Qu’elle aille se branler dans toute la maison
Et qu’elle couche avec une infâme gamine
Qui sait ouvrir les poils et téter le tison.
 
Je n’aime pas qu’à table une infante se serve
Trop de piment, puis sorte au milieu du dîner
En disant tout à coup : « Cette sauce m’énerve !
Je vais chercher quelqu’un pour me faire piner ! »
 
Je n’aime pas à voir l’écolière distraite
Qui se branle en tramway comme elle fait chez soi ;
Qui se trouble, rougit, baisse le nez, s’arrête
Et dit de l’air le plus ingénu : « C’est pas moi. »
 
Je n’aime pas à voir l’indolente Charlotte
Qui passe en travesti dans un bal familier,
Disant qu’elle a percé le fond de sa culotte
Pour se faire enculer sans se déshabiller.
 
Je n’aime pas qu’Esther, dont les lèvres avides
Ont tété par sept fois un ténor d’opéra,
Lui dise avec fureur que ses couilles sont vides
Mais qu’elle a soif de foutre et qu’il en pissera.
 
Je n’aime pas qu’Agnès qui croit sa vie amère
S’enfuit à quinze ans afin d’avoir vécu
Et se fait faire un jour trois photos pour sa mère
Pine au con, pine en bouche et pine au cul.
 
Je n’aime pas à voir la triste erreur mammaire
D’une enfant de six mois qui, cherchant un régal,
Prend le vit d’un miché, pour le sein de sa mère
Et tette un peu de foutre avant l’âge légal.
 
Je n’aime pas à voir la danseuse trop nue
Qui s’est rasé les poils jusques à l’ombilic
Pour découvrir sa vulve entrouverte et charnue
Dont la babine humide excite le public.
 
Je n’aime pas à voir une arpète à l’oeil tendre
Raccrocher une dame au coin du boulevard
La conduire à l’hôtel, se mettre à poil, s’étendre
Et lui poser au cul la trace de son fard.
 
Je n’aime pas à voir la princesse autrichienne
Qui fait raidir le vit de son grand lévrier,
Puis se courbe sous lui pour lui servir de chienne
Avant que l’empereur songe à la marier.
 
Je n’aime pas à voir, nue entre deux gendarmes
La baigneuse surprise et craignant la prison
Céder quatorze fois l’usage de ses charmes
Et donner tout son foutre en guise de rançon.
 
Je n’aime pas qu’Alice en rut lève son linge
Montre son clitoris dardé, rouge et durci,
Long comme un vit de chien, droit comme un vit de singe,
Et soupire : « Ah ! ma gousse ! un coup de langue ici ! »
 
Je n’aime pas à voir qu’une fille de ferme
Fourre un vit de cheval au con d’une jument
Et racle avec la main tout le surplus du sperme
Pour se lécher la patte au soleil, goulûment.
 
Je n’aime pas qu’au bal la jeune fille en tulle
Qui m’avoue, en buvant sagement du sirop :
« Quand j’ai beaucoup dansé, j’aime bien qu’on m’encule. »
Puis s’excuse : « Oh pardon ! j’ai dit un mot de trop. »
 
Je n’aime pas ces bals où, ne sachant que faire,
Trois pucelles en blanc devant un freluquet
S’exercent à pisser dans le calorifère
Et maladroitement inondent le parquet.
 
Je n’aime pas à voir, impasse de l’Écuelle,
La putain qu’on encule en plein air dans le coin
Et qui dit chaque fois sa phrase habituelle :
« Crache-toi sur la queue, elle entrera plus loin. »
 
Je n’aime pas à voir la bergère en guenilles
Relever ses haillons sous les yeux d’un gamin,
Lui montrer au soleil par où pissent les filles
Et guider vivement la pine avec la main.
 
Je n’aime pas à voir la finette à la coule
Qui rentre après minuit, saute à califourchon
Sur son père et lui dit : « Bon Dieu que je suis saoule
Je sais plus par quel trou tu fais l’amour, cochon ! »
 
Je n’aime pas la vierge éprise d’enculage
Qui prend ses lavements avec un godmiché
Et d’un doigt frémissant branle son pucelage
Toute heureuse d’avoir le derrière douché.
 
Je n’aime pas qu’un homme enculant une fille
Tire son vit du trou, le fourre entre les dents,
Et rie à voir comment la bouche dégobille
Quand le membre merdeux éjacule dedans.
 
Je n’aime pas à voir après une escarmouche
Le soldat qui déflore un con de dix-sept ans
Viole aussi l’anus, décharge dans la bouche
Et sent alors son vit coupé d’un coup de dent.
 
Je n’aime pas à voir la fille sans vergogne
Qu’on charge de garder les enfants d’un ami
Et qui joue avec eux à la mère gigogne
Jusqu’au dernier détail qu’on appelle mimi.
 
Je n’aime pas à voir la fillette qu’on viole
Avec peine, en crevant son petit con d’enfant,
Qui d’abord infoutable, étroit comme une fiole,
Devient beaucoup trop large aussitôt qu’il se fend.
 
Je n’aime pas à voir la belle Bordelaise
Dont la bouche à moustache est un con malgré lui.
Même quand elle suce on dirait qu’elle baise
Et pour peu qu’elle bave on croit qu’elle a joui.
 
Je n’aime pas à voir deux soeurs l’une sur l’autre,
L’une étendue, ouvrant ses deux cuisses en l’air,
Et l’autre qui s’y plonge et s’y frotte et s’y vautre,
Corps à corps, ventre à ventre et leurs cons chair à chair.
 
Je n’aime pas à voir que la môme Microbe
Suive un monsieur dans la pissotière du quai
Pour se faire enculer sans relever sa robe
Par le trou qu’elle a fait dans son jupon truqué.
 
Je n’aime pas Toinon que les pires caresses
Ne feraient pas rougir, mais qui, pour s’excuser,
Montre que sa pudeur lui fait rougir les fesses
Et lui donne un besoin féroce de baiser.
 
Je n’aime pas qu’au bar celle avec qui je soupe
Foute à cheval sur moi, devant un autre amant
Qui lui fait le plaisir de l’enculer en croupe.
Ce partage d’un cul ne me plaît nullement.
 
Je n’aime pas à voir l’apprentie en chemise
Quitter son dernier voile et rire et babiller :
« Quand on est toute nue on est toujours bien mise ! »
Quatre poils sur le con, c’est peu pour s’habiller.
 
Je n’aime pas à voir la vierge douce et grave
Montrer à son cousin naïvement ravi
Un petit con brûlant qui s’entrouvre et qui bave,
Et se le caresser avec le bout du vit.
 
Je n’aime pas à voir une vierge qui tangue
Et qui, touchant du con le vit de son danseur,
Soupire : « Oh ! non ! pas ça ! Je n’aime que la langue.
Si vous voulez saillir, faites signe à ma soeur. »
 
Je n’aime pas à voir la putain triste et seule
Qui dit : « Viens m’enculer. J’ai pas de quoi manger,
Tu mordras mes tétons, tu chieras dans ma gueule
Et t’y foutras la queue après, pour décharger. »
 
Je n’aime pas la nonne à la vulve très noire
Qui, pourpre, ayant rompu son dernier godmiché
Se fourre au trou du con sa Madone d’ivoire
Et savoure à loisir l’horreur de son péché.
 
Je n’aime pas à voit la petite soularde
Qui veut boire encore plus de foutre que de vin,
Offre sa bouche aux vits comme un cul de poularde
Et dit qu’elle a treize ans. Que fera-t-elle à vingt ?
 
Je n’aime pas à voir cette barbe d’apôtre
Qui pend au cul d’Esther à genoux sous mes yeux.
Et ces deux trous barbus qu’elle offre l’un et l’autre
Me glacent d’un respect quasi religieux.
 
Je n’aime pas à voir le derrière encore glabre
De ce maigre trottin qui me donne à choisir
Son petit trou du cul, sa fente en coup de sabre,
Ou sa bouche plutôt, si ça me fait plaisir.
 
Je n’aime pas au bal une vierge qui mouille
Qui cesse de danser sitôt qu’elle a joui,
Entend mal quelques mots à l’oreille et gazouille :
« Si l’on peut décharger dans ma bouche ? Mais oui. »
 
Je n’aime pas à voir la grand-mère aux béquilles
Qui, la bougie en mains, chaque soir, sans parler,
Examine les cons de ses petites filles
De peur qu’on s’amuse à les dépuceler.
 
Je n’aime pas à voir qu’un poète s’amuse
À déconsidérer les moeurs de l’Hélicon
Et relève toujours la robe de la Muse
Pour montrer au lecteur les mystères du con.
 
Je n’aime pas à voir la petite armurière
Qui dépose plusieurs revolvers devant vous
Et dit en se grattant un peu sous le derrière
« Ils sont bien dans mon genre ; ils tirent douze coups. »
 
Je n’aime pas à voir la tribade égarée
Qui, dans le noir, se trompe et de chambre et de lit,
Croit chercher de la bouche une vulve adorée
Et lèche avec horreur le prépuce d’un vit.
 
Je n’aime pas à voir au pied du Janicule
Une putain romaine à genoux sur un banc
Qui voudrait décharger pendant que je l’encule
Et qui roule du cul tout en se masturbant.
 
Je n’aime pas à voir la triste jeune fille
Qui m’enseigne l’anglais à vingt sous par leçon
Et qui, parfois, soupire : « Ôtez donc la cédille !
Et payez-moi plutôt de vingt coups par le con. »
 
Je n’aime pas à voir le bourgeois de Chaville
Qui se promène, au bois, la main dans son gilet,
Surprend dans un sentier sa fille qu’on encule
Et dit à l’amoureux : « Après vous, s’il vous plaît ! »
 
Je n’aime pas à voir la jeune fille en solde
Qui dit, pour s’excuser d’avoir un peu servi :
« Je ne sais pas flirter, moi, j’ai l’âme d’Isolde. »
Son âme est franchement trop large pour mon vit.
 
Je n’aime pas à voir dans le sein des familles
La chambre solitaire et triste du second
Où les petits cousins suivent tout bas les filles
Pour s’amuser au jeu de la pine et du con.
 
Je n’aime pas à voir la vierge au pied du prêtre
Dire que ça lui fout la moniche en chaleur
Chaque fois qu’elle y met le bout d’un thermomètre
Ou qu’elle y sent jouir son petit injecteur.
 
Je n’aime pas au bal voir Pierrot sur Pierrette,
Rosalinde qui suce, Amarylis qui fout,
Zamore qui sodomise Arlequine en levrette,
Et la petite Agnès qui se branle debout.

Voir en ligne : Pybrac II

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le manuscrit autographe de Pierre Louÿs, Pybrac (Paris, 1894-1895) : Cahier in-8 (218 x 170 mm) de 67 pages.



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