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Le rêve d’un flagellant

Raffinement

Roman érotique (Chapitre XII)



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Maurice de Vindas, Le rêve d’un flagellant, Illustré de 41 Dessins, d’un Frontispice en couleurs et de 8 Gravures hors texte, Libraire Franco-Anglaise, Paris, 1921. (In-8°, 224 p., fig., pl.).


XII
RAFFINEMENT

Jean interrompit soudain sa promenade ; enfin il avait trouvé le moyen de torturer la malheureuse, de briser sa volonté têtue.

Il se retourna et aperçut Marguerite, toujours en train de les épier. Vivement il marcha vers la fenêtre, l’ouvrit, saisit la jeune fille par le bras et l’attira l’intérieur.

Au bruit Simone sursauta et releva la tête. En voyant son amie, elle comprit à demi et attendit anxieuse.

Jean la regarda et la prévint :
- Je vais la battre à son tour !

Marguerite, à cette menace, se mit à trembler, elle savait quelle était la vigueur de l’homme et ne souhaitait guère l’apprécier par l’action.

Mais, son amie, comme une lionne, se précipita en avant :
- Oh ! non ! laissez-là, implora-t-elle.

Il la repoussa brutalement :
- Je vais la battre, répéta-t-il.

Simone revint à la charge, se traîna à ses genoux, supplia. Tout fut en vain, il la chassa d’une bourrade vigoureuse et elle alla encore rouler sur le sol.

Avec peine elle se remit debout et, le coeur gonflé de jalousie, assista à la scène muette qui se déroulait devant ses yeux.

Jean mettait de l’habileté, dans le tourment qu’il lui infligeait. Avec lenteur, il dévêtait Marguerite. Ce fut d’abord la blouse qui sauta, puis la jupe et le jupon de dessous. Quand elle fut en pantalon, il enleva le cache-corset et fit jaillir les seins, fermes et blancs, sillonnés de veines bleues.

Marguerite rougit, mais Simone eut un sanglot qu’elle ne put maîtriser.

Sans hâte, Jean poursuivait son oeuvre. Il déboutonna le pantalon qui descendit sur les chevilles qu’il emprisonna.

Simone, encore une fois, s’élança, les mains jointes :
- Non ! non ! battez-moi à sa place… mais ne la déshabillez pas.

Il haussa les épaules :
- Viendrez-vous encore ? demanda-t-il.

Elle recula, épouvantée, hésita une seconde, puis, avec des larmes dans la voix, balbutia :
- Oui… quand même.

Tranquillement, il dénoua la coulisse de la chemise et celle-ci glissa des épaules, laissant voir la poitrine neigeuse, les omoplates charnues.

Marguerite tremblait de honte et d’effroi, mais elle se consolait un peu au spectacle de la douleur de son amie.

La chemise s’arrêta aux hanches, retenue par ses rondeurs opulentes. Jean se tourna vers sa victime :
- Me laisserez-vous en paix ?

Elle supplia, les mains jointes :
- Laissez-là !

Il répéta sa question, mais elle ne répondit point. Alors, paisiblement, il fit tomber le dernier voile, qui chût sur le plancher avec un frou-frou léger.

Marguerite restait immobile, rigide, le front rouge de honte et les paupières baissées. Elle n’osait fixer le mâle qui l’avait ainsi dénudée et dont elle craignait la poigne solide.

L’autre, au contraire, les yeux ardents, contemplait le couple, son coeur battait à se rompre, une fureur jalouse la soulevait. Elle scrutait l’homme, essayant de deviner ses pensées, s’il prisait les formes grasses de sa compagne, s’il prenait plaisir à l’avoir nue ainsi auprès de lui.

Mais il était impassible et elle ne pouvait rien préciser. Cela augmentait son désarroi et son trouble.

Jean ricana :
- Je vais la battre… mais un peu seulement, pour rire, je ne veux pas lui faire du mal.

Contrairement à ce qu’il avait espéré, cette promesse fut plutôt agréable à Simone, elle voulait, dans son affection jalouse, tout conserver pour elle, même la souffrance.

L’homme avait pris sa victime pantelante à la taille et doucement l’avait soulevée sur son bras, haussant la croupe qui s’arrondissait charnue et blanche.

Il la claqua un peu de la main, à deux ou trois reprises, et reposa la jeune fille à terre. Moqueur, il questionna :
- Ça fait mal ?

Elle rougit davantage, mais se tut.

Simone haletait, elle éprouvait, en ces minutes, une peine atroce qui lui déchirait le coeur ; elle épiait les deux complices de son tourment et les voyait, les yeux brillants, les lèvres humides. Une rage forcenée la secouait et pourtant elle n’osait rien tenter, maîtrisée, domptée par le regard froid de l’homme, posé sur elle.

Il reprit Marguerite à la taille, la souleva sur son bras, offrant la croupe charnue à ses coups. Les jambes pendaient d’un côté, la tête et les bras de l’autre. La pauvrette ainsi frissonnait, elle percevait tout le ridicule de sa situation, mais, comme son amie, elle se taisait par crainte d’un châtiment pire.

Plusieurs gifles tombèrent, sonores et vigoureuses sur ses chairs épanouies. Elle frémit, laissa fuser de ses lèvres un faible gémissement et ce fut tout. Au contraire, elle attendait anxieusement la suite, ignorant si elle la souhaitait ou l’appréhendait.

Cette suite ne tarda pas, des claques sonnèrent gaiement par la pièce, rougissant la croupe qui se couvrait d’un nuage pourpre.

Simone cependant se calmait, peu à peu sa jalousie s’estompait, elle percevait la tromperie de l’homme et son intuition lui affirmait que malgré tout elle restait la préférée.

Pourtant, sournoise, elle sut cacher ses sentiments, heureuse que Jean ne se montrât pas plus brutal vis-à-vis de son amie. S’il la flagellait ainsi, elle ne conserverait de cette correction qu’un peu de honte, mais aucun sentiment tendre.

Le jeune homme de son côté se lassait, il reconnaissait ne pas obtenir, par son stratagème, le résultat attendu. L’effet produit au début, diminuait d’intensité à mesure que la correction se prolongeait.

Alors, après plusieurs gifles rapides, il reposa Marguerite à terre et s’adressant à ses deux victimes ensemble, il ordonna :
- Habillez-vous.

Elles ne furent pas longues à obéir, chacune se précipita sur ses vêtements, les glissant sur leur corps frissonnant avec des gestes satisfaits et des demi-sourires.

Quand elles furent prêtes, il leur cria :
- Allez-vous-en et ne revenez plus, sinon je ne sais à quelle extrémité je me livrerai.

Simone haussa les épaules, elle ne craignait plus rien ayant tout abandonné aux mains de l’aimé : pudeur, orgueil et liberté.

Timide elle s’approcha de lui et comme chaque fois, murmura :
- Embrassez-moi.

Cette prière, ce jour là, lui fut plus odieuse encore que de coutume, parce qu’il se sentait fléchir. Il se vengea de sa propre faiblesse par de la brutalité. Ce fut d’abord deux gifles violentes qu’il lança au visage de la malheureuse. Puis il la reconduisit jusqu’à la fenêtre en la bourrant de coups de poings vigoureux. Et enfin, il lui administra un coup de pied, qui l’envoya rouler pantelante et essoufflée contre la balustrade.

Elle accepta tout sans une plainte et s’en alla timidement sans un regard en arrière ; mais un sourire mystérieux sur les lèvres.

Maintenant elle savait qu’il l’aimait.

Marguerite la suivait, n’osant affronter sa colère. Aussi fut-elle étonnée de la voir se retourner, souriante, pour lui dire :
- Marche donc plus vite, chérie.

Elle lui prit le bras et, curieuse, l’interrogea :
- T’es contente ?

L’autre la fixa :
- Oui… très… mais tu ne comprendrais pas, t’es une bête.
- Merci… dis-moi quand même.
- Non…
- Il t’aime ? tu crois…

Simone eut une moue orgueilleuse :
- Peut-être.
- Il a une drôle de façon de faire des déclarations, en tout cas.
- Ce n’est pas la plus mauvaise, tout dépend des circonstances.
- Et toi, t’en es folle… Je me demande bien pourquoi.
- Voilà… c’est pourtant comme ça… J’en suis folle, je n’ai pas honte de le dire.
- Il te bat donc bien ?
- Dame, tu as pu t’en apercevoir, tu m’as assez espionnée.
- Oui… mais moi, il m’a à peine touchée…
- C’est parce que tu lui es indifférente… saisis-tu ? petite dinde truffée de bêtise.

L’autre resta songeuse, tout cela lui semblait très embrouillé.

Elle regrettait seulement que l’homme se fut montré si peu énergique à son égard. Mais elle n’avait point l’élan de sa compagne, sa nature était plus passive. Jamais on ne la domptait complètement, parce que jamais elle n’avait de révolte. La brutalité de Jean aurait donc été sur elle sans effet, elle ne s’y serait pas attachée davantage s’il s’était livré sur elle à la même cruauté que sur son amie.

Celle-ci, au contraire, avait, au début, eu un sursaut de rage, mais le mâle, lentement, l’avait ployée sous son autorité et elle avait fléchi, consciente de sa puissance quelle admirait. Ainsi, peu à peu, elle était arrivée à l’aimer passionnément. À l’heure actuelle, elle se sentait immuablement rivée à lui. Mais comme elle avait peur de son orgueil, elle le voyait trop fier, trop tenace dans sa volonté de ne point s’abandonner.

Elle n’envisageait donc point l’avenir avec sérénité, quoiqu’elle se sut aimée.

De retour au logis elle fut songeuse, cherchant, en sa rêverie féminine, le moyen d’enchaîner définitivement l’amant. Frapper le fer tant qu’il était chaud lui semblait indispensable, mais elle ignorait comment.

Néanmoins, elle se résolut à retourner, dès le lendemain, au château, malgré ce qu’il dût lui en coûter. Elle prévoyait une scène affreuse, un dernier accès de rage du mâle vaincu par la femme tenace et faible.

Ensuite elle verrait, les événements l’aideraient probablement ; elle était trop jeune pour ne point conserver en son étoile une confiance invulnérable.

Mais c’était son amie qui, maintenant, paraissait nerveuse ; la correction légère avait glissé en elle un émoi insurmontable et sans raison valable ; elle boudait, silencieuse et mécontente.

À plusieurs reprises Simone l’appela sans qu’elle répondit.

Elles dînèrent donc face-à-face, silencieuses et de mauvaise humeur, s’en voulant l’une à l’autre d’une faute imprécise.

Mais après le repas, soudain, Simone comprit. Elle eut un accès d’hilarité subite et, prenant l’amie par le bras, l’entraîna vers le fond du jardin.

Là, elles seraient à l’abri, personne ne les verrait, nul ne les entendrait.

Marguerite se laissait conduire, sans prononcer une parole, elle savait ce qui la menaçait et son coeur battait. La fessée lui était maintenant devenue quasi indispensable, comme, au fumeur, la pipe d’opium. La brunette, paisiblement, cueillit une souple badine et ordonna :
- Allons, apprête-toi.

Et l’autre obéit passivement, elle s’appuya en avant à un banc rustique, retroussa elle-même ses jupes et, de ses menottes crispées, tint ouvert le pantalon, faisant jaillir la croupe.

Et alors la lune se voila, comme honteuse de se trouver en face d’une rivale.

Simone brandit sa baguette et flagella. Ni trop vite, ni trop lentement, mais néanmoins en activant graduellement le mouvement.

Rite se tordait, gémissait tout bas, mais s’offrait bénévolement à la correction.

La douleur lui procurait une sensation étrange, qui momentanément secouait son apathie. Elle ne souffrait pas comme sa compagne qui était une nerveuse, au contraire la souffrance entraînant la révulsion du sang, avait sur elle une action bienfaisante.

La cuisson cependant devint trop ardente. Néanmoins elle attendit encore quelques minutes, puis brusquement laissa retomber ses jupes, en murmurant :
- Assez… j’en ai assez !

Simone consentit, ne s’étant livrée à cet exercice que pour lui être agréable.
- C’est bien… rentrons.

Et l’autre la suivit docilement, subjuguée par sa vigueur.

Voir en ligne : Le rêve d’un flagellant : Petite passionnée (Conclusion)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, Le rêve d’un flagellant, Illustré de 41 Dessins, d’un Frontispice en couleurs et de 8 Gravures hors texte, Libraire Franco-Anglaise, Paris, 1921. (In-8°, 224 p., fig., pl.).



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